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Bulletin Carême 2010


Une députée et un membre de Campagne Québec-Vie débattent sur l'euthanasie

jeudi 7 Janvier 2010 21 h 59

De:---------

À: Madame Meili Faille, députée (Bloc Québecois)

 

Madame,

Je désire vous exprimer mon opposition au projet de loi C-384 sur l'euthanasie.  

D'un article de Wikipedia voici quelques arguments contre la dépénalisation:

  • Incompatibilité avec une certaine vision de la pratique des personnels soignants, telle qu'elle apparaît dans les différentes versions du serment d'Hippocrate.
  • Inutilité : une partie des médecins estime que les progrès en matière de traitement de la douleur et de la souffrance (soins palliatifs) rendent l'euthanasie inutile. Ainsi la forte baisse des cas d'euthanasie aux Pays-Bas entre 2001 et 2005 est attribuée par la majorité des médecins à l'amélioration des soins palliatifs[21].
  • En cas d'incapacité de décider (inconscience, lourd handicap mental, démence etc.), la décision doit être prise par quelqu'un d'autre.
  • Brutalité de l'euthanasie qui est une mort par empoisonnement, parfois très pénible. Sa violence prive une personne et ses proches de vivre des moments essentiels qui peuvent précéder la mort naturelle[22].
  • Tout suicide reste un drame personnel et un échec pour la société.
  • Les personnes favorables à l'euthanasie changent souvent d'avis quand elles deviennent malades.
  • Risque de dérapage :
    • pressions financières sur le malade à cause du coût élevé des soins pour les proches ;
    • pressions financières pour les plus pauvres, qui risquent de « préférer » mourir rapidement ;
    • intérêt financier de l'établissement hospitalier : une personne très malade coûte cher (pathologies multiples, soins lourds), l'accélération de l'inéluctable allège donc ses charges.
    • pressions morales de la part des proches ou de la société : quelle est la liberté réelle de celui qui se sent « de trop » ? ;
    • difficulté de changer d'avis à partir d'un certain point (inconscience);
    • interférence fréquente entre les notions de souffrance du patient et de souffrance de l'entourage ;
  • Risque de dérive :
    • eugénisme, sélection des individus par rapport à une conception de la vie bonne ;
    • par suite, peut devenir un instrument de domination sociale ;
    • mobile pécuniaire (les héritiers peuvent en profiter pour accélérer un héritage) ;
    • à partir du moment où l’on ouvre la porte à l’euthanasie, elle s’impose comme solution de facilité, moins coûteuse et plus rapide, et on constate que les soins palliatifs sont délaissés.

Veuillez agréer, Madame, mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.

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Projet de loi C-384

lundi 11 Janvier 2010 10 h 14

Vaudreuil-Dorion, le 11 janvier 2010

 

Monsieur,

Je vous remercie d’avoir pris le temps d’écrire pour nous faire part de ce que vous pensez du projet de loi privé C-384 Loi modifiant le Code criminel (droit de mourir dignement) que ma collègue, Francine Lalonde, a déposé à la Chambre des communes, le 13 mai 2009. L’objectif de ce projet de loi est d’obtenir que le Parlement du Canada décriminalise, à certaines conditions, l’aide médicale à mourir soit par euthanasie ou suicide assisté.

Des pays que vous connaissez se sont donné de telles lois sans que les dérapages que vous craignez ne se produisent. Beaucoup de voix se sont élevées, au Québec et au Canada, pour que les personnes en fin de vie, dont les souffrances sont insupportables et ne peuvent être soulagées, puissent obtenir le droit d’être aidées à mourir.

Dans l’Actualité médicale du 20 mai 2009, le Dr Yves Robert, le secrétaire du Collège des médecins, écrit : « Les médecins ne veulent pas échapper à leurs responsabilités au sujet de l’euthanasie mais il faut établir jusqu’où elles s’étendent et comment elles s’exercent… »

De son côté, l’Association québécoise des soins palliatifs (AQSP), lors de son congrès des 16 et 17 avril 2009, a plongé dans le débat notamment avec la présentation du docteur Yvon Beauchamp qui pose en introduction deux questions fondamentales : « Doit-on absolument opposer les soins palliatifs à l’aide au suicide et à l’euthanasie et pourquoi faire de la sédation une alternative à l’euthanasie? »

Par ailleurs, les membres de l’Association féminine d’éducation et d’affaires sociales (AFEAS), lors de leur congrès le 22 août 2009, ont pris position « pour qu’il soit permis aux Québécois de mourir dignement. Ils souhaitent que les personnes en perte d’autonomie ou qui souffrent de maladies incurables ou de douleurs physiques ou mentales aiguës, sans perspective d’amélioration, puissent avoir le droit de recevoir, d’un médecin, l’aide nécessaire pour mettre fin à leurs jours… » écrivait La Presse canadienne, le 23 août 2009.

Enfin, le 11 août 2009, un sondage Angus Reid auprès de 804 adultes du Québec a été publié avec le titre : « Fort appui au Québec pour la légalisation de l’euthanasie ». En sous-titre : « La plupart des Québécois croient que les lois gouvernant l’euthanasie devraient être de responsabilité provinciale ». Suivaient les chiffres : 77 % des Québécois croient que l’euthanasie devrait être légalisée; 75 % pensent que c’est une bonne idée de rouvrir le débat sur l’euthanasie.

Comme le Canada est une fédération dans laquelle le Code criminel est de juridiction fédérale, le Parlement doit d’abord décriminaliser l’aide médicale à mourir pour qu’ensuite les conditions devant accompagner cette aide soient établies par les Ministères provinciaux de la Santé et le Collège des médecins.

En fait, ce projet de loi vise à donner le choix aux personnes souffrantes, en fin de vie et sans perspectives de soulagement, de demander à un médecin de les aider à mourir. Celui-ci doit faire confirmer le diagnostic par un autre médecin. Il doit s’assurer que la personne fait sa demande de son plein gré, qu’elle sache que c’est toujours elle qui décide du moment et si elle veut toujours être aidée à mourir.

Je conclurai en ajoutant que soins palliatifs et aide médicale à mourir ne s’opposent pas, au contraire. Comme aux Pays-Bas, des soins palliatifs de qualité, disponibles pour tous, devraient au Québec et au Canada comprendre le choix, pour les personnes en fin de vie, de demander d’être aidées médicalement à mourir quand elles n’en peuvent plus de souffrir. Vous savez bien sûr que la  souffrance est plus que la douleur et il arrive qu’elle ne puisse être soulagée malgré des soins palliatifs de qualité.

Ce sont les personnes souffrantes elles-mêmes qui doivent décider et choisir. Ce droit est la principale protection que toute personne peut obtenir. Je souhaite vivement que le choix, en fin de vie, d’être aidé médicalement à mourir soit offert à tous et toutes.

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à cette importante question et vous prie de recevoir l’expression de mes sentiments distingués.

 

Francine Bruyère

Adjointe de Meili Faille, Députée de Vaudreuil-Soulanges, Porte-parole du Bloc Québécois en matière de Comptes publics

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Rép. : Projet de loi C-384

lundi 15 Février 2010 19 h 28

De: ---------

 

Madame Bruyère,

Je vous remercie d'avoir répondu clairement à mon courriel. Toutefois même si je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait qu'il est très important d'éviter des souffrances insupportables, je suis arrivé aux conclusions suivantes qui sont souvent en désaccord avec les vôtres. Les voici.

1-L'instinct de conservation de la vie est très fort chez les humains. Une personne qui se suicide ne veut pas mourir; elle veut arrêter de souffrir.

2-Il y a deux sortes de souffrances, la souffrance physique et la souffrance mentale.

3-Il est possible grâce aux progrès de la médecine de rendre les souffrances physiques acceptables pour les souffrants même si la durée de leur vie est abrégée.

4-Les souffrances mentales sont dues en très grande partie à l'attitude de l'entourage, au fait que le souffrant se sent "de trop".

5-Comme il est écrit dans l'Encyclopédie Universalis 1989, sous EUTHANASIE, « Le plus grand nombre des handicapés, vieillards, malades incurables, tout en éprouvant les souffrances liées à leur situation, n'ont pas perdu tout désir de vivre. Mais ils perçoivent la charge qu'ils représentent pour leurs proches et la société. Qu'un droit de demander la mort leur soit reconnu, certains se sentiront coupables de ne pas demander à "bénéficier de la loi" et de ne pas "délivrer" ainsi autrui de leur présence. Il s'agit de la protection des membres les plus vulnérables de la société.»

6-Comme l'a écrit l'Association québécoise des soins palliatifs, dans son texte intitulé  "Position du Réseau de soins palliatifs sur l'euthanasie et le suicide assisté. Réponse au document du Collège des médecins du Québec" (PDF),

iv.   La dignité

Dans notre expérience, il est fréquent que la perte de dignité soit associée à une atteinte de l’image corporelle (cancer cutané du visage, cancer ORL, masses cervicales et plaies malodorantes avec écoulements, etc.), ou à la dépendance du patient dans l’accomplissement de ses soins personnels, ou au problème d’incontinence exigeant l’aide des soignants pour les déplacements ou le port d’une culotte, ou au fait de devoir être nourri, de se salir en mangeant, etc. ou au sentiment d’être un fardeau pour les proches qui doivent venir les visiter, s’occuper d’eux, faire leur commissions, etc. Pour toutes ces raisons, certains malades peuvent exprimer leur hâte que leur vie devenue « indigne et sans but » se termine. Et c’est un travail difficile, mené de concert par les intervenants et les proches, que de les amener à voir ce qu’ils apportent encore à leur famille, toute la joie qu’ils peuvent encore vivre et donner. Ces patients qui reprennent goût à la vie malgré leur grave maladie ne requièrent pas ensuite l’euthanasie. Leur sentiment de perte de dignité s’estompe avec le retour du sens dans leur vie. Et ce travail ne peut être mené de front avec la perspective de l’euthanasie. Impossible de donner le temps de revivre en planifiant l’injection du lendemain.

Enfin, le plus souvent, ce sont les familles qui jugent de l’indignité de leur proche malade parce que celui-ci est inconscient, a une respiration bruyante, ou les yeux ouverts ou révulsés, ou la bouche ouverte ou la langue sortie, etc. Mais la dignité des personnes ne repose pas sur la présence des changements usuels reliés à l’agonie. La dignité est plus que l’apparence, plus que la capacité de faire, la dignité est intrinsèque à l’homme et ne peut pas être perdue. La pratique de l’euthanasie dans ces situations serait une forme de confirmation du statut inférieur ou délabré de la personne mourante, ce qui est également incompatible avec la philosophie des soins palliatifs.

7- Lorsqu'il y a un dérapage, les responsables évitent de le rapporter, aussi les dérapages n'apparaissent pas toujours dans les statistiques.

Selon certains indices, il y a des dérapages aux Pays-Bas

The 2009 Netherlands euthanasia statistics were released last week. They showed that the number of Euthanasia deaths in the Netherlands rose by about 200 deaths, but the article explained that the numbers are not complete because only 80% of the euthanasia deaths in the Netherlands are reported. I also pointed out that the total numbers are higher because assisted suicides and deaths without explicit request and euthanasia by dehydration are not counted in the official statistics.

D'autre part, aux États-Unis, selon le site internet LifeSiteNews:

Barbara Ann Wagner was refused insurance coverage for the drugs that her doctor recommended to help treat her cancer. Instead she was sent a letter from her insurance company that offered to pay for a lethal dose of “medication.”

After Wagner’s story went public, the pharmaceutical company that manufactures the potentially helpful drugs stepped forward and offered the treatment for free. Tragically, Wagner passed away from cancer on October 18, but, as the anti-euthanasia ad says, left a “final message.”

“They will pay to kill me but they will not give me the medication to try to stop the growth of the cancer,” says a tearful Wagner in the ad, who then urges: “People of Washington, don’t vote this (I-1000) in.”

8- Pour conclure, je citerais ce qui est écrit dans le site internet pour la New York State Task Force on Life and the Law:

New York State Task Force on Life and the Law

The recent New York State Task Force on Life and the Law rejected the legalization of euthanasia, stating, "The number of people genuinely harmed by laws prohibiting euthanasia or assisted suicide is extremely small. . . . Legalizing euthanasia or assisted suicide for the sake of these few--whatever safeguards are written into the law--would endanger the lives of a far larger group of individuals who might avail themselves of these options as a result of depression, coercion or untreated pain".

Il me semble que ce texte met le doigt sur les divergences d'opinion entre les partisans du droit à l'Euthanasie et les opposants. Ce serait une question de priorité. Faudrait-il donner la priorité au désir du très grand nombre qui veulent vivre avec les soins palliatifs appropriés ou donner la priorité au petit nombre qui malgré les soins palliatifs appropriés, veulent mourir ?

Encore une fois je vous remercie, Madame, d'avoir répondu clairement à mon courriel et vous prie et de recevoir l’expression de mes sentiments distingués.

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Socialistes pour la vie

Dans un billet antérieur, j'ai parlé du cinéaste socialiste pro-vie Pier Paolo Pasolini. Maintenant je constate qu'à la Marche pour la vie à Paris il y avait un groupe de "socialistes pour la vie."

Voici un communiqué officiel publié sur le blogue des Socialistes pour la vie expliquant comment ils peuvent être à la fois "de gauche" et pro-vie.

Depuis notre première apparition publique à la Marche Pour La Vie, certains médias osent mettre en doute la sincérité de notre engagement. Contactée par le biais d'une agence de presse, Mme Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, a refusé de prendre au sérieux nos questionnements, arguant simplement qu'elle était favorable à l'avortement.

Nous, socialistes pour la Vie, avons pris acte que la libéralisation excessive de l'avortement avait mené la société française vers des impasses, que les groupes socialistes institutionnels refusent de considérer.

La première des impasses, c'est celle, évidente, que l'avortement est aujourd'hui devenu un moyen de contraception massif. Les chiffres sont sans équivoques, les témoignages sont nombreux. On avorte par confort, on avorte pour se soumettre au marché de l'emploi et au patronat, on avorte par peur de la précarité, etc. ; mais on n'avorte jamais par plaisir, on n'avorte jamais sans douleur, on n'avorte jamais sans vivre l'insoutenable culpabilité d'avoir tué son propre enfant.

Les traumatismes post-avortement sont réels, et de très nombreuses femmes en souffrent. Mais elles sont réduites au silence par cette injonction tacite : on ne critique pas ce qui est annoncé comme un Progrès, on ne critique pas ce qui est annoncé comme une Libération.

En fait de Progrès, l'avortement ne fait que détourner la société des vrais problèmes de précarité. La société contemporaine fait cette réponse aux femmes en détresse : "Si ton enfant est un fardeau, avorte", ce qui est proprement scandaleux au XXIème siècle, et qui devrait être considéré comme révoltant pour quiconque partage un engagement social.

En fait de Libération, on aliène les hommes et les femmes dans une sexualité irresponsable, et on ajoute à cette aliénation celle de la culpabilité d'être potentiellement une mauvaise mère parce que la société ne leur offre aucun véritable secours.

NOUS DEMANDONS

Aux socialistes de toutes sensibilités,

À toute personne attachée aux valeurs de Progrès et de Solidarité,

- De refuser que ce questionnement soit balayé d'un revers de main comme le fait Mme Najat Belkacem,

- De prendre la parole sur cette question dans les assemblées du Parti Socialiste, du Parti Communiste, de tous les partis animés par le désir de Justice Sociale

- D'interpeller vos élus locaux sur le fait qu'avorter n'est pas une victoire mais une défaite de la véritable Solidarité envers les plus faibles,

- De faire part de tous vos témoignages, de toutes vos réactions, de tous vos soutiens, de tous vos encouragements, au groupe des Socialistes Pour La Vie.

Nous avons besoin de vous pour que ce débat cesse d'être confisqué par la Droite traditionnelle ! Toutes les causes de la Vie méritent d'être embrassées !

Pierre Fromager
Porte-parole des Socialistes Pour La Vie

Est-ce sérieux ? Jugez pour vous même.

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Réflexions sur l’avortement : une réplique à Richard Martineau

En mai 2008, Richard Martineau, chroniqueur pour le Journal de Montréal et co-animateur de l’émission Les Francs-Tireurs à Télé-Québec, publia un article sur l’avortement intitulé « La grosse question. » Cet article, bien qu’il énonce des positions assez divergentes des nôtres, démontre quand même une volonté de questionner le bien-fondé du statu quo québécois par rapport à l’avortement. Je lui ai envoyé une lettre qui, je l’espère, l’aidera à approfondir sa réflexion, lettre que je reproduis en partie ci-dessous. Avant chaque réponse, je cite la partie de son article à laquelle je me réfère.
 

La responsabilité personnelle

Pour [Pier Paolo Pasolini, cinéaste italien], l’avortement était une autre façon pour l’État de traiter les individus comme des objets, des objets que l’on prend et que l’on jette, en se foutant totalement de ce qu’ils ressentent.

Le capitalisme, selon Pasolini, ne vise qu’un seul et unique but : le plaisir individuel. Tout ce qui entrave la jouissance (comme un bébé, par exemple) est un obstacle dont il faut se débarrasser.

Pasolini ne comprenait pas comment on pouvait à la fois être CONTRE la peine de mort et POUR l’avortement. Pour cet humaniste, c’était un non-sens, une contradiction idéologique. On ne peut pas, d’un côté, dire : «Tu ne tueras point», et de l’autre, affirmer qu’il n’y a aucun problème à tuer un fœtus de seize semaines.

Si on est contre le meurtre, on est contre toutes les formes de meurtres.

—Richard Martineau, mai 2008

M. Martineau, dans votre article publié en 2008, vous parlez d’avortement et de Pasolini. Vous avez écrit : « Le capitalisme, selon Pasolini, ne vise qu’un seul et unique but: le plaisir individuel. Tout ce qui entrave la jouissance (comme un bébé, par exemple) est un obstacle dont il faut se débarrasser. »

Or, dans plusieurs de vos articles, vous parlez du manque de responsabilité personnelle au Québec. Mais l’avortement n’est-il pas le signe (je dirais presque le sacrement) de la déresponsabilisation ?

Avorter, ce n’est pas juste manquer à nos responsabilités envers l’autre pour plus facilement jouir du moment présent, c’est carrément tuer l’autre pour pouvoir jouir du moment présent. Multipliez par 30 000 par année ce geste de tuer un autre pour pouvoir vivre comme on veut (et ici je parle de l’homme qui fait pression auprès de sa blonde pour qu’elle avorte comme de la femme qui décide d’elle même), et on comprend très bien, qu’à force de répéter ce signe/symbole/sacrement de la déresponsabilisation personnelle, pourquoi le Québec devient une nation d’irresponsables. C’est une vraie pédagogie de la déresponsabilisation.

En effet, comment convaincre un Québécois qu’il doit être responsable, qu’il doit prendre l’initiative dans divers domaines quand on lui permet de tuer un être humain (un être qui dépend complètement de lui) au lieu d’en prendre soin ?
 

Souveraineté

M. Martineau, vous vous êtes prononcé à plusieurs reprises pour l’indépendance du Québec. Pourtant l’avortement n’est-il pas une des causes principales du fait que le Québec ne soit pas indépendant, et cela sans parler de l’effet de dénatalité des « Québécois de souche » associé au taux élevé d’avortement ? Car qui dit indépendance et auto-détermination dit sacrifice du bonheur à court terme ; et le fait d’avorter à tour de bras répand le message qu’il faut à tout prix jouir de l’instant présent, et éviter le sacrifice de soi, jusqu’à en sacrifier un autre au lieu de se donner soi-même. Qui donc dans ce Québec jouissif et irresponsable, ayant été soumis à la « pédagogie abortive », ne reculerait pas devant la possibilité d’un Québec souverain, si cette indépendance risquait d’entraîner pendant un certain temps une baisse de leur qualité de vie ? Si les Québécois sont prêts, en envisageant les sacrifices qu’ils devront assumer, à tuer leur propre enfant avant qu’il naisse, ne le seraient-ils pas encore plus à tuer dans l’œuf tout projet de souveraineté qui entraverait leurs petits plaisirs immédiats ?
 

Arnaque intellectuelle

Vous me direz qu’un fœtus n’est pas un être humain. Ah non ? C’est quoi, alors ? Une boule de graisse ? Personnellement, je ne suis pas contre l’accès à l’avortement. Mais je crois qu’il doit être mieux encadré.

Et, surtout, je crois qu’il faut faire une différence entre un avortement pratiqué à moins de trois mois de la conception (ce que j’appelle «une interruption de grossesse») et un avortement pratiqué à plus de trois mois de la conception (ce que j’appelle «une interruption de vie»). Ce n’est pas du tout la même chose.

Il y a une différence entre un embryon et un fœtus. Mettre ces deux entités dans le même paquet est une arnaque intellectuelle.

—Richard Martineau, mai 2008

Dans le même article de 2008 cité plus haut, vous écrivez : « [...] je crois qu’il faut faire une différence entre un avortement pratiqué à moins de trois mois de la conception (ce que j’appelle “une interruption de grossesse”) et un avortement pratiqué à plus de trois mois de la conception (ce que j’appelle “une interruption de vie”). Ce n’est pas du tout la même chose. »

Je suis curieux de savoir pourquoi vous croyez qu’il y a une différence essentielle entre l’embryon et le fœtus. Je dirais plutôt que l’arnaque serait de les différencier, car de la manière dont vous parlez il se passe quelque chose de quasiment magique entre la seconde avant 3 mois et la seconde après (les hommes du moyen âge croyaient que c’était à ce moment – à 3 mois de gestation – que l’âme pénétrait dans le corps, ce moment étant celui où le fœtus est assez fort pour que ses mouvements soient ressentis par la mère).

Les « pro-vie », eux, constatent simplement qu’à partir du moment où il y a contact entre sperme et ovule, nous ne parlons plus de « vie spermatozoïde », ni de « vie cellulaire » (de l’ovule), mais bien de vie humaine (comme pour tous les animaux sexués, la vie humaine débute au contact des gamètes). Donc « embryon » et « fœtus » (et « bébé », « enfant », « ado », « vieillard », etc.) ne sont que des étiquettes pour désigner les étapes du développement de l’être humain conçu au contact du sperme et de l’ovule.
 

« Égalité homme-femme », ressentiment, néo-féminisme

La seule « raison » valable qui justifierait de différencier le fœtus de 11 semaines (que l’on peut, selon vous, tuer sans vergogne) de celui de 12 semaines (qui, selon vous, si j’ai bien compris, devrait être reconnu comme personne juridique), n’est pas vraiment une raison métaphysique, mais une motivation politique : la préservation d’un « acquis social ».

Comme pour les Britanniques avant 1807 (pour qui la traite d’esclaves contribuait au « bien commun », mais aux dépens des noirs), et comme pour les Canadiens en 1909 (pour qui le système démocratique, ne permettant pas le vote aux femmes, « fonctionnait bien », mais aux dépens des femmes), il existe aujourd’hui au Québec un certain statu quo qui fait l’affaire de bien des gens, mais qui opprime un groupe d’êtres humains. L’acquis social que l’on veut absolument conserver est « l’égalité homme-femme » : pour que la femme puisse avoir autant d’autonomie que l’homme, il lui faut la garantie qu’elle puisse baiser autant que l’homme et, comme l’homme, ne subir en contrepartie de son acte aucune suite néfaste. Car l’homme peut prendre la fuite quand il y a une grossesse dont il refuse d’assumer les conséquences. Donc, pour que la femme puisse jouir de la même « liberté », elle aussi doit pouvoir fuir. Mais dans son cas fuir veut dire tuer.

Bref, d’une certaine façon, nous revenons au thème de la responsabilité personnelle : pour préserver « l’égalité homme-femme » – pour que la femme puisse être aussi irresponsable que l’homme –, on doit lui permettre de tuer son enfant à naître, qu’importe la raison, car déjà on permet à l’homme d’abandonner sa femme enceinte, qu’importe la raison.

Question : n’y aurait-il pas intérêt pour une société dite « progressiste » de distinguer entre égalité homme-femme positive et égalité homme-femme négative ? Parlons-nous vraiment de progrès quand nous parlons du fait qu’une femme peut maintenant être aussi irresponsable que le plus irresponsable des hommes ? N’est-ce pas un nivelage vers le bas, une égalité négative ? Une société progressiste ne tenterait-elle pas plutôt de construire, par l’éducation et par la loi, une société d’égalité positive, où les hommes et les femmes seraient encouragés et appuyés (par les moeurs, les coutumes, et finalement par la loi) à prendre soin du fruit de leurs relations amoureuses ? Comme cela l’acquis social que serait l’égalité positive homme-femme n’existerait pas aux dépens d’un groupe opprimé, comme l’étaient les « acquis sociaux » douteux du passé.

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Socialistes pour la vie


40 jours pour la vie - déjà à mi-chemin

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Nous sommes déjà à mi-chemin !

À date, plus de 156 personnes se sont inscrites à la vigile 40 jours pour la vie à Montréal et / ou à la liste d'envoi de courriels. C'est 156 personnes de plus, 156 personnes qui, avant les 40 jours pour la vie à Montréal, ne savaient pas qu'il y avait au Québec un mouvement pour le respect de toute vie humaine, y compris l'enfant à naître.

Maintenant nous avons besoin de toi! Annonce à tes connaissances, ta famille, tes amis, qu'il y a des gens, des gens comme toi, qui prient à Montréal et dans le reste du Québec pour la fin de l'avortement.

  • Faites suivre ce message à vos amis, vos connaissances, votre famille. Invites-les à prier pour la fin de l'avortement et à participer à la vigile.
  • Si tu as reçu ce message d'un ami ou d'un proche, suis ce lien pour t'inscrire à la liste d'envoi des 40 jours pour la vie pour recevoir les dernières nouvelles des 40 jours et de Campagne Québec-Vie.

Aussi, n'oublie pas de t'inscrire dès que possible à la vigile: Il ne reste pas grand temps, alors vas-y et inscris toi avant qu'il ne soit trop tard!

N'attends pas à la dernière minute; ces 40 jours seront bien vite écoulés!

p.s. Reste à l'écoute pour les détails concernant notre cérémonie de clôture, qui aura lieu le dimanche, 28 mars. Suis le lien pour des photos de la cérémonie de clôture de l'automne passé.

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Fondation Jacques Bouchard

 Nous aidons les gens à finir leur jours à la maison, paisiblement.

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Réseau des soins palliatifs du Québec

Le Réseau de soins palliatifs du Québec (Réseau) est une association dont la mission vise à faciliter l’accès à des soins palliatifs de qualité à l’ensemble de la population québécoise. Le Réseau est un point de rassemblement pour toutes les questions touchant l’information, la diffusion, la promotion et la formation en soins palliatifs et soins de fin de vie.

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Conseil pour la protection des malades


Se faire petit - 3e semaine des 40 jours pour la vie à Montréal

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C'est bel et bien déjà la troisième semaine des 40 jours pour la vie à Montréal. On est presqu'à mi-chemin !

Une des grâces de ces 40 jours pour la vie est de nous permettre de comprendre que Dieu n'est pas un Dieu contrôleur et autoritaire: il change les coeurs petit à petit, se servant de petites gens comme nous, pour créer, à la longue, d'énormes changements.

Il y a des jours où on se sent trop impuissant, où on se demande pourquoi les choses sont si lentes à changer, où on se demande pourquoi nos prières ne transforment pas les coeurs en pierre en coeurs de chaire du jour au lendemain.

Surtout quand nous prions devant la clinique d'avortement dehors dans le grésil et le vent et nous voyons entrer des couples et nous savons ce qui se passe derrière ces murs de béton...nous pouvons bien nous sentir très petits, presque aussi petit qu'un Dieu qui est mort crucifié...

Et c'est bien cela la clé : si Dieu lui-même a cru nécessaire de mourir sur la croix pour racheter l'humanité, nous qui l'aimons devons faire de même et renoncer au changement fait à la manière du monde et changer le monde à la manière pacifique et patiente de Dieu. 

Pour se joindre à la vigile des 40 jours à Montréal

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