Célébrer 2,5 millions de morts …
Le 28 janvier 2013 sera le 25e anniversaire de l'arrêt Morgentaler, jugement invalidant les minces restrictions d’une loi sur l’avortement. Le système judiciaire renvoyait l’épineuse question au parlement pour qu’il légifère de nouveau sur les droits de l’enfant à naître et sur ceux de la mère. Ce qu’il ne fera pas. 25 ans de vide juridique. 2,5 millions de morts (soit 100 000 avortements par année au Canada en moyenne).
Campagne Québec-Vie ne célèbre pas. Qui pourrait célébrer un tel carnage? Ce 28 janvier, Campagne Québec-Vie se souviendra de ces millions d’enfants, tués parce que non désirés, démembrés parce que non reconnus, aspirés parce qu’handicapés, éliminés pour ne pas avoir à s’en occuper.
Ce sont 25 années d’une société qui prétend ne pas avoir l’amour nécessaire pour rendre heureux ces enfants, qui ne veut pas avoir la responsabilité de les aimer, 25 ans d'individualisme de masse qui meurtrit les personnes et laisse sans vie les plus faibles.
Ce 28 janvier, nous pleurerons nos morts et notre prière s’élèvera pour que les personnes impliquées se pardonnent et pour que cesse le massacre de nos enfants.
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Laissez un commentaire"Mourir dignement n'est pas pour tous"
Sur le site du Journal Le Soleil du 21 janvier 2013:
(La ministre Véronique Hivon et sa chef, Pauline Marois)
Solide et volumineux rapport en main, la ministre Véronique Hivon a annoncé que son gouvernement tentera de déposer d'ici l'été un projet de loi pour encadrer l'aide médicale à mourir. Elle a aussi indiqué que le ministère de la Santé planche sur un plan de développement et de déploiement plus intégré et amélioré des soins palliatifs. Ceux-ci demeurent la réponse par excellence aux souffrances de la majorité des gens en fin de vie, répète-t-elle.
Or, il y a beaucoup à faire et y parvenir nécessitera une volonté politique sans faille. La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec l'a bien exprimé. «Le droit pour les patients de mourir dans la dignité reste fragile dans l'état actuel du réseau de la santé. Les soins palliatifs sont déficients et ne répondent pas aux besoins des patients et des familles.»
Les membres de la commission parlementaire itinérante avaient constaté les lacunes et la disparité des services offerts aux mourants et à leurs proches. Les juristes experts le rappellent. Les soins à domicile sont déficients et les hôpitaux et les centres d'hébergement de soins de longue durée n'offrent pas tous des soins palliatifs. De précieuses maisons comme Michel-Sarrazin, à Québec, sont encore trop rares.
Bref, mourir dignement n'est pas pour tous.
(...)
Travailler en même temps sur l'ouverture à l'euthanasie et les soins palliatifs montre à quel point ces derniers ne sont pas pris au sérieux par le gouvernement. Si le gouvernement tient à offrir des soins palliatifs de qualité à tous les Québécois avant de proposer l'euthanasie, alors nous n'entendrons plus parler de "mourir dans la dignité" pour la prochaine décennie. Mais ce n'est pas le cas...
Laissez un commentaireHenry Morgentaler, un humaniste lent...
Voici un article paru il y a quelques mois déjà, sur la conception du Dr Morgentaler de l'enfant à naître. Les propos sont durs, mais il s'agit de millions d'enfants qui ont été éliminés au Canada. Et le Dr Morgentaler fut l'un des principaux à y consacrer toutes ses énergies.
Le 28 janvier 2013 marquera le 25e anniversaire de l'arrêt Morgentaler, décision de la Cour suprême qui invalida toutes les lois canadiennes sur l'avortement. Le vide juridique ainsi créé fait en sorte qu'au Canada le meurtre de l'enfant à naître est permis jusqu'à la veille de sa naissance. Pour souligner ce sombre anniversaire, nous vous présentons ci-bas un texte sur l'évolution lente de Henry Morgentaler sur la question de l'avortement.
Le Docteur Morgentaler est la figure de proue du « droit » à l’avortement au Canada. L’idole des féministes. Pourtant, son parcours et ses déclarations, si elles étaient connues en feraient déchanter plusieurs…« Personnellement, j’ai subi bien des influences, à commencer par celle de mes parents, qui faisaient partie du mouvement socialiste juif de Pologne. Ce mouvement marquait une sorte de rupture philosophique profonde, fondamentale, avec la religion juive perçue à cette époque comme une religion fossilisée, acceptant avec résignation le statu quo. La philosophie à laquelle mes parents adhéraient annonçait quelque chose de nouveau : l’homme est un membre actif au dessein de la société, qui doit faire quelque chose de sa vie, qui possède sa propre dignité, individuelle et collective, et qui doit contribuer à la lutte pour l’amélioration de la société.Malgré toutes les vicissitudes de ma vie, j’ai toujours foi dans l’humanité et dans l’homme, que je crois fondamentalement bon. Je suis arrivé à la conclusion, basée sur les données de la psychologie moderne, que la bonté naturelle se manifesterait si les enfants étaient bien traités, respectés et entourés d’affection et d’amour. » (BURUIANA, Michel. Avortement, oui/non, éd. Humanitas, 1988, p.13-14.)« Mes parents défendaient la justice sociale et croyaient à la bonté fondamentale de l’homme, perverti par la société. Ils avaient la conviction, utopique, que le socialisme contribuerait à l’avènement d’une société parfaite. Cette bonté foncière, fondamentale, de l’homme, est une conviction qui m’est chère et que je continue à défendre. (…) j’ai toujours été fasciné par les grands médecins, par les chercheurs et par les bienfaiteurs de l’humanité. Je rêvais de devenir un nouveau Pasteur, un autre Albert Schweitzer. Je rêvais de découvrir un virus ou un microbe inconnu et de devenir célèbre en faisant une découverte dont le monde entier bénéficierait. Après la guerre, à ma sortie des camps de concentration, il était normal que je me dirige vers la médecine. » (ibid. p. 16)« Lorsque j’ai terminé mes études de médecine, je n’avais qu’une idée en tête, c’était de faire de la recherche, pour tenter de guérir des maladies jusqu’alors incurables, comme le cancer. Mais la recherche m’a beaucoup déçu. Compter des cellules sous un microscope m’ennuyait terriblement. J’ai eu du mal à terminer mon année de recherche. Mais d’un autre côté, je me suis découvert certains talents de médecin. J’avais une certaine facilité à poser des diagnostics et j’avais de bonnes relations avec mes patients. J’aimais la médecine clinique, j’aimais donner un certain réconfort aux malades, après un bon diagnostic et un traitement adéquat. Je trouvais cela très réconfortant, car la récompense, si vous voulez, était presque immédiate. C’était tout le contraire de la recherche, qui peut nécessiter vingt années d’efforts avant de mener à une éventuelle découverte. La recherche exige un dévouement total, extraordinaire. Après cette année-là, j’ai décidé d’abandonner cette voie. » (ibid., p.18)« Non. Je n’ai jamais été gynécologue. J’étais en médecine générale. (ibid., p.19)« La grande « aventure » a commencé lorsque je me suis intéressé au mouvement humaniste. J’avais assisté à une conférence prononcée par un membre de l’«Ethical Culture Society», un mouvement religieux, non pas au sens surnaturel, mais au sens d’une morale naturelle et rationnelle. Cette optique correspondait à mes aspirations : apporter la joie dans la vie, utiliser notre raison, faire preuve de compassion et d’amour et utiliser pleinement nos facultés intellectuelles, nos capacités, notre potentiel, pour atteindre le développement ... deux ans plus tard, j’ai été nommé président de l’Association humaniste de Montréal. C’est à cette époque je me suis joint au mouvement humaniste et j’ai été nommé président de l’Association humaniste de Montréal. (ibid., p.20)«Un beau jour, il a été question d’un changement éventuel de la loi sur l’avortement. Une commission parlementaire devait se pencher sur la question. Je me suis mis à étudier le dossier (…)Je me suis rendu compte que l’on faisait mourir des femmes à cause de préjugés, par pure ignorance, en cultivant des idées désuètes. (…) C’est à ce moment-là que j’ai préparé un mémoire au nom de l’Association humaniste de Montréal, endossé par les associations humanistes de Toronto et de Victoria. J’ai insisté pour qu’on revendique l’avortement, non comme un privilège, mais comme un droit pour les femmes. (ibid., p.20)« La suite, je ne l’avais pas prévue. On m’a invité à participer à toutes sortes de débats à la télévision et à la radio. Je parlais donc de l’avortement, donnais des entrevues. Les femmes ont commencé à solliciter mon aide, cherchant mon nom dans les pages jaunes du bottin téléphonique. (…)« Un jour, j’ai pris ma décision. Je ne pouvais plus prêcher en faveur de l’avortement en répétant que les femmes devaient y avoir droit, tout en les renvoyant chez elles lorsqu’elles me demandaient de l’aide… je me trouvais lâche et hypocrite. J’ai donc décidé qu’en tant que médecin et humaniste – ou disons simplement en tant qu’être humain – il était de mon devoir d’aider les femmes en détresse. » (ibid., p.21)
« On sait fort bien qu’il ne s’agit pas de l’ablation d’une tumeur, mais bien d’un embryon qui n’a pas encore développé de cerveau, ou d’un fœtus qui n’est pas encore un être humain. On arrête le processus pour que ça ne devienne pas un bébé. » (ibid. p.38)Il faut plutôt se demander à quel moment de la gestation ou du développement intra-utérin on pourra considérer le fœtus comme un être humain? Il existe deux critères. Le premier, le plus important du point de vue scientifique, est le développement de la partie du cerveau humain qui, de façon absolument unique, nous rend humains, donc différents de toutes les espèces animales. Cela commence à partir du sixième mois. Il s’agit du néo-cortex, qui rend possible le langage, les concepts, la création, l’art, la religion, les sciences. Le second critère, c’est la viabilité du fœtus en dehors de l’utérus, et cela se situe aussi vers six mois environ.Cela prend donc au moins cinq ou six mois avant qu’on puisse dire qu’il s’agit d’un être humain potentiel, doté de tout ce qu’il faut pour survivre en dehors de l’utérus. C’est à cet âge qu’il y a commencement de cerveau humain, et il faut respecter cela. C’est pour cette raison qu’après vingt-quatre semaines, l’avortement ne devrait se faire que dans des cas tout à fait particuliers, comme ceux où la santé, voire la vie de la mère seraient en danger – ou bien dans le cas d’un fœtus qui présenterait des malformations telles qu’il serait affligé de gros handicaps dès la naissance. Bien sûr, il existe des exceptions même après ces vingt-quatre semaines, mais avant cinq ou six mois on ne peut pas parler d’être humain. »
Le fanatisme qui s'ignore : réplique à J. Jacques Samson du Journal de Montréal sur l'euthanasie
Sur le site du Journal de Montréal du 19 janvier 2013, un article de Jean-Jacques Samson montre à merveille la suffisance de certains promoteurs de l'euthanasie qui ne leur permet pas de voir que l'accusation portée contre leurs adversaires leur convient parfaitement. Voici des extraits de cet article :
(Photo : manifestation contre l'euthanasie et pour les soins palliatifs, à Paris)
"La ministre Véronique Hivon n’avait pas terminé son point de presse sur le rapport du comité d’experts qui s’est penché sur le droit de mourir dans la dignité que des fanatiques religieux étaient partis en guerre."
Le comité présidé par Me Jean-Pierre Ménard préconise de permettre aux personnes mourantes de décider du moment et du lieu de leur mort. Il n’ouvre pas toute grande la porte à l’euthanasie au gré de la volonté d’un proche ou de quiconque, comme le lobby catholique tente de le laisser croire.
L’aide médicale à mourir serait réservée aux personnes majeures, aptes à consentir à des soins, atteintes d’une maladie grave et incurable, qui ne présentent aucune perspective d’amélioration et qui éprouvent des souffrances physiques ou psychologiques insupportables.
Une personne ne pourrait en aucun cas se faire imposer, de quelque façon que ce soit, un processus de fin de vie qu’elle n’aurait pas sollicité ou demandé.
(...)Au nom d’une morale dont ils se sont improvisés, les gardiens et les censeurs de l’ensemble de la société, les pro-vie se débattront farouchement pour imposer leur modèle rétrograde d’organisation sociale basé sur le contrôle de l’Église catholique et des médecins sur les Québécois. Même les médecins n’en sont pourtant plus là depuis longtemps. Ils ont bien accueilli le rapport Ménard.
Ces militants préfèrent fermer les yeux sur l’hypocrisie des méthodes utilisées actuellement pour mettre fin de façon accélérée aux souffrances intolérables de nombreux patients. Le statu quo leur est préférable au droit individuel à l’autodétermination. L’humoriste politico-social Guy Nantel conclut un de ses monologues ainsi: la religion est une lumière tellement forte qu’elle aveugle l’homme plus souvent qu’elle l’éclaire.
Les soins palliatifsLe droit de mourir dans la dignité ne se résume par ailleurs pas au droit de demander une aide pour mourir. Il inclut le droit à des soins palliatifs adéquats pour tous ceux qui font le choix de continuer leur route jusqu’au bout du cul-de-sac. Les deux droits sont indissociables. Un gouvernement ne peut en reconnaître un sans l’autre, ce qui se traduit par des investissements massifs dans les départements de soins prolongés des hôpitaux et dans les maisons spécialisées de fin de vie.En période d’étranglement budgétaire, c’est cette option qui risque d’être escamotée. Les gouvernements ne livrent régulièrement pas les engagements qu’ils prennent à l’égard des personnes les plus vulnérables qui n’ont pas le poids politique pour exiger et obtenir leur dû.Pensons seulement aux personnes souffrant de troubles mentaux qui ont été abandonnées à la rue après leur désinstitutionalisation, sans les ressources de soutien promises.
Les deux "droits" sont obligatoirement dissociables parce que l'un va directement nuire à l'autre. Dans les quelques pays où l'euthanasie est légalisée, les unités de soins palliatifs peinent à trouver le financement nécessaire parce que le gouvernement ne trouve pas le financement (on sait qu'il y a bien d'autres priorités). Et les patients mal-traités se rabattent sur l'euthanasie... ce qui soulage le gouvernement de leur procurer des soins palliatifs de qualité. Ce ne sera pas vrai pour le Québec? Vraiment? Alors que le gouvernement ouvre la porte à l'euthanasie alors qu'il n'y a pas, loin de là, un système de soins palliatifs universel pour toute les régions du Québec? Combien de patients vont demander l'euthanasie parce qu'ils ne croiront pas, faussement, pouvoir être soulagés?
Laissez un commentaireLa tactique du Parti Québécois pour se soustraire à loi interdisant de tuer les patients...
Le journal Le Devoir nous révèle la tactique du Parti Québécois,. Et les deux possibilités du gouvernement conservateur : empêcher l'euthanasie en faisant appliquer par le procureur général du Canada (Rob Nicholson, sur la photo) la loi interdisant l'euthanasie ou le suicide assisté, ou s'en remettre aux tribunaux qui pourront changer la loi, sans que le gouvernement ait semblé baisser les bras...
Sur le site du journal Le Devoir du 19 janvier 2013:
Laissez un commentaireScénario hypothétique, mais probable : le gouvernement péquiste de Pauline Marois dépose un projet de loi ouvrant (un peu) la porte à l’euthanasie. Minoritaire, il convainc une majorité de députés de l’adopter. En plus de modifications à la Loi sur la santé et au Code de déontologie des médecins et des infirmières, Québec demande au procureur général d’omettre de déposer des accusations contre des médecins qui pratiquent l’euthanasie, dans certaines balises étroites et précises. Fin de l’histoire ?
Probablement pas. La bataille risque de se jouer au fédéral.
Choc de droit, choc de valeurs
Le Code criminel est limpide : l’euthanasie et le suicide assisté sont des actes criminels. La stratégie proposée par Me Ménard et ses acolytes consiste à modifier essentiellement la Loi sur la santé plutôt que de toucher aux compétences fédérales relevant du Code criminel.
Bien pensé, juge Me David Robitaille, professeur de droit à l’Université d’Ottawa. « C’est valide sur le plan constitutionnel, c’est-à-dire que la province a les compétences pour adopter ce genre de mesures puisque l’objectif demeure l’encadrement des soins en fin de vie et que les provinces disposent des principales compétences constitutionnelles en matière de santé », explique-t-il.
Mais il voit un obstacle majeur : « L’aide médicale à mourir que suggère le rapport Ménard, qui l’encadre en proposant des balises à son exercice, entre en conflit avec le Code criminel qui interdit l’aide au suicide. Or le droit constitutionnel canadien prévoit qu’en cas de conflit entre deux lois valides, l’une provinciale et l’autre fédérale, la loi fédérale aura préséance dans tous les cas. Or l’éventuelle loi provinciale autoriserait précisément ce que le Code criminel interdit. »
Actuellement, seul le procureur général du Québec peut intenter des poursuites en matière de meurtre ou d’aide au suicide. Mais, reconnaissent Ménard et ses acolytes dans leur rapport, le Parlement canadien pourrait très bien modifier le Code criminel pour conférer ce pouvoir au procureur général du Canada. « Il pourrait alors adopter ses propres directives concernant l’application des infractions pertinentes », écrivent-ils.
Pour ce faire, le gouvernement fédéral devrait saisir le Parlement d’un projet de loi. Les conservateurs étant majoritaires, le vote ne représenterait pas un obstacle majeur. Par contre, souligne Me Hébert, « ça renverserait une tradition centenaire. Élargir les pouvoirs du procureur général du Canada, c’est bouleverser le fédéralisme canadien ! » Me Robitaille, lui, n’écarte pas totalement cette éventualité. « Les conservateurs sont majoritaires : ça pourrait passer assez vite comme loi et, alors, les médecins pourraient être poursuivis », dit-il.
Une saga judiciaire en vue ?Plutôt que de « bouleverser le fédéralisme », plusieurs observateurs estiment plus probable que les conservateurs utilisent les tribunaux pour bloquer - ou faire mine de bloquer afin de plaire à leur électorat - les intentions québécoises. C’est d’ailleurs ce que laissait entendre le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, cette semaine, affirmant qu’« il revient aux tribunaux de déterminer si la province agit dans le respect de sa juridiction », sans préciser davantage.
Supposons que le fédéral écarte la possibilité de toucher au Code criminel par l’entremise d’un projet de loi - qui pourrait lui aussi fait l’objet d’une contestation judiciaire. Ottawa pourrait demander directement à la Cour suprême de se prononcer sur la constitutionnalité de la loi québécoise sur l’euthanasie. « Pour ne pas déplaire à leur base politique, les partis peuvent très bien s’en remettre aux tribunaux, observe Me Robitaille. Ils se servent alors de la Cour suprême pour faire passer des modifications législatives dans l’opinion publique. »
Réaction de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec sur la volonté de permettre l'euthanasie au Québec
Sur le site del'Assemblée des évêques catholiques du Québec du 18 janvier 2013 :
Laissez un commentaireLe rapport du comité présidé par Me Jean-Pierre Ménard, suivant en cela la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, s’engage dans une voie dangereuse. Reprenant l’expression « d’aide médicale à mourir » — que la Commission avait choisie pour désigner à la fois le suicide assisté et l’euthanasie —, il la définit comme « un soin » et la considère comme « un droit ». En outre, étant donné que l’euthanasie et le suicide assisté sont prohibés par le Code criminel canadien, le rapport incite le Procureur général du Québec à renoncer aux poursuites judiciaires contre les personnes qui seraient éventuellement impliquées dans une « aide médicale à mourir », à condition qu’elles aient agi en conformité avec les dispositions de la loi qu’adopterait l’Assemblée nationale sur le sujet.
Il y a tout lieu de s’inquiéter lorsqu’une manière de provoquer intentionnellement la mort est considérée comme un soin et lorsqu’elle est revendiquée comme un droit.
Oui, il est légitime de refuser des traitements qui ne font que prolonger la souffrance, de refuser l’acharnement thérapeutique qui ne fait que prolonger le processus de mort, de consentir à la sédation palliative administrée dans le but de soulager la douleur et non de provoquer la mort: comme les auteurs du rapport, nous affirmons que cela relève des droits et de l’autonomie de la personne. Mais nous affirmons aussi qu’il y a des limites à cette autonomie si on l’invoque pour donner ou se donner la mort. Le respect de la dignité humaine implique en premier lieu le respect de la vie humaine.
Nous apprécions grandement l’engagement et la contribution des citoyens et citoyennes, des familles et des associations qui sont solidaires des plus vulnérables et qui tentent de bâtir une culture de la vie et de la compassion.
Nous encourageons les professionnels de la santé engagés et soucieux de servir la vie et la dignité des personnes, ainsi que le bien de toute la collectivité, à poursuivre leur action unique et irremplaçable.
Il faut surtout et en priorité, comme le reconnaît et le propose le rapport du comité présidé par Me Ménard, étendre les soins palliatifs à l’ensemble du réseau des soins de santé. Une fin de vie dans la dignité passe par des soins palliatifs accessibles à tous, et non par l’euthanasie.
Un reporter du journal Le Devoir réfute les préjugés de certains journalistes sur la manifestation contre le «mariage» gai
Sur le site du journal Le Devoir du 19 janvier 2013, un article à lire, qui explique également certaines des raisons des Français de s'opposer au mariage gai:
(Le journaliste Christian Rioux s'interroge sur les idées admises et les caricatures textuelles de certains de ses collègues journalistes sur les manifestations contre le «mariage» gai.)
Laissez un commentaireLe journaliste possède un immense privilège. C’est celui de vérifier sur place si certaines idées communément admises correspondent à la réalité. Comme j’ai eu le privilège de compter parmi les rares journalistes québécois présents à la manifestation de 400 000 personnes contre la mariage gay qui s’est tenue dimanche à Paris, je m’autorise donc à témoigner. Qu’on se le dise, cette manifestation n’avait rien du ramassis de bigots que certains se sont amusés à décrire.J’ai parcouru les cortèges pendant trois heures et parlé avec de nombreux participants, dont beaucoup de jeunes. Je n’y ai pas entendu le début d’un slogan homophobe. Le défilé était serein et fort peu politique. Le défilé était serein et fort peu politique. (...)Loin de la caricature que certains s’amusent à dessiner, le débat qui a cours en France n’oppose pas de fieffés réactionnaires à de gentils progressistes. Ce serait trop simple. (…)C’est caricaturer le débat que de prétendre que ceux qui s’inquiètent sont des bigots. (…)
« La boite de Pandore » : un article très intéressant paru dans La Presse sur l'euthanasie
Sur le site du Journal La Presse du 18 janvier 2013:
Laissez un commentaire(...)Certes, les balises encadrant le recours à l'aide médicale à mourir devraient limiter sérieusement les dérives. Cependant, elles ne peuvent empêcher tout à fait, par exemple, qu'un patient demande l'euthanasie simplement pour éviter secrètement à ses proches le boulet de son agonie. Aucune balise ne réussira jamais à contenir tout dérapage, de la même façon qu'aucune loi ne peut prétendre parvenir à enrayer son propre contournement, volontaire ou non.
Toutefois, la grande inquiétude prend sa source ailleurs: en légalisant l'aide médicale à mourir, ouvrons-nous la boîte de Pandore? Procédons-nous à un changement culturel aux secousses potentiellement funestes? Il faudrait examiner attentivement si la société enverra désormais inconsciemment aux souffrants, aux dépressifs, aux suicidaires, le message suivant: la mort est une option.
Bien sûr, les balises sont justement là pour manifester que des circonstances exceptionnelles justifient seules le fait de demander la mort; mais à partir du moment où une société cesse de proclamer à tous: «peu importe l'épreuve que tu traverses, il est bon que tu sois vivant», son exhortation à vivre, son parti pris pour la vie est condamné à s'enliser de plus en plus dans l'ambiguïté.
Tout acte individuel possède une portée sociale. Nul n'est une île, c'est bien connu. En fuyant la souffrance dans la mort, une personne influence, qu'elle le veuille ou non, le rapport des autres à la souffrance et à la mort. Un père qui se suicide induit à ses enfants une certaine méfiance par rapport à la vie et à la possibilité qu'elle ait un sens. De même, quoique dans une moindre mesure, la personne ayant recours à l'aide médicale à mourir met une limite à l'acceptation de sa vie concrète, et cela n'est pas sans répercussions sur des personnes s'autorisant plus aisément, suite à son exemple, à penser de même. Dès qu'une limite est posée, elle s'expose à la mobilité, au gré des subjectivités et des situations.
Mais la dignité du souffrant, dans cette histoire? Nous devons nous demander ce que nous entendons par «dignité». Est-elle fondée sur la liberté de tout contrôler ce qui nous concerne, jusqu'à notre mort? Ou alors sur notre capacité de vivre en assumant jusqu'au bout l'origine et la destination mystérieuses de notre vie, dans la conscience de notre responsabilité envers autrui?
En tout cas, aucune liberté humaine ne possède le pouvoir d'abolir les conséquences de son action sur la collectivité. C'est dur à admettre pour un esprit individualiste, mais c'est indiscutable: ma mort ne me concerne pas seulement. Ainsi, il n'est pas superflu de s'interroger sur la pertinence d'octroyer un droit de mourir qui pourrait exhaler des habitudes de pensée délétères dans notre espace culturel.
Face au déluge d'émotions qui nous stupéfait lorsque nous sommes confrontés à la souffrance d'autrui, mon invitation à la prudence frappera sans doute les coeurs comme la vaguelette d'une brumeuse prophétie. Nous avons tous peur de souffrir; nous désirons tous, avec raison, éviter l'acharnement thérapeutique. Tout cela nous rend encore plus compatissants envers les grands souffrants.
Mais notre compassion serait peut-être plus véritablement humaine si, au lieu de prendre la forme d'une fuite, elle s'exerçait comme un accompagnement indéfectible de la vie, jusqu'à son terme naturel.
Le « mariage » gai au Québec, un «débat qui n'a pas eu lieu » dit Lise Ravary du Journal de Montréal
Sur le site du Journal de Montréal du 18 janvier 2013, une réflexion de Lise Ravary sur l'absence de débat qui a permis l'adoption d'une redéfinition d'une mariage au Québec :
(Sur le site, on trouve également une entrevue de la journaliste sur le sujet)
Le mariage constitue la pierre angulaire de la famille, elle-même la pierre angulaire de toutes les sociétés humaines.
Le mariage n’est pas qu’une simple construction culturelle : depuis toujours, il encadre la reproduction humaine. Ce n’est pas un détail de l’Histoire.
Mais puisque les Québécois sont un peuple évolué et ne peuvent résister aux idées nouvelles, ils ont jugé inutile de discuter des ramifications de donner aux personnes de même sexe le droit de se marier. Ramifications qui incluent une redéfinition radicale du lien biologique parents-enfants.
Des rats de laboratoire
Depuis 50 ans, l’Occident utilise les enfants comme rats de laboratoire pour ses expériences de réingénierie sociale. Des mères qui travaillent au divorce-minute ‘no fault’, à l’union libre, à la garderie, via la garde partagée et les réformes à l’école : ‘y’a rien là, les enfants sont résilients’.
Pourquoi alors autant de détresse ? De suicides, d’auto mutilation, d’anorexie, de boulimie, de dépression, d’hyperactivité, de fugues et de toxicomanie ? Et voilà qu’on leur met sur le dos une nouvelle révolution sociale : l’homoparentalité. Sans qu’on en discute.
Margaret Sommerville, professeur d’éthique à McGill et sommité mondiale en la matière, a voulu lancer le débat en 2003 en posant cette question : ‘Les droits des couples de même sexe passent-ils avant les droits des enfants ?’ Résultat : elle a été traînée dans la boue, humiliée publiquement et traitée d’homophobe. Je la connais. Elle est tout sauf homophobe. C’est d’une femme d’un humanisme profond.
L’homosexualité n’est plus un tabou mais se questionner sur les impacts du mariage gai est devenu un méga tabou.
Rien trouvé de mieuxRien ne bat papa, maman et une cellule familiale stable pour élever des enfants. C’est l’idéal. Bien sûr, les échecs sont fréquents, mais la recomposition des familles ne détruit pas les liens biologiques. Elle répare.
(...)
Mais la pure vérité, c’est qu’on ne connait pas l’impact de l’homoparentalité sur les enfants. Comme avec tous nos projets de réingénierie sociale, les enfants porteront seuls le fardeau de la preuve. Ce sont les enfants qui seront envoyés au front pour défendre le choix de leurs parents, tant que la société ne se sera pas adaptée au changement.
Il n’existe aucune étude sérieuse sur l’homoparentalité et les enfants pour l’instant, car le phénomène est trop nouveau. L’échantillonnage disponible est minuscule. Les recherches à grande échelle qui sont citées portent surtout sur des enfants nés d’un couple hétéro mais dont un des parents a changé d’orientation en cours de route. Pas la même chose.
Je trouve désolant que l’on n’ait pas trouvé le moyen de débattre de questions aussi importantes que la filiation et le sens du soi, sans que des accusations d’homophobie mettent fin à toute discussion. Les sceptiques, dont je suis, n’ont même pas eu la chance d’être confondus !
La filiation, une notion biologique, devra nécessairement reposer sur une fiction juridique qui niera aux enfants issus d’un couple homosexuel le droit de remonter le cours de leurs origines. À l’heure où de plus en plus de tribunaux donnent aux enfants nés de l’insémination artificielle le droit de retrouver leur père biologique. Et aux enfants adoptés de garder un lien avec leurs géniteurs.
L’article 7 de la convention internationale sur les droits de l’enfant garantit à tout enfant le droit de connaître ses parents. Il doit bien y avoir une raison à cela.
On ne peut qu’espérer que l’amour viendra à bout de tout.
Si, il y a une étude sérieuse sur l'"homoparentalité" et ses conclusions sont sans équivoques. Cliquez ici et ici pour lire sur le sujet.
Laissez un commentaire« Contre le droit de tuer autrui » : un article du Dr Patrick Vinay paru dans le Devoir
Une lettre du Dr Patrick Vinay, médecin en soins palliatifs et vice-président du mouvement «Vivre dans la dignité», paru dans le Devoir du 18 janvier 2013:
(Le Dr Patrick Vinay donnant une conférence en 2010, devant l'auditoire de l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec)
Laissez un commentaireC’est avec tristesse que les membres de Vivre dans la dignité apprennent que le gouvernement ira de l’avant avec l’étude d’un projet de loi qui renie le droit inviolable de chacun à la vie, et cela au nom de l’humanité et de la compassion ! La loi fédérale qui fait du meurtre sous toutes ses formes un crime exprime concrètement que tout meurtre atteint gravement nos valeurs communes. Le droit de vivre de l’autre, et donc la prohibition du meurtre, fonde le tissu même de notre égalité et de notre société.
Mais la fascination de faire partie des gens jeunes, beaux et autonomes ôte pour certains toute dignité aux malades dépendants. Il faut achever leur vie rapidement, plutôt que de soigner efficacement… Et pour cela, on veut introduire un contresoin, le meurtre, élevé au rang des gestes de compassion, et demander aux soignants de poser ce geste !
Mais avez-vous entendu les soignants qui se penchent sur la fin de vie réclamer le droit de tuer leurs malades ? Sont-ils à court de puissants médicaments pour restaurer le confort ? Non. Ils ont clairement dit à la Commission qu’ils n’avaient pas besoin de cela pour garder leurs malades confortables jusqu’à la fin. Alors si ce n’est pas eux qui sont impliqués, qui demande ce « droit » de tuer autrui ? Qui a inventé ce terme fallacieux « d’aide médicale à mourir » pour déguiser une injection létale terminale en un soin approprié ?
On propose maintenant de faire des règlements pour accorder à certains et dénier à d’autres le « privilège d’être tués » ! Il faudra donc des experts qui feront des pronostics incertains… Il faudra juger et quantifier la souffrance vécue par les uns et les autres : une tâche impossible. Cette porte ne tiendra jamais et on se retrouvera comme en Belgique avec des euthanasies accordées parce que la vue et l’ouïe faiblissent, causant « une perte irréparable » du jouir de la vie…
Et que dire des pressions de certaines familles trop occupées pour soutenir leurs malades et qui veulent en finir parce que le mourir est trop long ! Tout cela empêchera de découvrir l’entraide, la compassion, l’amitié ou l’amour. Tout cela dissoudra notre lien : le pays, est-ce seulement pour les gens autonomes ?
Pour beaucoup de bien portants, il n’y a rien à vivre en fin de vie. Pour d’autres qui vivent au contact de cette réalité, c’est un puissant terrain de transformation et de compréhension de notre nature humaine. Les soins palliatifs sont appréciés parce qu’ils soulagent efficacement ceux qui meurent tout en permettant des découvertes importantes pour ceux qui restent.
C’est la seule voie viable pour un avenir plus humain et pour des deuils plus sereins. Le gouvernement en place doit donc faire porter tous ses efforts sur l’amélioration des soins palliatifs et les rendre accessibles à tous les citoyens qui en ont besoin.
Accepterons-nous que nos lieux publics de santé deviennent maintenant des lieux dangereux où le malade peut être tué ? Des lieux où le malade ne peut plus changer d’idée ? Des lieux où le médecin tuerait plutôt que de soigner ? Des lieux où il deviendrait dangereux d’amener papa ou maman ? De telles inquiétudes ont été exprimées maintes fois durant les audiences de la Commission sur la question de mourir dans la dignité. Qui les a entendues ?