Aujourd'hui, 14 octobre, Charlie Kirk aurait eu 33 ans.
Il y a treize mois, il a été abattu sur un campus universitaire de l'Utah alors qu'il faisait ce qu'il faisait de mieux : assis sous une tente, il invitait quiconque n'était pas d'accord avec lui à venir en débattre. Il a été tué alors qu'il disait publiquement ce qu'il tenait pour vrai au sujet de Dieu, du mariage et de l'enfant dans le sein de sa mère, et il est mort en martyr de la vérité morale.
Il y a dix jours, à Québec, une douzaine de personnes ont eu un petit aperçu de ce que peut coûter un tel témoignage.
Douze personnes en prière
Le dimanche 4 octobre, une douzaine d'hommes et de femmes se sont tenus sur le trottoir du boulevard Laurier, devant l'église Saint-Charles-Garnier, pour la Chaîne de la vie, l'un des 30 rassemblements de ce genre tenus au Québec ce jour-là. Douze, c'est le nombre des tribus d'Israël et celui des apôtres. Pendant une heure, ils ont tenu leurs pancartes et prié en silence, comme le font chaque automne les participants à la Chaîne de la vie partout en Amérique du Nord.
Trois jours plus tôt, un groupe appelé le Collectif Riposte féministe avait déplacé sa manifestation à cette adresse précise, à la même heure. Son invitation disait : « Apportez votre colère, vos pancartes et l'essentiel pour faire un max de bruit !! »
Ils l'ont apportée. Selon une participante, de 150 à 200 contre-manifestants ont encerclé les douze. Ils se sont placés devant les pancartes pour que les automobilistes ne puissent pas les lire, ont lancé des insultes et ont sifflé à l'oreille d'un homme âgé qui porte des appareils auditifs. Ils ont bloqué le boulevard, arraché les pancartes des mains des participants, puis les ont déchirées et piétinées.
Une militante de FEMEN a égratigné le visage d'une participante en lui arrachant sa pancarte, puis a déchiré les pancartes une à une « dans un cri de victoire sous les applaudissements de la foule ». Le soir même, une contre-manifestante s'en vantait sur Facebook : « surtout une fois que je leur ai arraché et déchirer leur affiche anti avortement hihi ».
Il a fallu appeler la police à deux reprises. Une fois sur place, les policiers ont rétabli l'ordre en quelques minutes et escorté les participants jusqu'à leurs voitures.
On a offert à la participante au visage égratigné de porter plainte pour voies de fait, mais elle a refusé. « Je venais là pour prier bien humblement pour défendre l'enfant à naître », a-t-elle écrit. Elle a continué à prier jusqu'à la fin.
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Imaginez les deux groupes côte à côte : d'un côté, douze personnes qui prient en silence ; de l'autre, une foule à qui l'on avait dit d'apporter sa colère, et qui l'a fait. Beaucoup de ces femmes portent des blessures que personne ne les a jamais aidées à nommer, et nous prions pour elles. Mais une blessure ne donne à personne le droit de porter la main sur un inconnu en prière.
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Un réseau, pas un débordement spontané
Ce qui s'est passé sur le boulevard Laurier a été organisé, et cela dure depuis des années.
- 2024. À la première Marche pour la vie à Québec, la contre-manifestation « Riposte pro-choix » a été organisée avec la collaboration de deux des plus grandes centrales syndicales du Québec : la FTQ (Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec) et la CSN (Confédération des syndicats nationaux). Le Catholic Register a rapporté que la ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron, se trouvait parmi les contre-manifestants.
- 2025. À la Marche pour la vie, une trentaine de militants vêtus en black bloc ont pris le contrôle des discours avec des porte-voix, des sifflets et des bombes fumigènes colorées. Des publications de Québec Antifasciste sur les réseaux sociaux faisaient la promotion de la contre-manifestation.
- 2026. Le conseil central de Québec de la CSN a fièrement annoncé avoir « répondu présent-es à l'appel » du collectif féministe. Sur ses propres photos, sa banderole « Québec est pro-choix » barre le boulevard Laurier.
- FEMEN s'est jointe à eux cette année. Le groupe est connu partout dans le monde pour ses coups d'éclat seins nus dans des églises et des parlements, y compris à l'intérieur même de l'Assemblée nationale du Québec en 2013.
- Les antifas sont eux aussi des habitués. L'organisateur de notre autre site à Québec, à quelques rues de là, s'est réjoui qu'il n'y ait eu « pas d'antifa, une première depuis des années ». Aux États-Unis, l'antifa a été déclarée organisation terroriste intérieure par décret présidentiel en septembre 2025, et deux mois plus tard, le département d'État a désigné quatre groupes antifas européens comme organisations terroristes.
Suivez l'argent
Il ne s'agit pas de petits groupes qui s'autofinancent.
- La CSN. Sa seule instance centrale perçoit plus de 100 millions de dollars par année en cotisations. En vertu de la formule Rand, ces cotisations sont prélevées sur la paie des travailleurs, qu'ils partagent ou non les causes du syndicat, et cela comprend des travailleurs pro-vie.
- La FQPN. La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est la plaque tournante du lobby de l'avortement au Québec, et elle est financée par l'État. En décembre 2025, elle a publié un rapport d'une centaine de pages qui cartographie le mouvement pro-vie et nomme notre organisme à plusieurs reprises. Ce rapport a été payé par le Secrétariat à la condition féminine du gouvernement, et il se termine par douze recommandations au gouvernement pour contrer « l'influence anti-avortement ».
- Le plan du gouvernement lui-même. En novembre 2024, le gouvernement a annoncé un plan de 7,5 millions de dollars pour élargir l'accès à l'avortement. Il prévoit des mesures pour « lutter contre la désinformation » sur l'avortement, ce qui veut dire, en pratique, lutter contre des gens comme nous.
Autrement dit, les contribuables financent la fédération qui nous cartographie, les cotisations de travailleurs croyants financent les syndicats qui bloquent la rue, et les douze personnes qui priaient sur ce trottoir paient pour les deux.
Une ville sur une colline, et un marécage à assécher
Québec est bâtie sur le roc. Sa vieille ville domine le cap Diamant, une falaise qui surplombe le Saint-Laurent. L'Assemblée nationale se dresse sur la colline Parlementaire, et le boulevard Laurier longe le plateau au-dessus du fleuve. Comme le dit l'Évangile, « une ville située sur une montagne ne peut être cachée ».
Pourtant, même une ville sur une colline peut cacher un marécage, et la capitale du Québec en a un. C'est un réseau sombre de militants, de permanents syndicaux et de groupes subventionnés qui s'en prend en masse à quiconque refuse son idéologie pro-avortement.
Certains aiment voir ces groupes comme les « anticorps » du Québec contre le mouvement pro-vie. Ils n'en sont rien, car les anticorps aident un corps à guérir. Ce que nous avons sous les yeux, c'est plutôt un cancer au cœur de la capitale nationale, nourri par l'argent public et les cotisations syndicales obligatoires. Pour l'enlever, il faut couper ce qui le nourrit : le marécage s'asséchera dès qu'on cessera de l'alimenter.
Monsieur St-Pierre Plamondon, gouvernez pour tous
Le nouveau conseil des ministres doit être assermenté le 21 octobre. Le soir de l'élection, le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a promis de gouverner pour tous les Québécois, et c'est maintenant qu'il doit montrer qu'il le pensait vraiment.
« Tous les Québécois », cela comprend les douze personnes du boulevard Laurier. La liberté d'expression n'est pas un privilège réservé à ceux qui sont d'accord avec le Secrétariat à la condition féminine. Année après année, ces groupes s'arrogent le droit de faire taire quiconque s'oppose à leur culte de la mort. Cette idéologie est derrière quelque 20 000 avortements commis chaque année au Québec. Elle est aussi derrière une natalité tombée à 1,33 enfant par femme en 2024, le plus bas niveau jamais enregistré. Une culture qui tue ses enfants tue aussi son propre avenir.
Le nouveau gouvernement a à la fois l'occasion et la responsabilité d'agir sur deux fronts :
- Ouvrir les livres. Chaque groupe qui reçoit des fonds publics et se mobilise contre des citoyens paisibles devrait avoir à rendre compte de chaque dollar. L'argent destiné à aider les femmes ne doit pas finir par payer de l'intimidation dans la rue.
- Maintenir la loi 3, et aller plus loin. Depuis le 2 octobre, la nouvelle loi québécoise sur les syndicats exige un vote secret des membres avant que les cotisations puissent servir à des campagnes politiques et sociales. Les syndicats veulent la faire abroger ; le gouvernement doit la maintenir. Il devrait aller plus loin, comme l'a proposé le Parti conservateur du Québec (PCQ), en permettant à chaque travailleur de refuser personnellement de financer les activités politiques et idéologiques de son syndicat. Aucune infirmière, aucun chauffeur d'autobus, aucun enseignant ne devrait voir ses cotisations servir à bloquer un trottoir où des gens prient.
À vous d'agir
Dans les prochaines semaines, nous offrirons à tous les Québécois un moyen simple d'écrire à leur nouveau député à l'Assemblée nationale. Vous pourrez lui transmettre des idées concrètes pour sortir le Québec de sa spirale descendante et l'orienter vers une culture de la foi, de la famille et de la vie, de la conception à la mort naturelle. Restez à l'affût.
À nos amis de l'extérieur du Québec : merci. Vos dons et vos prières sont ce qui permet à douze personnes de rester debout sur un trottoir quand deux cents viennent les faire taire à grands cris, et nous avons besoin des deux.
Il y a longtemps, douze hommes ordinaires, armés de la seule vérité, ont bouleversé le monde. Les douze de ce trottoir de Québec ne se laisseront pas réduire au silence non plus.
Pour la Vie,


Georges Buscemi
Président, Campagne Québec-Vie
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