Le Canada protège les arbres.
Qu'il protège maintenant les enfants à naître.
Le 9 juin 2026, le conseil municipal de Terrasse-Vaudreuil, deux mille habitants à l'ouest de Montréal, a reconnu à l'unanimité que les arbres ont « le droit de vivre, de grandir et de se régénérer ». Première municipalité au Canada, et première au monde selon les promoteurs de la Déclaration universelle des droits de l'arbre, à y adhérer par résolution.
Le maire, Michel Bourdeau, l'a expliqué ainsi : « L'arbre, c'est comme un être humain. Il respire. Il vit. »
Chacun de ces mots est vrai de l'enfant porté par sa mère.
L'arbre a désormais des droits à Terrasse-Vaudreuil. L'enfant n'en a aucun. Nulle part au Canada, à aucun stade de la grossesse, et cela depuis 1988.
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Trente secondes. Objectif : 1 000 signatures.
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On serait tenté de n'y voir qu'une lubie de petite municipalité. Ce n'en est pas une. C'est une méthode, et elle a un dossier.
Le dossier
1969. Henry Morgentaler ouvre un avortoir à Montréal, au mépris ouvert du Code criminel.
1976. Le 11 décembre, le ministre de la Justice Marc-André Bédard retire toutes les accusations, déclare la loi inapplicable et annonce qu'il n'y aura plus de procès. Le Québec cesse purement et simplement d'appliquer une loi fédérale.
1988. Douze ans plus tard, la Cour suprême invalide cette loi pour le pays entier. Le Canada n'a plus aucune loi sur l'avortement depuis. Le Québec avait ouvert la voie ; le Canada a suivi.
1977. Douze mois après avoir clos le dossier Morgentaler, le même Marc-André Bédard fait du Québec le premier territoire en Amérique du Nord à inscrire l'orientation sexuelle dans sa charte des droits. Ottawa y viendra en 1996, dix-neuf ans plus tard.
2014. Le Québec devient la première province à légaliser l'euthanasie. Il le fait délibérément avant l'arrêt Carter de la Cour suprême, en rédigeant sa loi comme un « soin » afin de passer à côté du Code criminel. Ottawa suit dix-huit mois plus tard. En 2019, un tribunal québécois forcera Ottawa à élargir encore.
2021. La rivière Magpie devient le premier écosystème au Canada doté de la personnalité juridique : neuf droits, dont celui de vivre, d'exister et de couler, et celui de se régénérer. Les résolutions ont été rédigées par un organisme montréalais, l'Observatoire international des droits de la nature.
2026. Le même organisme salue la résolution de Terrasse-Vaudreuil. Sa présidente souhaite publiquement qu'elle soit « la première d'un grand nombre de municipalités ».
Ce n'est pas une coïncidence. Le Québec est le banc d'essai ; le Canada est l'application. Deux premiers ministres l'avaient parfaitement compris : Pierre Elliott Trudeau, né et élevé à Outremont, qui a entrouvert la porte à l'avortement en 1969, et son fils Justin, formé à Montréal et député d'une circonscription montréalaise pendant dix-sept ans, qui a légalisé l'euthanasie d'un océan à l'autre. Tous deux ont gravement abîmé le Canada. Tous deux ont appris la politique ici.
Et si vous nous lisez d'ailleurs, sachez que l'idée n'est pas née ici. La Déclaration universelle des droits de l'arbre a été rédigée en France ; quatre-vingt-deux communes françaises l'avaient déjà signée en avril 2026. Terrasse-Vaudreuil est seulement la première à l'inscrire dans une résolution municipale. L'idée voyage : de la France au Québec, du Québec au reste du Canada, et de là partout où l'on se met à parler des « droits du vivant ». Que vous nous lisiez de Moncton, d'Ottawa, de Paris ou de Dakar, ce n'est pas une curiosité québécoise que vous regardez. C'est un banc d'essai, et le vôtre est déjà réservé.
Quant au raisonnement, une avocate d'un des groupes environnementaux impliqués l'a exposé sans détour : les entreprises possèdent la personnalité juridique alors qu'elles ne sont pas vivantes ; qu'est-ce qui empêcherait alors les êtres vivants de l'obtenir ? Suivez cette logique et rien ne l'arrête. Les rivières. Les arbres. Les minéraux, avec le temps. Un seul être humain vivant en est exclu : celui qui n'est pas encore né.
L'inversion va plus loin encore. Les gardiens chargés de parler au nom de la rivière Magpie ont été décrits ainsi par l'avocate même qui a conçu le modèle : comme des parents à l'égard d'un enfant, ils doivent agir dans son intérêt supérieur. Il a fallu l'image de l'enfant pour expliquer pourquoi une rivière mérite un défenseur. Puis on a laissé l'enfant dehors.
Le mot « ironie » est trop faible. C'est une contradiction morale, et elle est écœurante.
Qu'on nous entende bien, car nous ne nous laisserons pas caricaturer là-dessus. Nous ne sommes pas contre les arbres. Plantez-en. Protégez-les. Terrasse-Vaudreuil en compte une dizaine de milliers et elle a raison d'y tenir. Oui à la protection des arbres, des plantes, des animaux ; nous le pensons, sans réserve et sans ironie.
Mais si l'arbre mérite protection parce qu'il vit, parce qu'il grandit, parce qu'il a besoin d'eau et qu'il ne peut pas parler pour lui-même, alors combien plus l'enfant à naître, qui fait tout cela, et qui est un être humain de surcroît. Reconnaissons son humanité. Reconnaissons sa valeur. Laissons-le vivre.
C'est là toute notre pétition. Elle demande au Parlement du Canada d'adopter une loi protégeant la vie des enfants à naître. Rien de plus compliqué.
| J'AJOUTE MON NOM › |
Le Code criminel est fédéral. L'avortement n'est pas un dossier provincial. Le Parlement qui refuse d'agir depuis trente-huit ans est celui de tout le pays, et les députés qui recevront cette pétition sont ceux de toutes les provinces. Le Québec ne peut pas réparer cela seul, et c'est précisément pourquoi la pétition n'est pas adressée à Québec.
Si vous nous lisez de l'extérieur du Canada, soyons francs : votre signature ne pèsera pas sur un député canadien. Votre partage, lui, pèsera.
Alors signez. Puis envoyez ceci à trois personnes qui signeront.
| Signer et faire suivre › |

Pour la Vie,

Georges Buscemi
Président, Campagne Québec-Vie
P.-S. Terrasse-Vaudreuil a agi parce qu'une poignée de citoyens l'a demandé à son conseil municipal. C'est tout le mécanisme. Il fonctionne pour les arbres. Il peut fonctionner pour les enfants.
Campagne Québec-Vie ne reçoit aucune subvention publique et n'a aucun statut d'organisme de bienfaisance. Ce travail tient à ceux qui le portent. Si vous le pouvez, soutenez-le ici.