
Robert Fico, premier ministre de Slovaquie.
Par Campagne Québec-Vie — Photo : capture d'écran vidéo/YouTube
Le premier ministre slovaque Robert Fico, qui a été victime l’année dernière d’une grave tentative d’assassinat, est l’une des rares figures politiques européennes à porter haut le flambeau de la foi, de la famille et de la vie. Dans un contexte de pressions intenses — venant à la fois des élites médiatiques, universitaires et européennes —, il défend avec courage les racines chrétiennes de son peuple et affirme la souveraineté de la Slovaquie face aux diktats idéologiques et économiques venus de l’étranger.
Son discours du 5 juillet 2025, prononcé à Devín à l’occasion de la fête nationale en l’honneur de saints Cyrille et Méthode, est un exemple éloquent de discours enraciné, lucide, et profondément patriote. Il montre comment l’histoire chrétienne d’un peuple n’est pas un fardeau du passé, mais une source d’identité, de force morale et de vision politique.
Ce message est tout particulièrement pertinent en ce qui concerne le Québec, où l’héritage de l’Église est systématiquement dénigré, où l’on enseigne à nos jeunes à haïr leur histoire, et où les élites présentent la foi chrétienne comme un obstacle au progrès, plutôt qu’un fondement pour la justice sociale et la culture. Fico nous montre qu’un autre chemin est possible : retrouver la mémoire de notre nation, revaloriser la foi et la famille, et résister aux impératifs idéologiques venus d’ailleurs.
Il est permis d’espérer qu’un jour, un « Fico québécois » surgira de nos rangs, pour remettre les pendules à l’heure, pour dire la vérité sur notre passé, et pour réorienter notre avenir à la lumière de ce que nous sommes profondément.
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Discours du premier ministre de Slovaquie, Robert Fico, à l’occasion de la fête de saints Cyrille et Méthode — Traduit par Jan Stohl.
Chers Slovaques, distingués invités, je souhaite à tous une merveilleuse soirée depuis ce lieu historique du château de Devín. Permettez-moi, outre l’accueil du président et du président du Conseil national de la République slovaque, Monsieur le Président Gašparovič, d’adresser tout particulièrement mes remerciements au père cardinal Duka pour ses belles paroles prononcées aujourd’hui à Nitra. Nous attachons une grande importance, Père Cardinal, aux relations cordiales slovaquo-tchèques et tchéco-slovaques. Chaque fois que je me rendrai en République tchèque, j’irai le chapeau à la main et non sur la tête. Merci infiniment pour vos propos tenus aujourd’hui à Nitra.
Nous avons promis de célébrer dignement nos fêtes nationales, et depuis l’arrivée au pouvoir de ce gouvernement en 2023, nous avons accordé une attention particulière à présenter la République slovaque comme un pays fier et confiant, avec une représentation politique digne. Je remercie donc tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée, car c’est ainsi qu’un pays fier et confiant doit se montrer. Merci particulièrement à l’équipe du ministère de la Défense, mais aussi à tous ceux qui se sont associés. Merci beaucoup.
Distingués invités, chers Slovaques, celui qui ne connaît pas son passé n’a pas non plus d’avenir. Malheur au peuple dont la pseudo-élite décide volontairement d’ignorer ou même de falsifier son histoire. Nous avons entendu toutes sortes de commentaires concernant les célébrations d’aujourd’hui dédiées à saints Cyrille et Méthode. On prétend que nous honorons simplement deux immigrés venus avec une langue impraticable et inutilisée. Le manque de respect est tel que certains n’ont pas hésité à traiter moqueusement l’alphabet glagolitique de « blabolitique », affirmant qu’il aurait été destiné à des gens qui ne pouvaient en aucun cas être nos ancêtres, les anciens Slovaques.
Il est littéralement incroyable, chers Slovaques, de voir à quel point ceux qui ne souhaitent pas le bien de notre État, tiennent à ce que nous n’ayons aucune identité nationale, culturelle ou spirituelle, souhaitant nous réduire à une masse sans âme qui se trouve ici par hasard, indigne de souveraineté et qui n’est destinée qu’à obéir aveuglément aux grands et aux puissants.
Malheureusement pour nous, les Slovaques, l’histoire a été principalement écrite par des historiens étrangers, et il serait erroné de croire qu’ils ont toujours écrit juste la vérité à notre égard. L’histoire écrite par des stylos étrangers a tendance à passer sous silence l’existence de celui qui joue le rôle principal dans cette histoire. L’œuvre missionnaire de saints Cyrille et Méthode est tellement intemporelle qu’on ne peut pas les reléguer au passé. Le pape Jean-Paul II, dans son homélie en novembre 1981 à Rome, déclarait aux Slovaques : « Restez fidèles à l’héritage des pères saints Cyrille et Méthode, vivez constamment selon celui-ci. Préservez-le avec la certitude qu’il constitue le fondement de votre grandeur spirituelle et du véritable niveau culturel de votre nation. » Le Saint-Père ne s’est peut-être même pas douté qu’il avait des auditeurs attentifs, des gens qui se rendaient compte de la signification de la mission de saints Cyrille et Méthode pour notre nation.
Monsieur le président Gašparovič, ce n’est probablement pas un hasard si, onze ans plus tard, en 1992, les pères de la Constitution de la République slovaque — dont vous faites partie — ont inscrit dans son préambule l’héritage spirituel cyrillo-méthodien et la tradition historique de la Grande-Moravie. Si vous permettez, je n’ai pas l’intention de faire ni des raccourcis historiques, ni d’ennuyer ce distingué auditoire avec des détails. Nous pouvons cependant ensemble depuis ce lieu sacré, à juste titre et sans aucun doute affirmer au monde entier que sans la mission de saints Cyrille et Méthode, aucune indépendance culturelle et politique, ni aucune souveraineté des Slovaques ne serait possible.
Malgré l’absence de plus de mille ans d’autonomie territoriale, culturelle et politique, notre nation a préservé son identité. Encore une fois : pendant mille ans, nous n’avons rien géré nous-mêmes, et malgré cela, nous avons préservé notre identité. L’historien tchèque František Graus qualifie justement l’histoire slovaque de « petit miracle historique » parmi les peuples voisins.
Chers Slovaques, distingués invités, ceux qui en Slovaquie refusent que l’État honore les saints frères de Thessalonique le font parce qu’ils ne correspondent pas à leur vision bizarre d’un monde déraciné. Vous savez, se réclamer de cet héritage n’est pas une dévotion superficielle pour nous, mais une quête de vérité et de justice. Nous désirons mettre en lumière la vérité sur leur œuvre exceptionnelle, la langue, l’écriture, l’éducation, les réglementations juridiques, leurs traductions remarquables, sur la situation des Slaves, et parmi eux les anciens Slovaques, dans l’Europe centrale, ainsi que sur leurs relations avec les centres de pouvoirs à l’ouest et à l’est.
Mettre en avant et saluer par le biais de l’État les saints frères de Thessalonique signifie fixer une orientation claire pour notre politique en termes de valeurs. Ce n’est pas un lien entre l’État et une idéologie religieuse comme certains ne cessent de le répéter, mais une volonté d’intégrer judicieusement les valeurs et la sagesse spirituelles dans l’esprit de notre peuple.
Aujourd’hui, l’Union européenne et le monde entier manquent cruellement de personnalités qui pourraient au moins partiellement se comparer à ces frères de Thessalonique. Saints Cyrille et Méthode unissaient. Ils ne construisaient pas de nouveaux rideaux de fer. Le château de Devín, où nous nous trouvons, a été le lieu d’un triste épisode dans notre histoire. Juste ici, sous ce château se dressait le rideau de fer qui clivait le continent européen, clivait des cultures, les relations entre les gens. Et il est plus que triste, que pour certains en Europe, il manque un rideau de fer. Ils veulent encore séparer l’Ouest de l’Est, et malheureusement, le rideau de fer commence à devenir une réalité. Les relations se sont détériorées et quiconque manifeste de l’intérêt et de la compréhension sur ce qui se passe derrière le rideau, est immédiatement accusé de trahir les valeurs européennes. Les défenseurs et constructeurs du nouveau rideau de fer ont oublié les graves paroles du Pape Jean-Paul II : « L’Europe doit respirer de ses deux poumons, oriental et occidental. » Et c’est comme ça qu’il soulignait l’importance de saints Cyrille et Méthode, personnalités qui ont transcendé le cadre du monde slave.
En tant que premier ministre de la République slovaque, je vous dis depuis Devín, que nous ne renoncerons pas à nos traditions et à l’enseignement de notre histoire et nous allons tendre la main à travers le rideau de fer à une coopération pacifique. Saints Cyrille et Méthode sont pour nous le certificat d’authenticité devant le monde slave.
Saints Cyrille et Méthode dominaient par leur sagesse, éducation, valeurs et estime de soi.
Quelle différence si nous regardons ceux qui sans domicile fixe spirituel et sans valeurs, fabriquent des célébrités par les médias dans l’espace public.
Le bon sens, la tradition, la culture nationale sont opprimés, la perversion et la superficialité dominent.
J’exprime vivement mon souhait qu’à la session parlementaire de septembre, le bon sens prévaudra et que la majorité requise de députés au Parlement slovaque soutiendra dans le vote final la modification constitutionnelle proposée sur les questions culturelles, éthiques et de valeurs fondamentales. Si nous n’arrivons même pas à nous entendre qu’il n’existe que deux sexes, et que dans les écoles on doit enseigner seulement ce qui est conforme à la constitution de la République slovaque et sa définition du mariage comme l’union exclusive entre un homme et une femme, nous nous dirigeons vers un avenir très dangereux pour tout notre pays.
Le progressisme débridé et pervers ainsi que le libéralisme incontrôlé ne peuvent mener notre pays qu’à sa perte.
Les frères de Thessalonique sont venus sans armes, mais avec des livres et des principes. Je vous prie, rendons-nous compte que la Slovaquie est à nouveau à la croisée des chemins. Les vieux dogmes idéologiques nous les connaissons tous, « avec celui-ci » et « avec celui-là » pour toujours et jamais autrement (slogan communiste). Les structures bureaucratiques supranationales changent en cours de marche directement sous nos yeux. Nous devons dire que tous les changements ne sont pas positifs. Il y en a beaucoup qui nous inquiètent significativement et beaucoup que nous n’accueillons pas.
Le système international qui est apparu après la Seconde Guerre mondiale, suite à cette expérience tragique, reçoit les derniers coups de grâce. Le droit international est devenu une collection de règles utilitairement abusée au profit des grands et des puissants avec une attente d’obéissance absolue de la part des petits et des faibles.
Des grands parlent d’une nouvelle guerre et font mine d’être des activistes du pacifisme, et ceux qui ne cessent de mettre l’accent sur la paix sont quasiment considérés comme des provocateurs de guerre.
Nos opposants attaquent sur tous les fronts ceux qui osent poser une question sensée concernant notre avenir dans ce monde fluide.
J’ai des questions à poser : allons-nous insister et allons-nous combattre pour notre survie ou voulons-nous nous dissoudre parmi des joueurs plus forts ? Quelle contribution voulons-nous apporter à la vie commune de l’Europe ? Notre malléabilité et notre obéissance ? Qu’on nous demande quoi que ce soit et surtout que nous ne sortions pas du rang ? Utiliser une double mesure ? Excuser servilement le comportement des uns et s’acharner contre les autres pour le comportement contraire et perdre ainsi ce qu’il nous reste d’autorité et de dignité ?
C’est en contradiction directe, chers Slovaques, avec l’héritage des frères de Thessalonique, en contradiction directe avec la réalisation de la souveraineté que bâtirent Rastislav et Svätopluk (les souverains de la Grande-Moravie).
Nous, Slovaques, avons l’obligation dans l’esprit de cet héritage, de chercher l’entente et la coopération sur une base d’égalité et d’avantages mutuels.
Nous nous efforçons de comprendre nos partenaires, nous nous efforçons de comprendre les motifs de leur comportement. C’est cela que les Slovaques devraient apporter comme contribution dans cette période historique cruciale pour l’Europe.
Seuls nos complexes, sous-estimation, petitesse et nos propres crocs-en-jambe peuvent nous trahir et nous reléguer dans l’oubli. Comme cela s’est passé après la chute de la Grande-Moravie : désunion, déstabilisation et déclin de l’État. C’est le mémento de l’histoire qu’on ne peut pas oublier.
Aujourd’hui aussi, nous traversons l’épreuve de notre souveraineté et de la défense des intérêts d’État et de notre nation.
Si nous refusons de soutenir un nouveau paquet de sanctions contre la Fédération de Russie, tant que nous ne saurons pas qui nous protégera et qui compensera les dommages qu’endurera la Slovaquie, liés à l’arrêt idéologique du gaz russe à partir de 1er janvier 2028, proposé par la Commission européenne, c’est parce que nous mettons la Slovaquie en premier.
Nous nous sommes déjà habitués, chers Slovaques, distingués invités, à ce que dans les questions de principe nous n’ayons pas l’appui du bloc d’opposition et des médias qui ne sait pas ce qu’est la fierté nationale, la souveraineté et les intérêts nationaux. Par contre, il sait très bien ce que c’est servir des étrangers. Nous devons nous attendre à ce que ce bloc soutienne et organise des expéditions de vengeance du Parlement européen, ou comme il arrive maintenant du Conseil de l’Europe ou de la Commission européenne contre notre gouvernement actuel parce que notre opinion sur cette guerre n’est pas la leur, que nous voulons la paix, que nous voulons enchâsser dans la Constitution le bon sens, que nous luttons pour que nos familles et nos entreprises ne paient pas, à cause de décisions idéologiques dommageables, des prix irrationnellement élevés pour l’énergie. Et l’ordre a été déjà donné. EU Observer a ordonné, je cite : « Frappez la Slovaquie par tous les moyens ! Gelez leurs finances ! Entamez les procédures pour violation des droits de l’Union européenne ! Faites des audits incommodants ! Insultez-les et boycottez-les publiquement ! Impliquez des agences de nouvelles ! Donnez des informations contre la Slovaquie aux journalistes ! » Fin de citation.
Pourquoi ? Parce que la Slovaquie veut être souveraine et autonome, et nous devons nous dire si nous sommes prêts à affronter ce défi. Moi, je suis prêt à l’affronter.
Chers Slovaques, nous traversons des épreuves difficiles. Récemment, quand j’ai visité Rome, le guide de la basilique Sainte Marie majeure m’a raconté diverses belles histoires, comme par exemple le plafond recouvert d’or que Christophe Colombe a rapporté d’Amérique et d’autres faits divers. Cependant, j’étais attiré par un lieu qui doit être saint pour tous les Slovaques, un lieu où une plaque commémorative rappelle que dans cette basilique, saints Cyrille et Méthode ont soumis à l’approbation du Saint-Père les textes liturgiques en ancien slovaque. C’est pour moi un exemple de sagesse et de spiritualité exceptionnelles. Peut-être, nous pourrions ajouter au titre de cette fête nationale de saints Cyrille et Méthode celui de journée de sagesse, d’éducation et de valeurs spirituelles.
Salutations depuis Devín à toute la Slovaquie, salutation à tous les citoyens, ainsi qu’à tous les Slovaques à l’étranger qui, partout, sont fiers de l’héritage cyrillo-méthodien. Je m’engage personnellement à suivre cet héritage lors de la prise de décisions politiques importantes.
À la toute fin : les auteurs d’une publication intéressante sur les pertes et les trouvailles dans l’histoire hongroise, ont exposé une question très juste : « À quoi nos ancêtres ont-ils dû survivre, pour que nous, leurs descendants, pussions vivre comme Slovaques ? » Si nos ancêtres sont venus dans cette vallée des Carpates sans un cri de guerre, sans le bruit des armes, que Dieu daigne agréer que nos descendants puissent vivre, travailler et engendrer des enfants ici en paix.
Préservons le bon sens afin que nous puissions vivre et agir avec sagesse.
Vive la fête nationale de saints Cyrille et Méthode ! Merci d’être venus.