Dans une chambre d’hôpital, la vie a gagné - Campagne Québec-Vie
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Dans une chambre d’hôpital, la vie a gagné


Photo : Yakobchuk Olena/Adobe Stock

Voici mon histoire avec une patiente d’il y a une semaine ou deux. Ce fut une occasion incroyable de transmettre le message pro-vie à une femme dans une situation difficile. J’ai donné beaucoup de détails, mais j’en ai tout de même laissé certains de côté, puisque l’histoire doit demeurer anonyme pour respecter la confidentialité de la patiente. (...)
Merci de me donner la chance de partager mon histoire.

— Une infirmière pro-vie à Montréal

***

Je suis infirmière dans un hôpital de Montréal, au département de postpartum ; toutefois, notre clientèle inclut aussi des cas prénataux d’hyperémèse gravidique (vomissements excessifs pendant la grossesse). La semaine dernière, j’avais une patiente atteinte de cette condition. Elle était enceinte de 9 semaines et vomissait depuis deux semaines. Elle n’arrivait rien à garder, au point où même boire de l’eau était devenu difficile.

Le premier soir où je l’ai eue comme patiente, je l’ai félicitée pour sa grossesse, malgré les difficultés qu’elle vivait. Je lui ai dit à quel point c’était merveilleux qu’elle ait un bébé, ce qui l’a fait sourire, même si elle souffrait encore de nausées et d’un manque d’appétit. En plus de cela, elle avait une infection inexpliquée et devait donc recevoir des antibiotiques par voie intraveineuse. Elle traversait beaucoup d’épreuves, mais elle avait le soutien de son mari, qui l’encourageait et essayait de l’aider à manger autant qu’elle pouvait le tolérer.

Le soir suivant, elle a eu des complications avec son soluté : il avait infiltré (il n’était plus dans la veine), et il était difficile de le replacer puisqu’elle était très déshydratée. Plusieurs infirmières avaient essayé la veille sans succès, jusqu’à ce que finalement quelqu’un réussisse à en poser un. Alors, quand cela s’est reproduit, elle était complètement épuisée par toute la situation. Elle a dit qu’elle ne voulait plus de soluté, même si elle en avait besoin pour rester hydratée et recevoir les antibiotiques. Elle a fini par accepter et a dit que nous pouvions essayer encore une fois. J’ai demandé à une autre infirmière de le replacer, mais après un court moment, celle-ci est sortie de la chambre et m’a dit :
« Tu dois appeler le médecin. La patiente vient de me dire qu’elle veut mettre fin à sa grossesse. »

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Ces mots m’ont bouleversée et m’ont brisé le cœur. Comment quelqu’un peut-il passer du désir d’avoir cet enfant à l’envie de le tuer aussi rapidement ? L’infirmière a suggéré qu’elle vivait peut-être une dépression périnatale et qu’elle devrait parler à un médecin ou à un psychiatre. Toutefois, j’étais déterminée à lui parler moi-même d’abord.

Je suis entrée dans la chambre. Son mari n’était pas là, et elle avait l’air soulagée de me voir, puisque nous avions développé une relation thérapeutique. Je lui ai demandé comment elle allait, et elle m’a répondu directement :
« Pas bien. Je ne pense plus vouloir de cette grossesse. Je suis tannée de tout ça. On m’a piquée tellement de fois pour ce soluté, et je suis tellement inconfortable avec toutes ces nausées et ces vomissements. Je n’ai rien réussi à manger depuis deux semaines, et je me sens vraiment mal. Je n’en peux plus. Je pense que je dois mettre fin à cette grossesse. »

Je me suis assise avec elle, j’ai écouté toutes ses inquiétudes et j’ai compatit à sa souffrance. J’ai reconnu que cette grossesse avait été incroyablement difficile et pénible, mais je lui ai aussi rappelé que c’était malgré tout une bonne chose. Je lui ai dit qu’être enceinte est une bénédiction et qu’elle porte la vie en elle.

Elle m’a interrompue :
« Je le sais, mais je suis tellement inquiète pour mon travail, parce que je suis absente depuis longtemps. Je ne vois plus mes amis parce que je suis trop malade, et je veux juste retrouver ma vie d’avant. »

Je l’ai rassurée en lui disant que l’hôpital pouvait fournir un billet pour son employeur afin d’expliquer son hospitalisation, et que son emploi ne serait donc pas en danger. J’ai reconnu à quel point ces deux semaines avaient été difficiles, mais je lui ai rappelé que cela ne durerait pas éternellement, qu’elle irait mieux, et qu’au bout du compte, tout cela en vaudrait la peine, parce qu’elle aurait un beau bébé. Elle a souri à cette idée, puis elle a recommencé à pleurer en disant :
« J’ai juste l’impression que mon corps est en train de me dire que je ne suis pas supposée avoir ce bébé, que c’est pour ça que je vomis autant. »

Je lui ai répondu :
« En fait, si les femmes enceintes ont des nausées et des vomissements, c’est à cause de l’hormone B-hCG libérée par le placenta. Son rôle est de dire à vos cellules immunitaires de ne pas attaquer le bébé, mais elle a aussi comme effet secondaire de provoquer des nausées et des vomissements. Donc, ce que vous vivez, c’est parce que votre placenta est en train de dire : “N’attaque pas le bébé.” »

Elle a dit :
« Bien, je ne veux pas attaquer mon bébé. »

Alors je lui ai répondu :
« Donc, vous ne voulez pas mettre fin à votre grossesse. »

Elle a partagé qu’elle avait peur de ne pas être prête pour cela, mais je l’ai rassurée en lui disant qu’elle l’était, qu’elle avait déjà été tellement forte à travers tout ce qu’elle vivait, et qu’elle devait simplement continuer d’avancer et garder espoir. Elle a hoché la tête et souri, même s’il restait encore un peu d’inquiétude dans ses yeux.

Elle m’a remerciée à la fin de la conversation et était déterminée à garder son bébé. J’étais tellement reconnaissante d’avoir eu l’occasion de la conseiller et d’être pour elle une source de soutien. Je prie pour que le reste de sa grossesse soit sécuritaire et en santé.

***

Nous menons actuellement une campagne éclair de deux semaines pour amasser 15 000 $ au profit d’Enceinte et Inquiète, notre service d’aide et de référence pour les femmes enceintes en difficulté.

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