La semaine dernière, j’ai assisté au congrès du Parti conservateur du Canada à Calgary. Aux côtés de cinq collègues de la CNV présents sur le terrain, nous avons travaillé sans relâche pour promouvoir des politiques pro-vie et pro-famille, dans le but de rendre le parti davantage pro-vie.

Je suis arrivé à l'avance pour préparer l'arrivé de notre équipe.
(Dans ce billet, je n’entrerai pas dans tous les détails techniques, mais je souhaite plutôt offrir un aperçu du congrès du PCC et de certaines de ses implications.)
Le Parti conservateur du Canada est actuellement le seul parti fédéral représenté au Parlement qui permet aux pro-vie de se présenter comme candidats et de faire partie du caucus du parti. Pour cette raison, la promotion des valeurs pro-vie au sein du PCC constitue une priorité élevée pour le volet politique du mouvement pro-vie.

Les cartons de vote pour les sessions du vendredi.
En amont du congrès, les conservateurs sociaux du parti ont fait avancer plusieurs bonnes politiques ainsi que des amendements constitutionnels visant à rendre le parti plus proche de sa base et à le rendre davantage pro-vie. Ce travail s’est fait par une participation directe au processus pré-congrès, au cours duquel les membres du parti peuvent soumettre des résolutions. Partout au pays, de nombreux pro-vie engagés ont consacré des mois à peaufiner ces propositions, à tisser des réseaux et à rallier suffisamment d’appuis pour que ces résolutions puissent être débattues au congrès.

Notre session d'information pour les délégués pro-vie était un grand succès! Merci Jack!
Comme plusieurs le savent, certaines façons de faire au sein du PCC ont suscité d’importantes critiques de la part des membres au cours des dernières années. La nomination de plus de 100 candidats lors de la dernière élection fédérale — au lieu de permettre des courses à l’investiture équitables — ainsi que la disqualification de candidats pro-vie, ont frustré une grande partie de la base conservatrice. C’est pourquoi plusieurs amendements constitutionnels proposés visaient à améliorer la transparence et à rétablir un processus d’investiture juste et axé sur la base militante.
Sur le plan des politiques, l’énoncé de politiques du parti reflète les valeurs des membres et oriente les priorités des élus. Ces politiques couvrent un vaste éventail de sujets, allant des infrastructures et de l’économie aux programmes sociaux et aux enjeux régionaux. Bien que ce document ne soit pas contraignant, il indique clairement la direction que le parti devrait prendre. Lors de congrès précédents, les pro-vie ont contribué à l’adoption de politiques condamnant l’avortement sexo-sélectif (2016), s’opposant à l’élargissement de l’euthanasie (2018), favorisant l’adoption nationale (2020) et protégeant le sport féminin contre la participation d’hommes biologiques (2023).

Debbie, Jack et Chris en conversation avec nos supporteurs après la convention.
À chaque congrès, les membres du parti élisent également le Conseil national. Ces représentants, choisis par les membres de chaque province, constituent la plus haute autorité du parti entre les congrès. Il était donc particulièrement important d’appuyer des candidats respectueux de la participation de la base et engagés à faire respecter les règles du parti.
Ce congrès comprenait également un vote de confiance à l’égard du chef du parti, Pierre Poilievre, qu’il a remporté haut la main.
En vue du congrès de Calgary de 2026, nous avons présenté plusieurs propositions de politiques solides, notamment :
- La suppression d’une politique qui affirme actuellement que le Parti conservateur ne devrait pas légiférer sur l’avortement
- Une politique sur l’euthanasie visant à protéger les personnes vulnérables
- Des espaces sanctuaires sans aide médicale à mourir (AMM)
- Des soins favorables à la vie et du soutien post-avortement
- Des protections en matière de soins de santé pour les enfants nés vivants après un avortement
- La reconnaissance des droits parentaux en matière de thérapies d’affirmation corporelle pour les enfants
Nous avons connu certains succès, avec l’adoption de quelques propositions favorables, mais nous avons aussi fait face à une résistance importante. Tout comme nous encouragions les membres pro-vie à s’impliquer et à assister au congrès, d’autres groupes d’intérêts faisaient activement pression contre ces politiques. Plusieurs amendements constitutionnels importants ont été adoptés, mais la majorité ont été rejetés.
En ce qui concerne les politiques, plusieurs propositions solides ont franchi de nombreuses étapes, mais n’ont pas fait partie de la sélection finale, puisque seules les 30 politiques les mieux classées accédaient à la séance plénière. La seule politique clairement pro-vie à s’y rendre fut celle intitulée « Droit parental à une thérapie d'affirmation du corps pour les enfants ». Malheureusement, elle est n'a pas été adoptée malgré qu’elle soit passée tout près d'être adoptée. Bien que 51,85 % des délégués aient voté en sa faveur, la politique devait aussi obtenir l’appui de la majorité des provinces. Dans deux provinces, l’échec s’est joué à seulement deux ou trois votes près. J’ai été particulièrement surpris par le vote des délégués de l’Alberta, où seulement 52 % ont appuyé la politique, et ce, quelques heures après que la première ministre Danielle Smith — très populaire pour avoir adopté des politiques similaires — ait reçu une ovation debout.

La session plénière. Tous les délégués votent pour chaque proposition.
L’un des arguments les plus souvent avancés par ceux qui ont voté contre ces politiques de bon sens était le suivant : « Nous ne pourrons pas gagner une élection si nous adoptons cela. Les libéraux vont nous attaquer. »
Honnêtement, cela m’inquiète profondément. Les conservateurs sont maintenant excessivement sur la défensive. La direction du parti, tout comme une partie de la base, semble hésiter à affirmer clairement des positions conservatrices. L’objectif semble plutôt être de séduire l’électorat libéral dans l’espoir de remporter des élections futures. Cette stratégie manque de leadership, de courage et de bon sens. Lorsque des conservateurs refusent d’appuyer des politiques qui garantiraient des soins aux enfants nés vivants après un avortement, qui empêcheraient la mutilation médicale des enfants, qui soutiendraient les droits parentaux, qui permettraient des votes libres sur l’avortement, qui offriraient la guérison aux femmes après un avortement ou qui protégeraient mieux les Canadiens contre l’euthanasie, il est difficile d’avoir confiance dans la direction que prend le parti à l’approche de la prochaine élection.
Cela dit, une chose est claire : si les pro-vie se mobilisent, nous pouvons considérablement renforcer notre présence au prochain congrès. Si seulement une douzaine de pro-vie par province s’engagent à y participer, nous pourrions faire adopter chacune des résolutions que nous présentons.
Malgré les défis, ce congrès a porté de bons fruits. Nous avons remporté des votes importants, remis en question le statu quo, bâti de solides relations et touché de nombreux cœurs. Ce sont les personnes qui font les politiques — les politiques sont façonnées par les personnes. Lorsque suffisamment de pro-vie seront activement impliqués dans le processus politique, nous pourrons faire des avancées concrètes pour protéger les plus vulnérables d’entre nous et bâtir une société qui respecte le sacré de la vie.

Notre équipe sur le terrain: De gauche à droite: Arpad (CQV), (et le reste de CNV) Jack, Gideon, Chris, Josie et Debbie
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