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Il y a proportionnellement plus d'avortements au Québec qu'au Canada

En 2008, alors que le Québec comptait pour 23,6% de la population canadienne, plus de 28,5% des avortements du Canada s'y produisaient. En 2011, alors que la présence québécoise au sein du Canada a baissé à 23,4% de la population canadienne, nous avions toujours un taux de 28,4% des avortements d'un océan à l'autre. Pour voir une illustration graphique de ces chiffres tirés de l'Institut canadien sur la santé, cliquez ici.

 

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Appel du Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie à participer à la marche du 18 mai

Chers amis:

 
Le mouvement contre l'euthanasie au Québec prend de l'envergure!
Le 4 avril le Rassemblement québécois contre l'euthanasie a annoncé une Marche printanière qui aura comme thème: L'euthanasie, chez nous, NON MERCI. Cette marche aura lieu a Québec le samedi 18 mai. Le Collectif des médecins du Refus médical de l'euthanasie appuie le Rassemblement et je vous encourage fortement à participer à cette marche, accompagnés de votre famille,de vos collègues et de vos amis. Toute l'information se trouve sur le site web du Rassemblement, www.euthanasienonmerci.org. Des autobus partiront de plusieurs régions du Québec pour faciliter le transport.
 
Nous vous annonçons aussi que le Collectif organise un colloque sur l'euthanasie à Montréal, le samedi matin, 11 mai. Réservez la date: nous vous enverrons plus d'informations sous peu.
Notre Collectif regroupe maintenant 456 médecins, et nous avons plusieurs milliers de citoyens qui ont signé pour appuyer notre Manifeste. Je vous encourage à signer si vous ne l'avez pas encore fait, et de chercher un grand nombre de médecins et de citoyens signataires. On peut signer en ligne à www.soignertoujours.com ou imprimer et signer le pdf ci-joint, et nous l'envoyer par la poste.
 
Évidemment tous ces projets coûtent aussi de l'argent. Je vous invite à contribuer aux coûts de la marche ou de nos autres projets. Pour la marche, allez à http://www.lamarcheprintaniere.org/fr/faire-un-don/; Pour les projets du Collectif (colloque, conférence de presse, soutien administratif), vous pouvez passer par le site de notre partenaire, Vivre dans la dignité: http://www.vivredignite.com/
Je vous remercie de tout coeur pour votre appui,
 
Catherine Ferrier MD
Collectif de médecins du Refus médical de l'euthanasie.
 
 
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L'insensibilité croissante des avorteurs

Dans un article paru hier, nous vous racontions les histoires d'horreur de ce médecin pratiquant le sectionnement de la nuque des bébés avortés tardivement pour terminer le « travail ».

Comment peut-on en arriver là ? Ma femme et moi sommes passés pour la naissance de notre premier enfant par les mains d'un gynécologue-obstétricien d'un hôpital où l'on pratiquait des avortements. Nous avons parfaitement senti que notre enfant n'avait aucune importance aux yeux de ce médecin et de certaines infirmières. Le Journal de Montréal du 12 avril 2013 relate possiblement une histoire semblable qui s'est passée aussi dans un hôpital où l'on pratique des avortements (voir la liste) : l'hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe:

 (...)À cette époque, Mme St-Pierre et son conjoint attendaient leur premier enfant. La grossesse se déroulait parfaitement bien jusqu’au jour où la maman a été admise, à 33 semaines, au centre hospitalier de Saint-Hyacinthe après avoir perdu ses eaux.

Battements cardiaques anormaux
 
Trois jours plus tard, alors que la ­patiente était alitée et au ­repos complet, les choses se sont compliquées. Le cœur du bébé s’est mis à battre plus vite que la normale.
 
Les infirmières ont prévenu à ­plusieurs reprises le gynécologue-­obstétricien Jean-Luc Mathieu, de garde ce soir-là, ­indique la poursuite.
 
Mais celui-ci a estimé que la situation n’était pas inquiétante et n’a pas jugé ­nécessaire de venir à son chevet.
 
Césarienne d’urgence
 
Il aurait même rétorqué que «la ­patiente ne devait pas être ici», rapporte le ­document judiciaire. Alerté de nouveau dans la nuit, le Dr Mathieu a finalement décidé de retirer le moniteur utilisé pour mesurer le rythme cardiaque de l’enfant, et il aurait donné l’ordre de laisser dormir la maman.
 
Seulement, voilà que le lendemain matin, le pouls du bébé était faible, et très difficile à trouver.
 
Toujours selon la ­requête, le médecin a alors envoyé Mme St-Pierre en salle ­d’accouchement. Comme il venait de terminer sa garde, il a passé le relais à une autre gynécologue-obstétricienne.
 
Malgré la césarienne d’urgence, le bébé était sans vie lorsqu’il est sorti.
 
Au grand désespoir du couple, aucune des ­manœuvres de réanimation n’a ­fonctionné.
 
«Quand je me suis réveillée, les médecins m’ont annoncé qu’ils étaient désolés, qu’ils n’avaient rien pu faire, s’est ­remémorée Mme St-Pierre. C’est quelque chose de terrible. Tout était flou. On se dit : “Mais pourquoi c’est arrivé?”»
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Trois événements à ne pas manquer


Un avorteur et son équipe terminait le « travail » en sectionnant la nuque des bébés avortés

Sur le site de Pour une école libre du 11 avril 2013:

(Kermit Gosnell, avorteur qui tuait les enfants de plus de 24 semaines de grossesse en leur sectionnant la nuque. À noter que certains CLSC de Montréal et l'hôpital Ste-Justine exécutent des avortements aussi tardifs)

 

Kermit Gosnell (ci-contre), un médecin américain pratiquant des avortements, a été inculpé mercredi 19 janvier 2011 pour les meurtres d'une femme et de sept bébés tués après leur naissance, alors qu'ils respiraient et bougeaient.

« Il exécutait régulièrement des avortements au-delà de la limite légale de 24 semaines. En conséquence, des bébés viables sont nés. Gosnell les a tués en plongeant des ciseaux dans leur moelle épinière », a indiqué le bureau du procureur de Philadelphie. Le Dr Gosnell avait « appris à ses employés à faire comme lui », a-t-il encore indiqué.
 
La femme concernée par la procédure est décédée d'une crise cardiaque provoquée par des narcotiques qui lui avaient été administrés dans le cadre d'un avortement tardif.
 
Le Dr Kermit Gosnell, âgé de 72 ans aujourd'hui, a gagné des millions de dollars au cours des 30 dernières années en effectuant le plus d'avortements qu'il pouvait, dont de nombreux avortements tardifs et illégaux.
 
D'autres victimes
 
Depuis cette condamnation d'autres victimes de M. Gosnell l'accusent publiquement.
 
Robyn Reid, âgée de 15 ans, ne voulait pas se faire avorter. Mais quand sa grand-mère l'a emmenée de force à une clinique d'avortement un jour d'hiver 1998, Reid a pensé qu'il suffirait qu'elle dise au médecin qu'elle ne voulait pas avorter et puis filer.
 
Au lieu de quoi, Kermit Gosnell aboya : « Je n'ai pas de temps pour cela ! » Il a ensuite arraché ses vêtements, lui a donné une fessée, l'a jetée sur une civière sale, lui a attaché les bras et les jambes, lui a injecté des sédatifs jusqu'à ce qu'elle cesse de crier et perde conscience, a-t-elle déclaré au Philadelphia Daily News le 21 janvier 2011.
 
Nicole Gaither s'est fait avorter par Gosnell en 2001. Après quatre jours, la douleur post-opératoire était si intense qu'elle pouvait à peine marcher. Elle serait retournée à la clinique, où Gosnell insouciant lui aurait déclaré qu'il avait oublié des restes fœtaux en elle.
 
« Allons, levez-vous ! Ça ne fait pas si mal que cela ! » avant de procéder — sans aucune anesthésie — à une aspiration utérine.
 
Forcée d'avorter
 
En 2001, après avoir assisté au spectacle des patientes hébétées et ensanglantées du Dr Gossnel dans la salle de réveil de sa clinique, Davida Johnson a changé d'avis et ne voulait plus se débarrasser de son fœtus de 6 mois. Mais le personnel de la clinique ignora ses protestations dans la salle d'opération, la gifla, la ligota et lui donna des sédatifs jusqu'à la rendre inconsciente. À son réveil, elle n'était plus enceinte.
 
Quelques semaines plus tard, d'ajouter Davida, on lui a diagnostiqué une maladie vénérienne qui, selon elle, serait due aux instruments non stérilisés utilisés par Gosnell. Maintenant, elle ne pourrait plus mener de grossesses à terme ayant échoué à quatre reprises depuis son avortement.
 
Sectionner la nuque des nouveau-nés
 
L'auxiliaire médicale Adrienne Moton a admis récemment au cours du procès qu'elle avait sectionné la nuque d'au moins dix bébés après leur naissance, comme l'avait demandé Gosnell. Gosnell et un autre employé sectionnaient régulièrement la moelle épinière pour s'assurer de la mort du fœtus [sic] », a-t-elle dit.
 
Moton sanglotait alors qu'elle racontait avoir pris une photo avec son téléphone portable d'un bébé parce qu'il était plus grand que tous ceux qu'elle avait vu avortés auparavant. Elle a mesuré le fœtus, il devait avoir près de 30 semaines et elle s'est alors dit qu'il aurait pu survivre, compte tenu de sa taille et de sa couleur rosâtre. Gosnell plaisanta par la suite en disant que le bébé était si grand qu'il aurait pu marcher jusqu'à l'arrêt de bus, a-t-elle ajouté. Quel sens de l'humour !
 
Avortements au-delà de 26 semaines
 
Un autre assistant de Gosnell, Stephen Massof, 50 ans, en attente de jugement après avoir plaidé coupable à l'assassinat de deux nouveau-nés à la clinique, a révélé la semaine passée qu'il avait été témoin d'un avortement à 26 semaines - deux semaines au-delà de la limite de 24 semaines fixé par l'État.
 
Il a aussi déclaré qu'il aurait vu naître 100 enfants vivants, puis qu'on leur avait « sectionné » la nuque, afin de s'assurer de leur « disparition ». Massof a aussi décrit des scènes horribles à la clinique qu'il a qualifiée de sale et délabrée où certains instruments chirurgicaux étaient rouillés.
 
Il pleuvait des fœtus, on les décapitait
 
«Il pleuvait des fœtus. Il y avait des fœtus et du sang partout. C'était à proprement parler des décapitations. On séparait le cerveau du corps, a-t-il déclaré à NBC.
 
Il a également allégué que la machine à ultrasons de la clinique avait été manipulée pour faire apparaître les fœtus plus petits et donc plus jeunes.
 
Cris perçants de bébé sur une table
 
L'ancienne avorteuse Sherry West a déclaré avoir entendu un bébé « crier » et « pousser des cris perçants » au cours d'un « avortement » qui a eu lieu au « Palais des cauchemars » de Kermit Gosnell, l'avortoir de celui-ci à Philadelphie.
 
Le propriétaire, le Dr Kermit Gosnell, lui avait demandé de l'aider et d'aller dans une autre pièce. Là, un bébé de 45 à 60 centimètres, qui n'avait pas encore d'yeux, était couché dans une casserole transparente, s'est-elle souvenue avec horreur. Il poussait des « cris perçants, il faisait un bruit » qui « ressemblait à un petit extraterrestre », a-t-elle avoué. Il « m'a vraiment fait peur ». Elle a alors quitté la pièce.
 
Des témoins oculaires au procès rapportent que West était visiblement secouée au souvenir de cet événement traumatique.
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Le désir d'euthanasie, pathologie des bien-portants...

Sur le site de ichtus.fr, cette entrevue avec le Dr Lucien Israël, cancérologue de renom.:

 

(L'un des nombreux livres du Dr Lucien Israël)

 

 

 

 

Lucien Israël : J’ai été longtemps médecin des maladies graves. Pendant des années, même des décennies, j’ai entendu les patients me dire avec confiance "docteur, je sais que je suis en danger, je remets ma vie entre vos mains, faites pour le mieux". Je constatais alors que, lorsque l’on fait pour le mieux, les patients même si vous n’avez pas pu les guérir ne demandent pas l’euthanasie. Ils percevaient qu’ils existaient pour toute l’équipe médicale ; que nous nous battions pour leur donner toutes leurs chances et ne demandaient pas qu’on mette fin à leurs jours. En quarante ans de cancérologie, je ne me suis trouvé qu’une seule fois confronté à une demande d’euthanasie. Je sais donc d’expérience que si l’équipe médicale s’occupe du malade avec respect et détermination, la question de l’euthanasie ne se pose pas.
 
Aviez-vous cette position contre l’euthanasie dès le début de votre carrière ou est-elle le résultat de votre réflexion et de votre expérience ?
 
L. I. : Ecoutez, je n’ai jamais eu aucune hésitation. Je ne suis même pas sûr de m’être posé la question. En tout cas, je ne m’en souviens pas. J’ai commencé à y réfléchir quand on m’a demandé d’écrire un ouvrage sur le sujet. Auparavant, j’étais tout simplement occupé à défendre les existences qui m’étaient confiées et je n’avais pas été placé devant cette demande. En tout cas, pas par les patients ; cela m’est arrivé de la part des familles. Et c’est un point que je ne cesse de souligner - car il est important dans le débat qui se déroule actuellement -, l’euthanasie est une question qui préoccupe, en réalité, bien plus les bien-portants que les malades. Les familles des malades en fin de vie finissent par ne plus supporter l’inquiétude d’une part, le fait d’être ramené à l’idée de leur propre disparition d’autre part. C’est, dans l’immense majorité des cas, inconscient - elles ne s’en rendent pas compte - mais j’ai pu l’observer à de nombreuses reprises. Déprimées et anxieuses, elles souhaitent qu’un terme soit mis à cette douloureuse situation.
 
Du côté des malades, ce n’était pas la même chose. Nous les avons accompagnés du mieux que nous pouvions. Tous mes élèves et toutes mes infirmières se sont dévoués à cette tâche sans aucune restriction et nous avons reçu des lettres postées in extremis de la part de patients qui nous remerciaient de notre attention. Ils avaient observé que nous leur avions donné toutes leurs chances et qu’il n’y avait eu aucune négligence. En d’autres termes, ils avaient compris que nous attachions un prix infini à leur existence. J’ai mesuré tout cela un jour - je le vivais mais je n’y avais pas réfléchi pendant les premières années -, et c’est devenu pour moi évident.
 
Par ailleurs, j’ai appris de mathématiciens que le prix de la vie est infini parce qu’il y a 10 puissance 80 circuits potentiels dans le système nerveux d’un être humain - le nombre de particules dans l’univers. Par conséquent, si même le soleil explosait dans 5 milliards d’années, il n’y aurait pas eu deux humains identiques. Chaque homme est, ici-bas, une exception à part entière. Il faut donc le traiter comme tel. Bien entendu, il y a l’inévitable question de la signification spirituelle. Je ne suis pas personnellement sûr de l’existence d’un au-delà mais je dois dire que je le crois bien plus vraisemblable aujourd’hui qu’au début de ma carrière.
(...)
Vous expliquez dans votre dernier livre que le malade redoute moins la douleur que l’abandon...
 
L.I. : Absolument ! Il redouterait la souffrance si on ne faisait rien. Mais, et je le répète dans toutes mes interventions, nous pouvons venir à bout de toute douleur. L’argument de la douleur pour défendre l’euthanasie est un faux argument.
 
La deuxième raison invoquée par les partisans de l’euthanasie, c’est la dignité de l’homme. Cette affirmation m’est absolument insupportable parce que la dignité d’un être humain ne réside pas dans le fonctionnement de ses organes. Si on lui donne le sentiment de ne pas être abandonné et d’être reconnu en tant qu’homme, il conserve toute sa dignité. Rappelons en outre que s’il y a des patients qui demandent parfois l’euthanasie, ce n’est pas seulement en raison de symptômes physiques non maîtrisés mais du fait de l’anxiété dans laquelle on les laisse. Or, même celle-ci peut être médicalement contrôlée. Cela fait partie du traitement qui peut être donné dans des circonstances difficiles.
 
En réalité, l’euthanasie est une question de civilisation. Il y a des quantités de médecins qui ne sont pas informés de leur mission et des quantités de bien-portants qui pensent qu’on peut mettre fin à des vies. Cela ne leur pose pas de problème - comme disait Freud, "l’inconscient se croit toujours immortel" - jusqu’au jour où ils seront eux-mêmes confrontés à la situation...
 
Si les enfants apprennent un jour que la société accepte qu’il soit possible de mettre fin à la vie de leur grands-parents, la rupture du lien symbolique entre les générations sera dramatique. En luttant contre l’euthanasie, nous ne luttons pas seulement pour la survie de personnes en fin de vie mais nous livrons un combat pour la survie d’une culture et d’une civilisation.
(...)
Comment distingue-t-on euthanasie passive et euthanasie active ?
 
L. I. : Partons de deux exemples. Dans les centres de réanimation, il arrive que des personnes dans un coma profond depuis des années se réveillent sans que la médecine sache pourquoi. En auraient-elles la possibilité en cas de légalisation de l’euthanasie ? Dans les mêmes centres, il y a aussi des personnes qui sont non seulement cliniquement mais aussi physiologiquement morts : le cœur ne bat que grâce à une appareil d’assistance, les poumons ne respirent que par un respirateur artificiel, l’électro-encéphalogramme est plat. Ce sont des fausses vies et il est absurde de reprocher à un médecin d’arrêter ces appareils qui n’entretiennent qu’une survie artificielle. Cette euthanasie passive, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, n’a en réalité rien à voir avec une euthanasie. Débrancher les appareils d’assistance, ce n’est qu’admettre qu’il n’y a plus de vie.
(...)
L’opposition à l’acharnement thérapeutique est souvent considérée comme un soutien à la légalisation de l’euthanasie. Au-delà de la manipulation des sondages, ne pensez-vous pas que la question des malades en fin de vie demeure méconnue ?
 
L. I. : Sans aucun doute. Ce n’est pas pour rien que la demande d’euthanasie vient des bien-portants. Le problème de la fin de vie mériterait d’être enseigné en ayant recours à des exemples comme ceux des soins palliatifs. Dans l’immense majorité des cas, les patients qui sont traités dans les centres de soins palliatifs ne demandent pas qu’on les euthanasie. Je n’exclue pas que certaines familles le fassent, mais les patients non, parce qu’on les traite jusqu’au bout comme des personnes humaines à part entière : on les soulage, on leur témoigne respect et compassion, on prend toutes les dispositions afin qu’ils puissent mener leur réflexion spirituelle...
 
Il faudrait enseigner dans les écoles cette attitude vis-à-vis de la vie humaine afin que les enfants comprennent, dès leur plus jeune âge, que tout doit être fait en faveur de la vie jusqu’à son terme plutôt que de décider d’en finir. C’est une pathologie de certains bien-portants que de souhaiter l’euthanasie active.
 
A ce sujet, vous expliquez que la déchéance est en réalité dans le regard des bien-portants. N’est-ce pas la caractéristique d’une société marquée par le jeunisme, la compétition, la beauté à tout prix ?
 
L. I. : C’est aussi cela ; sans aucun doute. Les modèles proposés par la télévision et plus largement par les médias, sont effectivement des modèles de jeunesse, de beauté... L’image donnée des personnes âgées est négative. On en a assez entendu parler à propos de la canicule. Il y a un problème de solidarité et de reconnaissance. Elle fléchit dans la conscience des jeunes, mais aussi dans la conscience d’un certain nombre de donneurs de leçons !
 
Si, dans la tête des jeunes, il se glissait l’idée que l’on peut mettre fin à une vie humaine, ce serait extraordinairement dangereux pour toutes les générations qui viennent. Je pense qu’il faudrait des entretiens dans ce domaine dans le cadre de la formation des maîtres. Il est nécessaire également de trouver le moyen d’aborder ce problème avec les jeunes enfants afin qu’ils comprennent que chaque vie humaine est unique et que la civilisation a grandi en la défendant. Ce n’est pas seulement à l’Assemblée nationale ou au Comité d’éthique d’en discuter, c’est à chacun d’entre nous d’en prendre conscience.
 
Il faut vraiment que la défense de la vie humaine devienne une valeur de notre culture enseignée partout. Autrefois, il n’était pas besoin de l’enseigner parce que c’était admis universellement. Les modèles étaient donnés dès le départ dans l’éducation par une sorte de réflexe. C’était culturel. Aujourd’hui, il faut s’en occuper activement.
 
(...)
Vous avez évoqué la formation des maîtres. Abordons maintenant celle des infirmières et des médecins. Sont-ils assez sensibilisés à la question de la mort ?
 
L. I. : Il n’y a pas de formation philosophique. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir des maîtres qui ne faisaient aucun discours mais il suffisait de les voir faire pour comprendre ce qu’était la médecine et le devoir du médecin. Je pense que cette formation mériterait de faire partie des programmes. Ce serait probablement une petite révolution parce que ce n’a jamais été le cas. Mais aujourd’hui, c’est devenu nécessaire. J’ai plaidé en outre pour quelque chose de, je dirais, plus révolutionnaire. L’entrée en faculté de médecine dépend entre autres des aptitudes mathématiques. Je pense qu’on devrait remplacer cela par des examens psychologiques qui permettraient de déceler les personnalités adaptées à se mettre au service d’autrui et celles qui ne le sont pas, même si elles ont un quotient intellectuel élevé. Il faut instruire les infirmières et les médecins. Ils faut qu’ils soient conscients de leurs devoirs vis-à-vis de l’humanité.

 

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Sans une claire défense de la vie humaine, on ne pourra jamais parler d'une authentique défense de l'environnement

Sur le site de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada, cet excellent texte sur l'environnement et la défense de la vie, dont voici un extrait:

 

 

Le premier pas pour une relation correcte avec le monde qui nous entoure est précisément la reconnaissance, de la part de l’homme, de sa condition de créature : l’homme n’est pas Dieu, mais il est son image. C’est pourquoi, il doit chercher à devenir plus sensible à la présence de Dieu dans ce qui se trouve autour de lui: dans toutes les créatures, et en particulier dans la personne humaine, il y a une sorte d’épiphanie de Dieu4

L’homme, en étant l’image de Dieu, a une vraie affinité 
avec lui aussi. À partir de cet enseignement, on voit que 
le développement ne peut consister seulement dans 
l’usage, dans la domination, dans la possession sans 
restriction des choses créées et des produits de l’industrie 
humaine, mais plutôt dans le fait de subordonner la 
possession, la domination et l’usage à la ressemblance 
divine de l’homme et à sa vocation à l’immortalité5
.
Il existe donc une sorte de réciprocité : si nous prenons 
soin de la création, nous constatons que Dieu, par 
l’intermédiaire de la création, prend soin de nous. 
Par ailleurs, une conception correcte de la relation 
de l’homme avec l’environnement ne conduit pas à 
absolutiser la nature ni à la considérer comme plus 
importante que la personne elle-même. Si le Magistère 
de l’Église exprime sa perplexité face à une conception 
de l’environnement qui s’inspire de l’écocentrisme et 
du biocentrisme, il le fait parce que cette conception 
élimine la différence ontologique et axiologique qui 
existe entre la personne humaine et les autres êtres 
vivants. De cette manière, on en arrive à éliminer 
l’identité et la vocation supérieure de l’homme, en 
favorisant une vision égalitariste de la « dignité » de 
tous les êtres vivants. On se prête ainsi à un nouveau 
panthéisme aux accents néopaïens qui font découler
le salut de l’homme de la seule nature, en son sens 
purement naturaliste. L’Église invite au contraire à 
aborder la question de façon équilibrée, dans le respect 
de la « grammaire » que le Créateur a inscrite dans son 
œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et 
d’administrateur responsable de la création, rôle dont 
il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se 
dérober. En effet, la position contraire qui absolutise la 
technique et le pouvoir humain finit par être aussi une 
grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à 
la dignité humaine elle-même.
(…)
La loi inscrite par Dieu dans la nature et qui peut être 
lue à travers la raison, conduit au respect du dessein 
du Créateur, d’un dessein qui vise au bien de l’homme. 
Cette loi établit un certain ordre intérieur que l’homme 
trouve et qu’il devrait conserver. Toute activité qui 
s’oppose à cet ordre frappe inévitablement l’homme 
lui-même.
.
N’est-il pas vrai qu’à l’origine de celle que nous appelons 
la « nature » dans son sens cosmique, il y a « un dessein 
d’amour et de vérité »?
Si la nature et en premier lieu l’être humain sont 
considérés comme le fruit du hasard ou du déterminisme 
de l’évolution, la conscience de la responsabilité s’atténue 
dans les esprits. Dans la nature, le croyant reconnaît le 
merveilleux résultat de l’intervention créatrice de Dieu, 
dont l’homme peut user pour satisfaire ses besoins 
légitimes – matériels et immatériels – dans le respect 
des équilibres propres à la réalité créée.
.(…)
L’Église a une responsabilité envers la création et doit 
la faire valoir publiquement aussi. Ce faisant, elle doit 
préserver non seulement la terre, l’eau et l’air comme 
dons de la création appartenant à tous, elle doit surtout 
protéger l’homme de sa propre destruction. Une sorte 
d’écologie de l’homme, comprise de manière juste, 
est nécessaire. La dégradation de l’environnement est 
en effet étroitement liée à la culture qui façonne la 
communauté humaine : quand l’« écologie humaine» 
est respectée dans la société, l’écologie proprement 
dite en tire aussi avantage. De même que les vertus 
humaines sont connexes, si bien que l’affaiblissement 
de l’une met en danger les autres, ainsi le système 
écologique s’appuie sur le respect d’un projet qui 
concerne aussi bien la saine coexistence dans la société 
que le bon rapport avec la nature.
.
L’homme ne sera capable de respecter les créatures que 
dans la mesure où sera présent dans son esprit un sens 
plénier de la vie; dans le cas contraire, il sera conduit à 
se mépriser lui-même, ainsi que ce qui l’entoure, à ne 
pas avoir de respect pour le milieu dans lequel il vit, 
pour la création. C’est pourquoi la première écologie 
qui doit être défendue est « l’écologie humaine ». Cela 
revient à dire que sans une claire défense de la vie 
humaine, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle, 
sans une défense de la famille fondée sur le mariage 
entre un homme et une femme, sans une véritable 
défense de ceux qui sont exclus et mis en marge de la 
société, sans oublier, dans ce contexte, ceux qui ont 
tout perdu, victimes de catastrophes naturelles, on ne 
pourra jamais parler d’une authentique défense de 
l’environnement.
 
 
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«J'étais une éducatrice en CPE heureuse...», ou comment Mme Marois poursuit le plan de scolarisation précoce des enfants

Sur le site du journal Le Devoir du 11 avril 2013, une gardienne qui s'étonne devant la désaffection de la ministre Marois, la créatrice du système de garderie, passée à l'étape suivante, la maternelle pour les 4 ans :

 

(...)J’étais une éducatrice en CPE heureuse. Confiante par rapport au gouvernement de madame la première ministre Pauline Marois. Je suis dévastée. Je ne comprends pas qu’elle abandonne ses enfants. Je ne comprends pas qu’elle oublie comment les CPE rapportent à son peuple. Pourquoi, nous a-t-elle menti ? Pourquoi, ne tient-elle pas ses promesses ? Comment une première ministre qui veut faire un pays est-elle devenue si obsédée par le déficit zéro qu’elle en renie ses engagements ? Peut-on sacrifier les CPE pour l’atteindre au plus vite ? Je croyais que ce gouvernement nous considérait comme des professionnelles, je croyais que ce gouvernement nous respectait.
 
Les coupes annoncées dans les CPE pour juillet 2013 constituent un manque de respect envers les enfants, les familles, les éducatrices, les gestionnaires, etc. Comment pouvons-nous être solidaires avec un gouvernement qui nous méprise ?
 
 
Renée Lemyre - Éducatrice au CPE populaire Saint-Michel, établissement des Caracoles, Montréal
 

Il faut d'abord expliciter tous les avantages de la maternelle pour les milieux défavorisés. Dès lors, pourquoi les autres parents ne voudraient-ils pas donner ce qu'il y a de meilleur pour leurs enfants, soit la maternelle le plus tôt possible? D'autant  que les coupes dans les garderies ne font que commencer...

 

L'exemple de la France est frappant, on peut lire sur le site du journal Libération du 15 janvier 2013:

 

Maternelle dès 2 ans : priorité aux zones défavorisées
 
Le ministère de l'Éducation a publié ce matin une circulaire pour renforcer l'accueil des tout-petits à l'école et «favoriser la réussite scolaire»
 
Promesse de campagne numéro 37 du candidat François Hollande, la relance de la scolarisation des enfants de moins de trois ans est en marche. Le ministre de l’Éducation Vincent Peillon a publié ce mardi une circulaire sur le sujet (voir ci-dessous). Objectif : tripler le nombre de tout-petits dans les écoles maternelles des zones défavorisées d’ici à 2017. 3 000 postes seront créés à cet effet, afin de «favoriser la réussite» des enfants dont «la famille est éloignée de la culture scolaire».
 
(...)
La circulaire souligne que la scolarisation précoce est «un moyen efficace de favoriser (la) réussite scolaire (du jeune enfant) en particulier lorsque, pour des raisons sociales, culturelles ou linguistiques, sa famille est éloignée de la culture scolaire». Françoise Cartron précise : «Tout ce que peut apporter l'école en bain de culture et de langage, c’est la première marche vers l'égalité. On parle beaucoup des problèmes d’apprentissage de la lecture. Or, ce n’est possible que si l’enfant a une palette de mots suffisante.» Et la sénatrice socialiste d’appuyer : «Un enfant qui entre à l'école à moins de trois ans redouble deux fois moins jusqu’au CM2.»
 

Il est important que l'enfant reçoive l'apport d'une culture qu'il n'aurait pas nécessairement reçue à la maison. Un exemple tiré de La Presse du 11 avril 2013:

 

(Un des livres jeunesse destinés à éduquer nos enfants par l'entremise des «sacres», mots « québécois »...)

 

 

C'est ce qu'a constaté une mère de famille, orthopédagogue dans une école de la Rive-Sud, en empruntant à la bibliothèque municipale un livre de la collection Castor Benjamin, de la maison d'édition française Flammarion.

Dans l'histoire La rivière sans retour, un castor s'exclame «tabernacle» en voulant aider Nitou l'indien, le personnage principal, qui est à la dérive sur son canot. L'auteur définit l'expression en bas de page, écrivant qu'il s'agit d'un «mot québécois signifiant l'étonnement».

(...)

Dans son travail auprès des élèves, l'orthopédagogue utilise régulièrement des livres jeunesse. Ce n'est pas le premier exemple du genre. Il arrive souvent que les auteurs utilisent des mots et un langage inappropriés pour un jeune public, note Mme Montreuil.

«Ça arrive plus fréquemment qu'on ne le pense que des histoires comme ça sont publiées. Les éditeurs semblent parfois manquer de jugement», dit-elle.(...)

Sans parler du manque de jugement des institutions scolaires qui cautionnent de tels livres pour développer la « culture » scolaire de nos enfants. Pour ces gouvernements socialistes, plus tôt on extirpe l'enfant de l'influence parentale, plus tôt on pourra les endoctriner pour en faire des citoyens malléables à souhait.

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Dix années après la légalisation de l'euthanasie en Belgique, des experts se prononcent sur un fiasco

Sur le site de lalibre.be du 13 juin 2012, on retrouve cette lettre signée par une multitude de spécialistes médicaux et juridiques sur la question:

(Les jumeaux belges euthanasiés par crainte d'une prochaine cécité.)

 

 

L’euthanasie est-elle la manière appropriée de rencontrer la souffrance des personnes en fin de vie ?
 
Dix ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, il nous semble important de réfléchir à cette question. Partons d’un constat : des soins médicaux appropriés, un accompagnement psychologique et une présence aimante aux côtés du malade suppriment souvent la demande d’euthanasie. Il arrive un moment où les traitements curatifs deviennent inutiles et sources de désagréments disproportionnés par rapport aux bénéfices escomptés. Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire qu’ils doivent être arrêtés pour ne pas tomber dans l’acharnement.
 
Par contre, il faut continuer et intensifier les soins d’accompagnement et de confort, c’est-à-dire les soins palliatifs. Ceux-ci favorisent une authentique mort dans la dignité, tout en évitant d’abréger délibérément la vie. De très nombreux professionnels de la santé et bénévoles accompagnent la vie finissante avec une persévérance qui force l’admiration. Jour après jour, rejetant toute forme d’acharnement thérapeutique, ils mobilisent les ressources de plus en plus efficaces de la médecine actuelle pour soulager et rendre supportable la douleur physique. Par leur écoute, leur professionnalisme et leur générosité de cœur, ils apaisent le malade et le soutiennent jusqu’à son dernier souffle de vie. La présence de la famille et des proches est elle aussi essentielle. En des moments particulièrement intenses, nombreux sont ceux qui ont découvert qu’au lieu de donner la mort, il est plus beau et gratifiant de donner de la qualité de vie jusqu’au bout.
 
Sans aucun doute, toute demande d’euthanasie doit être écoutée et reçue avec compréhension. Nous mesurons en effet l’extrême gravité et le poids de ces situations angoissantes où le patient n’en peut plus. Mais la société doit-elle nécessairement accéder à cette demande ? Une telle demande est souvent un appel à l’aide. A cet appel, et il faut le redire avec force, la seule réponse appropriée est de soutenir le désir de vivre qui se manifeste dans toute expression d’une demande de mort.
 
Cependant, une dépénalisation de l’euthanasie n’est-elle pas inéluctable dans une société laïque et pluraliste comme la nôtre ? L’euthanasie est souvent revendiquée comme l’ultime liberté : celle de pouvoir choisir l’heure et la manière de sa mort. Toutefois, remarquait récemment Luc Ferry, elle fait peser sur le médecin la charge de procurer cette mort. On se retrouve ainsi confronté au paradoxe d’une liberté qui met en lumière l’absence d’autonomie de l’individu par le besoin qu’il a d’autrui pour mourir. L’euthanasie est donc loin d’être une affaire purement individuelle. C’est ce qui distingue l’euthanasie de la "liberté" du suicide qui, tout en interpellant la société, ne reçoit pas son aval et n’engage pas le corps médical.
 
L’autorisation légale de l’euthanasie a quant à elle un impact sur le tissu social et sur notre conception sociétale de la médecine. Elle transgresse un interdit fondateur et affecte en cela même les bases de notre démocratie, en délimitant une classe de citoyens à qui on peut donner la mort avec l’aval de la société. Dès lors qu’elle revêt une indéniable dimension sociopolitique, l’euthanasie peut être légitimement récusée au nom d’intérêts publics supérieurs : la sauvegarde des fondements de la démocratie et la protection de la spécificité de la médecine, connue depuis toujours comme l’"art de guérir", et non comme l’art de faire mourir.
 
Notre propos est largement attesté par les faits : l’euthanasie dégrade la confiance au sein des familles et entre les générations; elle instille de la méfiance à l’égard des médecins; elle fragilise les personnes les plus vulnérables qui, sous l’effet de diverses pressions, conscientes ou inconscientes, peuvent se croire moralement obligées d’exprimer une demande d’euthanasie.
 
En dépénalisant l’euthanasie, la Belgique a ouvert une boîte de Pandore. Les dérives envisagées il y a dix ans sont aujourd’hui devenues une réalité. La Commission fédérale de contrôle émet elle-même des doutes sur sa capacité à remplir sa mission, celle-ci étant liée au respect de l’obligation de déclarer les euthanasies pratiquées. Peut-on raisonnablement imaginer qu’un médecin se dénonce lui-même s’il n’a pas respecté les conditions légales ? A la lecture des rapports de la commission, on constate que les conditions, qui se voulaient strictes au départ, font l’objet d’appréciations très élargies. Sont ainsi avalisés des cas de suicide assisté de même que des euthanasies justifiées par une souffrance psychique qui ne résulte pas d’une pathologie grave et incurable, alors que ces situations sont exclues du champ d’application de la loi.
 
Estimant en outre que le caractère insupportable de la souffrance est d’ordre subjectif, la commission hésite à vérifier que cette condition légale essentielle est bien remplie. Ne peut-on s’étonner que la commission n’ait jamais transmis de dossier au parquet en dix ans ? Peut-on affirmer, sans parti pris idéologique, que la loi est respectée et que la pratique de l’euthanasie est sous contrôle ? A fortiori, les nombreuses propositions d’assouplissement ou d’élargissement de la loi actuelle, en particulier aux mineurs d’âge et aux déments, suscitent notre plus vive inquiétude. Comme il était prévisible, une fois l’interdit levé, nous marchons à grands pas vers une banalisation du geste euthanasique. Force est de constater que, paradoxalement, plus une société refuse de voir la mort et d’en entendre parler, plus elle se trouve encline à la provoquer.
 
Dix ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, l’expérience atteste qu’une société faisant droit à l’euthanasie brise les liens de solidarité, de confiance et d’authentique compassion qui fondent le "vivre ensemble", et en définitive se détruit elle-même. Aussi en appelons-nous à une évaluation objective et courageuse de la loi, plutôt qu’à son assouplissement ou son extension.
 
Collectif de professionnels
 
Dr B. ARS, président de la Société médicale belge St-Luc; Prof. J.-M. AUWERS (UCL); Dr Ph. BALLAUX, Dienst Hartchirurgie, Gent; Dr B. BEUSELINCK, oncologue, UZ Leuven; Prof. O. BONNEWIJN (IET, Bruxelles); V. BONTEMPS, présidente de l’Arche, Bruxelles; J-M. CHARLIER, coordinateur de l’ASBL Emmanuel Adoption; Prof. L.-L. CHRISTIANS (UCL); Dr G. de BETHUNE, pédiatre, membre du Conseil national de l’Ordre des médecins; Dr I. DE BOCK, médecin en soins palliatifs, Bruxelles; Prof. em. H. DE DIJN (KULeuven); Prof. em. A. de HEMPTINNE, Faculteit Geneeskunde, UGent; Prof. J.-P. DELVILLE (UCL); Dr C. DENEYER, Bruxelles; Prof. P.-A. DEPROOST (UCL); Dr A. de RADIGUÈS, pédiatre, Bruxelles ; Dr P. DESCHEPPER, Belgische Artsenvereniging St-Lucas; Prof. em. L. de THIBAULT de BOESINGHE, oncologue, UGent; Dr J.C. DEVOGHEL, directeur hre., Centre douleur CHU, Liège; Prof. T. DEVOS, hématologue, UZ Leuven; Prof. Chr. de VISSCHER (UCL); Dr X. De WAGTER, cardiologue, Gent; Prof. Ph. de WOOT (UCL); Prof. ém. X. DIJON (FUNDP); Dr C. DOPCHIE, oncologue, Tournai; Dr Th. FOBE, Bruxelles; Dr P. FORGET, anesthésiste-réanimateur, UCL) ; Dr M. FRINGS, médecin spécialisée en soins palliatifs; Prof. M. GHINS (UCL); W. HANCE, pasteur à La Louvière; Dr C. HENDRICKX, Charleroi ; Prof. J.-M. HENNAUX (IET, Bruxelles) ; Prof. X. HERMAND (FUNDP) ; Dr Ph. HERMANNS, Gent; Prof. L. ISEBAERT (UCL) ; Dr Ch. JANNE d’OTHÉE, pédiatre, Bruxelles; M. Mustafa KASTIT, imam et théologien; Prof. D. LAMBERT (FUNDP); Prof. Baudouin LE CHARLIER (UCL); Prof. Ch. LEFEBVRE, (UCL); Dr Th. LETHÉ, Bruxelles; Prof. I. LINDEN (FUNDP); Dr P. LOVENS, Bruxelles; Dr J.-B. LINSMAUX, Psychiatre; Prof. D. LUCIANI (UCL); Prof. S. LUTTS (UCL); M. Yacob MAHI, professeur de religion islamique; Prof. A. MATTHEEUWS (IET, Bruxelles); Prof. J. MENTEN, radiothérapie-soins palliatifs, UZ Leuven; Prof. F. MIES (FNRS-FUNDP); Prof. E. MONTERO (FUNDP); X. MULLER, philosophe; Prof. D. MANICOURT, Cliniques univ. St-Luc, Bruxelles; J. PAUTUT, pasteur à Mons; Prof. A. PERSU, Cliniques univ. St-Luc (UCL); Dr Th. PHILIPS, cardiologue, UZ Leuven; Dr K. PEDERSEN, neurologue (Erasme); Prof. H. REYCHLER, Cliniques univ. St-Luc (UCL); Prof. L. RIZZERIO (FUNDP); Prof. ém. H. SIMONART (UCL); Dr. A. SEGHERS, gynécologue; Désirée SEGHERS, juriste; Prof. B. STEVENS (UCL); R. STOCKMAN, médecin dans la santé publique, Generale Overste van de Broeders van Liefde; Dr. M. STOENOIU, chef de clinique adjoint, Cliniques univ. St-Luc, Bruxelles; J.-Cl. THIENPONT, pasteur de l’Eglise protestante d’Ixelles; Dr M. THOMEER, pneumologue, Genk; Prof. R. TROISI, Ghent University Hospital Medical School; Prof. ém. L. VAN BUNNEN (UCL); Dr P. VAN EYKEN, anatomopathologiste, Genk; Prof. ém. D. van STEENBERGHE (KULeuven); Dr P. VUYLSTEKE, Oncologue, Namur; H. WOUTERS, orthopédagogue, membre du directoire de l’European Association for Mental Health in Intellectual Disability.
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Euthanasie : témoignage d'un passage du «pour l'euthanasie» au «contre l'euthanasie»

Sur le site de (texte du 17 août 2011) atlantico.fr du 10 avril 2013:

 

 

(Matthieu Creux, blogueur, auteur de l'article)

 

 

 

 Jusqu'à il y a quelques mois, j'étais pour la légalisation très encadrée et sous conditions (au pluriel) de l'euthanasie en France. Depuis l'année dernière et une rencontre avec Nora Berra, alors nouvelle secrétaire d'État chargée de la Santé (après avoir été un temps secrétaire d'État chargée des Aînés), ma position a évolué.

 
Estimant que les principes de liberté et de responsabilité individuelles devaient primer sur le carcan que la société sait souvent imposer aux uns et aux autres, mon côté libéral offrait son soutien aux défenseurs du libre arbitre. Après tout, puisque je réservais l'euthanasie aux cas médicaux où la souffrance ne peut être diminuée et où l'avancée de la maladie est irréversible, quels qu'en soient les traitements administrés, pourquoi interdire à ceux qui ne vont pas s'en sortir et qui souffrent sans commune mesure avec ce que les "vivants" connaissent de décider du moment de leur mort, entouré de leurs familles ou "en écoutant Bach", comme l'écrivait en 1979 Michel Lee Landa, écrivain et fondateur de l'association pour le droit de mourir dans la dignité.
 
Pourtant, après avoir écouté Nora Berra et Jean Leonetti, médecin, auteur de la Loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (votée après l'affaire Vincent Humbert de 2003), il s'avère que la population réellement en demande d'euthanasie n'est quasi-exclusivement constituée que de personnes très souffrantes, pendant longtemps mal soignées, abandonnées par leurs proches et qui, honteuses du regard des autres devant leurs situations, demandent à en finir. C'est important de le savoir car souvent, ceux qui réfléchissent à l'euthanasie sont bien différents de ceux qui finiront par sérieusement y penser.
 
Face à cette situation, il m’apparaît maintenant troublant de n’apporter que l’euthanasie comme saine solution. C’est plutôt un aveu d’échec. En effet :
 
La douleur ? Les progrès pour la faire disparaître ou l'atténuer par sédation sont perceptibles chaque année et permettent aujourd'hui, d'après les médecins, un accompagnement humain de la fin de vie. En témoignent les 520 000 décès par an dans la dignité dans les services des soins palliatifs des hôpitaux français.
 
Le sentiment d'abandon ? Il est impensable que la société se penche d’abord sur la question de l’euthanasie avant de se résoudre à juguler la solitude des mourants. Faciliter la venue des familles (aide financière au transport, résidence des familles accolées aux hôpitaux, etc..), présence médicale ou initiative associative : il n’est pas normal qu’on en laisse « pourrir » seuls au fond du trou sans aucun regard, sans aucune aide.
 
L’opprobre vis-à-vis des malades ? Une fois qu’ils souffriront moins et qu’ils seront entourés, gageons que la sensation d’être "dérangeants" s’effacera d’elle-même chez les malades, avec leurs envies de mourir.
 
Aujourd'hui, la loi Leonetti parait être une loi juste et équilibrée. La loi interdit strictement l'euthanasie active, c'est-à-dire donner délibérément la mort à autrui. En parallèle, l'acharnement thérapeutique, après décision collégiale du corps médical et l'accord du patient ou de sa famille, est aussi interdit lorsque la poursuite des soins est jugée inutile, disproportionnée et « n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ». De plus, toujours dans l'optique de préserver la dignité du malade, la loi oblige les médecins à pratiquer des soins palliatifs en soulageant la douleur du patient avant sa mort, tout en accompagnant les proches.
  
En résumé, aujourd’hui, en France, on a le droit de ne pas continuer à vivre, mais on n’a pas le droit de demander la mort. (...)
 
 
Il est possible de faire changer une personne sur la question de l'euthanasie. Une personne à la fois. 
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