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Avons-nous légalisé le meurtre ex utero ?

Tout le monde en parle: Guy Turcotte, l'ex-cardiologue, à été jugé non-coupable du meutre de ses deux enfants, pour cause de troubles mentaux.

Au terme du procès, après l'annonce de ce verdicte, la mère des enfants, Isabelle Gaston, offre un commentaire qui m'a carrément terrassé, tellement il regorge de double sens: 

«Leur court passage [de mes enfants] dans la vie et maintenant un peu dans la vôtre devrait nous faire comprendre que les adultes n'ont pas un droit de vie ou de mort sur les enfants», a-t-elle fait valoir, en parlant d'Olivier et d'Anne-Sophie. Les parents «n'ont pas le droit à une quelconque violence, et ce, peu importe les conflits et les tourments qu'ils pourraient eux-mêmes avoir», a-t-elle ajouté.

Voilà ce qui est bien dit! Mais le plus triste dans tout ça, c'est que les jurés aujourd'hui en sont à ne plus pouvoir condamner un meutrier tout court, tout comme, dans les années 70, les jurés ne se sentaient plus capables de faire respecter la loi et ont acquitté un avorteur qui tuait des enfants parce que les parents de ces derniers seraient parfois épris eux aussi de "conflits et de tourments."

Dans les années 70, la logique était qu'une mère devrait avoir "un droit de vie ou de mort sur les enfants [non-nés]" dans ces cas où cette femme était proie à des "conflits et tourments". Maintenant, nous sommes rendus, en 2011, un peu plus loin sur la pente glissante, et le "droit de vie ou de mort" a maintenant été accordé à un père de famille, et pour la même raison. Voilà où nous aura mené la légalisation du meutre in utero: à la légalisation (en commençant par la tolérance) du meutre ex utero ...

À lire aussi: L'oubli du mal -- Mathieu Bock-Côté

Mise-à-jour: Ce qui m'intéresse dans l'article de Bock-Côté c'est qu'il contient des mots forts comme ceux-ci: "Le meurtre de ses propres enfants représente l'ultime transgression. L'expression la plus brutale non pas de la démence, mais de la perversion, du mal radical. Comment définir ce dernier, sinon par un consentement au mal ? Personne ne niera le désespoir de celui qui poignarde son fils et sa fille. Mais depuis quand le désespoir doit-il nous amener à consentir au nihilisme, qui nous rend incapables de juger tel qu'il doit l'être celui qui vient de commettre un crime impardonnable au sens le plus fort du terme ?" Par contre, comment expliquer le mutisme absolu du volubile Bock-Côté par rapport à la question de l'avortement, ce crime tout aussi, sinon plus odieux, qui est trop souvent excusé par le desespoir de ceux qui le commettent? 

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