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Lui ayant dit que j’étais née d’un viol, elle me demanda de lui expliquer pourquoi je n’aurais pas dû être avortée

Rebecca-Kiessling.jpgRebecca Kiessling (Photo: Steve Jalsevac, LifeSiteNews)

Par Rebecca Kiessling de SaveTheOne - traduit par Campagne Québec-Vie

Pourquoi devrais-je prouver ma valeur personnelle et mon droit à la vie ? Lorsque j’ai appris, à l’âge de 18 ans, que j’étais le fruit d’un viol, je me suis immédiatement sentie visée et dévaluée par notre société parce que je savais très bien ce qu’elle pensait des grossesses «causées par viol». Je me suis vue dans l’obligation de justifier ma propre existence et d’expliquer pourquoi je n’aurais pas dû être avortée et pourquoi je méritais de vivre.

Depuis ce temps, j’ai évolué et j’ai découvert ma propre valeur ainsi que mon identité dans le Plan de Dieu, ayant été créée à son Image, et je ne ressens plus le besoin de justifier mon droit à la vie pour être heureuse. Reconnaissante d’avoir été sauvée d’un avortement, je m’efforce de partager mon expérience au bénéfice de ces bébés qui sont à risque puisqu’ils sont dans la mire des législateurs et des bien-pensants.

Lors de mes conférences, je n’hésite pas à faire allusion à mon cas personnel et je suscite souvent l’étonnement dans mon auditoire lorsque je leur dis que je dois, encore aujourd’hui, prouver mes positions ainsi que mon droit à la vie. En voici un exemple. Je recevais récemment ce message e-mail que j’ai trouvé dur à lire mais auquel j’ai réussi à répondre dans la prière et la patience :

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«En ce qui concerne les bébés nés d’un viol, je me sens triste et même sceptique même si je me considère pro-vie étant données mes convictions bibliques ; je n’arrive pas à m’expliquer ce qui peut résulter de bon avec un bébé né d’un viol. Je le vois plutôt comme une cause aggravante qui sert à  prolonger la douleur de la femme violée. C’est pourquoi je suis très troublée par ce que vous écrivez dans votre blog.

J’ai parfois l’impression qu’il serait préférable que ces bébés ne puissent exister, que Dieu ne permette pas qu’ils arrivent à terme afin de leur éviter d’être bafoués plus tard pour leur conception criminelle. Une situation qui me bouleverse au point d’en être malade. Tout enfant devrait être conçu dans l’amour et non dans la violence. 

La seule façon pour moi de rallier votre position, celle des enfants nés d’un viol et celle des mères violées, est de vous demander de prier pour que j’obtienne la paix de Dieu qui transcende mes raisonnements et mes émotions hypersensibles.

Aucune de vos histoires ne peut arriver à me faire changer d’idée, à moins peut-être de trouver une amie dans une telle situation ou de tomber amoureuse d’un homme qui serait le fruit d’un viol. Excusez-moi d’être si brutalement directe mais j’ai beaucoup de difficulté à combattre mes préjugés. J’en veux à Dieu qu’il permette cela.»

Chère ___,  je vous suis reconnaissante d’avoir visité notre blog et d’avoir pris le temps de nous écrire. Vos sentiments sont ceux de la majorité ; cependant, suite à des recherches, il a été démontré que les victimes de viol qui se font avortées sont quatre fois plus à risque de mourir dans l’année suivante que celles qui mettent au monde leur bébé. C’est ce que nous explique le docteur David Reardon dans son livre Victims and Victors: Speaking out about their pregnancies, abortions and children resulting from sexual assault. C’est donc perpétuer un mythe que d’affirmer qu’une victime de viol se sent toujours mieux après l’avortement et que l’enfant conduit à terme lui sera éventuellement un souvenir néfaste puisqu’elle le considérera comme le fruit d’un viol. Je comprends bien ce que vous ressentez et vous avouez que vos sentiments seraient différents si vous connaissiez la personne intimement. Il est évident que j’aurais préféré avoir été conçue de façon normale mais je crois que Dieu a le pouvoir de tirer du bien d’un mal et qu’Il utilise souvent des situations difficiles pour guérir des plaies. Il ne veut pas directement le mal mais sa marque de commerce est bien de nous tirer de ces fâcheuses situations. -Rebecca.

Sa réponse, qui exigea encore de moi une certaine patience, articule quand même assez bien ce que pense la plupart du monde:

«Dites-moi ce que Dieu a fait dans votre vie personnelle, en plus de votre blog, pour justifier votre vie tragique. Dites-moi ce que vous avez fait de votre vie concernant les fréquentations, le mariage, les enfants, l’amitié et le service bénévole.

Je suis curieuse de savoir comment Dieu vous a donné la joie de vivre. Enfin, je m’excuse de vous avoir créé de l’embarras … c’est que je suis très impulsive lorsque je suis confrontée à une situation triste.»

Tout d’abord, je dois dire que ma mère biologique et son mari m’ont adoptée légalement il y a à peine trois ans et demi. Ceci, parce que ma première famille adoptive était une famille assez perturbée (une longue histoire). Cette nouvelle adoption par ma mère biologique fut pour moi comme la conclusion heureuse d’un conte de fée. Elle m’a avoué que j’étais une bénédiction pour elle, que je lui faisais honneur et que je lui apportais une certaine guérison. En ce qui me concerne, je suis mariée depuis 17 ans et nous avons adopté nos deux plus vieux garçons ainsi qu’un bébé ayant besoin de soins spéciaux, Cassie, qui malheureusement est décédée dans nos bras au bout de 33 jours (j’adore adopter des enfants). Je considère un honneur d’avoir eu à m’occuper de Cassie, petite victime de soins médicaux fautifs, et cela demeure une des plus belles tâches que j’aie eu à accomplir durant ma vie. En plus de nos deux garçons adoptés, nous avons également trois filles biologiques.

Présidente-fondatrice de l’organisme Save The 1, j’ai également participé à la mise sur pied de l’organisme Hope After Rape Conception. Je suis avocate de droit familial mais j’ai dû fermer mon bureau pour un certain temps afin de donner naissance à mes filles et m’occuper de leurs études à la maison jusqu’à il y a deux ans et demi.

Je confectionne des couettes pour des centres d’aide aux femmes enceintes et spécialement pour des grossesses non prévues. C’est ma mère biologique qui m’a appris à les confectionner. Et j’ai transmis mon savoir à mes filles ainsi qu’à plusieurs de mes amies. Je fais du bénévolat avec le soin aux orphelins, le Sunday school, la soupe populaire, les personnes qui ont besoin d’aide judiciaire sans oublier mon bénévolat avec un centre de maternité et divers services rendus à des centres pour femmes enceintes. J’ai attiré avec succès l’attention du gouverneur Rick Perry et de Newt Gingrich (lors de leurs dernières campagnes présidentielles) sur ces sujets. Mon implication consiste principalement à aider les personnes à prendre conscience de leur valeur personnelle car plusieurs d’entre elles n’y arrivent pas facilement (non seulement les personnes nées d’un viol). Voilà, j’espère que cela répond à votre attente! --Rebecca.

Voici maintenant sa dernière réponse (elle qui avait dit : «Aucune de vos histoires ne peut arriver à me faire changer d’idée») :

«Chère Rebecca, merci d’avoir pris du temps pour redresser mes émotions et merci de m’avoir parlé de votre vie. Je vais beaucoup mieux maintenant même si je persiste à croire que la vie serait plus belle si les hommes cessaient de violer les femmes. Mais le monde évolue dans la bonne direction et j’arrive maintenant à me présenter à mes professeurs en tant que pro-vie sans aucune anxiété. J’ai même confié à mes parents mon désir de faire le même travail que vous faites actuellement mais ils m’ont répondu, étant donné ma sensibilité,  que j’étais moins préparée à ce genre de travail. Néanmoins, je prie le Seigneur afin qu’il m’aide à devenir tuteur bénévole dans l’enseignement de l’anglais auprès de familles perturbées ainsi que militante dans la lutte contre la pornographie. Les statistiques démontrent clairement les liens entre la pornographie et la pandémie de la violence sexuelle. Je me réjouis à la pensée que vous vivez heureuse et pleinement épanouie; ne cessez pas de dire aux gens que le fait d’avoir eu un salaud comme père ne veut pas dire que vous l’êtes. Merci Rebecca, vous m’avez vraiment impressionnée et fortifiée. Bien vôtre.»

BIO : Rebecca Kiessling est née d’un viol mais ne fut pas avortée, la loi de l’État du Michigan le prohibant avant l’arrêt Roe v Wade (arrêt de la Cour Suprême des États-Unis qui légalisa l’avortement en 1973). Elle est avocate, conférencière pro-vie, blogueuse et présidente de l’association Save The 1. Son site web est le suivant : www.rebeccakiessling.com

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