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L'intolérance au coeur du projet de laïcité des candidates Djemila Benhabib et Pauline Marois

Sur le site du journal La Presse du 14 août 2012:

 

(Mme Djemila Benhabib)

(Pointe-du-Lac) En conférence de presse à la scierie des Frères de l'instruction chrétienne, la candidate péquiste Djemila Benhabib s'est prononcée ce matin contre le crucifix à l'Assemblée nationale.

En tant qu'«intellectuelle soucieuse de la neutralité de l'État», elle croit que l'Assemblée nationale «doit représenter la volonté du peuple». «Et le peuple n'a pas à être assujetti à une quelconque religion», a-t-elle soutenu.

Encore une qui prétend parler au nom du peuple, alors que le peuple a clairement et fortement manifesté pour conserver ces signes religieux chrétiens: le crucifix au parlement, la crèche de Noël et les différents signes de cette fête, la prière aux assemblées municipales, etc. Un peuple qui choisit de conserver ses symboles religieux n'est pas "assujetti". Au contraire, une député voulant imposer la censure de tous les symboles religieux contre la volonté de la population cherche, elle, à assujettir cette population. Mme Djemila Benhabib, dans sa lutte contre l'extrémisme religieux, fait preuve d'un manque de jugement et d'équilibre flagrant, versant dans l'intolérance et l'intégrisme laïciste qui a fait tant de ravages au 20e siècle.

La candidate Pauline Marois désire, elle, une charte de la laïcité:

Il y a eu une «crise des accommodements raisonnables», pense Mme Marois. Les «valeurs québécoises ne sont pas négociables», insiste-t-elle.

Sa charte de la laïcité énoncerait que le Québec est «laïc» et « neutre par rapport aux croyances ou non-croyances ». Le maire de Saguenay ne pourrait donc plus commencer son conseil municipal par une prière.

La charte hiérarchiserait aussi certains droits. L'égalité entre les hommes et les femmes primerait sur la liberté de religion. Par exemple, on ne pourrait pas refuser un service public, comme un examen de conduite, parce qu'il est donné par un employé de sexe opposé.

Les employés de la fonction publique et parapublique ne pourraient plus porter de signe religieux ostensible, comme le hijab, la kippa ou le turban. Cet encadrement serait nécessaire, croit Mme Benhabib, pour ne plus « laisser à eux mêmes » les employés de l'État. Ils disposeraient désormais de critères précis pour interpréter les lois et règlements.(...)

La charte va aussi plus loin que le contesté projet de loi 94 du gouvernement Charest, qui a été abandonné à la dernière session parlementaire. Ce projet de loi stipulait que les employés de l'administration gouvernementale (incluant écoles et hôpitaux) devaient travailler avec le visage découvert. On ne ciblait donc que le voile intégral. Le hidjab, la kippa et le crucifix étaient permis. Les accommodements étaient autorisés, à condition de ne pas menacer la sécurité ou nuire à la communication. Le mot «laïcité» n'apparaissait pas dans le texte.

La comparaison est flagrante entre l'équilibre et la mesure du projet de loi 94 et la volonté d'éradiquer de l'espace public la religion par la charte de la laïcité fermée, dites également laïcité bornée.

Cette charte serait adoptée « le plus rapidement possible », même si le PQ ne se donne pas d'échéancier. Elle n'est pas écrite. Il semble toutefois que les principes déjà annoncés pourraient violer des éléments de la Charte canadienne des droits et libertés, comme la liberté de religion et le multiculturalisme, stipulés dans les articles 2, 15 et 27.

«Avant de penser qu'elle puisse être contestée, nous allons la présenter, la débattre et l'adopter. Et nous nous assurerons de pouvoir la protéger le mieux possible. Si elle devait être contestée - pour l'instant, c'est une question hypothétique -, nous ferons la bataille qu'il faut», a dit Mme Marois.

Le PQ utilisera donc si nécessaire la clause dérogatoire ? «Absolument, sans aucune réserve», a-t-elle répondu.

La liberté de conscience et de religion est vraiment le dernier des soucis de Mesdames Benhabib et Marois. Les Québécois ont manifestés à maintes reprises leur volonté de conserver leur héritage religieux dans les espaces publics. Il faudra que nos intégristes laïcistes en tiennent compte...

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