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Pour la Vie,

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Georges Buscemi, Président

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L'euthanasie par manque de patience?

Dans le journal le Quotidien du 15 juin 2013, cette lettre de Marthe Asselin-Vaillancourt:

(La patience n'est pas la capacité d'attendre, mais la capacité d'attendre avec une bonne attitude.)

 

 

(...)Je connais les soins palliatifs, ils sont disponibles pour 15 à 20% des malades. Je sais que le vérificateur général a constaté d'énormes lacunes des délais d'attente pouvant aller jusqu'à trois ans, des disparités régionales et des lacunes importantes dans l'évaluation des besoins. Dans ce contexte quel est le sort réservé aux aînés vulnérables? J'ai des frissons, je n'ose même pas y penser. Pire, je crains que l'ajout de sommes additionnelles risquent d'être réorientées pour éponger des déficits ou pour tout autre besoin qu'on jugera prioritaire. Les sommes d'argent octroyées doivent être réservées exclusivement à la cause à laquelle elles sont dédiées. Le rapport du vérificateur ne m'a pas surprise. Je résume : pas de repérage des aînés vulnérables, usagers sans évaluation des besoins, intensité des services variables, peu de suivi à domicile, pas assez de contrôle de la qualité des services, besoin de financement non estimé...
 
Depuis longtemps j'ai frôlé la mort, celle de mon père qui, jadis, à 86 ans, réclamait le droit de mourir; celle d'un parent qui a été admirablement soutenu et un autre cas où le patient lui et sa famille ont enduré pendant des jours, une agonie qui n'en finissait plus, une prolongation dans les douleurs, les sursauts, les cris et une attente infiniment triste pour les siens. On voit bien que le fameux protocole est dissemblable d'un endroit à l'autre.
 
Dans la revue «Vie et Vieillissement», Madeleine Dalphond Guiral écrit : «Quand la vie a perdu et depuis longtemps tout son sens, au nom de quelle morale doit-on absolument la prolonger? Durant 21 jours, 24 heures durant, elle a été le témoin impuissant d'une mort lente, légale, immorale, éthiquement condamnable. C'est l'institutionnalisation de la torture au nom de la sacro-sainte valeur de la vie. Quelle tristesse, quelle honte pour une société soi-disant humaniste».
 
Voici ce que lui répondait un lecteur qui nous a transmis sa lettre, non publiée par Le Quotidien :
 En tristes disciples des partisans d’une « mort dans la dignité », vous détournez les mots de leurs significations. « Prolonger une vie », ce n’est pas, comme on le fait dans les soins palliatifs, accompagner un patient pour le soulager de sa douleur physique et morale, mais travailler à ce qu’il vive plus longtemps, ce que ne font pas les unités de soins palliatifs.

Par contre, la « mort dans la dignité » est véritablement une euthanasie, un abrégement de la vie, parce que l’on est fatigué d’attendre, même si l’unité de soins palliatifs qui nous soigne parvient à éliminer la douleur physique.

Quelle tristesse de devoir modifier la réalité pour défendre son point de vue…

Le principal argument des pro-euthanasie, en fait, est que même si par les soins palliatifs on soulage la douleur physique et morale, on ne veut pas attendre la mort. Ce temps d'attente que l'on ne peut occuper autrement paraît insupportable à beaucoup d'économistes, de médecins, de familles, et de patients... Et pourtant, «l'amour prend patience...» et donne le temps d'une présence et d'un amour sans fin. Une fatigue bien compréhensible ne justifie pas une euthanasie, il y bien d'autres solutions, qui elles, manifestent une réelle compassion...

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