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Avortement : «C’est mon choix parce que c’est mon corps» est un argument irrationnel

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Par Éric Lanthier

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à émettre une précision. Ce texte ne vise pas à moraliser les dames qui ont vécu un avortement.  L’interruption de grossesse est un choix déchirant, c’est une option de dernier recours pour beaucoup d’entre elles. Je ne crois pas qu’une femme vive ces moments avec indifférence. Le motif de ce papier est de débattre sainement de ce sujet délicat. Ainsi, j’aimerais réagir rationnellement à un argument qui véhicule l’apparence de la rationalité auprès d’une société qui refuse plus souvent qu’autrement de débattre de ce sujet. J’espère de tout cœur que le Québec devienne une nation qui générera un environnement inspirant pour les couples, favorisant ainsi l’accroissement des familles. Je souhaite que nos politiciens votent de plus en plus de lois stimulant un plus grand nombre de parents à choisir la vie pour leur enfant.

Les extrémistes «Pro-choix» affirment que le choix ultime d’interrompre une grossesse leur revient prétextant qu’il s’agit de leur corps; or, pour trois raisons, cet argument est purement irrationnel.

Cette affirmation en provenance des militantes Pro-avortement est largement répandue dans les médias québécois.  Expriment-elles ainsi un argument rhétoriquement rationnel ou passablement irrationnel?  Certes, cette déclaration se déploie souvent avec vigueur, éloquence et ferveur, ce qui lui donne un cachet convainquant.  Néanmoins, ce n’est pas parce qu’on le proclame avec conviction que cet argument s’avère plus vrai que nature. Personnellement, je crois, pour trois raisons spécifiques, que cette déclaration est moins rationnelle qu’elle ne le laisse paraître. Il s’agit d’un faux-fuyant dénigrant et porteur de contradiction.

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Premièrement, il s’agit d’un faux-fuyant puisque cette prétendue masse n’est pas une partie de la physionomie de la mère, mais un corps nouveau qui habite en elle. Si ce n’était qu’une masse et qu’une interruption de grossesse n’était qu’une action médicale, pourquoi ne présente-on pas l’opération sur écran lorsque le personnel procède à l’extraction de l’enfant? Par souci de transparence, pourquoi cette vidéo n’est-elle pas présentée à la mère avant de choisir l’interruption de sa grossesse?  Si ce n’est qu’une ablation, il serait important de voir ce qui se passe avant de faire un choix. Une telle vidéo démontrerait hors de tout doute que le fœtus est un être à part entière et non une partie du corps de la mère.

Deuxièmement, lorsqu’une mère fait malheureusement une fausse-couche, elle vit un deuil déchirant. J’ai connu plusieurs mères qui ont perdu leur enfant de cette façon, je peux compatir avec leur douleur. De plus, j’ai des enfants et j’ai failli en perdre un à deux reprises, je peux comprendre leur tristesse. Pour la plupart d’entre elles, lorsqu’on leur demande combien d’enfants elles ont eu, elles précisent le nombre en ajoutant qu’elles ont fait une fausse-couche. Elles n’ont pas perdu une partie d’elle-même, elles ont perdu leur enfant. Aucun autre enfant subséquent ne pourra le remplacer. La différence entre une fausse-couche et un avortement repose dans le motif et non dans le résultat physiologique. Physiologiquement, le résultat est le même, le bébé n’est plus dans l’utérus, par contre, le vécu est différent. La contraction survient dans le fait que le vocabulaire change selon le contexte. Lors d’une fausse-couche, la maman perd un enfant et lors d’un avortement, elle ne porte plus une masse biologique. Pourtant, dans les deux cas, à longévité égale, il s’agit d’une entité similaire.

Troisièmement, l’argument : «C’est mon corps!», est tout à fait dénigrant envers le partenaire. Pour le père, il s’agit d’une partie de lui-même qu'il abrite dans le ventre de la mère. Je conviens que c’est la mère qui le porte, qui vit physiquement tous les aléas de la grossesse. Rationnellement parlant, il s’agit d’une coparentalité. Oui, le bébé est dans le corps de la mère, mais il n’est pas uniquement l’enfant de celle-ci; il est également le fils ou la fille du père. Dès la conception de l’enfant, le père doit être responsabilisé et mis à contribution pour assurer le meilleur avenir de son enfant.

Je suis conscient que les raisons qui précèdent les interruptions de grossesse peuvent être multiples et plus souvent qu’autrement déchirantes. Dans le cas qui nous préoccupe, j’ai voulu démontrer que l’argument : «Ceci est mon corps!» n’est pas rationnel. Il démontre un décalage entre la réalité et la rhétorique utilisée. Malgré que le bébé dans le ventre de la mère soit une entité en soi et qu’il est l’œuvre d’une coparentalité, les partisanes du libre choix ont réussi à forger l’imaginaire des Québécois en y déposant un argument irrationnel. Ils ont utilisé un faux-fuyant partiellement réel mais, somme toute irrationnel, qui est dénigrant pour le père et porteur de contradiction. Le tout visait visiblement à exclure les hommes du débat.

Pour ma part, je souhaite de tout cœur que tous les Québécois puissent débattre de ce sujet avec civisme, respect, compassion et transparence sur toutes les tribunes et toutes les plateformes. C’est par la contribution de toutes ces instances que notre société avancera vers le vrai progrès et la prolifération de mères heureuses.

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