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« Laura », 24 ans, sera euthanasiée cet été. Elle est en très bonne santé

woman-72153_640.jpgFemme triste - Pixabay

Par Jeanne Smits

La folie de l'euthanasie continue en Belgique. Ceux qui prévoyaient que cette dernière s'engageait sur une pente glissante qui l'enfoncerait de plus en plus dans l'horreur lorsqu'elle a adopté l'une des premières lois sur l'euthanasie au monde voient leurs avertissements confirmés. La dernière histoire est racontée par le quotidien belge De Morgen, qui a rencontré « Laura », candidate à l’euthanasie de 24 ans. Elle est en très bonne santé physique et est entourée de nombreux amis. Elle aime les sorties, au théâtre notamment, et le bon café. Sa vie prendra fin cet été. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas envie de vivre. Les dépressions la tourmentent : depuis trop longtemps, elle s’imagine que « vivre, ce n’est pas son truc ».

L’histoire de la jeune femme est terrible. Elle naît dans une famille divisée par la violence et l’alcoolisme du père : la séparation s’impose en raison du danger, et la petite fille passe beaucoup de temps chez ses grands-parents maternels, qui lui offrent sécurité, affection, structure. Malgré tout, depuis la séparation, elle se demande ce qu’elle fait sur terre. À six ans, elle rêve de mettre fin à ses jours. C’est le début d’un long cauchemard, qui passe par l’automutilation, l’incompréhension et les souffrances.

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Laura a besoin de croire que ce n’est pas son enfance chaotique qui lui a donné ce désir d’autodestruction : « Même si elle a contribué à ma souffrance, je suis convaincue que j’aurais eu ce désir de mort même si j’avais grandi dans une famille tranquille et stable. Je n’ai tout simplement jamais voulu vivre. »

Après son enfance difficile, marquée par ses comportements autodestructeurs dont la gravité n’a pas frappé les responsables de l’école, « Laura » se lance dans le théâtre et emménage avec une amie : « J’avais tout : un appartement sympa, une passion amoureuse très agréable, j’étais occupée à plein temps par le théâtre ». La voilà donc au sein d’une relation homosexuelle qu’elle lâche après s’être disputée avec son amie, en raison de sa dépression.

À ce moment-là, un psychiatre la met au défi de se faire interner, en abandonnant le théâtre. Elle se laisse convaincre et découvre une vie « lourde » : ses automutilations augmentent en intensité, elle se frappe contre les murs. Elle a l’impression d’abriter un monstre qui cherche à s’échapper de son corps. L’agressivité, la colère, la douleur ne sont pas soignées par les psychiatres et Laura est une patiente si difficile qu’elle est régulièrement renvoyée chez elle pour que le personnel puisse souffler.

C’est à l’asile psychiatrique qu’elle rencontre « Sarah », qui organise précisément sa propre euthanasie. « Laura » est séduite : les deux femmes parlent de mort et elle décide de réclamer elle aussi une piqûre mortelle.

Entre la demande et l’exécution, il faut compter un délai d'attente de dix-huit mois à un an. Laura l’a fait ; l’échéance est cet été. Il a d'abord fallu qu'elle soit convaincue, à l’aide de sa thérapie, que son enfance n’est pas la cause de ses souffrances, mais bien quelque chose qu’elle porte en elle.

Poignant récit… Abîmée par la vie, par le désespoir qui la hante, par on ne sait quelles thérapies et autres pédagogies qui ont peut-être aggravé sa situation. Laura ne se supporte pas… Elle souffre d’un mal de notre temps, lié à l’identité et à l’existance.

Trois médecins ont décidé qu’elle souffre de manière insupportable et qu’elle doit pouvoir mourir.

À l’heure qu'il est, Laura s’efforce d’offrir sa présence à ses proches, à sa mère et à ses grands-parents. Et elle organise tout : sa mort dans le studio où elle passe deux jours par semaine, ses funérailles… « Je trouve cela agréable d’y penser. »

Elle prépare ses dernières paroles.

Voilà où mène l’autonomie du patient, poussée à l’extrême.

Voilà où mène la faillite d’une société qui ne sait plus donner les bonnes raisons de vivre.

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