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Comment l'Église catholique a aidé le Canada à élire le Premier ministre le plus favorable à l’avortement de son histoire

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Par Lianne Laurence de LifeSiteNews - Traduit par Campagne Québec Vie

OTTAWA, le 4 novembre 2015 (LifeSiteNews) -- Par une chaude nuit de juillet 2001, un homme de 29 ans, mince et aux cheveux ébouriffés, fait une pause pour prier avant d’entrer en scène au Nathan Phillips Square de Toronto sous les folles acclamations de milliers de jeunes.

« Je suis Justin Trudeau », annonce-t-il. « Je suis catholique ».

Treize ans après cette apparition publique pour le lancement de la Journée mondiale de la jeunesse catholique, Trudeau fait une autre annonce, cette fois comme chef du Parti libéral: Toute personne opposée à l'avortement ne pourra se présenter comme candidat libéral. Et désormais, tous les députés libéraux sont censés voter « pro-choix ».

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Pour défendre ce décret unilatéral et controversé, le fils aîné de l'ancien premier ministre Pierre Elliot Trudeau a invoqué son patrimoine.

« J’ai reçu l’exemple extraordinaire d’un père qui avait des vues personnelles profondément ancrées, celles-ci étant éclairées par le fait qu'il allait à l'église tous les dimanches, qu’il nous lisait régulièrement la Bible, et qu’il nous a élevés de façon très, très religieuse, très catholique », a-t- il écrit dans un courriel à ses partisans.

« Mais en même temps, il n’a pas hésité à légaliser le divorce, à dépénaliser  l'homosexualité et à prendre des mesures pour reconnaître les droits fondamentaux des personnes ».

Après avoir ramené les libéraux à une majorité sans précédent aux élections du 19 octobre 2015,  Justin Trudeau, 43 ans, a prêté serment comme 23ème Premier ministre du Canada - et selon toute évaluation raisonnable, il est le Premier ministre le plus favorable à l’avortement que le pays ait choisi dans toute son histoire.

Cette triste réalité ne se serait peut-être jamais produite sans le soutien, parfois implicite et d'autres fois très ouvert, apporté par l'Église catholique à l'un de ses fils les plus connus publiquement alors qu’il bafouait les enseignements moraux de base et ce, même au nom de la foi.

« La première manifestation d'une dynastie »

L'attitude de l'Église envers l'une des plus célèbres familles catholiques canadiennes s’est manifestée lors du décès de Trudeau père, à l’âge de 80 ans, le 28 Septembre 2000 : l'archidiocèse de Montréal a organisé, pour l'homme qui a légalisé l'avortement en 1969, ce que le New York Times a qualifié  de « plus grandes funérailles d'État de l'histoire du Canada ».

Le cardinal Jean-Claude Turcotte a célébré lui-même la messe de requiem en présence de 3000 personnes dont le dictateur cubain Fidel Castro et, en violation des normes de l'Église qui interdisent les éloges aux messes de funérailles, il y eut trois panégyriques - dont celui prononcé par Justin Trudeau.

Cet éloge émotionnel, qui fut tant monté en épingle, était les débuts de l’homme de 28 ans ; déjà commencèrent les spéculations sur son avenir politique, caractérisées par la remarque du politicien québécois Claude Ryan: « Il me vint que ce fut peut-être la première manifestation d'une dynastie ».

Dix mois après l'enterrement de son père, Justin Trudeau a été la vedette du lancement de la Journée mondiale de la jeunesse 2001, et ce professeur d’une école secondaire de Vancouver a exhorté les jeunes à rejeter « les vieillards avec de vieilles idées ». [Ndt. : le pape Jean-Paul II ?]

Par la suite, Trudeau a surgi lors d'événements catholiques innombrables, faisant, entre autres, de nombreuses apparitions dans les écoles catholiques. L’avocat catholique Geoff Cauchi dit que rien n’a été plus « scandaleux, que [de voir] pendant des années les écoles catholiques l'inviter pour donner des conférences » et [de l’entendre] « encourager les étudiants catholiques à ignorer leur foi ».

En outre, le journal Ottawa Citizen a révélé en 2013 que cinq Commissions scolaires catholiques, l'OECTA et l'Association ontarienne des conseils catholiques avaient payé à l'étoile politique montante un total de 82 500 $ pour des allocutions entre 2006 et 2010.

Lorsque les catholiques ont sonné l'alarme, avant l’une de ses apparitions dans une école de Sudbury en décembre 2012, l’évêque de Sault Ste Marie, Mgr Jean-Louis Plouffe, a défendu Trudeau, alors que celui-ci  avait plus tôt cette année ajouté à son déjà vaste dossier de dissidence en déclarant que le Québec devrait se séparer [du reste du Canada] si les Conservateurs de Stephen Harper modifiaient le statu quo sur l'avortement ou le « mariage » de même sexe.

Mgr. Plouffe a insisté que Trudeau était « un catholique pratiquant, marié à l'église et père de deux enfants. Il n’est éloigné de l'Église en aucune façon ».

Réponse « consternante » au décret sur l'avortement de Trudeau

Bien que l'éloignement possible de Justin Trudeau de l'Église catholique soit apparu après son décret de mai 2014,  « décret immoral, anti-démocratique » bannissant les pro-vie de son parti, la réponse des évêques à son action a été  « consternante », a dit Jack Fonseca de Campaign Life Coalition.

Sur 87 évêques, francophones et anglophones, seulement six ont réprimandé publiquement Trudeau.

« Pourquoi les autres évêques du Canada, c’est-à-dire 93% d’entre eux, sont-ils restés  silencieux? Ne se rendent-ils pas compte que les fidèles traduiront leur silence par : ‘‘Oh ! eh bien, la politique de Justin ne peut pas être bien grave. Même l'Église n’en fait pas un drame.’’ »

Parmi les six prélats qui ont élevé la voix, l’évêque auxiliaire Christian Riesbeck d'Ottawa a estimé que le Canon 915, qui stipule que ceux qui « persévèrent obstinément dans un péché grave manifeste ne doivent pas être admis à la sainte communion », pourrait être invoqué dans « le cas d'un politicien catholique pro-avortement qui exprime clairement une telle position ».

Quant à Mgr Terrence Prendergast, évêque d'Ottawa, dont la lettre publique dénonçant l'action de Trudeau établit qu’ « on ne peut pas rejeter les enseignements de base sur les questions de vie et se considérer en communion avec l’Église catholique », il a déclaré au Catholic Register qu'il avait besoin de parler en privé avec Trudeau avant toute décision de lui refuser la communion. Tous deux se sont rencontrés de façon confidentielle en 2014.

Mgr Richard Smith, évêque d'Edmonton et Mgr Fred Henry, évêque de Calgary, ont dénoncé le décret, tandis que le cardinal Gérald Lacroix de Québec a déclaré qu'il soutenait la lettre ouverte du cardinal Thomas Collins de Toronto exhortant Trudeau à changer d’idée.

Le cardinal Collins a fait référence à St. Thomas More, avocat catholique et autrefois chancelier d'Angleterre qui fut martyrisé pour avoir refusé de reconnaître le rôle de chef de l'Église au roi Henri VIII.

« Le roi revendiquait le contrôle sur la conscience de son chancelier, mais si Thomas était « bon serviteur du roi, il était d'abord serviteur de Dieu  », a écrit Collins. « Les dirigeants politiques de nos jours ne devraient pas exclure ces gens intègres, même s’ils trouvent difficile leur point de vue. »

Cauchi a également évoqué Henri VIII, notant que sa fille, la reine Elizabeth I, a continué de persécuter les catholiques. Les catholiques fidèles, appelés « réfractaires », ont reçu un nouvel élan lorsque Pie V a excommunié la reine et l’a déclarée hérétique. « S’il ne l'avait pas fait, peut-être qu'ils n’auraient pas lutté aussi fort pour maintenir la foi en Angleterre ».

Les évêques du Canada pourraient « envisager d’excommunier » Trudeau, ainsi que d'autres hommes politiques catholiques « qui laissent de côté leur foi catholique à la législature », car « ils scandalisent les fidèles», a dit Cauchi.

Pour cela, les évêques pourraient « invoquer » la Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique  publiée par le Vatican en 2002. Et les laïcs devraient aussi étudier ce document avant d'aller voter, a dit Cauchi.

D’autre part, maintenant que Justin Trudeau est Premier ministre et chef du gouvernement, son décret a encore plus d'importance. « Il envoie un signal terrible que les catholiques sont des citoyens de seconde classe », a déclaré Cauchi. « Est-il acceptable que le premier ministre d’une société libre et démocratique dise, essentiellement, que les catholiques sont des citoyens de seconde classe? »

Où étaient les électeurs catholiques?

La victoire de Trudeau est, à première vue, l’inversion étonnante d'un déplacement électoral qui avait commencé avec l'élection de 2006, six mois après que les libéraux de Paul Martin aient légalisé le « mariage » de même sexe.

Selon Fonseca de Campaign Life Coalition, c’est à ce moment que les catholiques, les évangéliques et les minorités visibles - tous des électeurs traditionnellement libéraux - ont commencé à basculer vers les conservateurs, tandis que les libéraux continuaient de dériver de plus en plus vers la gauche sous la direction des chefs Stéphane Dion, qui était en faveur de « taxer l'air que nous respirons », et Michael Ignatieff, qui prônait l'avortement en Afrique et soutenait le projet de loi sur les droits des transgenres.

Le changement a culminé en 2011 lorsque le Parti conservateur de Stephen Harper a obtenu la majorité, accompagnée d’un effondrement libéral.

Réduit à un caucus de 34 membres, le Parti libéral a durci sa position anti-vie, votant en 2012 de faire de l’accès à l'avortement une priorité (et de légaliser le pot) ; élisant comme chef Justin Trudeau, champion connu de l'avortement et des droits des « gais », en avril 2013 ; et ajoutant en 2014, comme élément important au programme du parti, la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté.

Et en octobre 2015, semble-t-il, les électeurs libéraux traditionnels sont retournés au Parti libéral en masse.
Bien que la démographie des élections ne soit pas encore disponible, Fonseca soupçonne que les catholiques sont retournés aux libéraux « plus que tout autre groupe », citant un sondage Angus Reid publié à la fin de la campagne dans lequel 55 pour cent  des « chrétiens pratiquants » (auto-identifiés) ont répondu qu'ils avaient l'intention de voter contre les conservateurs.

Fonseca fonde son affirmation sur plusieurs facteurs, l'un étant que le « puissant » syndicat des enseignants catholiques anglophones d’Ontario, l’Ontario English Catholic Teachers 'Association (OECTA), a vigoureusement fait pression grâce à son influence et à des « appels téléphoniques automatisés agressifs », pour encourager ses membres enseignants, qui sont plus de 45 000 dans l'Ontario riche en votes, à voter contre les conservateurs ».

Il pointe également du doigt « le désastreux Guide de l'élection fédérale de la Conférence canadienne des évêques catholiques  qui ressemble fortement à la plate-forme électorale des libéraux ou du NPD » et dans lequel ils ont « soigneusement évité de prononcer le mot "avortement" ».

En incluant des critères comme l'équité salariale, la réduction de la pauvreté, et les droits des travailleurs migrants, le guide a donné l'impression que ceux-ci sont moralement équivalents à l’avortement et à l'euthanasie, ce qui, a souligné Fonseca, n’est tout simplement pas vrai.

En effet, comme l'a souligné le pape saint Jean-Paul II, « il est juste, assurément de parler des droits de l’homme … mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne. » (Chritifideles laici, no.38) De sorte que, la protection de la vie humaine par la société, de la conception à la mort naturelle, est un principe moral non négociable pour les catholiques.

Les Notes doctrinales 2002 susmentionnées  du Vatican précisent que « la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé ».

Mais le guide rédigé par les évêques ne dit « nulle part » qu’entériner l'avortement ou l'euthanasie disqualifie un candidat, dit Fonseca, même si les évêques et les prêtres ont, à l’égard de leurs ouailles, « l’obligation morale et spirituelle » de « battre le tambour sans relâche à propos de ces maux moraux ».

Cela est particulièrement vrai pendant une élection et à la lumière de la « gravité morale des 100 000 bébés massacrés chaque année, sans compter on ne sait combien d'autres meurtres par euthanasie, sanctionnés par l'État, à notre porte ».

« Et les évêques auraient pu le faire sans risquer de perdre leur statut d'organisme de bienfaisance, tout simplement en n’allant pas aussi loin que de dire aux gens pour qui voter », a souligné Fonseca.

Les libéraux et les catholiques: un historique

Bien que le jeune Trudeau ait reconstruit le Parti libéral après sa défaite écrasante en 2011, il doit beaucoup de sa victoire du 19 octobre 2015 au succès historique du Parti libéral au Canada et à la popularité de son père. Et ceci est arrivé, malheureusement, en partie grâce à l'influence des autorités catholiques.

« L'Église a soutenu le Parti libéral d’aussi loin que je me souvienne », dit Jim Hughes, président de Campaign Life Coalition, « et historiquement cette allégeance concerne également la hiérarchie ».

Hughes a cité la biographie de John Turner par Paul Litt, publiée en 2012, qui décrit le ministre de la justice libéral catholique sous le Premier ministre Pierre Trudeau rencontrant l'exécutif de la Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC) en 1969 pour obtenir des conseils sur le projet de loi omnibus. Ce projet de loi de grande envergure, rédigé par Trudeau lorsqu’il était ministre de la justice en 1967, comprenait la dépénalisation de l'homosexualité et la légalisation de l'avortement.

Litt écrit que Turner a dit aux évêques que ce projet était le meilleur que les libéraux pouvaient faire. Le Président de la CECC Mgr Alexander Carter avait alors répondu: « Messieurs, je pense que John nous a convaincus. Prenons un verre. » Le projet de loi omnibus a été adopté le 14 mai 1969.

Une douzaine d'années plus tard, le frère de Carter, le cardinal Emmett Carter de Toronto, a retiré son opposition à la Charte des droits et libertés de Trudeau que Campaign Life Coalition combattait bec et ongles, avertissant qu'elle ouvrirait la porte à une époque désastreuse d'activisme judiciaire, a rappelé Hughes.

Trudeau a assuré Carter en privé que la Charte n’affecterait pas l'avortement, et qu'il invoquerait la clause nonobstant si la Cour suprême invalidait la loi sur l'avortement.

Les députés libéraux ont vu l'approbation de Carter comme un feu vert pour soutenir la Charte, a rappelé Hughes, et elle a été enchâssée en 1982. Six ans plus tard, la Cour suprême invalidait la loi sur l'avortement.

Et maintenant, l'extrémisme de Justin Trudeau en matière d’avortement s’appuie avec insistance sur le respect  d’un « droit » à l'avortement qui n’existe pas dans la charte.

Les députés libéraux pro-vie ont « tous cédé »

Christian Elia, directeur exécutif de la Ligue catholique des droits civils, a également invoqué saint Thomas More quand il a attiré l’attention sur les députés du  caucus de Trudeau identifiés comme pro-vie au moment du décret: Lawrence MacAulay, Cardigan, Île du Prince Édouard; John McKay, Scarborough-Guilwood; et Kevin Lamoureux, Winnipeg-Nord.

MacAulay, seul des trois qui soit connu comme catholique, vient de prêter serment en tant que ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Il a tweeté peu après le décret de mai 2014 de Trudeau que « Malgré mes convictions personnelles, je comprends que je vais devoir voter selon la position du parti si cette question devait jamais arriver à la Chambre des communes ».

(Le député libéral pro-vie Jim Karygiannis avait démissionné un mois avant le décret de Trudeau, et il est maintenant conseiller municipal de Toronto.)

« Combien d'entre eux ont quitté le parti? Aucun d'eux ne l'a fait. Ils ont tous cédé. Nous devons en fait les tenir un peu responsables », a dit Elia à LifeSiteNews. « Thomas More a dû mourir. Au Canada, vous n’avez pas à mourir. Vous devez seulement quitter la politique et faire plus d'argent dans le secteur privé ».

Elia reproche aussi aux catholiques d’être typiques de la culture politique tiède du Canada, dans laquelle les gens évitent toute conversation difficile.

Quand des politiciens comme Trudeau imposent des décrets, dit-il, « nous pleurnichons un peu ; mais la plupart des catholiques en font des sujets tabous dont il ne faut pas parler, même au sein de son propre groupe d'amis et de sa propre famille ».

Les catholiques « doivent rendre normales certaines conversations », a-t-il soutenu, et engager le combat contre la culture laïque « en utilisant la raison. Foi et raison ne sont pas mutuellement exclusives, ce qui était, bien sûr, un thème constant du formidable pape émérite Benoît XVI ».

Un appel à la raison pourrait convaincre les Canadiens « combien est insensé le concept de l'avortement, combien est insensé le concept de l'euthanasie, de la mort médicalement assistée comme ils veulent l'appeler, réalité sur laquelle nous avons les yeux littéralement fixés en ce moment ».

Quant aux évêques, « bien sûr, ils portent la responsabilité, mais là encore, cela fonctionne dans les deux sens », a observé Elia. « Nous avons soif de les voir se démarquer et se mouiller un peu, mais si nous avions été plus actifs, et si davantage de laïcs avaient fait la même chose, nous les aurions enhardis à notre tour ».

Peut-être qu’il vaut la peine de noter que lorsque Henry VIII a rompu avec l'Église de Rome, un seul évêque a résisté: St. John Fisher, qui fut martyrisé pour son courage.

Des laïcs mal catéchisés

Fonseca de Campaign Life Coalition insiste cependant que les évêques ont une plus grande responsabilité spirituelle. « Après tout, ils sont les bergers qui ont juré de protéger le troupeau contre les loups. Pas le contraire ».

Les laïcs, a-t-il concédé, sont tenus « d'encourager (ou de corriger) un évêque laxiste qui a peut-être oublié que sa charge d’autorité spirituelle est plus grande que celle de gestionnaire ou d’administrateur », et il a repris le point d'Elia en disant que « de nombreux évêques pourraient être plus courageux eux-mêmes pour prêcher la vérité, s’ils en voyaient l'exemple chez les laïcs tout autour d’eux ».

Mais, a-t-il ajouté, « nous ne pouvons pas être naïfs à propos de l'état de délabrement spirituel de nombreuses paroisses à travers le Canada ».

Dans son ancienne paroisse, par exemple, une responsable de RICA [Rite d’initiation chrétienne des adultes] a dit à Fonseca qu’ « elle dit aux nouveaux convertis qui se préparent à entrer dans l'Église que la contraception est moralement admissible, si leur conscience le leur dit », et « un autre dirigeant laïque influent qui est associé au groupe Développement et Paix de la paroisse, a écrit une lettre à notre curé et à son vicaire, critiquant la défense du mariage biblique par l'Église».

« Avec des dissidents et des hérétiques à des postes clés d'influence dans les paroisses à travers le pays », a-t-il dit, « il devient difficile et intimidant pour les autres fidèles catholiques de défendre leur foi ».

Elia est d'accord que de nombreux catholiques sont si mal catéchisés qu’ils ne croient peut-être même pas en la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie ni n’assistent à la messe régulièrement.

Ceci est une conséquence de « plusieurs décennies de mauvaise éducation religieuse plutôt que de catéchisme », a-t-il dit à LifeSiteNews. « Quiconque est passé par un système scolaire catholique financé par l'État a reçu une éducation religieuse, mais si vous leur demandiez quels sont les préceptes fondamentaux de notre foi, ils ne seraient pas en mesure de vous les dire ».

« C’est un problème majeur et un décalage important qui ne peut être résolu que par la prière intense, la reconversion en masse à la foi et à un bien meilleur catéchisme, si vous voulez ».

Une culture de mort

Peut-être que si cela se produisait, les laïcs catholiques auraient les moyens de combattre ce que le pape saint Jean-Paul II a appelé, par cette formule célèbre, « la culture de mort », qui est « le problème le plus fondamental» selon les mots du Père basilien Ian Boyd, l'un des co-fondateurs à l’origine de Campaign Life en 1978 et rédacteur en chef de Chesterton Review.

Les frères du Père Boyd, tous médecins, se souviennent d'une époque où l'avorteur était une personne honnie et discréditée. À l’inverse, l'avorteur Henry Morgentaler a reçu la deuxième plus haute distinction civile du pays, l'Ordre du Canada, en 2008. (En signe de protestation, le cardinal Turcotte rendit alors sa propre médaille au cours de la campagne électorale de cette année-là.)

« Ce n’est pas que les gens étaient plus vertueux il y a quarante ans, mais la culture était plus saine, et par conséquent, comme toutes les personnes  empruntaient alors leurs points de vue à une culture saine, elles étaient pro-vie », a observé Boyd.

« Maintenant que la culture est devenue plus toxique, elle a corrompu le peuple en son sein. Par conséquent, nous devons élaborer une tactique pour évangéliser la culture, ainsi que les individus ».

Cela n’empêche pas l'engagement politique, loin de là, a-t-il dit. « Nous pouvons travailler à une solution politique, et je pense que ce faisant, nous aidons à restaurer la santé de la culture aussi. Cela fait partie du renouveau qui vient de l'activité des citoyens qui s’en préoccupent ».

Les questions de droit à la vie sont des questions de droits humains, dit-il, et le travail pro-vie est à proprement parler le travail des laïcs. « Le danger de se fier aux évêques est que cela pourrait faire croire que c’est une sorte de question sectaire, qui intéresse seulement les gens religieux, catholiques ou évangéliques, et je pense que cela fait le jeu de nos ennemis ».

L’outil le plus efficace des pro-vies, croit-il, est encore de dire aux politiciens qui soutiennent l'avortement qu’il ne s’agit pas pour eux d’une question isolée mais [d’une position] qui les disqualifie. « Je pense que cela terrifie un politicien ».

« Et l'autre chose, bien sûr, est la prière », a-t-il dit. « Voilà l'action la plus efficace de toutes ».

Elia a dit la même chose. « La première des choses que nous pouvons et devons faire, c’est de vraiment beaucoup prier au sein de nos communautés, dans nos propres groupes et dans nos familles. Cela vient toujours en premier ».

« Nous pouvons prier pour Justin Trudeau, et nous pouvons dire que nous espérons qu’il va se convertir et vivre publiquement sa catholicité », a-t-il dit. « Mais un pasteur, s’il en a l'occasion, doit le prendre par la main, et, aussi difficile et ridicule que cela puisse paraître, s’efforcer de le ramener [au bercail] ».

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