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Vaccins et cellules de fœtus avortés : la réponse de Pamela Acker à Emmanuele Barbieri de Corrispondenza Romana

Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits) ― Photo : WavebreakMediaMicro/AdobeStock

Un débat de fond, pas toujours très élégant, oppose aujourd’hui des catholiques — y compris traditionnels — favorables à la vaccination anti-COVID, y compris par des vaccins développés au moyen de lignées de cellules fœtales obtenues à partir de bébés avortés, et ceux qui, à l’instar de Mgr Athanasius Schneider, estiment que ces vaccins « souillés par l’avortement », doivent ou devraient être refusés en conscience pour cette raison, rejetant par là même l’argument de la « coopération éloignée au mal » ou du « volontaire indirect ».

Dans un récent article paru sous la signature d’Emmanuele Barbieri dans Corrispondenza Romana, une charge violente a été menée contre Pamela Acker, l’une des porte-parole du mouvement d’opposition à l’utilisation de vaccins produits ou testés (voire les deux) au moyen de cellules de fœtus avortés. Ses capacités scientifiques, sa bonne foi, ses motivations et même ses capacités de raisonnement ordinaires sont attaquées. Je dois dire que l’ensemble est déplaisant, dans un contexte où l’on parle tout de même de choses graves.

Je vous avoue ne pas avoir la patience, du fait de sa tonalité, de traduire ce texte de Barbieri, qui reflète de toute façon la vision aujourd’hui majoritaire. Je vous propose plutôt, grâce à l’aide du CEP (Centre d’études et de prospective sur la science) qui m’a transmis une traduction par Roberto Bonato de la réponse de Pamela Acker à Barbieri dans LifeSite en m’autorisant aimablement à la diffuser.

C’est cette traduction, légèrement retouchée, que je vous propose de découvrir ci-dessous. Le texte m’a particulièrement intéressée par la qualité de ses sources. Vous noterez qu’il émane d’une femme qui a mis sa peau au bout de ses idées, puisqu’elle a mis fin à une prometteuse carrière universitaire pour ne pas collaborer à une étude dont elle a appris qu’elle aboutirait, en cas de réussite, à la production d’un vaccin réalisé au moyen d’une lignée de cellules souches fœtales. — J.S.

*

Vérités scientifiques, sophismes logiques et consentement
au mal :
une réponse à Emmanuele Barbieri

par Pamela Acker

On m’a demandé à plusieurs reprises de répondre à un récent article d’Emmanuele Barbieri, « Vaccins COVID-19 : Vérités scientifiques et Fake News ». Je trouve décevant qu’un tel article gagne en audience auprès de personnes raisonnables, car il commence par un sophisme ad hominem, se termine par un empoisonnement du débat, et il est truffé d’arguments épouvantail et d’erreurs pures et simples. Le ton fait appel à la fois à l’émotion et à l’autorité, car tout au long de son argumentation, l’auteur suggère — voire affirme carrément — que ceux qui ne sont pas d’accord avec lui sont soit ineptes, soit fourbes. En tout cela, il ignore la réalité du lien entre l’avortement et la science biomédicale – pourtant clairement documenté par les chercheurs eux-mêmes et contribue à la confusion croissante qui entoure la question du vaccin actuel contre le coronavirus, une technologie expérimentale contraire à l’éthique, imposée à la population à une échelle qui aurait été inconcevable il y a seulement un an.

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Malheureusement, cette réfutation sera beaucoup plus longue que l’article original, car il faut toujours plus de mots pour étayer une argumentation que pour gribouiller une diatribe.

Des problèmes dès le départ

Malgré son titre prometteur et sa prétendue tentative de faire la différence entre la science réelle et les « fake news », l’article de M. Barbieri contient des affirmations profondément inexactes sur l’histoire des lignées de cellules de fœtus avortés et sur la science qui les sous-tend, notamment celles-ci :

  • Les preuves de l’existence des avortements par césarienne proviennent principalement de clips vidéo tournés par David Daleiden ; en réalité, elles proviennent de la littérature scientifique (1, 2, 3), notamment de plusieurs documents de recherche décrivant le développement des vaccins contre la polio.
  • L’expérimentation sur le tissu fœtal était interdite avant la légalisation de l’avortement ; en réalité, de telles expériences ont été menées dès les années 1930 (1) et il y eut même des fournisseurs internationaux de tissus de fœtus avortés (notamment l’Institut Karolinska) tout au long des années 1950-70, qui ont continué à fournir des tissus de fœtus avortés pour la recherche jusqu’à ce jour.
  • Aucune expérimentation sur tissu fœtal n’a été réalisée dans l’intention de produire des vaccins ; en réalité, le développement du vaccin contre la polio a alimenté la recherche sur des lignées de cellules de fœtus avortés (1, 2, 3) et le vaccin contre la rubéole (4) a été produit à l’aide de virus obtenus à partir de fœtus avortés, au lieu d’utiliser simplement un écouvillon nasal sur un enfant infecté (comme cela a été fait au Japon). Il existe en effet une longue histoire de complicité entre les vaccins et l’avortement.
  • La quantité d’ADN fœtal résiduel dans les vaccins est négligeable, selon trois études statistiques hypothétiques (ayant toutes le même auteur principal) ; en réalité, les données expérimentales montrent que la quantité et la dimension de l’ADN fœtal présent dans les vaccins posent un réel problème, et peuvent atteindre 200 fois la limite de sécurité établie par l’Organisation mondiale de la Santé. (5)

La recherche sur les vaccins et une carrière interrompue
par les cellules de fœtus avortés

Bien que cet article porte principalement sur la recherche sur les fœtus avortés et les vaccins, il semble prudent d’aborder le fait que M. Barbieri commence son commentaire en m’accusant de n’avoir « aucune expertise spécifique » et donc de n’être pas qualifiée pour parler des vaccins. Son argument repose principalement sur le fait que je n’ai pas de publications scientifiques à mon actif. Il y a une raison très simple et très valable pour laquelle je n’ai publié dans aucune revue scientifique : le travail que j’ai effectué dans le domaine du développement de vaccins concernait un vaccin contre le VIH qui utilisait des lignées cellulaires HEK-293 dans le cadre du projet. Mon propre volet de ce projet portait sur des lignées cellulaires éthiques (hamster chinois, souris et lignée cellulaire cancéreuse humaine) et a consisté à rechercher et à développer des façons d’utiliser de courts peptides de signalisation pour cibler le véhicule du vaccin — qui était en fait un vecteur viral, une technologie similaire à celle utilisée par les vaccins COVID-19 de Johnson & Johnson et AstraZeneca — afin qu’il soit directement capté par les cellules dendritiques, l’un des acteurs cellulaires les plus importants impliqués dans le déclenchement d’une bonne réponse immunitaire. J’ai quitté le laboratoire dans lequel je travaillais au bout de dix mois, lorsque j’ai découvert que les antigènes qui seraient utilisés dans le produit final du vaccin étaient produits sur des cellules de fœtus avortés — une décision qui était en accord avec les devoirs du chercheur décrits dans Dignitas Personæ, en particulier les paragraphes 34 et 35. Si j’avais figuré en tant qu’auteur sur l’un des articles en question (qui sont tous disponibles en ligne sur la page des publications du Dr Venigalla Rao) (6), ma crédibilité aurait par la suite été entachée par le fait que mon nom était directement associé dans la littérature scientifique aux cellules de fœtus avortés.

En ce qui concerne les commentaires de M. Barbieri sur mon livre, je le citerai intégralement ci-dessous (un grand merci à un ami italien qui a fourni une traduction de son article) :

« Plus en détail, la seule publication connue de Pamela Acker ― Vaccination : A Catholic Perspective, publiée par le Kolbe Center for the Study of Creation ― traite de la question du vaccin COVID-19 de manière presque marginale (pp. 73-77, soit 5 pages sur 85) ; elle vise en fait à promouvoir le rejet de toute forme possible de vaccination. La thèse que le livre tente de démontrer (voir “Good Health”, pp. 80-83) est que tous les vaccins sont nocifs pour la santé et devraient être remplacés par l’exercice en plein air, une alimentation saine et des remèdes naturels. Pamela Acker vient de comprendre que les découvertes faites par des scientifiques comme Edward Jenner, Louis Pasteur ou Robert Koch n’ont jamais été bénéfiques pour l’humanité ; elle veut persuader ses lecteurs que ces découvreurs ont tous perdu leur temps, mais ne parvient pas à fournir de preuves substantielles pour étayer une affirmation aussi audacieuse. »

L’affirmation selon laquelle ma thèse consisterait à dire que tous les vaccins devraient être remplacés par l’exercice, une alimentation saine et des remèdes naturels est au mieux fragile (je mets même en garde le lecteur catholique fidèle contre certains remèdes naturels) et constitue une simplification excessive de la thèse réelle, à savoir que l’idée de traiter la maladie par une intervention inefficace et artificielle — avant même que nous soyons exposés à l’agent pathogène — a besoin d’être remplacée par une compréhension appropriée du système immunitaire et de la manière de le soutenir tel qu’il a été conçu par Dieu pour nous protéger contre une grande variété d’expositions à la maladie, et pas seulement à l’égard des maladies contre lesquelles nous nous vaccinons habituellement. Ces distinctions sont importantes : la thèse que M. Barbieri m’attribue faussement est beaucoup plus facile à rejeter que celle que je défends réellement.

Comme preuve, j’offre 85 pages d’arguments avec 379 notes de bas de page, qui incluent, parmi d’autres notions importantes, les faits suivants :

  • Les expériences de Jenner furent de nature anecdotique, entraînèrent une augmentation de l’incidence des maladies transmises par le sang chez les vaccinés et provoquèrent la mort prématurée des deux premiers vaccinés (son propre fils et un garçon du voisinage). Tous deux décédèrent d’une tuberculose qui, très probablement, leur avait été transmise au cours du processus de vaccination.
  • La baisse de mortalité due aux maladies qui fut observée au début de la vaccination a beaucoup plus à voir avec l’assainissement et l’amélioration des conditions de vie qu’avec quelque intervention médicale que ce soit faite à l’époque.
  • La mise en avant de l’hypothèse des anticorps était fondée sur des expériences erronées avec deux types d’agents pathogènes qui se comportent de manière très différente de tout ce contre quoi nous nous vaccinons aujourd’hui.
  • Les vaccins peuvent échouer, et échouent effectivement, à des fréquences qui rendent théoriquement impossible une immunité collective par la vaccination.
  • Les vaccins déclenchent une chaîne d’activation immunitaire inappropriée qui conduit à l’activation de cellules autoréactives. Chez certains individus, ce phénomène se transformera en maladie auto-immune à part entière. Chez d’autres, un processus similaire peut entraîner le développement de réactions allergiques à vie, lorsque le vaccin active les cellules immunitaires contre des substances inoffensives.
  • Tous les vaccins présentent des contre-indications ― des conditions qui peuvent mettre en danger la vie de certaines personnes ― qui ne sont pas décelées avant l’administration des vaccins infantiles de routine.
  • La vaccination de masse entraîne un remplacement des souches (un phénomène analogue à la résistance aux antibiotiques chez les bactéries) et peut déplacer la sensibilité de la population vers des tranches d’âge qui tolèrent mal la maladie visée.
  • Le fait d’être passé par un processus d’infection par les maladies infantiles normales et d’avoir développé une réponse immunitaire normale à ces maladies peut protéger contre le développement de maladies chroniques ultérieures au cours de la vie, notamment [celles de] l’auto-immunité et le cancer.

En bref, l’induction de la réponse immunitaire par la vaccination est artificielle, temporaire et inférieure à l’immunité naturelle et, pour un nombre croissant de personnes, elle est carrément dangereuse. Le système immunitaire est beaucoup plus complexe que tout ce que nous en comprenions dans les années 1800, et il fait intervenir des molécules et des processus que les premiers concepteurs et fournisseurs de vaccins n’auraient jamais pu imaginer. Il n’est donc pas logique de continuer à utiliser sans discernement une intervention médicale archaïque qui a été mise au point dans l’ignorance absolue de cette prodigieuse complexité.

Le lien entre l’avortement et les vaccins

Passons maintenant à la véritable question qui nous occupe : quelle est la nature du lien entre l’avortement et l’industrie des vaccins, en particulier tel qu’il se manifeste dans les vaccins actuels contre le coronavirus ? Et en quoi cela est-il important ?

La thèse de l’article de M. Barbieri semble être non seulement que les vaccins développés à l’aide de fœtus avortés, y compris les vaccins à coronavirus récemment mis au point, sont éthiques et licites pour les catholiques, mais aussi que ceux qui choisissent de mener la guerre contre l’avortement sur le front de la suppression de la recherche biomédicale sur les tissus fœtaux sont mal avisés. J’aborderai d’abord la première affirmation, qui semble reposer sur deux prémisses principales (si l’on écarte les erreurs mentionnées plus haut dans cet article) : les avortements qui ont donné lieu aux tissus pour les lignées cellulaires n’ont pas été obtenus dans le but de développer le vaccin, d’une part, et les vaccins eux-mêmes ne contiennent pas de cellules fœtales résiduelles ou de matériel biologique préoccupant, d’autre part.

Les lignées cellulaires actuellement utilisées pour le développement du vaccin COVID-19 sont HEK-293 et PER C6 (7). M. Barbieri a raison de dire qu’aucune des deux lignées cellulaires n’a été fabriquée spécifiquement pour les vaccins : HEK-293 a été produite à des fins de recherche fondamentale, et PER C6 a été produite pour cultiver des vecteurs adénoviraux (8). Toutefois, cette dernière lignée cellulaire, qui a été mise au point en 1995, a effectivement été produite spécifiquement dans l’optique d’une recherche biomédicale. Selon le Dr Van Der Eb, « PER C6 a été fabriquée uniquement pour la fabrication pharmaceutique de vecteurs adénoviraux » (9). Ce sont ces mêmes vecteurs que Johnson & Johnson utilise pour développer son vaccin COVID-19, qui est produit sur la PER C6. Il semble donc que le lien ne soit pas aussi éloigné que certains voudraient nous le faire croire.

Toutefois, même si les deux lignées cellulaires ont été produites sans l’intention d’être utilisées pour le développement de médicaments ou de vaccins, la déclaration de l’Église dans Dignitas Personae est claire quant au caractère illicite des lignées cellulaires entachées par l’avortement :

Un autre cas de figure à prendre en considération lorsque les chercheurs utilisent du « matériel biologique » d’origine illicite, produit en dehors de leur centre de recherche ou qui se trouve dans le commerce. L’Instruction Donum vitæ a formulé le principe général à observer en ces cas : « Les cadavres d’embryons ou de fœtus humains, volontairement avortés ou non, doivent être respectés comme les dépouilles des autres êtres humains. En particulier, ils ne peuvent faire l’objet de mutilations ou autopsies si leur mort n’a pas été constatée, ou sans le consentement des parents ou de la mère. De plus, il faut que soit sauvegardée l’exigence morale excluant toute complicité avec l’avortement volontaire, de même que tout danger de scandale. » (10)

A ce propos, demeure insuffisant le critère d’indépendance formulé par certains comités d’éthique, à savoir l’affirmation selon laquelle l’utilisation du « matériel biologique » d’origine illicite est éthiquement licite à condition qu’il y ait une séparation claire d’une part entre ceux qui le produisent, font congeler et font mourir les embryons et d’autre part les chercheurs qui développent des expériences scientifiques. Le critère d’indépendance ne suffit pas pour éviter une contradiction dans l’attitude de celui qui dit ne pas approuver l’injustice commise par d’autres, mais qui, dans le même temps, accepte pour son travail le « matériel biologique » que d’autres obtiennent par le biais de cette injustice. Quand ce qui est illicite est approuvé par les lois qui régissent le système sanitaire et scientifique, on doit se dissocier des aspects iniques de ce système, afin de ne pas donner l’impression d’une certaine tolérance ou d’une acceptation tacite des actions gravement injustes. (11) […]

Parfois on objecte que les considérations précédentes semblent supposer que les chercheurs de bonne conscience auraient le devoir de s’opposer activement à toutes les actions illicites menées dans le domaine médical, élargissant ainsi leur responsabilité éthique de manière excessive. Le devoir d’éviter la coopération au mal et le scandale touche en fait leurs activités professionnelles courantes, qu’ils doivent orienter de manière droite et à travers lesquelles ils sont appelés à rendre témoignage à la valeur de la vie, en s’opposant aux lois gravement injustes. C’est pourquoi il convient de préciser [qu’il existe un] devoir de refuser ce « matériel biologique » — même en l’absence de tout lien étroit des chercheurs avec les actions des techniciens de la procréation artificielle ou de ceux qui ont pratiqué l’avortement provoqué, et même en l’absence d’un accord préalable avec les centres de procréation artificielle. (Italiques dans l’original.)

Ainsi, nous voyons que l’argument selon lequel les lignées de cellules fœtales en question n’ont pas été spécifiquement développées pour être utilisées dans des vaccins n’est pas pertinent pour discuter de la licéité de leur utilisation. Leur origine seule suffit à rendre illicite leur utilisation dans tout vaccin.

L’utilisation des « tests de confirmation » dans les vaccins Pfizer et Moderna

Un autre problème se pose dans le débat sur les vaccins actuels contre le coronavirus. On a beaucoup parlé de l’expression « tests de confirmation » pour écarter les préoccupations éthiques concernant l’utilisation de cellules de fœtus avortés dans le développement des vaccins synthétiques à ARNm contre le coronavirus. Cependant, ce n’est pas un simple test de confirmation après commercialisation qui a eu recours à ces cellules, comme le suggèrent l’expression et la façon dont elle est généralement présentée ; au contraire, des cellules de fœtus avortés ont été utilisées dans de multiples phases de conception et de développement pour les vaccins Pfizer et Moderna. La littérature scientifique met les choses au clair :

  1. Un test fondamental, qui faisait partie intégrante de la phase de conception, a été effectué sur des cellules de fœtus avortés pour les vaccins Pfizer (12) et Moderna (13). La protéine spike originale était instable lorsqu’elle n’était pas attachée au virus entier ; aussi les développeurs de vaccins ont-ils introduit quelques mutations dans la séquence (ainsi que quelques mutations supplémentaires pour stabiliser l’ARNm et éviter qu’il ne se dégrade trop rapidement dans l’organisme après la vaccination). Les développeurs devaient vérifier que la nouvelle séquence d’ARNm synthétique générait bien la structure tridimensionnelle qu’ils attendaient. Pour ce faire, ils ont modifié génétiquement des cellules humaines afin de produire la protéine spike mutée, puis l’ont extraite des cellules. La production de la protéine a été réalisée dans des cellules HEK-293 (Pfizer a utilisé spécifiquement les cellules Expi293F, qui sont une lignée dérivée des HEK-293 originales).
  2. Les cellules HEK-293 ont été utilisées pour tester l’expression de l’ARNm. Pour ce faire, les chercheurs ont placé l’ARNm développé pour le vaccin dans un milieu de culture avec des cellules humaines, ainsi que certains produits chimiques qui augmentent la capacité des cellules à absorber l’information génétique. Ils ont ensuite mesuré la quantité de protéine spike que les cellules ont fabriquée. Cette opération a été réalisée sur des cellules de fœtus avortés pour les vaccins Pfizer (12) et Moderna (14).
  3. Des cellules HEK-293 ont été utilisées pour tester l’administration du vaccin via la nouvelle technologie des nanoparticules lipidiques. Les chercheurs devaient voir s’ils pouvaient faire pénétrer l’ARNm dans les cellules à l’intérieur de nanoparticules, car ce serait la seule façon de gérer l’administration du vaccin chez une personne vivante. Le processus est très similaire au test que nous venons de décrire, sauf que l’ARNm est maintenant enfermé dans une nanoparticule lipidique et qu’aucun produit chimique spécial n’est utilisé. Cela a été fait dans des cellules de fœtus avortés pour le vaccin Moderna (15).
  4. Des cellules HEK-293T surexprimant l’ACE-2 ont été utilisées pour créer des pseudovirus pour un test de neutralisation visant à détecter la présence d’anticorps. Cela signifie que les concepteurs du vaccin avaient besoin de virus non infectieux pour déterminer si les personnes vaccinées produisaient des anticorps de liaison au virus. Ces pseudovirus (qui exprimaient les protéines spike mais n’infectaient pas réellement les humains) ont été cultivés dans des cellules de fœtus avortés et récoltées à partir de ces cultures cellulaires. Pfizer (12) et Moderna (16) ont tous deux utilisé des HEK-293 pour ces tests.

Tout ceci démontre que l’implication des lignées de cellules de fœtus avortés est beaucoup plus importante que ne le suggèrent les récentes déclarations sur la moralité des vaccins — ce qui, en soi, justifierait la possibilité de demander respectueusement une réévaluation de ces arguments, car leurs points de départ sont inadéquats. Cela est spécialement pertinent quant à l’argument d’une coopération lointaine avec le mal, qui sera traitée dans une section ultérieure de cet article.

Conséquences naturelles des violations de la loi naturelle

Des précisions doivent à nouveau être apportées concernant la deuxième raison pour laquelle M. Barbieri soutient que les vaccins à base de fœtus avortés peuvent être utilisés : l’idée selon laquelle les vaccins ne contiennent pas de cellules fœtales résiduelles ou de matériel biologique dangereux. Il est tout à fait vrai que les vaccins produits à partir de cellules de fœtus avortés ne contiennent probablement pas de cellules humaines intactes : pour que les produits fabriqués dans les cellules soient utilisables dans un vaccin donné, les cellules doivent être lysées (par fracture de leur membrane) et leur contenu purifié pour éliminer le plus possible de débris cellulaires. À première vue, cela semble rassurant. Cependant, comme le sait tout scientifique ayant travaillé sur la purification du matériel moléculaire, aucun processus de purification — aussi rigoureux fût-il — ne permet d’obtenir une préparation absolument pure des matériaux souhaités. Il restera toujours quelques débris.

Contrairement au Dr Paul Offit, qui se contente de faire des déclarations générales et souvent inexactes sur la sécurité des vaccins et la crédibilité de ceux qui les remettent en question, le Dr Theresa Deisher et ses collègues de Sound Choice Pharmaceuticals ont réellement mesuré la quantité d’ADN fœtal résiduel présent dans les vaccins. La limite de sécurité établie par l’OMS est de 10 nanogrammes (ng) d’ADN par dose — une limite qui a été revue à la hausse par un facteur de 1 000 depuis l’établissement initial des limites de sécurité dans les années 1980 (17). Malheureusement, il n’existe actuellement aucun contrôle obligeant les fabricants à se conformer réellement à ces directives, mais seulement la suggestion de procéder à une « évaluation des risques » pour chaque vaccin (18). Ce manque de surveillance a conduit à la production de vaccins contenant une quantité beaucoup plus importante d’ADN résiduel : le vaccin contre la rubéole contient 150 ng/dose, celui contre l’hépatite A 300 ng/dose et celui contre la varicelle 2 000 ng/dose (19) — soit une concentration double de celle de l’ingrédient actif du vaccin contre la varicelle. Ces fragments d’ADN sont généralement petits, en raison du processus de lyse cellulaire (qui peut également être suivi d’une digestion de l’ADN), mais cela ne réduit pas le risque que représentent les contaminants fœtaux. Au contraire, les fragments courts sont idéaux pour une mutation par insertion dans la cellule hôte (20). Cette mutation insertionnelle ne présente pas seulement un risque potentiel de cancer, mais aussi un risque de troubles du développement neurologique, notamment la schizophrénie infantile, les troubles bipolaires et l’autisme (21). Il est possible que l’ADN du fœtus humain puisse également induire une réaction auto-immune contre l’ADN de l’enfant lui-même, en particulier dans le vaccin contre la varicelle où la concentration est aussi élevée. L’existence de ces conséquences ne devrait pas nous surprendre en tant que catholiques — la loi naturelle a clairement été violée dans la fabrication de ces vaccins, entachés comme ils le sont par le crime d’avortement, et nous devrions donc nous attendre à quelques conséquences biologiques naturelles de cette violation.

Coopération avec le mal et cause sérieuse

Si l’origine illicite des lignées cellulaires et le caractère illicite de leur utilisation par les chercheurs ont été amplement établies, le lecteur peut encore se demander : qu’en est-il de la distance qui me sépare de l’avortement original ? Dois-je encore me demander si ces vaccins sont licites pour mon usage personnel, surtout au vu des récentes déclarations du Vatican et de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) ?

Il est évident que le patient qui reçoit le vaccin n’a pas le même degré de proximité avec le mal que le chercheur qui poursuit activement des expériences sur des lignées de cellules fœtales. Même un technicien de laboratoire de Pfizer, qui travaille à la mise au point du vaccin mais n’a pas son mot à dire sur la façon dont les vaccins sont fabriqués, est moins coupable que le chercheur principal qui a d’abord décidé d’utiliser des lignées de cellules de fœtus avortés. Cependant, soyons clairs sur ce que le Magistère enseigne réellement : il doit y avoir une raison grave et proportionnée pour justifier l’utilisation de ces vaccins. Ce point est abordé précisément dans la conclusion du paragraphe 35 de Dignitas Personæ :

« Dans ce cadre général, il existe naturellement des responsabilités différenciées et des motifs graves qui peuvent être moralement proportionnés pour justifier l’utilisation de ce “matériel biologique”. Par exemple, face à un danger pour la santé des enfants, les parents peuvent autoriser l’utilisation d’un vaccin pour la préparation duquel on s’est servi de lignées cellulaires d’origine illicite, restant sauf le devoir de tous d’exprimer leur propre désaccord à ce sujet et de demander que les systèmes de santé mettent à leur disposition d’autres types de vaccins. D’autre part, on doit tenir compte du fait que, dans les entreprises qui utilisent des lignées de cellules d’origine illicite, la responsabilité de ceux qui décident de l’orientation de la production n’est pas la même que la responsabilité de ceux qui n’ont aucun pouvoir de décision. » [Souligné dans l’original]

Un article récent écrit par un bon prêtre explique très clairement que, dans le cas du coronavirus SARS-CoV-2, la circonstance n’est pas grave, et donc la permission conditionnelle d’utiliser les vaccins contaminés par l’avortement ne s’applique pas. Il déclare : « On peut moralement accepter l’utilisation d’interventions thérapeutiques entachées par l’avortement, comme les vaccins, pour neutraliser une menace pour la santé, si toutes les conditions nécessaires suivantes sont réunies » :

  1. Il n’existe pas d’intervention thérapeutique moralement irréprochable disponible qui neutralise la menace sanitaire en question.
  2. Il doit exister une cause proportionnée pour le recours à une intervention thérapeutique entachée d’avortement, compte tenu des risques encourus.
  3. Il doit exister une menace grave et réelle pour votre santé ou celle d’autrui si vous vous abstenez de suivre l’intervention thérapeutique entachée par l’avortement qui est proposée.
  4. Il faut s’opposer au fait que l’avortement entache l’intervention thérapeutique.

Le Père explique ensuite, très clairement, que seul le critère n° 4 peut être rempli dans la situation actuelle du coronavirus. Cela indiquerait qu’il est inapproprié d’invoquer l’utilisation de la « cause grave » dans le débat actuel sur les vaccins. Je ne répéterai pas ici toutes ses déclarations, mais me contenterai de renvoyer le lecteur à son analyse dont le lien figure ci-dessus.

Malheureusement, l’absence de motif grave n’est pas une nouvelle pour ceux qui comprennent le fondement des arguments concernant les vaccins, l’avortement et la coopération avec le mal. Même le cas du syndrome de rubéole congénitale (SRC), qui a été utilisé par le passé pour établir une cause grave pour l’utilisation de vaccins qui utilisent des fœtus avortés, s’avère discutable comme point de départ pour l’argument moral d’une coopération licite avec le mal. La diminution des cas de SRC ne fut pas la conséquence de la vaccination mais de la légalisation de l’avortement et de la baisse des taux de fécondité (22), et l’immunité de groupe contre la rubéole n’a pratiquement pas été affectée par l’utilisation des vaccins (23). Au lieu d’être plus protectrices, les vaccinations massives contre la rubéole (avec un vaccin dont le développement a nécessité au moins 99 avortements différents) ont au contraire tout d’abord augmenté l’incidence du SRC et ensuite rendu les mères enceintes plus susceptibles d’être sensibles à la maladie en cas d’échec du rappel vaccinal (24).

L’appropriation du mal

Même si notre proximité avec l’avortement original était suffisamment éloignée pour justifier une coopération licite, il est utile de se rappeler que lorsque nous utilisons ces vaccins, nous ne pouvons éviter ce que les théologiens moraux appellent « l’appropriation du mal ». C’est une distinction qui est importante dans le cas des vaccins actuels COVID-19.

La structure fondamentale des actions impliquées dans les problèmes de coopération et d’appropriation est la même. Dans les deux types de cas, un agent auxiliaire effectue une action qui, d’une manière ou d’une autre, facilite ou soutient les efforts de l’agent principal dans l’exécution de sa propre action. Ce qui diffère dans chaque cas, ce sont les identités respectives de l’agent confronté à une décision morale quant à la poursuite ou non d’une action particulière, et de l’agent qui a déjà décidé d’accomplir un acte moralement répréhensible. En bref, dans les cas de coopération, l’agent auxiliaire est le décideur qui, selon sa conscience morale, doit décider de ce qu’il doit faire à la lumière de la contribution probable de son action future à un acte mauvais accompli par l’agent principal. Dans les cas d’appropriation, les rôles sont inversés. Alors, c’est l’agent principal qui est le décideur, qui doit décider en conscience de poursuivre une action qui utilise les fruits ou les sous-produits d’un acte moralement répréhensible accompli par l’agent auxiliaire.

Dans les cas de coopération, le mal à faire est prospectif ; l’action du coopérateur contribue par voie de causalité à l’exécution de l’action illicite par l’agent principal. D’un point de vue qui se concentre sur la dimension externe des actes humains, les problèmes de coopération sont évidents ; nous pouvons voir comment l’action du coopérateur alimente l’acte mauvais d’un autre agent. Mais une telle perspective rend les dangers moraux de l’appropriation pratiquement invisibles. Les appropriateurs ne contribuent pas par voie de causalité à l’action maléfique dont ils s’approprient les fruits ou les sous-produits ; en général (mais pas toujours), au moment où ils sont confrontés à la décision d’agir ou non, l’acte mauvais a déjà été commis. L’effet principal de la décision de s’approprier l’action mauvaise d’autrui est interne ; en choisissant de lier leur action à l’action mauvaise d’un autre, les appropriateurs façonnent leur caractère d’une manière qui peut ne pas avoir de conséquences immédiates et tangibles dans le monde extérieur. En bref, l’impact immédiat de la décision de s’approprier l’acte illicite d’autrui est profondément intérieur ; il modifie le caractère de l’appropriateur (25).

Ce problème ne peut pas être simplement écarté par des déclarations sur l’immunité de groupe et les pandémies — dont la plupart ne sont pas soutenues par des preuves réelles. De plus, il est important pour ceux qui défendent l’idée d’une coopération licite de noter le fait suivant : si la coopération avec le mal peut être licite dans des circonstances proportionnellement graves, elle n’est jamais exigée du fidèle catholique. Ceux qui choisissent de « ne pas participer » à ce mal, et d’encourager les autres à agir ainsi, ne violent pas la saine doctrine morale.

Pour conclure

M. Barbieri termine son article par l’affirmation injustifiée selon laquelle « ceux qui s’obstinent à affirmer que l’avortement n’existe que dans la mesure où il sert les intérêts de l’industrie pharmaceutique mentent délibérément, ou plutôt, ils ignorent tout simplement la réalité de la culture de l’avortement ». Il est difficile de voir comment une telle déclaration a pu être faite de bonne foi, d’autant plus que ceux qui dénoncent le lien entre l’avortement et l’industrie pharmaceutique ne suggèrent pas que l’avortement n’existe qu’à des fins de recherche biomédicale (j’ose dire que ceux d’entre nous qui avancent cet argument ont une connaissance suffisante du péché originel pour comprendre que l’avortement existe pour servir le désir égoïste de l’homme de ne pas respecter les interdits des 6e et 9e commandements), mais insistent — à juste titre — sur le fait que l’acceptation silencieuse des cellules de tissu fœtal avorté dans les vaccins a alimenté une acceptation croissante non seulement de l’avortement mais aussi de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, qui a été condamnée à maintes reprises par l’Église. Cela s’ajoute à l’extension de la recherche sur les tissus de fœtus avortés dans le cadre d’autres pratiques barbares et grotesques qui nécessitent un approvisionnement constant en tissus frais. Pour justifier la poursuite de ces pratiques qui impliquent la création et la destruction immédiates de la vie humaine, on affirme souvent que les vaccins dont nous dépendons aujourd’hui ont été développés sur du tissu fœtal. Cette question n’est pas hors de propos, mais constitue un aspect très négligé de la bataille à multiples facettes visant à vaincre l’anti-culture de mort et à restaurer la dignité de la personne humaine.

Enfin, lorsqu’il évoque ses arguments contre les réticences à l’utilisation de lignées de cellules de fœtus avortés dans les vaccins, M. Barbieri exprime également son opinion selon laquelle il est « désinvolte » de parler du fait que des avortements visant à obtenir des tissus vivants pour la recherche ont été faits par césarienne. Je ne suis pas d’accord. Par imprégnation culturelle, nous sommes devenus si insensibles à la réalité de l’avortement — à son horreur et à son lien avec les principes gnostiques occultes auxquels M. Barbieri lui-même fait référence à la fin de son propre article — qu’il semble presque nécessaire d’humaniser à nouveau ses victimes. Il ne s’agit pas de sensationnalisme : donner la parole aux enfants avortés en décrivant leur dernière agonie n’est pas une tactique bon marché pour attirer l’attention dans un débat. C’est un aperçu qui donne à réfléchir sur la façon dont nous nous sommes habitués aux avantages spécieux de notre coopération avec le mal.


Notes

[1] Albert B Sabin, Peter K. Olitsky, Proceedings of the Society for Experimental Biology and medicine, Cultivation of Poliomyelitis Virus in vitro in human embryonic tissue. Proc Soc Exp Biol Med 1936, 34:357-359.

[2] Joan C. Thicke, Darline Duncan, William Wood, A. E. Franklin and A. J. Rhodes; Cultivation of Poliomyelitis Virus in Tissue Culture; Growth of the Lansing Strain in Human Embryonic Tissue, Canadian Journal of Medical Science, 1952; 30: 231-245.

[3] Thomas H. Weller, John F. Enders, Frederick C. Robbins and Marguerite B. Stoddard; Studies on the Cultivation of Poliomyelitis Viruses in Tissue Culture : I. The Propagation of Poliomyelitis Viruses in Suspended Cell Cultures of Various Human Tissue; J Immunol 1952; 69: 645-671.

[4] Plotkin S, et al. Attenuation of RA27/3 Rubella Virus in WI-38 Human Diploid Cell, Amer J Dis of Children, 1969; 118: 178-179.

[5] Deisher TA, et al. Impact of environmental factors on the prevalence of autistic disorder after 1979. J Pub Health Epidem, 2014; 6(9): 271-286.

[6] Toutes les publications du Rao Lab sont disponibles ici : https://www.t4lab.net/Publications.htm Those that use HEK-293 cells are the ones directly involved with the HIV vaccine development.

[7] Alors que le site Children of God for Life liste la lignée MRC-5 comme étant utilisée pour les vaccins AstraZeneca, je n’ai pas trouvé la preuve de l’utilisation de cette lignée cellulaire dans les articles qu’il cite.

[8] FDA, Center for Biologics and Evaluation of Research. Vaccines and Related Biological Products Advisory Committee, Meeting, 26 March 2001. https://wayback.archive-it.org/7993/20170404095417/https:/www.fda.gov/ohrms/dockets/ac/01/transcripts/3750t1_01.pdf

[9] Ibid.

[10] Note de bas de page de Dignitas Personæ: Congregation for the Doctrine of the Faith, Instruction Donum vitæ, I, 4: AAS 80 (1988), 83.

[11] Note de bas de page de Dignitas Personæ : Cf. John Paul II, Lettre encyclique Evangelium vitæ, 73: AAS 87 (1995), 486: « L’avortement et l’euthanasie sont donc des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. » Le droit à l’objection de conscience, en tant qu’expression du droit à la liberté de conscience, doit être protégée par la loi.

[12] Vogel LB, et al. A prefusion SARS-CoV-2 spike RNA vaccine is highly immunogenic and prevents lung infection in non-human primates. bioRxiv 2020.09.08.280818; doi: https://doi.org/10.1101/2020.09.08.280818

[13] Wrapp D, et al. Cryo-EM structure of the 2019-nCoV spike in the prefusion conformation. Science; 13 Mar 2020: 1260-1263.

[14] Corbett, K.S., Edwards, D.K., Leist, S.R. et al. SARS-CoV-2 mRNA vaccine design enabled by prototype pathogen preparedness. Nature 586, 567–571 (2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-2622-0

[15] Moderna. US Patent 10,583,203. 10 Mars 2020. http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO1&Sect2=HITOFF&d=PALL&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsrchnum.htm&r=1&f=G&l=50&s1=10,583,203.PN.&OS=PN/10,583,203&RS=PN/10,583,203

[16] Jackson LA, et al. An mRNA Vaccine against SARS-CoV-2 — Preliminary Report. N Engl J Med 12 Nov 2020; 383:1920-1931

[17] Yang H. Establishing Acceptable Limits of Residual DNA. PDA JPST, 2013; 67(2): 155-163.

[18] Ibid.

[19] Jarzyna P, Doan NV, Deisher TA. Insertional Mutagenesis and Autoimmunity Induced Disease Caused by Human Fetal and Retrovial Residual Toxins in Vaccines. Issues in Law & Medicine, 2001; 31(2): 221-234.

[20] Ibid.

[21] Ibid.

[22] Ravitz J. Before Zika: The virus that helped legalize abortion in the US. CNN, 11 Aug 2016. https://www.cnn.com/2016/08/09/health/rubella-abortion-zika/index.html. Accessed 21 April 2020.

[23] Diodati CJM. Immunization: History, Ethics, Law and Health. Ontario, CN: Integral Aspects Incorporated, 1999, p. 18.

[24] Ibid.

[25] Kaveny, MC. Appropriation of Evil: Cooperation’s Mirror Image, Theological Studies, Jun 2000; 61: 284-286.

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