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Un tribunal allemand condamne deux prêtres à une amende pour un article critiquant l’homosexualité dans le clergé


Le Père Dariusz Oko.

Par Pierre Boralevi — Traduit par Campagne Québec-Vie

20 mai 2022, Cologne, Allemagne (LifeSiteNews) — Un tribunal allemand a infligé une amende de plusieurs milliers d’euros à un prêtre polonais et à son éditeur allemand, suite à leur appel d’un précédent verdict selon lequel ils étaient coupables de « discours de haine » contre les homosexuels.

Après l’audience d’aujourd’hui à Cologne, le père Dariusz Oko a été condamné à une amende pour discours de haine et incitation à la haine pour un article qu’il a publié dans la revue théologique allemande Theologisches en janvier 2021. Il a été condamné à une amende de 3 150 € (3 325 $ US). Le deuxième accusé, le père Johannes Stöhr, 91 ans, rédacteur en chef de la revue, devra payer une amende de 4 000 € (4 222 $ US). L’argent sera versé à une organisation caritative.

Mais selon le site d’information polonais Polonia Christiana, Oko et Stöhr n’ont pas été condamnés pour quoi que ce soit.

« Le père Oko doit verser une restitution à une organisation caritative ; le tribunal a abandonné les poursuites. Il n’y a donc pas de condamnation parce que les procureurs ont abandonné les poursuites », rapporte le site.

Polonia Christiana a écrit que le prêtre polonais était satisfait de la décision d’aujourd’hui, affirmant que c’était « un match nul ».

« Comme le dit le père Oko, c’est un match nul ; le prêtre a exprimé des regrets dans la salle d’audience pour avoir utilisé des mots trop forts [dans son article controversé]. Selon le prêtre, si l’offre de payer une amende à une organisation caritative n’était pas acceptée, le tribunal pourrait demander le retrait de l’article dans les instances suivantes. »

Selon le journal régional rhénan Neue Ruhr Zietung (NRZ), Oko a déclaré : « Je regrette d’avoir utilisé des termes aussi forts. Je ferai attention à l’avenir à ne pas utiliser de telles expressions qui peuvent blesser les autres. Ce n’était pas mon intention ».

NRZ rapporte que le juge a décidé d’abandonner l’affaire « parce que les accusés avaient fait preuve de remords et n’avaient pas de casier judiciaire ».

Il ajoute que le juge Schwartz et les avocats ont « débattu du montant de l’amende ».

Les prêtres devront verser l’argent à « Weisser Ring », une association d’aide aux victimes de crimes.

L’article d’Oko, intitulé « On the need to curb homosexual cliques in the Church », met en lumière des cas d’abus commis par des prêtres et des évêques homosexuels et détaille les mécanismes utilisés par ce qu’il appelle des « homoclans » ou une « homomafia » de clercs prédateurs pour éviter de rendre des comptes.

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Dans cet article de 50 pages, Oko décrit ces clercs comme « une colonie de parasites » qui « se préoccupe avant tout d’elle-même, et non des hôtes aux dépens desquels elle vit », et aussi comme une « peste homosexuelle » ou un « cancer qui est même prêt à tuer son hôte ».

Un premier jugement rendu par le tribunal de district de Cologne en juillet dernier a exigé que le P. Oko paie une amende de 4 800 euros ou purge 120 jours de prison, après que le tribunal ait décidé que l’article du P. Oko constituait une « incitation à la haine » contre les homosexuels.

Le P. Johannes Stöhr, rédacteur en chef de Theologisches, âgé de 91 ans, a également été inculpé.

Ces procédures judiciaires ont été engagées à la suite d’une plainte déposée par le père Wolfgang Rothe de l’archidiocèse de Munich, un prêtre dissident impliqué dans des scandales, qui a confirmé sur les médias sociaux avoir accusé Oko et s’être réjoui des charges retenues par le tribunal de Cologne.

Rothe est l’un des nombreux ecclésiastiques allemands qui ont participé à une vague de cérémonies de « bénédiction » illicites de couples homosexuels au printemps dernier. Il occupait auparavant le poste de vice-recteur du séminaire de Saint-Pölten, en Autriche, qui a été fermé en 2004 à la suite d’un vaste scandale de pédopornographie et d’inconduite homosexuelle.

Dans un courriel obtenu par LifeSiteNews en février dernier, Oko a fourni des photos très compromettantes de son accusateur, y compris des photos de Rothe embrassant un autre homme ; Rothe bénissant un couple de lesbiennes à l’intérieur d’une église ; et une photo de Rothe au club « Deutsche Eiche » à Munich, qu’Oko décrit comme « une sorte de bordel gay ».

Dans une interview accordée à TVP Info en 2021, Oko a cité la Seconde Guerre mondiale en réponse à la décision initiale prise à son encontre. Il a déclaré que, malgré cette génération d’autorités allemandes, il est « déterminé » à « sauver les séminaristes des homocliques ».

« Les Allemands me mettent en prison ? Mon grand-père et ma grand-mère ont sauvé des Juifs, ont risqué leur vie, malgré le fait que les Allemands interdisaient de sauver des Juifs », a-t-il déclaré. « Je suis pareillement déterminé, malgré le fait que les Allemands me l’interdisent, à sauver les séminaristes des homocliques ».

Oko a décrit sa publication comme un « article scientifique basé sur les énormes connaissances qui me parviennent du monde entier, de gens ordinaires, de la police, de services secrets ».

« Je rassemble les faits connus sur les homosexuels en soutane et leurs habitudes. Cette “mafia lavande” joue un rôle similaire à celui de la mafia en Sicile », a-t-il déclaré.

« La critique de l’activité criminelle de la mafia sicilienne est-elle une incitation à la haine contre tous les Siciliens ? Alors comment une réflexion universitaire sur le défi d’un réseau criminel lié aux pratiques homosexuelles dans l’Église peut-elle être une incitation à la haine contre tous les homosexuels ? » a demandé Oko.

Selon Paweł Chmielewski, animateur du site d’information chrétien polonais Polonia Chritiana (pch24.pl), la décision initiale du tribunal n’avait aucun fondement juridique : l’article d’Oko sépare très clairement les homosexuels en tant que tels des membres de la mafia homosexuelle au sein de l’Église, et n’applique les termes péjoratifs qu’à cette dernière catégorie.

M. Chmielewski a fait valoir que la décision pouvait être interprétée comme une tentative de la cour allemande d’interdire la critique des agresseurs sexuels et des pédophiles et a estimé que la cour n’avait pas lu l’article d’Oko dans son intégralité.

Cette opinion a également été exprimée par le cardinal allemand Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a défendu Oko en août 2021, peu après son appel.

« Soit ces juges n’ont pas lu l’essai, soit ils sont incapables de le juger avec des critères scientifiques, soit ils ne se rendent pas compte de la nature criminelle de certains actes commis par certains individus qui vivent dans l’Église mais se cachent derrière le bouclier d’impunité que leur confère leur fonction », a déclaré Müller dans une interview avec Paweł Lisicki du journal polonais Do Rzeczy.

Le cardinal Müller a également fait allusion à l’occupation allemande de la Pologne en 1939-1945, se disant honteux que dans son pays, « il soit à nouveau possible qu’un universitaire polonais soit condamné pour incitation à la haine pour avoir publié un rapport factuel ».

Le cardinal allemand a établi un parallèle entre le procès intenté contre Oko et la persécution des intellectuels polonais par les nazis, affirmant que cette affaire devrait « tirer la sonnette d’alarme parmi les personnes instruites sur le plan historique ». 

La condamnation de 2021 contre Oko a également attiré l’attention du vice-ministre polonais de la Justice, Marcin Romanowski.

À l’époque, M. Romanowski avait critiqué le jugement dans un tweet, écrivant : « Selon le tribunal allemand, le Père professeur Dariusz Oko, en exposant dans un article scientifique un groupe de violeurs opérant à l’intérieur de l’église, a incité à la haine. Le tribunal a ainsi piétiné la liberté académique et montré qu’il valorise les tortionnaires plus que les victimes », a-t-il écrit. « N’autorisons pas une telle paranoïa en Pologne ».

L’Institut Ordo Iuris pour la culture juridique, une organisation juridique polonaise conservatrice, a également pris la défense du prêtre polonais à la suite du jugement de 2021.

« Nous émettons de sérieuses réserves sur la base juridique permettant de poursuivre » les P. Oko et Stöhr, a déclaré le président d’Ordo Iuris, Jerzy Kwaśniewski, dans un communiqué.

« L’article 130 du Code pénal allemand interdit les discours de haine contre un certain nombre de groupes, dont aucun n’est mentionné dans l’article du P. Prof. Oko. »

« En outre, nous traitons d’un article scientifique, nous opérons donc dans le domaine de la liberté académique, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression et de critique, dont la protection en vertu de la constitution allemande et du système international des droits de l’homme empêche la condamnation de l’auteur et du rédacteur en chef d’une revue scientifique », a-t-il ajouté.

L’institut a lancé une pétition au nom d’Oko et de Stöhr auprès du tribunal de district de Cologne et de la chancelière allemande de l’époque, Angela Merkel.

À la date de vendredi, la pétition avait recueilli plus de 85 000 signatures. Oko avait espéré qu’elle atteigne 100 000 avant son procès.



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