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Un évêque français sanctionne un prêtre pour avoir déclaré que l’avortement a fait plus de morts que la Première Guerre mondiale


Le Père François Schneider.

Par Jeanne Smits, correspondante à Paris — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Langoula1Claire/Twitter

22 novembre 2022 (LifeSiteNews) — Un prêtre âgé à la tête de 17 petites paroisses de l’est de la France s’est vu interdire de prendre la parole en public par ses supérieurs diocésains pendant quatre semaines parce qu’il a déclaré que le nombre mondial de victimes de l’avortement était bien plus élevé que celui de la Première Guerre mondiale.

Le père François Schneider a fait cette déclaration « controversée » alors qu’il prêchait lors de la messe commémorative du jour de l’Armistice, le 11 novembre, dans le petit village de Bertrimoutier (307 habitants), près d’Épinal dans les Vosges. « L’avortement a tué plus de personnes dans le monde que la Grande Guerre », a-t-il déclaré, ajoutant que les hommes politiques français seraient bien inspirés de « suivre l’exemple » du premier ministre hongrois, Victor Orbán, qui promeut une politique pro-natalité et « prend des décisions courageuses ».

Ces mots n’ont pas été prononcés par hasard : le père Schneider s’exprimait dans le contexte d’une tentative de faire de l’avortement un « droit » constitutionnel en France, une mesure actuellement défendue par le parti « Renaissance » du président Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale française. Une autre proposition de loi ayant le même objectif mais utilisant un langage plus « inclusif » — elle ne fait pas référence aux femmes afin de défendre les droits des transgenres — a également été présentée la semaine dernière par le parti d’extrême gauche « La France insoumise ». Les deux textes ont été adoptés par la commission des lois et vont maintenant passer par le processus législatif. Macron lui-même a suggéré que le « droit » à l’avortement soit inclus dans la charte européenne des droits de l’homme.

La condamnation très concrète de l’avortement par Schneider a été citée dans la presse locale et sur les médias sociaux par des personnes qui avaient entendu son sermon, créant un « choc » et une « forte émotion ». Le député « Renaissance » de l’Assemblée nationale pour le département des Vosges, David Valence, a qualifié les propos du prêtre de « honteux » sur Twitter, ajoutant qu’ils étaient « la preuve d’une aberration totale » de sa part.

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Valence a souligné que Schneider avait déjà une fois choqué la population en notant que les victimes de la sanglante attaque terroriste islamique au théâtre du Bataclan à Paris en novembre 2015 — 131 personnes sont mortes — avaient assisté à un concert avec une musique « inspirée par Satan ». Ses commentaires ont été interprétés comme minimisant l’horreur de l’événement, bien qu’il soit glacial que le groupe sur scène, Eagles of Death Metal, chantait « Kiss the devil ». Schneider s’est excusé par la suite, et un autre prêtre de la région, « très actif » sur la scène « métal », est venu dans la paroisse de Schneider pour aider ses ouailles à « comprendre cette culture contemporaine qui peut sembler déroutante pour beaucoup ».

Sept ans plus tard, Schneider est à nouveau sous le feu des projecteurs de la presse nationale. Peu après que ses propos aient été repris dans les sources d’information locales, le diocèse de Saint-Dié-des-Vosges a été mis au courant du dérapage verbal du prêtre. Une déclaration condamnant Schneider a été publiée il y a trois jours sur le site internet du diocèse (qui est actuellement dirigé par Mgr Didier Berthet, qui a de graves problèmes de santé, et administré par Mgr Denis Jachiet, qui dirige le diocèse voisin de Belfort-Montbéliard).

Le communiqué, non signé, mais qui serait motivé par une décision de Mgr Jachiet et de son conseil, est le suivant :

Épinal samedi 19 novembre

Communiqué de presse du diocèse suite à l’homélie prononcée par le père François Schneider lors de la messe du vendredi 11 novembre 2022.

Les propos de l’abbé François Schneider tenus lors de la messe du 11 novembre nous avaient été rapportés. Après avoir entendu le père Schneider, nous condamnons l’instrumentalisation de la commémoration des morts de la Première Guerre mondiale au profit d’autres sujets d’ordre éthique et politique.

Le 11 novembre est pour tous un jour de souvenir et pour nous chrétiens une occasion de prier pour les morts des guerres et pour la paix dans le monde.

Vu l’antécédent de novembre 2015, nous demandons à l’abbé François Schneider de s’abstenir, pendant quatre semaines, de toute parole publique dans les célébrations auxquelles il participera. Un temps de silence après la lecture des textes bibliques nourrira la foi des fidèles. Cette sanction prendra effet, par décret, dès le samedi 19 novembre au soir.

Enfin, nous assurons le député, les maires, les associations patriotiques et toutes les personnes qui ont été choquées par les propos de l’abbé Schneider, ainsi que les paroissiens de la Sainte Trinité de notre prière fraternelle.

Les prêtres qui font des déclarations scandaleuses sur la doctrine, et ceux qui font des remarques politiques sur les migrations, le réchauffement climatique et autres restent généralement impunis en France, mais Schneider a été immédiatement sanctionné par sa hiérarchie au lieu d’être soutenu face aux protestations des mêmes politiciens qui considèrent l’avortement comme un « droit ».

Les responsables de l’Église semblent avoir oublié le terrible avertissement de Mère Teresa lors de son discours d’acceptation du prix Nobel de la paix en 1979 : « Je ressens une chose que je veux partager avec vous tous. Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est le cri de l’innocent enfant à naître. Car si une mère peut assassiner son propre enfant dans son propre sein, qu’est-ce qui nous reste, à vous et à moi, [pour nous empêcher] de nous entretuer ? ».

La Première Guerre mondiale a causé la mort de 9,7 millions de soldats et de presque autant de civils, et a mutilé et blessé plus de 21 millions de personnes. Ce fut un conflit horrible qui a laissé de profondes cicatrices sur le sol français et de tristes listes de morts sur les monuments aux morts, même dans les villages les plus reculés de France. Les simples croix blanches des cimetières militaires de la Grande Guerre — français, allemands, britanniques, américains, sud-africains... — en lignes apparemment interminables, abondent là où le conflit a été le plus inhumain. Beaucoup sont tombés dans les Vosges, près de la frontière allemande, où quatre années de guerre ont fait payer un lourd tribut à la population.

Mais le massacre invisible de l’avortement a déjà fait plus de 200 000 victimes chaque année en France depuis que l’« interruption volontaire de grossesse » y a été légalisée en janvier 1975 : près de 10 millions de victimes dans ce seul pays est une estimation prudente. Dans le monde, le nombre total est beaucoup, beaucoup plus élevé et on estime qu’il a dépassé le milliard.

Il ne s’agit pas d’une question « éthique et politique » abstraite qui ne peut être discutée que sur un ton feutré et civilisé dans les forums de débat universitaires et les plateformes politiques -- surtout en France, où exprimer des pensées et des sentiments anti-avortement est impossible en pratique pour quiconque espère s’élever en politique.

Schneider a exposé un fait, et a choqué ses paroissiens engourdis pour avoir osé s’exprimer sur une question qui n’est pas ouverte à la discussion. Pendant quatre semaines, ils ne recevront pas d’homélie dominicale de leur pasteur : apparemment, « le diocèse » est plus désireux de les empêcher d’entendre des vérités inconfortables que de leur fournir les conseils pastoraux dont ils ont besoin et qu’ils méritent.

Un maire local s’est même plaint que la punition était « trop légère ».

Mais le diocèse et les politiciens pro-avortement semblent d’accord pour dire que l’avortement est au moins un tabou ou une sorte de droit intouchable que personne n’est autorisé à remettre en question.



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