Véronique Hivon, ministre de l'euthanasie du Québec ?
Dans le journal La Presse du 19 janvier 2013, nous avons eu droit à une entrevue de la ministre déléguée aux Services sociaux responsable du dossier «Mourir dans la dignité», Mme Véronique Hivon.
Notre savante ministre péquiste nous a donné un message très clair en 10 points :
1- L'aide médicale pour mourir dans la dignité se situe dans un continuum de soins en fin de vie ; c'est le soin ultime !
2- Cette aide médicale à mourir n'est pas de l'euthanasie, car c'est très bien balisé.
3- Il ne faudrait pas que le malade demande une aide médicale à mourir parce qu'il n'a pas accès à de bons soins. Cette aide médicale sera un complément de soins en fin de vie.
4- La nouvelle loi va protéger les médecins qui vont aider les grands malades à mourir dignement.
5- La nouvelle loi va contourner le Code criminel du Canada qui défend de pratiquer l'euthanasie. La santé, c'est de compétence provinciale.
6- Quant aux soins palliatifs, le gouvernement va étudier cette problématique. On verra !
7- Les gens qui ont perdu leur lucidité ne seront pas oubliés. La loi sera amendable. Un comité d'experts va se pencher sur cette question.
8- Face aux enfants, aux bébés et aux adolescents très malades et très souffrants, qui va décider ? " Tous les détails seront connus quand le projet de loi sera déposé " dit la ministre. On verra !
9- Le projet de loi va couvrir les maladies graves et incurables. Donc, la loi n'exclura pas le cancer et les maladies dégénératives.
10- Au Québec, la population a eu la maturité de se prononcer sur cette question. Le consensus est très clair en faveur de ce projet de loi. " Il faut prendre acte et ne pas être en retard sur la société ", dit la ministre.
En terminant, Mme Hivon affirme haut et fort " que chaque personne doit avoir une fin de vie conforme à ses valeurs ".
La ministre Véronique Hivon est très claire : elle ira à l'encontre de la majorité des rapports déposés à la Commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement ; ceux-ci refusaient l'euthanasie. Celle-ci sera légalisée au Québec même si Mme Hivon ne veut surtout pas prononcer le mot euthanasie.
Le plus inquiétant en lisant cette interview, c'est de constater que dans un premier temps nous aurons une loi très bien balisée et encadrée, mais que dans un deuxième temps, le gouvernement reste très ouvert pour assouplir et amender cette loi, toujours à la remorque du consensus social.
À moins que nous passions à l'action, la porte de l'euthanasie va très bientôt s'ouvrir. D'ici quelques années, comme dans le cas de l'avortement, nous aurons droit à l'euthanasie sur demande avec notre carte soleil.
Il faut enlever nos lunettes roses et voir en face la triste réalité qui pointe à l'horizon et qui exige que l'on agisse. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas plutôt présenté un projet de loi sur des soins palliatifs de très grande qualité pour permettre de mourir dans la dignité ? Quand la journaliste de La Presse, Nathalie Collard, a demandé à Mme Hivon si le Québec a les moyens financiers d'offrir à tous les Québécois des soins palliatifs de qualité, pourquoi la ministre s'est-elle empressée de faire du patinage de fantaisie ?
Le gouvernement Marois a fait son lit. L'euthanasie, c'est pour l'État très payant ; mais des soins palliatifs bien organisés et accessibles à toute la population, ça pourrait coûter cher au système de santé, n'est-ce pas ?
Alors, allons-y pour l'euthanasie !
Chère Mme Véronique Hivon, vous avez oublié des choses extrêmement importantes dans votre projet de loi : la valeur incommensurable de la personne humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle.
Votre savante Commission aurait dû consulter Jean Vanier, ce grand personnage unique au monde, qui depuis des décennies s'occupe des personnes handicapées tant au niveau physique qu'intellectuel un peu partout sur la planète. Pour lui, chaque personne est un tsunami d'amour peu importe sa condition. Quel que soit son niveau de maladie, de dégénérescence ou d'immobilité, toutes ces personnes humaines ont une valeur unique, même si la société, de plus en plus décadente, les considère comme un fardeau social.
Votre projet de loi ne s'adresse-t-il surtout pas aux bien-portants qui ne supportent plus de regarder en face la maladie, la douleur, la souffrance et la mort ?
Nous voulons une société parfaite ; les grands malades accaparent notre temps (il faut les visiter) et notre argent (ça coûte cher au système). Alors, l'euthanasie devient la solution miracle pour régler tous les problèmes.
Mais cette solution pratique n'est absolument pas humaine.
Euthanasie : bilan catastrophique
L'émission «Second Regard» à Radio-Canada, le dimanche 20 janvier 2013, nous parlait de l'euthanasie.
Une éminente oncologue, Dre. Catherine Dopché, spécialiste en soins palliatifs en Belgique, nous a brossé un tableau extrêmement sombre de ce qui se passe dans ce pays décadent.
"Le bilan est catastrophique" a-t-elle déclaré à la télévision.
À cet endroit, l'euthanasie a été légalisée il y a 10 ans. Au début, il y a eu 12 demandes d'euthanasie la première année. En 2012, il y a eu 1100 demandes et on prévoit que ce nombre augmentera de 10 % à 15 % par année.
Pour cette grande spécialiste de la vie, ceux et celles qui font la promotion de l'euthanasie et du suicide assisté nous mentent en pleine face pour mieux faire passer leur message sur cette supposée belle mort en inculquant dans la tête du bon peuple toutes sortes de fausses idées biaisées et tordues.
En Belgique, après toutes ces années où la culture de la mort a triomphé, on a réduit la personne humaine à un vulgaire objet qu'on peut jeter à notre convenance.
Avec l'euthanasie, au lieu de servir la personne, on la détruit.
Évidemment, l'animateur vedette de l'émission «Second Regard», un grand partisan de l'euthanasie sur demande, a bien essayé de contredire et de tasser dans le coin notre brave médecin, mais il n'a pas réussi.
Coup de théâtre : à la fin de ce reportage, on nous a annoncé quelque chose de tout simplement tragique, écœurant et dégoûtant. Le docteur Dopché, les larmes aux yeux, nous a informés que la Belgique songe maintenant à amender très bientôt la loi qui encadre l'euthanasie. Le consensus populaire serait prêt pour accepter que l'euthanasie soit rendue accessible pour les bébés, les enfants et les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer...
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Ici au Québec, société hyper distincte, le gouvernement va bientôt voter sa chère loi pour légaliser l'euthanasie, tout en violant le Code criminel canadien. Les partis politiques de l'Assemblée nationale semble être unanimes sur cette question.
Les grands ténors du gouvernement chantent sur tous les toits que cette loi inique sera très bien entourée de balises et d'un encadrement qui va empêcher les dérapages. Quelle belle illusion ! C'est de la poudre aux yeux !
Nous nous préparons au Québec à ouvrir «La boîte de Pandore» où la mort sera une option socialement acceptable et très valable à envisager pour les personnes souffrantes, les dépressifs et les gens suicidaires.
Quand la Ministre responsable de ce dossier, Mme Véronique Hivon, nous parle de sérénité, de dignité et de médecine moderne sans jamais prononcer le mot euthanasie, elle nous abreuve de dogmatisme, de tromperies et de mensonges. Elle utilise une façon tordue pour susciter l'adhésion à son projet de loi.
Quand la Ministre nous dit que ce «beau» projet de loi est dicté par l'opinion générale et l'évolution des mentalités, cela me fait bien rire. Faut-il s'ajuster continuellement à la décadence sociale et morale d'une société qui a perdu tous ses repères ?
«Aide médicale à mourir», voilà l'expression trompeuse et bonbon pour imposer l'euthanasie au bon peuple. On devrait plutôt parler d'aide médicale pour bien vivre la fin de sa vie : voilà le devoir de la médecine.
Comme en Belgique, cette loi sera vite amendée au gré des pressions populaires. On finira bien par arriver à l'euthanasie sur demande (comme l'avortement). Alors, les bébés et les enfants trop malades seront éliminés ainsi que les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, car ils coûtent très cher au système de santé.
Aurons-nous droit maintenant au Québec, comme en Belgique, aux maisons de la «belle» mort où tout sera fait gratuitement et très proprement selon les règles avec la carte soleil ?
L'euthanasie, j'en suis convaincu, va surtout soulager la souffrance des médecins et celle des familles concernées, car le malade reste pour plusieurs, y incluant le gouvernement, un poids énorme qui dérange.
Avec cette populaire loi, nous aurons «le meilleur des mondes» tel que prédit, il y a plusieurs décennies par le grand romancier Adlous Huxley. J'invite les lecteurs à relire ce fameux roman.
Questions d'une personne polyhandicapée, M. Jacques Théberge, suite à la nouvelle du suicide assisté de David Audesse
Sur le site du Journal de Montréal du 10 janvier 2012 :
(Jacques Théberge, polyhandicapé)
(Pour voir la courte et très bonne entrevue avec M. Théberge, cliquez ici.)
M. Théberge s'est confié à Mario Dumont jeudi matin. Il pense que David Audesse a peut-être manqué de support et d'encadrement pour pouvoir prendre conscience qu'il y a un flot de possibilités, même en étant polyhandicapé.
La vague de messages de compassion publiés sur la page Facebook de LCN quant au geste posé par le jeune homme a fait réagir M. Théberge.
«Moi-même, étant venu au monde avec un handicap, j'ai connu dès le départ le fait que mes parents n'ont pas accepté mon handicap, a-t-il raconté. Ils ont même choisi de m'abandonner à la naissance».
«Ç’a aurait été quoi là, quand on parle de suicide assisté, le résultat de ma vie?, s’est-il questionné. Jusqu'où j'aurais pu poursuivre si on avait légalisé ce genre de chose là comme on discute de la légalité de l'avortement par exemple?»
(...)
«La question qu'il faut se poser, c'est : "quel genre de soutien David a reçu de la part du milieu, du réseau?» a-t-il poursuivi. Et du côté de son entourage, de son environnement familial, ses proches, quel genre d'outils ces gens-là ont eu? Et est-ce qu'ils en ont d'abord reçu? Étaient-ils adéquats?»
Une personne concernée qui pose les bonnes questions!
« Il serait surprenant que des accusations soient portées »...
Dans le Journal de Québec du 10 janvier 2013:
(David Audesse est mort d'un empoisonnement au cyanure)
Un peu moins de deux ans après la mort de son fils, la mère de David Audesse a avoué que ce dernier a reçu de l’aide pour mettre fin à ses jours, un geste qu’elle a refusé de poser malgré une demande formelle.
Ce cas de suicide assisté risque peut-être de relancer le débat social sur la délicate question de mourir dans la dignité.
Le destin de David Audesse, de Buckland, dans Bellechasse, a basculé dans la nuit du 10 au 11 décembre 2009.
Quadruple amputation
En raison d’une bactérie virulente, une septicémie à pneumocoque, il avait subi l’amputation des deux bras et des deux jambes alors qu’il se trouvait dans le coma.
En avril 2010, David avait ému la population en soutenant que sa force et sa détermination lui permettraient de se relever de cette terrible épreuve.
Malgré tout, l’homme de 32 ans a été retrouvé sans vie le 20 février 2011. Selon le rapport du coroner publié en octobre dernier, il est mort par intoxication au cyanure.
Un dernier message
Aujourd’hui, sa mère confirme qu’il s’agissait d’un suicide assisté.
«Mon fils avait enregistré une cassette avant de mourir. Les enquêteurs l’ont écoutée avant de nous en parler et ils ont conclu à un suicide assisté. Ils n’ont pas trouvé la personne et je souhaite pas nécessairement qu’il l’a trouve», a raconté Réjeanne Roy à TVA Nouvelles.
(...)
À la Sûreté du Québec, le dossier d’enquête est toujours ouvert mais il serait surprenant que des accusations soient portées.
Pas d'accusations? Pourquoi? Parce que le suicide assisté serait accepté, même s'il est illégal, par ceux qui mènent l'enquête?
S'il n'y a pas de poursuite, qu'est-ce qui empêchera le meurtre d'un autre volontaire par son "ami"?
Daniel Audesse est mort peu de temps avant sa sortie définitive de l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec. Y-a-t-il eu néglicence?
Le gouvernement fédéral dépose ses arguments dans la cause sur le suicide assisté
Sur le site de Radio-Canada du 26 octobre 2012:
Le gouvernement fédéral soutient que le suicide assisté par des médecins déprécierait la vie humaine et présenterait un risque pour les personnes vulnérables dans des moments de faiblesse.
Ottawa a déposé jeudi ces arguments dans l'appel d'une décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui invalidait en juin la loi canadienne interdisant le suicide assisté par des médecins.
Le gouvernement fédéral croit que la juge de première instance a erré.
Dans les documents déposés en Cour d'appel de Colombie-Britannique, Ottawa soutient qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'accepter le suicide assisté pourrait mettre en danger des personnes vulnérables : celles-ci pourraient se voir contraintes ou même forcées de mettre fin à leurs jours.
Le gouvernement fédéral soutient que la loi actuelle reflète la volonté du législateur de décourager et de prévenir le suicide en toutes situations. Ottawa plaide que la décision de modifier le statu quo doit émaner des parlementaires, non des tribunaux.(...)
Un médecin refuse "d'aider" au suicide de ses patients
Sur le site du journal Le Nouvelliste du 15 août 2012:
(Un médecin pour la vie ou pour la mort?)
(Trois-Rivières) Ginette Leblanc avait un sourire dans la voix, hier, lorsqu'elle a appris que Gloria Taylor a obtenu de la cour d'appel, il y a quelques jours, le droit de recourir légalement au suicide assisté. Cette résidente de la Colombie-Britannique est atteinte de la même maladie incurable qu'elle.
C'est que Ginette Leblanc y aura peut-être droit elle aussi, à cette exemption constitutionnelle, en décembre ou janvier, lorsque la cour supérieure entendra sa cause au palais de justice de Trois-Rivières.
«Si je l'obtiens, je le ferai» dit-elle sans la moindre hésitation en parlant de son suicide assisté médicalement.(...)
Même si elle obtenait son exemption constitutionnelle et qu'un médecin pouvait procéder en toute légalité à son euthanasie, Ginette Leblanc craint déjà qu'elle aurait de la difficulté à trouver un médecin qui accepterait de le faire. «Mon neurologue m'a dit que jamais il ne ferait quelque chose comme ça. Il me connaît trop. Je vais en parler à mon médecin de famille, mais je sais que ce ne sera pas facile», dit-elle.
Mme Leblanc a la chance d'avoir neurologue qui l'aime et veut véritablement son bien. Elle devra trouver un médecin qui ne la connaisse pas et n'a donc pas d'attachement pour elle, un médecin sans conscience qui cherchera son heure de gloire, tel un Morgentaler du suicide assisté ou de l'euthanasie.
Gloria Taylor, de Colombie-Britannique, conserve le "droit" au suicide assisté
Sur le site du journal La Presse du 10 août 2012:
(Gloria Taylor)
(...)Gloria Taylor, qui est atteinte d'une maladie dégénérative incurable, la sclérose latérale amyotrophique, faisait partie des plaignants d'une cause historique qui a mené la Cour suprême de la Colombie-Britannique à invalider plus tôt cette année la loi canadienne qui interdit le suicide assisté.
Le tribunal a suspendu son jugement pendant un an, afin de donner le temps au Parlement de réviser la législation. Il a toutefois octroyé une exemption à Mme Taylor pour qu'elle puisse immédiatement demander l'assistance d'un médecin pour mettre fin à ses jours selon certaines conditions.
Le gouvernement fédéral a porté la cause en appel et a également demandé à la Cour d'appel d'annuler l'exemption accordée à Gloria Taylor, ce que la magistrate Jo-Ann Prowse a refusé de faire.
Dans une décision écrite, Mme Prowse a déclaré que révoquer l'exemption de la femme de 63 ans lui causerait un tort irréparable qui l'emporte largement sur les intérêts du gouvernement.
La juge a reconnu que Mme Taylor était devenue le symbole du droit au suicide assisté, mais a fait valoir que la dame était également un être humain et qu'elle n'avait pas à être sacrifiée pour le «plus grand bien» de la société. (...)_
Refuser à quelqu'un le suicide serait lui causer un "tort irréparable" et le sacrifier pour le plus grand bien de la société? Et Mme Jo-Ann Prowse est juge???
Tour d'horizon de la question de l'euthanasie et du suicide assisté au Canada
Un article publié dans le Devoir du 14 juillet 2012 est reproduit sur le site de Philomage, Vieillir en Beauté et en Sagesse. En voici un extrait que nous vous invitons à compléter en allant sur le site de Philomage du 19 juillet 2012:
Ce n'est pas demain la veille que le suicide assisté sera autorisé au Canada. Le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a annoncé hier qu'il porte en appel un récent jugement de Colombie-Britannique. « Le gouvernement est d'avis que les dispositions du Code criminel qui interdisent aux professionnels de la santé ou à qui que ce soit d'autre de conseiller ou d'aider quelqu'un à se suicider sont valides sur le plan constitutionnel, » a déclaré le ministre par voie de communiqué.
Le ministre rappelle que « les lois encadrant l'euthanasie et le suicide assisté existent pour protéger tous les Canadiens, y compris les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, malades ou handicapés ». Or, souligne-t-il, la Cour suprême du Canada a déjà reconnu que l'État avait le droit de prendre des dispositions pour protéger ces personnes vulnérables dans la décision Sue Rodriguez en 1993.
En outre, fait valoir le ministre Nicholson, les élus ont déjà indiqué qu'ils ne voulaient pas changer la loi. « En avril 2010, une vaste majorité de parlementaires a voté de façon à ne pas modifier ces lois, ce qui constitue une expression de la volonté démocratique dans ce dossier. Il s'agit d'un enjeu qui soulève les passions et qui divise de nombreux Canadiens. »
En effet, la députée bloquiste Francine Lalonde avait déposé le projet de loi C-384 pour légaliser l'aide au suicide pour les personnes en phase terminale atteinte d'une maladie entraînant des douleurs physiques ou mentales aiguës sans perspective de soulagement. C-384 avait été défait à 228 voix contre 59. Le caucus bloqquiste avait voté pour le projet de loi, à l'exception de Gérard Asselin, de même que quelques libéraux, néodémocrates et les ministres conservateurs (aujourd'hui défaits) Lawrence Cannon et Josée Verner.(...)
La Coalition pour la prévention de l'euthanasie s'est réjouie de la décision d'Ottawa, hier. le directeur du groupe, Alex Schadenberg, estime que le suicide assisté constitue une pente glissante sur laquelle il ne faut pas s'aventurer. De la même manière que le suicide n'est pas considéré comme une option valable pour les personnes déprimées, il ne devrait pas l'être davantage pour les malades. « Si quelqu'un est déprimées, vit des problèmes et veut s'enlever la vie, est-ce que la société dit : « Oui, vas-y »? Non, la société tente de protéger ces gens. » Lui aussi suggère que cette question ne se poserait pas si les soins de vie étaient améliorés.
À lire également, les commentaires suite à cet article dans le journal Le Devoir du 14 juillet 2012. Celui-ci de Daniel Savard est très intéressant:
La seule raison pour laquelle le Québec se démarque, c'est qu'il veut réduire le budget de la santé et aux personnes âgées. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour voir comment dans les CHSLD tout est mis en oeuvre pour rendre la vie misérable et exécrable aux pensionnaires afin qu'ils demandent un jour à se faire euthanasier.
Si j'avais la conviction que les choses se feraient correctement, je supporterais le suicide assisté, mais mon expérience de vie me démontre que notre système est très loin d'avoir les qualités requises et la fiabilité requise pour garantir que les droits des individus seront respectés, surtout ceux qui désirent continuer à vivre malgré la perte de qualité de vie. Ça aussi c'est une décision qu'il faut respecter.
Québec peut péter de la broue tant qu'ils voudront, l'euthanasie est du ressort du code criminel qui n'est pas de compétence provinciale.
Et juste pour clarifier mon propos. Permettre l'euthanasie des personnes âgées ou des handicapés chroniques risquent de devenir une porte de sortie facile pour éviter d'avoir à investir pour améliorer la qualité des services dans les institutions. C'est déjà exécrable présentement. Prenez la peine d'aller voir ce que l'on donne à manger aux gens dans les CHSLD (et sachez qu'il n'y a pas que des vieillards dans les CHSLD, il y a aussi des jeunes handicapés à vie). Allez voir en cette période de canicule comment ils sont traités. Allez voir comment ils sont exploités s'ils veulent la climatisation (tarifs exhorbitants sur l'installation et la location mensuelle d'appareils usagés de mauvaise qualité). Et je pourrais continuer longtemps.
Ouvrir la porte à cette solution facile lorsqu'un médecin considérera que la vie de son patient ne vaut plus la peine d'être vécue parce que nous aurons grugé tranquillement toute sa qualité de vie en s'en lavant les mains, c'est indigne d'une société qui se veut avancée et égalitaire. C'est vers ça que nous irons inexorablement en ouvrant la porte au suicide assisté.
Et ce commentaire complémentaire de Linda Couture:
(...) À qui profiterait réellement une décriminalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ?
Dans une étude réalisée en Belgique et publiée en 2010 dans le CMAJ, on note que 31,7% des euthanasies ont été pratiquées sur des personnes n'ayant pas signé de formulaire de consentement; dans certains de ces cas le médecin jugeait que l'euthanasie était dans le meilleur intérêt du patient. Par ailleurs, comment peut-on parler d'autonomie et de liberté de la personne lorsque les balises légales ne sont évidemment pas respectées? Le réseau Vivre dans la Dignité (www.vivredignite.com) soutient qu'une fois bien renseignés, les Québécois rejetteront massivement l'option de l'euthanasie et du suicide assisté à cause des risques majeurs d'abus de personnes mal intentionnées.
Linda Couture
Vivre dans la Dignité
www.vivredignite.com
http://www.vivredignite.blogspot.ca/
La Cour Européenne des Droits de l'Homme renvoie la question du suicide assisté aux États qui la composent
Sur le blogue de Jeanne Smits du 20 juillet 2012:
(La Cour Européenne des Droits de l'Homme)
La Cour européenne des droits de l’homme, invitée à condamner l’Allemagne pour avoir refusé à une femme presque complètement paralysée à la suite d’une chute le droit de bénéficier d’un suicide assisté, a refusé jeudi de s’engager dans cette voie. Elle n’a donc pas posé le principe d’un « droit » au suicide assisté, ce qui lui était demandé. En revanche, par un arrêt de chambre, les juges ont décidé à l’unanimité que l’Allemagne a violé l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit au respect de la vie privée et familiale) en raison du refus des juridictions allemandes d’examiner au fond l’action engagée par le requérant.
(...)
Ottawa va en appel contre le suicide assisté libéralisé
Une très bonne nouvelle. Sur le site de Huffington Post du 13 juillet 2012:
(Le ministre de la Justice Rob Nicholson)
OTTAWA - Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi qu'il fera appel d'un jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique favorable au suicide assisté.
Le ministre de la Justice et procureur général du Canada, Rob Nicholson, a affirmé que le gouvernement a pris la décision de faire valoir sa cause en Cour d'appel de la Colombie-Britannique à la suite d'un «examen minutieux du fondement juridique» de la décision rendue le 15 juin.
Ottawa veut demander la suspension de l'application de tous les aspects de la décision du tribunal inférieur. (...)
