Suicide sur demande en Suisse? Une autre bonne raison de manifester à la Marche Printanière
Sur le site de Zenit.org du 17 mai 2013:
Dans un arrêt Alda Gross c Suisse (n° 67810/10) du 14 mai 2013, la deuxième Section de la Cour européenne des droits de l’homme a complété l’édification d’un droit individuel au suicide-assisté (c'est-à-dire à l’euthanasie consentie) au titre du droit au respect de la vie privée garanti à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
Dans un arrêt adopté par seulement quatre voix contre trois, la Section justifie son jugement par la considération générale selon laquelle, « dans l'ère de sophistication médicale croissante combinée à l’allongement de l’espérance de vie, beaucoup de personnes ont le souci de ne pas être forcées de s'attarder dans la vieillesse ou dans des états de décrépitude physique ou mentale qui contredisent des convictions bien ancrées sur l'identité personnelle » (§ 58) [1].(...)Cette fois, dans l’affaire Alda Gross c Suisse, la Section a condamné, en substance, le fait que l’exercice effectif du droit au suicide assisté soit conditionné par des normes médicales, et que ces normes médicales excluent par principe le suicide assisté des personnes en bonne santé. En l’espèce, la demande de suicide ne concernait plus un « cas médical » de personne malade en fin de vie, mais une personne âgée bien-portante, mais lassée de vivre. Cette dame, ayant sollicité plusieurs médecins, s’est vue refuser la prescription médicale d’une dose mortelle de poison (pentobarbital sodique) au motif qu’étant en bonne santé, elle ne remplit pas les conditions fixées par le Code de Déontologie Médicale et les Directives éthiques de l’Académie de Médecine suisses.Selon le droit suisse l’incitation et l’assistance au suicide ne sont répréhensibles que lorsqu’ils sont commis pour des « motifs égoïstes » [2]. Lorsque le suicide est envisagé pour des motifs non-égoïstes, la Cour suprême fédérale Suisse [3] a précisé, en application de la législation relative aux drogues et médicaments [4], que le poison ne peut être délivré que sur prescription médicale et que cette prescription est conditionnée au respect par le médecin des règles de la profession, en particulier des directives éthiques adoptées par l’Académie de Médecine. Ces directives sont notamment relatives à l’état de santé du patient – qui doit être malade en fin de vie - et à l’expression de sa volonté ; elles visent à le protéger des pressions et décisions hâtives. Comme ailleurs en Europe, la pratique médicale est régie par des normes de natures diverses. En l’espèce, le législateur n’ayant pas adopté de régime légal spécifique précisant les modalités de la pratique du suicide assisté (malgré sa tentative entre 2009 et 2001), ce sont les règles existantes du droit médical qui trouvent à s’appliquer ; or ces règles excluent la délivrance d’une telle substance à une personne bien-portante.C’est sur ce point que la majorité de la Section a censuré le droit suisse : elle a estimé qu’il n’appartient pas aux normes déontologiques, mais à la loi, de fixer les conditions de prescription du poison. Ce jugement repose sur l’idée que le suicide ayant acquis la qualité de liberté et de doit individuel (§ 66), une nome déontologique ne peut faire obstacle à son exercice : il revient à la loi d’encadrer son exercice, même si celui-ci se réalise au moyen de l’art médical. Cette conclusion découle très logiquement de prémisses caractéristiques de l’individualisme libéral quant aux droits de l’homme et à la médecine, à savoir que leur finalité première serait de servir la volonté individuelle, même la volonté de mort, plus encore que de protéger et de soigner les personnes. Ce nouvel arrêt s’inscrit dans le coutant libéral de la jurisprudence de la Cour qui fait de l’autonomie individuelle la valeur majeure de la Convention, primant même le respect de la vie [5] et les règles nationales d’ordre public.Concrètement, cet arrêt met en œuvre cette approche libérale en faisant sortir la décision d’accorder le poison du champ médical pour l’intégrer dans celui des libertés publiques. La Cour a déjà procédé de la sorte sur l’encadrement de l’avortement en Pologne [6] et en Irlande [7]. Si cet arrêt devient définitif, la Suisse devra adopter un cadre juridique légal fixant le détail des conditions d’exercice du droit au suicide assisté pour toute personne indépendamment de son état de santé. Ce cadre pourra tout aussi bien confirmer les normes déontologiques (déjà consacrées par la Cour suprême suisse) que les contredire.(...)L’arrêt n’a pas jugé utile d’adresser ces points, ni de considérer la marge d’appréciation dont devrait bénéficier la Suisse dans l’encadrement du suicide assisté, tout comme il a omis de citer l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qui a recommandé « l’interdiction absolue de mettre intentionnellement fin à la vie des malades incurables et des mourants » (Recommandation 1418 (1999) et déclaré que « L’euthanasie, au sens de tuer intentionnellement, par action ou par omission, une personne dépendante, dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite » (Résolution 1859, 2012).Le gouvernement suisse dispose d’un délai de trois mois pour demander le renvoi de cette affaire devant la Grande Chambre. Espérons qu’il le fasse, et qu’il soit entendu.Grégor PuppinckDirecteur du European Centre for Law and Justice.NOTES[1] § 58 : “the Court has considered that, in an era of growing medical sophistication combined with longer life expectancies, many people are concerned that they should not be forced to linger on in old age or in states of advanced physical or mental decrepitude which conflict with strongly held ideas of self and personal identity”.[2] C. pénal suisse, art. 115.[3] Arrêt du 3 Novembre, BGE 133 I 58[4] Loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les substances psychotropes et Loi fédérale du 15 décembre 2000 sur les médicaments et les dispositifs médicaux.[5] Voir Aymeric d’Alton, « La notion d’autonomie personnelle en droit européen des droits de l’homme approche de philosophie du droit », Centre de philosophie du droit de l’Université Montesquieu Bordeaux IV, Revue de laB.P.C., I/2009.[6] Voir depuis Tysiac c. Pologne, n° 5410/03, 20 mars 2007.[7] A. B. et C. c. Irlande, [GC], N° 25579/05, 16 décembre 2010.[8] Affaire X et autres c. Autriche, [GC], N° 19010/07, 13 février 2013.
Susan Griffiths est morte, elle s'est suicidée aujourd'hui
Un suicide prévu, annoncé, aux yeux de tous. Une terrible blessure dans notre humanité. Sur le site de Radio-Canada du 25 avril 2013:
(Susan Griffiths)
La Winnipégoise Susan Griffiths, qui avait décidé de se rendre en Suisse où le suicide assisté est légal, est morte un peu avant 7 h, heure centrale, jeudi matin.
Mme Griffiths, qui était âgée de 72 ans, souffrait d'atrophie multisystématisée, une maladie dégénérative incurable qui entraîne de vives douleurs et qui détruit le corps peu à peu.Susan Griffiths avait quitté le Canada au début d'avril pour préparer sa mort, qui devait survenir environ deux semaines plus tard.(...)Dans les instants précédant sa mort, Mme Griffiths a marché, parlé et chanté avec sa famille dans les jardins d'une propriété que possède Dignitas à l'extérieur de Zurich.Puis Susan Griffiths est retournée dans les locaux de l'établissement où elle a ingurgité la première des deux boissons qui allaient l'aider à mettre fin à ses jours. Une demi-heure plus tard, elle a avalé la seconde potion.Selon des membres de sa famille, elle est décédée une vingtaine de minutes plus tard paisiblement, conformément à ce qu'elle avait souhaité.
Sur le site de Radio-Canada du 25 avril 2013, l'état actuel de la législation au Canada:
Au Canada, l'euthanasie et le suicide assisté sont des actes criminels passibles de peines d'emprisonnement.
C'est le Parlement du Canada qui définit les infractions criminelles, mais il revient à chaque province d'appliquer le Code criminel. Ainsi, c'est le procureur général de chaque province qui détermine s'il y a lieu de porter des accusations.Par ailleurs, en vertu du droit à l'autonomie reconnu par le Code civil du Québec, les personnes ont le droit de refuser ou d'arrêter des traitements, même si la mort en résulte. Une personne peut aussi, en vertu du Code civil, faire connaître à l'avance ses volontés sur les soins qu'elle recevra en fin de vie.
Célébrer la vie plutôt que le suicide... Réflexion sur le cas de Sue Griffiths qui veut se suicider aujourd'hui
Sur le blog de Alex Schadenberg (Coalition pour la prévention de l'euthanasie), cet article du 24 avril 2013:
(C'est aujourd'hui que Sue Griffiths veut se suicider, en Suisse)
Sue Griffiths de Winnipeg, MB est la dernière personne à faire connaître son désir d’avoir de l’aide pour se suicider et ses efforts sont célébrés par la presse.La semaine dernière, son appel au Parlement pour rouvrir la question du suicide assisté a été largement rapporté pendant qu’elle se préparait à aller à Dignitas, une clinique en Suisse qui aide les gens à se tuer.Mme Griffiths a une atrophie des systèmes multiples, une maladie neurologique dégénérative qui provoque des douleurs pour environ la moitié des personnes atteintes. Les photos la montrent debout, marchant et utilisant ses mains, alors elle n'est certainement pas une personne qui est «physiquement incapable de se suicider sans aide». Elle est décrite comme une personne qui est responsable de sa vie, mais elle veut apparemment avoir quelqu'un d'autre pour prendre la responsabilité de sa mort.(...)Nous avons une politique de prévention des suicides, à juste titre. Nous appliquons cette politique à des personnes dont le désespoir naît de difficultés sociales ainsi que psychologiques, aux adolescents victimes d'intimidation, aux personnes LGBT qui ont été persécutées, aux Autochtones aux prises avec la pauvreté et la perte du patrimoine culturel, ainsi qu’aux survivants de la violence domestique. Les personnes en situation de handicap, qui n'ont pas de services et de soutien pour vivre dans leurs maisons et être intégrées dans leurs communautés, font face à la même discrimination ainsi qu’aux facteurs de stress sociaux. Les politiques et les services de prévention du suicide doivent être appliqués de manière égale aux personnes handicapées et non handicapées, sans biais ni préjugé sur la qualité de vie avec une déficience. La société doit commencer à s'attaquer à la discrimination sous-jacente et la stigmatisation qui créent les conditions dans lesquelles la plupart des personnes ayant des incapacités vivent.Nous devrions nous demander: pourquoi est-ce que personne n’essaie d’arrêter Susan Griffiths de se suicider? Faut-il permettre que les réalités quotidiennes de la vie en situation de handicap deviennent une raison suffisante pour obtenir de l'aide à mourir? Est-ce que l'orgie médiatique autour de son histoire ne signifie pas que nous croyons que les réalités quotidiennes de la vie avec un handicap sont une raison suffisante pour obtenir de l'aide à mourir? Est-ce que les médias devraient mordre à l'hameçon chaque fois qu'une personne avec une déficience étale son suicide sur la place publique.
La Winnipégoise exilée en Suisse se suicidera cette semaine. Où sont les organismes de combat contre le suicide en Suisse?
Sur le site de Radio-canada du 23 avril 2013:
(Malheur à celui qui scandalise un coeur d'enfant...)
Susan Griffiths, 72 ans, qui souffre d'atrophie multisystématisée, devrait voir le bout du tunnel cette semaine, après qu'un médecin suisse a confirmé qu'elle était psychologiquement prête à mettre fin à ses jours.
La Winnipégoise atteinte d'une maladie dégénérative incurable a quitté le Canada, début avril, pour la Suisse où le suicide assisté est légalisé.Susan Griffiths doit rencontrer son médecin deux fois en trois jours, afin qu'il s'assure que la décision de mettre fin à sa vie est bien la sienne.« Même le médecin que nous avons rencontré aujourd'hui et d'autres membres du personnel médical ont dit la même chose. S'ils avaient la même maladie que moi, ils feraient exactement la même chose que moi. Intéressant », a déclaré Susan Griffiths au crépuscule de sa vie.Sa deuxième visite est prévue mercredi. Cette rencontre est requise par la loi afin de s'assurer que le patient n'a pas changé d'avis, et qu'il puisse l'exprimer le cas échéant.Après quoi, le médecin pourra prescrire la dose mortelle de médicament à Susan Griffiths, en vue du suicide assisté, jeudi.La Winnipégoise qui eut jadis une vie active est confinée dans un fauteuil roulant dont elle sera bientôt libérée. « Porter des vêtements fait mal. Où que ce soit sur ma peau, cela me fait mal », se plaint-elle.(...)« De temps en temps, ma petite-fille Emma a de la peine. On est en train de rire à propos de quelque chose et ensuite, elle commence à pleurer », avoue Mme Griffiths.Ses proches emplissent ses derniers instants de souvenirs, qui la confortent dans le fait qu'elle ait pris la bonne décision puisque sa maladie la prive peu à peu de liberté.« Je voudrais juste que l'ancienne moi soit de retour, mais cela n'arrivera pas, donc je pourrais juste en finir le plus tôt possible. C'est dur de croire que le temps est venu ».
La seule qui semble avoir un peu de bon sens, c'est la petite fille Emma, qui, à chaque fois qu'elle revient à la réalité, se met à pleurer. Sa grand-mère va se suicider et les membres de sa famille sont assez sans coeur pour l'accepter...
La Cour d'appel de Colombie-Britannique se penche sur le suicide assisté
Des débats qui peuvent avoir des conséquences pour tout le Canada. Sur le site de Radio-Canada du 19 mars 2013:
(Russel Ogden, porte parole de la fondation Farewell, travaillant au suicide d'une population canadienne dépressive)
La lutte pour le droit au suicide assisté a repris lundi en Cour d'appel de la Colombie-Britannique. Le gouvernement fédéral conteste une décision d'un juge de première instance qui a annulé un article du Code criminel interdisant le suicide médical assisté, puis a confié au gouvernement la tâche de réécrire la loi.
La décision rendue l'an dernier par la juge Lynne Smith, qui suspendait néanmoins son jugement pendant un an pour laisser le temps à la Chambre des communes de rédiger une nouvelle loi, avait du même coup accordé une exemption à Gloria Taylor, la plaignante principale dans l'affaire.
Mme Taylor est décédée d'une infection l'an dernier.
(...)
La fondation Farewell, une association provinciale qui veut proposer des services liés au suicide assisté, prendra également part à l'audience et plaidera pour la cause. La fondation a cependant choisi de ne pas attendre un jugement et a déjà mis au point un protocole pour que ses membres puissent assister le suicide d'un autre membre.Le porte-parole de la fondation, Russell Ogden, affirme que certains des membres ne veulent pas mourir seuls et veulent s'assurer que leurs décès soient signalés de manière appropriée aux coroners et à la police.
Il importe que l'interdiction du suicide assisté soit rapidement réinscrite dans la loi.
Une manifestation contre l'euthanasie et le suicide assisté organisée à Québec
(Manif contre l'euthanasie à Strasbourg)
J'ai reçu ce qui suit par courriel hier soir:
Québec, le 14 février 2013,
Chères Québécoises et Québécois,
Le gouvernement du Québec s’apprête à légiférer d’ici la fin de juin 2013 pour permettre l’euthanasie ( déguisée en aide médicale à mourir ) pour les citoyens du Québec âgés de plus de 18 ans, qui ont une maladie grave et irréversible, qui souffrent de douleur physique ou psychologique et qui ne peuvent pas être soulagés par la médecine moderne et qui en font la demande. Cette démarche légaliste est en contravention du code criminel canadien qui bannit toute forme d’homicide, d’euthanasie ou de suicide assisté. C’est inacceptable de considérer cet expédient plutôt que de développer des soins palliatifs universels tel que recommandé par la commission parlementaire « Mourir dans la dignité ».
Je vous invite donc à une manifestation publique qui aura lieu samedi le 9 mars prochain , devant le parlement de Québec, en face de la fontaine de Tourny, de 13 h à 16 h. Il est essentiel que nous fassions connaître notre opposition à ce projet de loi qui va sérieusement menacer à long terme l’intégrité physique des personnes les plus vulnérables de notre société. Parlez-en à votre entourage et invitez-les, écrivez à votre député pour lui faire part de votre opinion.
Vous pouvez apporter vos propres pancartes sur place; il y en aura un certain nombre sur le site pour ceux qui le désirent. Vous pouvez stationner votre voiture au stationnement du palais des congrès ou à celui du Carré D’Youville. Cette manifestation se fera dans le calme et la sérénité. Il nous faut proclamer la vérité dans l’amour : Éphésiens 4,15.
Pour ceux qui voudraient nous donner un coup de main lors de cette manifestation, votre aide sera la bienvenue. J’aimerais aussi connaître le nombre de personnes qui vont participer à la manifestation. Je joins mon courriel. Si vous avec des questions, n’hésitez pas à m’en faire part.
Au plaisir de se retrouver en grand nombre devant le parlement de Québec.
Marc Bergeron, organisateur principal, Québec
Courriel : [email protected]
L'euthanasie est à nos portes -- il faut agir !
Il est temps de sonner l’alarme !
L’euthanasie est à nos portes. Nous n’avons que quelques semaines (trois ou quatres mois tout au plus) pour faire reculer nos députés élus à l’Assemblée nationale pour qu’ils disent « non » à un projet de loi, bientôt déposé par le Parti Québécois, qui visera la dépénalisation de l’euthansie au Québec.
En légalisant l’euthanasie, on crée en quelque sorte un « droit » au suicide. Et lorsque le suicide devient un droit assuré et encadré par l’État, cela donne la permission à certains individus d’en tuer d’autres, selon certains critères (cela vous rappelle quelquechose ?) et l’obligation pour les contribuables de payer le tout ! Pour certaines personnes, cela fera apparemment leur affaire, car ils auront leur mort « propre » et « sans douleur ». Par contre, d’autres personnes (vieillards, personnes handicapées, personnes seules et démunies, personnes dépressives) se sentiront contraintes à demander la mort, à la suite de pressions morales (que ce soit à cause d’une famille impatiente, d’un manque de lits dans les hôpitaux, de chicanes de succession, d’un soutien déficient, etc.).
Il y a aussi le changement sociétal global et majeur qu’une telle politique apportera : dorénavant, le suicide devient une solution aux multiples problèmes de la vie. Comme ces jumeaux belges de 45 ans qui ont reçu la piqûre fatale sous le prétexte qu’ils étaient sourds et craignaient une prochaine cécité, d’autres faisant face à des défis physiques et psychologiques feront à leur tour la queue à la clinique d’euthanasie (voir, p. ex. : « Ma mère a été euthanasiée sans que le médecin ne me prévienne... » )
On tente de nous rassurer en disant que la nouvelle loi sera bien « balisée ». Pour qui nous prennent-ils ?! N’apprendrons-nous jamais de l’histoire ? Prenez parmi plusieurs cas possibles celui de la légalisation de l’avortement. Lorsque cet acte a été légalisé en 1969, il y avait des balises, des critères. Il fallait pour avorter l’aval d’un comité de trois médecins. Il fallait de « bonnes raisons médicales ». Certains, sans doute, prédisait qu’il y aurait tout au plus au Québec quelques centaines d’avortements par année. Dans les premières années, ce fut le cas. En 1971, il y avait autour de 1000 avortements au Québec. Mais le chiffre alla grandissant jusqu’en 1988, où, avec l’arrêt Morgentaler, toutes les belles balises se sont effondrées, pour ne laisser qu’un vide juridique. Nous sommes aujourd’hui rendus à 30 000 avortements par année au Québec, 100 000 au Canada. C’est l’avortement sur demande, pour n’importe quelle raison, jusqu’à la naissance. Voilà la progression en 40 ans. Je ne vois pas en quoi l’euthanasie sera différente : d’ici quelques années, ce qui s’est produit avec l’avortement se reproduira pour l’euthanasie.
Que faire ?
Selon moi, il y a cinq choses qui doivent être faites immédiatement pour arrêter ce projet de loi imminent.
1. Premièrement, l’essentiel : il faut se baisser la tête et prier ! Où que vous soyez, priez un moment pour que Dieu guérisse l’aveuglement spirituel de trop de nos concitoyens qui les mène à croire que le meurtre est un geste de compassion et le suicide un geste digne et salutaire. Demandons aussi pardon d’avoir pu contribuer de quelque façon à ce délabrement général du respect de la vie.
2. Deuxièment, signez le « Manifeste » du Collectif des médecins pour le refus médical de l’euthanasie.
3. Troisièment, et c’est très imporant : Contactez dès que possible votre député provincial. Votre élu doit connaître ce que vous pensez de ce mauvais projet de loi qui sera déposé sous peu : dites-lui « NON à l’euthanasie et au suicide assisté, OUI à une mort digne, sans acharnement thérapeutique, avec soins palliatifs s’il le faut. » Encore mieux : visitez-le ou la en personne ! Si vous ne connaissez pas votre député, appelez l’Assemblée nationale :
Région de Québec : 418 643-7239 Numéro sans frais : 1 866 DÉPUTÉS (1 866 337-8837) ou suivez ce lien.
4. Parlez-en avec votre famille, vos amis et vos connaissances. Grands-parents, parlez-en avec vos enfants et petits-enfants, curé et pasteurs, parlez en à vos ouailles, évêques, mobilisez vos diocèses et chacun de vous : préparez-vous à une mobilisation générale qui est sur le point de voir le jour. (J’espère vous donner d’autres détails dans un prochain message.)
5. Donnez nous les moyens de diffuser nos annonces contre l'euthanasie à la télévision, à la radio et dans les autres médias. Nous sommes présentement en train de traduire et d'adapter pour le Québec une annonce contre l'euthansie qui a été diffusée à la télévision en Ontario.
Avec votre appui, nous serons en mesure de faire la vérité sur les dangers de l'euthanasie pour le Québec. Merci de votre appui !
Et n'oubliez surtout pas de faire suivre ce message à toutes vos connaissances. Il est vraiment minuit moins 5 pour l'euthanasie au Québec. Il est temps de s'activer pour contrer cette menace.
Pour la vie !
Georges Buscemi , président
Pour en savoir plus sur l'euthanasie et le suicide assisté,
les risques et les dérives possibles >>
Véronique Hivon, ministre de l'euthanasie du Québec ?
Dans le journal La Presse du 19 janvier 2013, nous avons eu droit à une entrevue de la ministre déléguée aux Services sociaux responsable du dossier «Mourir dans la dignité», Mme Véronique Hivon.
Notre savante ministre péquiste nous a donné un message très clair en 10 points :
1- L'aide médicale pour mourir dans la dignité se situe dans un continuum de soins en fin de vie ; c'est le soin ultime !
2- Cette aide médicale à mourir n'est pas de l'euthanasie, car c'est très bien balisé.
3- Il ne faudrait pas que le malade demande une aide médicale à mourir parce qu'il n'a pas accès à de bons soins. Cette aide médicale sera un complément de soins en fin de vie.
4- La nouvelle loi va protéger les médecins qui vont aider les grands malades à mourir dignement.
5- La nouvelle loi va contourner le Code criminel du Canada qui défend de pratiquer l'euthanasie. La santé, c'est de compétence provinciale.
6- Quant aux soins palliatifs, le gouvernement va étudier cette problématique. On verra !
7- Les gens qui ont perdu leur lucidité ne seront pas oubliés. La loi sera amendable. Un comité d'experts va se pencher sur cette question.
8- Face aux enfants, aux bébés et aux adolescents très malades et très souffrants, qui va décider ? " Tous les détails seront connus quand le projet de loi sera déposé " dit la ministre. On verra !
9- Le projet de loi va couvrir les maladies graves et incurables. Donc, la loi n'exclura pas le cancer et les maladies dégénératives.
10- Au Québec, la population a eu la maturité de se prononcer sur cette question. Le consensus est très clair en faveur de ce projet de loi. " Il faut prendre acte et ne pas être en retard sur la société ", dit la ministre.
En terminant, Mme Hivon affirme haut et fort " que chaque personne doit avoir une fin de vie conforme à ses valeurs ".
La ministre Véronique Hivon est très claire : elle ira à l'encontre de la majorité des rapports déposés à la Commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement ; ceux-ci refusaient l'euthanasie. Celle-ci sera légalisée au Québec même si Mme Hivon ne veut surtout pas prononcer le mot euthanasie.
Le plus inquiétant en lisant cette interview, c'est de constater que dans un premier temps nous aurons une loi très bien balisée et encadrée, mais que dans un deuxième temps, le gouvernement reste très ouvert pour assouplir et amender cette loi, toujours à la remorque du consensus social.
À moins que nous passions à l'action, la porte de l'euthanasie va très bientôt s'ouvrir. D'ici quelques années, comme dans le cas de l'avortement, nous aurons droit à l'euthanasie sur demande avec notre carte soleil.
Il faut enlever nos lunettes roses et voir en face la triste réalité qui pointe à l'horizon et qui exige que l'on agisse. Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas plutôt présenté un projet de loi sur des soins palliatifs de très grande qualité pour permettre de mourir dans la dignité ? Quand la journaliste de La Presse, Nathalie Collard, a demandé à Mme Hivon si le Québec a les moyens financiers d'offrir à tous les Québécois des soins palliatifs de qualité, pourquoi la ministre s'est-elle empressée de faire du patinage de fantaisie ?
Le gouvernement Marois a fait son lit. L'euthanasie, c'est pour l'État très payant ; mais des soins palliatifs bien organisés et accessibles à toute la population, ça pourrait coûter cher au système de santé, n'est-ce pas ?
Alors, allons-y pour l'euthanasie !
Chère Mme Véronique Hivon, vous avez oublié des choses extrêmement importantes dans votre projet de loi : la valeur incommensurable de la personne humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle.
Votre savante Commission aurait dû consulter Jean Vanier, ce grand personnage unique au monde, qui depuis des décennies s'occupe des personnes handicapées tant au niveau physique qu'intellectuel un peu partout sur la planète. Pour lui, chaque personne est un tsunami d'amour peu importe sa condition. Quel que soit son niveau de maladie, de dégénérescence ou d'immobilité, toutes ces personnes humaines ont une valeur unique, même si la société, de plus en plus décadente, les considère comme un fardeau social.
Votre projet de loi ne s'adresse-t-il surtout pas aux bien-portants qui ne supportent plus de regarder en face la maladie, la douleur, la souffrance et la mort ?
Nous voulons une société parfaite ; les grands malades accaparent notre temps (il faut les visiter) et notre argent (ça coûte cher au système). Alors, l'euthanasie devient la solution miracle pour régler tous les problèmes.
Mais cette solution pratique n'est absolument pas humaine.
Euthanasie : bilan catastrophique
L'émission «Second Regard» à Radio-Canada, le dimanche 20 janvier 2013, nous parlait de l'euthanasie.
Une éminente oncologue, Dre. Catherine Dopché, spécialiste en soins palliatifs en Belgique, nous a brossé un tableau extrêmement sombre de ce qui se passe dans ce pays décadent.
"Le bilan est catastrophique" a-t-elle déclaré à la télévision.
À cet endroit, l'euthanasie a été légalisée il y a 10 ans. Au début, il y a eu 12 demandes d'euthanasie la première année. En 2012, il y a eu 1100 demandes et on prévoit que ce nombre augmentera de 10 % à 15 % par année.
Pour cette grande spécialiste de la vie, ceux et celles qui font la promotion de l'euthanasie et du suicide assisté nous mentent en pleine face pour mieux faire passer leur message sur cette supposée belle mort en inculquant dans la tête du bon peuple toutes sortes de fausses idées biaisées et tordues.
En Belgique, après toutes ces années où la culture de la mort a triomphé, on a réduit la personne humaine à un vulgaire objet qu'on peut jeter à notre convenance.
Avec l'euthanasie, au lieu de servir la personne, on la détruit.
Évidemment, l'animateur vedette de l'émission «Second Regard», un grand partisan de l'euthanasie sur demande, a bien essayé de contredire et de tasser dans le coin notre brave médecin, mais il n'a pas réussi.
Coup de théâtre : à la fin de ce reportage, on nous a annoncé quelque chose de tout simplement tragique, écœurant et dégoûtant. Le docteur Dopché, les larmes aux yeux, nous a informés que la Belgique songe maintenant à amender très bientôt la loi qui encadre l'euthanasie. Le consensus populaire serait prêt pour accepter que l'euthanasie soit rendue accessible pour les bébés, les enfants et les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer...
*****
Ici au Québec, société hyper distincte, le gouvernement va bientôt voter sa chère loi pour légaliser l'euthanasie, tout en violant le Code criminel canadien. Les partis politiques de l'Assemblée nationale semble être unanimes sur cette question.
Les grands ténors du gouvernement chantent sur tous les toits que cette loi inique sera très bien entourée de balises et d'un encadrement qui va empêcher les dérapages. Quelle belle illusion ! C'est de la poudre aux yeux !
Nous nous préparons au Québec à ouvrir «La boîte de Pandore» où la mort sera une option socialement acceptable et très valable à envisager pour les personnes souffrantes, les dépressifs et les gens suicidaires.
Quand la Ministre responsable de ce dossier, Mme Véronique Hivon, nous parle de sérénité, de dignité et de médecine moderne sans jamais prononcer le mot euthanasie, elle nous abreuve de dogmatisme, de tromperies et de mensonges. Elle utilise une façon tordue pour susciter l'adhésion à son projet de loi.
Quand la Ministre nous dit que ce «beau» projet de loi est dicté par l'opinion générale et l'évolution des mentalités, cela me fait bien rire. Faut-il s'ajuster continuellement à la décadence sociale et morale d'une société qui a perdu tous ses repères ?
«Aide médicale à mourir», voilà l'expression trompeuse et bonbon pour imposer l'euthanasie au bon peuple. On devrait plutôt parler d'aide médicale pour bien vivre la fin de sa vie : voilà le devoir de la médecine.
Comme en Belgique, cette loi sera vite amendée au gré des pressions populaires. On finira bien par arriver à l'euthanasie sur demande (comme l'avortement). Alors, les bébés et les enfants trop malades seront éliminés ainsi que les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, car ils coûtent très cher au système de santé.
Aurons-nous droit maintenant au Québec, comme en Belgique, aux maisons de la «belle» mort où tout sera fait gratuitement et très proprement selon les règles avec la carte soleil ?
L'euthanasie, j'en suis convaincu, va surtout soulager la souffrance des médecins et celle des familles concernées, car le malade reste pour plusieurs, y incluant le gouvernement, un poids énorme qui dérange.
Avec cette populaire loi, nous aurons «le meilleur des mondes» tel que prédit, il y a plusieurs décennies par le grand romancier Adlous Huxley. J'invite les lecteurs à relire ce fameux roman.
Questions d'une personne polyhandicapée, M. Jacques Théberge, suite à la nouvelle du suicide assisté de David Audesse
Sur le site du Journal de Montréal du 10 janvier 2012 :
(Jacques Théberge, polyhandicapé)
(Pour voir la courte et très bonne entrevue avec M. Théberge, cliquez ici.)
M. Théberge s'est confié à Mario Dumont jeudi matin. Il pense que David Audesse a peut-être manqué de support et d'encadrement pour pouvoir prendre conscience qu'il y a un flot de possibilités, même en étant polyhandicapé.
La vague de messages de compassion publiés sur la page Facebook de LCN quant au geste posé par le jeune homme a fait réagir M. Théberge.
«Moi-même, étant venu au monde avec un handicap, j'ai connu dès le départ le fait que mes parents n'ont pas accepté mon handicap, a-t-il raconté. Ils ont même choisi de m'abandonner à la naissance».
«Ç’a aurait été quoi là, quand on parle de suicide assisté, le résultat de ma vie?, s’est-il questionné. Jusqu'où j'aurais pu poursuivre si on avait légalisé ce genre de chose là comme on discute de la légalité de l'avortement par exemple?»
(...)
«La question qu'il faut se poser, c'est : "quel genre de soutien David a reçu de la part du milieu, du réseau?» a-t-il poursuivi. Et du côté de son entourage, de son environnement familial, ses proches, quel genre d'outils ces gens-là ont eu? Et est-ce qu'ils en ont d'abord reçu? Étaient-ils adéquats?»
Une personne concernée qui pose les bonnes questions!

