Un juge italien choisit le suicide assisté (Suisse) sous prétexte qu'il est atteint de la Syphilis
Sur le site de directmatin.fr du 5 novembre 2013 :
(La Ministre Véronique Hivon saura vous rassurer... La légalisation de l'euthanasie au Québec ne peut permettre des erreurs d'interprétation par des médecins ici...)
(Photo : creehealth sur flickr.com, licence Creative Commons)
L'affaire n'est pas simple. Selon 20minutes.ch, le juge Pietro A. - un magistrat d'origine italienne - aurait décidé de mettre fin à ses jours dès 2010 en prenant contact avec une organisation nommé Dignitas qui oeuvre à la mise en place de l'euthanasie.
Deux démarches en trois ans
Après avoir payé 10.000 Francs suisses (environ 8.135 euros), il avait finalement renoncé à son dessein. Trois ans plus tard, en mars 2013, il reprend contact avec Erika P., le médecin qui l'avait pris en charge et qui a depuis rejoint la Fondation Eternal Spirit, également engagée en faveur de l'euthanasie.
Le médecin donne son feu vert moyennant le versement d'une nouvelle somme de 10.000 Francs suisses. Le contreseing obligatoire d'un second médecin est rapidement obtenu et le juge Pietro A. peut alors recevoir les substances létales nécessaires à son suicide. Le 11 avril, il met fin à ses jours dans les locaux de la fondation à Bâle.
Syphilis et dépression
Sauf que dans sa lettre d'adieux, il explique qu'il souffre d'une "simple" syphilis, curable depuis l'introduction de la péniciline. Par ailleurs, des témoignages révèlent surtout que l'homme souffrait d'une profonde dépression depuis sa démission provoquée par un revers professionnel en 2010. Deux maux insuffisants pour justifier un suicide assisté en Suisse.
Malgré les excuses d'Erka P., la famille de la victime a décidé de porter l'affaire sur le terrain judiciaire en portant plainte, (...)
Un médecin américain dénonce le projet de loi 52 (euthanasie)
Sur le site de newsire.ca du 27 octobre 2013 :
(On retrouve également un article sur le sujet dans le Journal de Montréal du 28 octobre 2013, 27 octobre sur le site)
(Photo :.MrArifnajafov, sur wikimedia.org)
MONTRÉAL, le 27 oct. 2013 /CNW Telbec/ - 2 jours avant un vote de principe sur le projet de la loi 52 à l'Assemblée nationale, la Coalition des médecins pour la justice sociale a présente un médecin de l'état d'Oregon, le Dr Kenneth Stevens. Il a décrit comment la loi sur le suicide assisté en Oregon au cours des dernières quinze années, a causé des centaines de suicides assistés. Il a décrit également comment, si le projet de la loi 52 sur l'euthanasie est adopté au Québec, des centaines de Québécois mourront chaque année par la main des médecins
Le Dr Kenneth Stevens est un cancérologue réputé avec plus de 40 ans d'expérience. Il est également professeur émérite et ancien directeur du département de radio-oncologie, Oregon Health & Sciences University, Portland, Oregon. Il a traité des milliers de patients atteints de cancer.
Pour être éligibles, selon la loi de l'Oregon, les patients doivent être considérés comme ayant moins de 6 mois à vivre. Le Dr Stevens a déclaré que la capacité de diagnostiquer et prédire la survie des personnes à la "fin de vie " avec des mois, voire des années à vivre manque de fiabilité. Beaucoup de patients qui sont considérés comme «terminaux » ou en « fin de vie» ne sont pas nécessairement à la veille de décéder.
Le Dr Stevens a décrit un patient dans la quarantaine chez qui on a diagnostiqué en 2004 un cancer avancé avec 13 tumeurs dans le foie et plus de 70 au poumon. La biopsie initiale a montrait " un adénocarcinome du foie. " On l'a informé d'un pronostic de survie de moins de 6 semaines. Suite à ces mauvaises nouvelles, il a vendu plusieurs de ses actifs et il a acheté sa sépulture. Quand il s'est rendu compte qu'il se sentait bien, il a demandé un deuxième avis. Après avoir consulté d'autres pathologistes, on a finalement conclu que sa condition était un " hémangioendothéliome épithélioide " qui peut être une condition chronique et non fatale. Maintenant, 9 ans plus tard, il se porte bien et il est heureux d'être en vie sans traitements contre le cancer.
Le Dr Stevens a décrit comment des centaines de « cas désespérés » avec des traitements peuvent continuer à survivre de nombreuses années précieuses ou même être guéris. Les administrateurs d'hôpitaux et les médecins auraient abandonné ces personnes sans leur offrir de traitement. Quatre autres de ses patients ont été présentés. L'une était une femme de 30 ans avec un cancer du foie qui avait produit des métastases dans sa poitrine et on lui avait annoncé « qu'il lui restait peu de temps à vivre. " Grâce à une combinaison de radiothérapie et de chimiothérapie, elle a vécu plus de 20 ans avec une vie de qualité. Un étudiant de 18 ans avec un glioblastome multiforme (la forme la plus maligne de cancer du cerveau) a reçu un traitement. Il a obtenu un diplôme du collège, puis de la faculté de droit, il a passé l'examen du barreau Oregon, il s'est marié et a eu 2 enfants, il a été élu au conseil municipal et il a survécu plus de 20 ans. Une autre femme de 50 ans avec un lymphome avancé, était alitée et incapable de se tenir debout ou de marcher. Elle a reçu des traitements de radiothérapie avec une résolution totale de sa maladie. Tous ces patients ont été traités en dépit de « mauvais pronostics » et des doutes émis par d'autres médecins qui mettaient en doute l'utilité de ces " traitements agressifs et inutiles " pour ces conditions très sévères.
Selon le Dr Stevens, d'autres personnes sont encouragées à renoncer aux soins en raison de l'existence de la loi sur le suicide assisté. Le message des partisans du suicide assisté est que « les médecins peuvent faire un meilleur travail en vous tuant plutôt qu'en s'occupant de vous. "
Jeanette Hall, une patiente du Dr Stevens, était présente à la conférence et elle a apporté son témoignage. En 2000, on a diagnostiqué un cancer du gros intestin avec une prédiction de survie de six mois à un an en l'absence de traitement. Elle considérait la chimiothérapie et la radiothérapie comme des traitements qui ne lui inspiraient pas confiance. Elle a demandé le suicide assisté comme prévu par la loi de l'État de l'Oregon. Le Dr Stevens était en désaccord avec sa décision de suicide assisté et il l'a convaincue de procéder à la radiothérapie et la chimiothérapie. Elle est maintenant très heureuse d'être en vie 13 ans après le traitement du cancer et de ne pas avoir fait le choix de mourir avec une dose létale de barbituriques
Le Dr Stevens croit que les gens qui ne sont pas mourants sont attirés par le suicide assisté. Ils reçoivent une information erronée leur laissant croire que leur état de santé est irréversible et ils sont découragés de se soumettre à un traitement qui est «exagérément agressif et relevant de l'acharnement thérapeutique ". Le Dr Stevens explique que « l'acharnement thérapeutique » est un terme relatif et ne peut être définie qu'avec le recul. Si un patient subit un traitement pour une maladie très grave et qu'il survit - une telle thérapie ne relève pas de l'acharnement thérapeutique puisqu'elle a réussi. Les gens se voient refuser des traitements qui pourraient prolonger et sauver leurs vies. Le Dr Stevens a également souligné comment les incitations financières dans le plan de santé du gouvernement de l'Oregon orientent les patients vers le suicide. En Oregon, les programmes du gouvernement déterminent des limites dans les soins contre le cancer. Le Dr Stevens prévoit que si le suicide assisté ou l'euthanasie est légalisée au Québec, la Régie de d'assurance maladie du Québec pourrait suivre une tendance semblable limitant la couverture des soins contre le cancer et ainsi encourager l'euthanasie.
(...)
Pour plus d'informations et de références supplémentaires, y compris des vidéos :
visiter- coalitionmd.org
SOURCE Coalition des médecins pour la justice sociale
Bas de vignette : "Mme Jeanette Hall (Groupe CNW/Coalition des médecins pour la justice sociale)". Lien URL de l'image : http://photos.newswire.ca/images/download/20131027_C7512_PHOTO_FR_32620.jpgBas de vignette : "Dr Kenneth Stevens (Groupe CNW/Coalition des médecins pour la justice sociale)". Lien URL de l'image : http://photos.newswire.ca/images/download/20131027_C7512_PHOTO_FR_32622.jpg
Renseignements :
Renseignements:
Dr Paul Saba md
514-886-3447
514-249-8541
[email protected]
Coalitionmd.org
Gaspiller sa vie par le suicide assisté, une conférence d'un médecin de l'Oregon
Sur le site de newswire.ca du 24 octobre 2013 :
(Photo : auberge Bonaparte à Montréal où aura lieu la conférence. De ssstock sur flickr.comLicense Creative Commons)
MONTRÉAL, le 24 oct. 2013 /CNW Telbec/ - La Coalition des médecins pour la justice sociale présente un médecin et son patient de l'état d'Oregon, où le suicide assisté est légal.
Dr Kenneth Stevens est un cancérologue avec plus de 40 ans d'expérience. Il est également professeur émérite et ancien directeur du département de radio-oncologie, Oregon Health & Sciences University, Portland, Oregon. Il a traité des milliers de patients atteints de cancer.
Jeanette Hall, une patiente de Dr Stevens, est heureuse d'être en vie 13 ans plus tard; elle lui a demandé de «faire» la loi de l'Oregon, c'est-à-dire de lui prescrire la mort avec une dose létale de barbiturates.
En 2000, un autre médecin a diagnostiqué un cancer chez Jeanette et lui a prédit une survie de six mois à un an en l'absence de traitement. Le médecin l'avait référée au docteur Stevens pour la radiothérapie et la chimiothérapie. Jeanette, cependant, avait apporté son soutien à la loi de l'Oregon. Elle avait décidé de profiter des dispositions de la loi de l'Oregon en place.
Dr. Stevens ne croit pas au suicide assisté. Il croyait aussi que les chances pour Jeanette avec le traitement étaient bonnes. Il l'a convaincu de se faire traiter au lieu de « faire la loi de l'Oregon. »
Dr. Stevens va expliquer comment l'existence du suicide assisté a dirigé Jeanette Hall vers le suicide assisté. Il parlera également comment les incitatifs financiers dans le plan de santé du gouvernement de l'Oregon favorisent l'option du suicide. Dr. Stevens va expliquer comment, si le suicide assisté ou l'euthanasie est légalisée au Québec, le gouvernement du Québec pourrait suivre un modèle semblable - c'est à dire payer des frais d'assurances pour amener des patients vers la mort et non vers la vie.
Dr. Paul Saba, un médecin de famille et co- président de la Coalition des médecins pour la justice sociale va montrer comment la loi sur l'euthanasie proposée par Québec va encourager les québécois, mêmes les jeunes adultes atteints de maladies curables, d'accepter l'euthanasie et donc de gaspiller leur vie. La politique de la Coalition contre l'euthanasie est appuyée par l'Association médicale mondiale représentant neuf millions de médecins.
Date : 25 Octobre 2013
Heure: 10:30
Lieu: Auberge Bonaparte
447, rue Saint -François- Xavier
Montréal, QC H2Y 2T1
(À côté du Théâtre Centaur)Pour plus d'informations et de références supplémentaires, y compris des vidéos : visiter- coalitionmd.org.
SOURCE Coalition des médecins pour la justice sociale
Renseignements :Dr Paul Saba
514-886-3447
514-249-8541
[email protected]
Coalitionmd.org
Suicide assisté sur demande en Hollande : un aide-suicide est acquitté
Sur le site du journal La Presse du 22 octobre 2013 :
(Photo : Wikipédia : Sponge)
Un tribunal néerlandais a décidé de ne pas imposer de peine de prison à un homme reconnu coupable d'avoir aidé sa mère âgée de 99 ans à se suicider en 2008, a annoncé le tribunal de Zutphen (est), appelant au débat public.
Albert Heringa, 77 ans, «a délibérément choisi de ne pas respecter les règles», a indiqué le tribunal dans un communiqué. «Mais vu que le tribunal est convaincu qu'il a agi par amour pour sa mère, il ne sera pas puni».
(...)
L'histoire de M. Heringa et de sa mère avait fait l'objet d'un documentaire diffusé en février 2010.
Le documentaire montre notamment le moment où Mme Heringa fait ses adieux à sa petite-fille. «J'ai hâte», dit-elle notamment. On y voit également le moment où elle ingurgite les pilules apportées par son fils.
(...)
L'aide au suicide telle que celle fournie à Mme Heringa est illégale et son fils, par l'intermédiaire du documentaire et de sa présence occasionnelle sur des plateaux de télévision, souhaitait contribuer au débat public.
De plus en plus de voix s'élèvent aux Pays-Bas pour revendiquer le droit à l'aide à «partir de manière digne», une fois sa vie «accomplie», et pas seulement lorsque les critères de la loi sur l'euthanasie sont remplis.
«Le tribunal rend son jugement pleinement conscient d'être dans une époque qui voit croître les possibilités de la médecine et l'espérance de vie, une époque dans laquelle les gens se soucient de l'autodétermination, leur capacité à garder leur propre identité et qualité de vie», souligne le communiqué.
«Le débat public doit très certainement avoir lieu», a poursuivi le tribunal, avant d'ajouter : «c'est au monde politique de décider si oui ou non il faut faire quelque chose».
La Cour d'appel de la Colombie-Britannique se prononcera aujourd'hui sur le suicide assisté
Sur le site de Radio-Canada du 10 octobre 2013 :
(Gloria Taylor)
La Cour d'appel de la Colombie-Britannique doit annoncer jeudi matin si elle confirme ou non qu'interdire le suicide assisté au Canada est inconstitutionnel.
Le gouvernement fédéral avait porté l'affaire devant cette cour l'an dernier, après que la Cour suprême de la province eut invalidé la loi canadienne interdisant le suicide assisté.
La juge Lynne Smith avait toutefois suspendu son jugement pendant un an, le temps pour la Chambre des communes de rédiger une nouvelle loi prenant compte de sa décision. Elle avait également accordé une exemption à une des plaignantes, Gloria Taylor, afin de permettre à cette malade de 63 ans d'avoir recours à un suicide assisté, si elle le souhaitait.
Cependant, quelques mois plus tard, Gloria Taylor est morte à la suite de complications liées à une infection.
(...)
Le directeur général de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA), Josh Paterson, qui a appuyé Gloria Taylor dans sa lutte, envisage déjà que l'affaire se rendra devant la Cour suprême du Canada.
Une aveugle se suicide en Hollande, avec la bénédiction de la loi...
Sur le blog de Jeanne Smits du 7 octobre 2013 :
Le quotidien néerlandais Trouw rapporte cette double information : l'an dernier, aux Pays-Bas, une femme de 70 ans a bénéficié d'une assistance au suicide parce qu'elle était devenue aveugle et ne le supportait pas, et – deuxième fait remarquable – l'acte vient d'être évalué comme conforme à la loi. Exceptionnellement, les cinq commissions régionales d'évaluation se sont toutes penchées sur le cas jugé inhabituel. Elles l'ont toutes approuvé.
La victime était malvoyante de naissance. Ces dernières années sa vision avait été réduite à néant et elle manifestait depuis huit ans le désir de mourir, aggravé par la mort de son mari et par le fait qu'elle vivait seule. Elle ne souffrait d'aucune autre maladie ou affection. Elle avait fait plusieurs tentatives de suicide et avait essayé de cesser de boire et de manger, sans parvenir à « tenir bon » assez longtemps pour mourir.
(...) « Ainsi elle était très soignée et elle trouvait cela épouvantable de ne pas pouvoir voir les éventuelles taches sur ses vêtements. Acheter des vêtements, une activité qui lui avait procuré tant de plaisir, était devenu une corvée insupportable. »
Vous avez bien lu : c'est pour des questions d'apparence que cette femme s'est fait supprimer. Et une incroyable dose d'amour-propre : elle ne voulait pas être en maison de soins et elle refusait d'avoir un chien guide d'aveugle « Je veux bien sortir le chien, disait-elle ; je ne veux pas qu'il me sorte. »
Etait-elle dépressive ? Un psychiatre l'a entendue et, bien qu'elle pleurait tous les jours, a décidé que non.
Et ce sont d'autre médecins : Mme Bruin et les responsables de la clinique de fin de vie, qui ont décidé qu'en effet sa souffrance – psychique en l'occurrence – était insupportable et sans perspectives, la condition nécessaire mais aussi suffisante pour qu'une personne en mesure d'exprimer sa volonté puisse réclamer une euthanasie ou une assistance au suicide. Dans cette décision « médicale » il y a aussi une part de subjectivité… Il n'a pas été question d'une interprétation plus large de la loi, assure Steven Pleiter, directeur de la clinique.
La patiente s'est donc suicidée l'an dernier, en présence de ses enfants et de Lia Bruin qui n'avait jamais assisté à une « fin de vie volontaire ». C'est elle qui lui a tendu le cocktail lytique. Bruin raconte qu'elle n'a jamais vu personne boire avec autant d'avidité une mixture aussi infecte.
Commentaire de la clinique de fin de vie : on a peut-être évité un suicide inhumain.
Tous les suicides sont inhumains...
Il n'existe pas de « droit » au suicide. Une réplique à un article de Comte-Sponville sur le «droit » de mourir
Sur le site de la revue Le Monde des Religions du 28 août 2013 :
(Le philosophe Jacques Ricot)
Pour lire au préalable l'article d'André Comte-Sponville, cliquez ici.
(...)Le suicide est un fait que le droit n’approuve ni ne désapprouve. Pourrait-il être, en certaines circonstances, un acte libre, résultant d’un constat lucide ? Quand, par exemple, les infirmités s’accumulent ? La réponse ne peut pas s’appuyer sur l’invocation incantatoire de cas douloureux comme celui de Vincent Humbert ou de Chantal Sébire, dont on sait aujourd’hui que le récit médiatique fut particulièrement déformé, ou sur l’apparente évidence de l’exercice d’une liberté qui ne porterait pas atteinte à celle d’autrui.Pour exprimer la décriminalisation du suicide, décidée pendant la Révolution française, les juristes parlent de liberté « civile » ou encore « personnelle ». Laissons de côté la question philosophique de la nature de la liberté de l’acte de se supprimer puisque que toutes les autres issues semblent bouchées, et observons seulement que la liberté dont parlent les juristes n’est, en aucune manière, assimilable à un droit ouvrant à une créance de l’État. Pour quelles raisons, cette liberté ne doit pas être convertie en droit, fût-ce en un droit encadré, recensant des exceptions à la règle générale qui demande à ce que l’on prête assistance à personne en péril ? À ce jour, les tribunaux, qui n’ont jamais condamné les complices d’un suicide, veillent surtout à ce qu’il n’y ait point de provocation au suicide. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas légaliser l’assistance au suicide comme quelques (rares) pays ont cru devoir le faire ?Première réponse : quand l’exception s’inscrit dans la loi, elle perd son statut de transgression, ce dont Paul Ricœur s’était ému quand cette éventualité avait été envisagée en l’an 2000. Il avait alors vigoureusement récusé que le législateur pût donner sa caution à ce qui devait demeurer, selon lui, dans le champ d’une « éthique de la détresse ».Deuxième réponse : le droit pénal n’a pas qu’une fonction répressive, il exerce aussi une fonction expressive traduisant les valeurs d’une société. Robert Badinter, pour cette raison, refusait que l’individu pût disposer d’une créance contre la collectivité et l’État, afin d’exercer un droit opposable au suicide.Troisième réponse : pour individuel qu’il soit, l’acte de se suicider n’est pas sans répercussion sur l’entourage et, de proche en proche, sur le corps social tout entier. La collectivité, tout en se montrant compatissante, ne saurait, pour son propre équilibre, légitimer fût-ce en les encadrant, les pulsions mortifères de ses membres.Certains ayant les moyens de se suicider en douceur et d’autres non, on exige parfois de rétablir l’égalité en récusant ce qui paraît être une discrimination. Mais c’est un raisonnement spécieux qui confond une possibilité de fait, que la société ne réprime ni n’encourage, et un droit.La question soulevée n’est donc pas celle du désir de suicide exprimé par des individus, désir qui demeure de l’ordre de la décision intime et souvent énigmatique où il est bien délicat de tracer une ligne de partage entre la détresse existentielle, le désarroi psychique et la volonté de toute-puissance. Le problème posé est alors celui du sens de la réponse sociale à une telle demande.Jacques Ricot est auteur de Éthique du soin ultime (Presses de l’EHESP, 2010), Dignité et euthanasie (2003), Philosophie et fin de vie (2003), Du bon usage de la compassion (PUF, 2013).
La légalisation de l'euthanasie n'est pas sécuritaire. Il faut assurer en priorité la sécurité des patients
par Alex Schadenberg • 23 août 2013
Des études officielles aux Pays-Bas et en Belgique indiquent que certaines euthanasies n’ont pas été volontaires (elles ont eu lieu sans demande du patient) et que les violations de la loi sont monnaie courante.
Lorsque l’on fait des recherches statistiques sur le suicide assisté et l'euthanasie, il est intéressant de voir comment le lobby de l’euthanasie a créé ses propres études pour dissimuler la réalité de la «mort assistée» dans les pays où elle a été légalisée.
Des études récentes portant sur la loi belge sur l'euthanasie, indiquent qu'un nombre important de «décès assistés» se produisent sans demande. Une étude publiée dans le CMAJ a révélé que 32% de tous les « décès assistés » dans la région flamande de la Belgique ont été effectués sans demande du patient.
Une autre étude publiée dans le BMJ en novembre 2010 a révélé que 47% des « décès assistés » dans la région flamande de la Belgique n'ont pas été déclarés.
Une méta-analyse de la pratique de l'euthanasie aux Pays-Bas en 2010 qui a été publiée dans la revue The Lancet en juillet 2012, a révélé que 23% des « décès assistés » dans les Pays-Bas n'ont pas été déclarés et 192 « décès assistés » ont été faits sans demande du patient.
Une étude publiée dans le CMAJ en juin 2010 examinant le rôle du personnel infirmier dans les euthanasies en Belgique, a constaté que les infirmiers et infirmières euthanasiaient des patients, et deux infirmières ont admis avoir euthanasié un patient sans consulter un médecin, même si la loi réserve exclusivement aux médecins l'acte d'euthanasie.
Les données de ces études prouvent que les « morts assistées » qui sont faites sans demande du patient, les « morts assistées » qui sont faites par des infirmières sont les mêmes « décès assistés » qui ne sont pas signalés.
Étant donné que les études sur l'euthanasie qui ont été faites par les partisans de l'euthanasie se limitent aux « morts assistées » qui sont déclarées, ces études créent un faux sentiment de sécurité. Les « décès assistés » sans demande du patient et les violations de la loi ne sont généralement pas signalés.
Le fait est que la légalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté est dangereuse et les études des juridictions qui ont examiné tous les décès, le prouvent.
Fournir aux médecins le pouvoir de directement et intentionnellement causer votre mort suppose que tous les médecins se conduisent selon une éthique rigoureuse et que tous les actes seront effectués conformément à la loi. Il s'agit d'une grosse supposition.
L’euthanasie et le suicide assisté doivent rester interdits, pour la sécurité des patients.
L'euthanasie et le suicide assisté en Belgique et aux Pays-Bas : la pente est de plus en plus glissante et inquiétante
par Peter Saunders, traduction de Campagne Québec-Vie
Docteur Peter Saunders (photo) a été récemment interviewé par Emily Graves de la radio Crossrhythms à propos des actions en vue de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté dans le monde entier. Voici un extrait de l'entrevue, axée sur les développements récents en Belgique et aux Pays-Bas. La transcription complète est disponible en ligne.
Emily : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce qui se passe en Belgique en ce moment?
Peter : Une partie de la difficulté que nous avons, c'est que cela n'a pas été très bien rapporté dans les médias, qu’ils soient diffusés par écrit ou sur les ondes. Ce que nous pouvons réunir (comme information), c'est qu'en Belgique l'euthanasie a été légalisée en 2002, mais seulement pour les adultes qui ont leur pleine capacité mentale, des personnes de plus de 18 ans. Et ce que la Belgique veut faire maintenant c’est de l'étendre aux enfants de moins de 18 ans ainsi qu’aux adultes qui ne sont pas mentalement compétents, certains d'entre eux souffrant de la maladie d'Alzheimer ou de démence. C'est une énorme décision qui va ouvrir les digues encore davantage.
Emily : Lorsqu’il s’agit spécifiquement d'un enfant, à quel âge fait-on allusion? Quelle est la limite, le point de démarcation ?
Peter : Ils disent que l'enfant doit être assez vieux pour prendre une décision. On peut supposer que cela s'applique aux enfants plus âgés qui ont moins de 18 ans. Toutefois, cela soulève une question : si l’on considère que l’enfant n'est pas assez âgé pour prendre un verre, voter, se marier, conduire une voiture, alors pourquoi lui donne-t-on la permission de prendre la décision la plus importante de toutes, à savoir s’il peut décider qu’on mette fin à sa vie? Cela soulève de vraies questions, comment vont-ils déterminer si la souffrance d'un enfant est assez grande? Est-ce que tout va être défini subjectivement en fonction de l'avis du médecin? Comment vont-ils s’assurer que l’enfant prend une décision libre de toute contrainte, une décision mature qui est bien pensée? Cela soulève toutes sortes de questions au sujet des failles dans la loi et des extensions de celle-ci.
Emily : Est-ce qu'un enfant a une compréhension complète de ce que cela pourrait signifier pour lui?
Peter : Nous parlons d'adolescents, n’est-ce pas, et nous savons tous que les adolescents prennent souvent des décisions très impulsives qui ne sont pas mûrement réfléchies. Celles-ci portent sur des questions de style de vie, vais-je avoir des relations sexuelles, vais-je boire, vais-je fumer, vais-je conduire une voiture de cette façon et ainsi de suite et les (décisions) des adolescents ne sont notoirement pas bonnes parce que leurs cerveaux ne sont pas encore développés à ce stade pour penser correctement aux conséquences des décisions. Oui, je pense que c'est effectivement très dangereux.
Emily : Si ces propositions vont de l’avant, pensez-vous que cela encouragera d'autres pays à suivre le même chemin?
Peter : Je souhaiterais que les autres pays voyant ceci soient horrifiés et ne veuillent absolument pas aller dans le même sens que la Belgique. J'espère que telle sera la réaction.
Emily : Depuis 2005, les Pays-Bas ne poursuivent pas les médecins qui effectuent l'euthanasie sur des mineurs, tant que l'acte du médecin est conforme à un ensemble de directives médicales surnommé «Le Protocole de Groningen ». Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet?
Peter : Le Protocole de Groningen porte le nom de la grande ville des Pays-Bas où il a été développé. C'est quelque chose de tout à fait particulier, vraiment. Aux Pays-Bas il est censé être illégal d'offrir l'euthanasie pour les mineurs et les bébés, mais ils ont créé un système dans lequel les bébés qui sont handicapés ou qui ont des maladies tellement graves qu'ils ont peu de chances de survivre peuvent subir une euthanasie involontaire. C'est évidemment bien avant qu'ils soient capables de prendre des décisions pour eux-mêmes. Ce qui se passe, c'est que si le médecin peut cocher une série de cases, le pouvoir judiciaire ferme simplement les yeux et permet de passer à l’action. C'est extrêmement controversé.
Quand cela a été décrit pour la première fois dans un journal médical revu par des pairs en 2005, ils ont rapporté, sur une période de sept ans, 22 cas de bébés atteints de spina bifida qui avaient reçu une injection létale, et ils ont dit qu'il y en avait probablement beaucoup plus. En fait, l'Association médicale néerlandaise vient de publier un rapport disant qu'ils pensent qu'il y a environ 650 bébés chaque année qui pourraient recevoir les injections létales en vertu de ce protocole. Cela semble maintenant avoir été accepté aux Pays-Bas : si vous êtes un enfant ayant des besoins spéciaux, alors votre vie n'est pas digne d'être vécue, et vous pouvez effectivement être « buté » par les médecins avec, de plus, le consentement de vos propres parents. Beaucoup de parents donnent un consentement à cet effet. Et comme vous pouvez l’imaginer, le lobby des droits des personnes handicapées est absolument furieux et scandalisé à ce sujet. Ils disent : « Vous êtes en train de dire que ma vie n'est pas digne d'être vécue, parce que cet enfant avec le même état que moi a été tué sans avoir son mot à dire dans ce que ce soit. » C'est un précédent très dangereux et inquiétant, tout d'abord, de dire qu’une telle vie n’est pas digne d'être vécue et de permettre à certains de porter ce jugement sur la vie de d’autres ; et, d’autre part, que le principal moteur de décision aux Pays-Bas soit maintenant la supposée souffrance que la famille ressent. Autrement dit, si vous et votre famille êtes accablés parce que l‘un d’entre vous est atteint d'une maladie, alors il est bien de tuer cette personne malade.
Emily : Pensez-vous que ce protocole a encouragé la Belgique à considérer le projet de loi sur l'euthanasie des enfants?
Peter : Oui. La différence est que dans le cadre du Protocole de Groningen aux Pays-Bas, nous parlons de bébés handicapés. Alors qu’en Belgique il s’agit de mineurs, d’adolescents de moins de 18 ans, donc c'est différent. En Belgique, cela va être légalisé, alors qu’aux PaysBas, ce n'est pas légal, mais la justice ferme les yeux. Il y a quelques différences, mais nous avons vu que partout où l’euthanasie et le suicide assisté sont légalisés, vous obtenez ce que nous appelons l'extension progressive; une pente glissante. Vous obtenez de plus en plus de cas chaque année ; en fait, en Belgique, il y a eu une augmentation de 5000% du nombre annuel de cas enregistrés depuis la première année en 2002. Et cela croît régulièrement tous les ans. Aux Pays-Bas, depuis 2006, il y a eu une augmentation de 15% à 20% chaque année. Aux Pays-Bas ils parlent maintenant de l’étendre aux patients atteints de démence et déjà les premières euthanasies de tels malades ont eu lieu. Il y a un grand nombre de personnes aux Pays-Bas aujourd'hui, une personne sur huit, dont le décès est dû à ce que nous appelons la sédation terminale : les médecins suspendent l’alimentation et l’hydratation et donnent de fortes doses de sédatifs, avec l'intention délibérée que le patient ne sortira pas de cette sédation et ne survivra pas. Nous pouvons vraiment observer aux Pays-Bas le phénomène de l’extension progressive de l’euthanasie et l’effet de pente glissante.
Emily : Pour en revenir à la Belgique, il s'agit d'une étape très importante : si cette loi est adoptée, la Belgique serait le premier pays à légaliser l'euthanasie des enfants. Quelles en seront les conséquences pour le pays?
Peter : Ce que nous voyons, chaque fois qu'une nouvelle loi (permettant l’euthanasie) est introduite c'est, en premier lieu, que les gens commencent à pratiquer la nouvelle loi, il y aura donc l'euthanasie des enfants. Ensuite, on observe que les gens vont au-delà de la nouvelle loi, ils repoussent les limites et vous vous apercevez qu'elle est appliquée dans des cas moins graves. Ça ne va pas être long avant que quelqu'un pose la question de l’euthanasie des bébés, comme les Pays-Bas l'ont fait. La troisième chose qui se passe, et peut-être la plus inquiétante, c'est que la conscience publique commence à changer, et que des actes qui auraient horrifié les personnes de la génération précédente ne dérangent plus beaucoup les gens à la génération suivante. Nous l'avons vu dans le cas parallèle de l'avortement : il y a 50 ou 60 ans, l’avortement aurait été absolument impensable pour la plupart des gens en Grande-Bretagne ; mais nous avons maintenant 200.000 cas par an et une grossesse sur cinq se termine par un avortement. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le même phénomène se produira avec l'euthanasie si jamais elle devient plus largement pratiquée. Comme je l’ai dit, tout commence avec l'idée qu'il y a une vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue, combinée avec l'idée que si une personne est un fardeau pour nous, alors nous pouvons l’encourager à mettre fin à sa vie ou prendre cette décision pour elle.
Pour le rapport décennal sur l'euthanasie en Belgique voir ici.
Reproduit sur LifeSiteNews avec la permission de PJ Saunders
Suicide assisté : la situation de l'État de Washington
Sur le site de Nouvelle de France du 17 juillet 2013:
(Les États de l'Oregon et de Washington sur la côte ouest américaine, à la frontière de la Colombie-Britannique.)
Terrifiant. Depuis la légalisation du suicide assisté en 2009 dans l’État (progressiste et étatiste) de Washington, le nombre d’actes a fortement augmenté, passant de 36 la première année à 51 en 2010, puis à 70 en 2011 et à 83 en 2012 (+17% sur un an), soit une hausse de 130% en trois ans. En Oregon (même mentalité), le suicide assisté a été légalisé en 1998 et a vu sa pratique exploser de 450% (71 cas en 2011 contre 16 en 1998). (...)Concernant l’État de Washington, on apprend que seuls 3 patients sur 121 ont été examinés par un psychiatre, qu’une personne est morte 150 semaines après avoir reçu sa dose létale, que 17 autres se sont suicidées plus de six mois après la réception, que le médecin ayant prescrit la dose n’était présent que dans cinq cas lors de l’ingestion et qu’un « patient » est décédé seize heures après avoir pris sa dose…(...)