Avortement tardif : Québec pourrait rapatrier la totalité de la pratique

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Pxhere
Pétition : Non à l’avortement tardif au Québec
Le Premier ministre du Québec, François Legault, pense à faire exécuter au Québec la totalité des avortements tardifs demandés par des Québécoises, une partie d’entre ces demandeuses étant envoyées aux États-Unis pour diverses raisons, afin de faire tuer leur bébé. La raison du rapatriement de l’avortement tardif ne provient pas d’un souci chez le gouvernement québécois de garder les emplois aux Québec, mais de la crainte (non fondée) d’une interruption dans les interruptions de grossesses (euphémisme pour avortement) aux États-Unis, crainte qui se fonderait sur les progrès (plutôt fictifs) des lois pro-vie dans ce même pays et du réagencement possiblement pro-vie de la Cour suprême américaine.
Je ne comprends pas l’agitation actuelle des médias pro-avortements, dont ceux du Québec, autour de quelques lois à teinte pro-vie dont l’efficacité laisserait à désirer s’il y avait seulement la possibilité de les appliquer ; les lois de l’Alabama, du Missouri et de la Géorgie ont été notamment visées par la meute médiatique ; par-dessus tout, je ne comprends pas les craintes de François Legault ou celles des membres de son cabinet au sujet d’une improbable impossibilité de faire exécuter le sale boulot par les Américains, vu que de toute façon, si une loi doit se rendre en Cour suprême et renverser le « droit » à l’avortement, ça ne fera pas en deux coups de cuillère à pot. D’après La Presse :
Lire la suiteDevant l’évolution du débat juridique sur l’avortement aux États-Unis, le gouvernement du Premier ministre François Legault souhaite que toutes les femmes québécoises qui demandent une interruption de grossesse tardive puissent être traitées à l’avenir dans la province, quel que soit le motif de leur décision, plutôt que d’avoir à se rendre dans des cliniques spécialisées américaines.
Un groupe militant organise des ateliers pro-théorie du genre dans les écoles

Par Pour Une École Libre au Québec — Photo : PxHere
Un groupe LGBT infligera à l’esprit des jeunes infortunés, qui lui tomberont entre les pattes, des ateliers de propagande en bonne et due forme — A. H.
Dès la prochaine rentrée scolaire, l’organisme militant Groupe de recherche et d’intervention sociale de Montréal (GRIS) offrira dans les écoles un nouvel atelier pour démystifier la diversité de genre. Ces rencontres seront animées, entre autres, par des transsexuels. Le GRIS est déjà bien connu dans le milieu scolaire, car l’organisme y parle depuis 24 ans d’orientation sexuelle et d’homosexualité.
Cela fait deux ans que le GRIS travaille à mettre au point ce nouvel atelier destiné aux jeunes du secondaire.
Marie-Ève et Sam, des personnes qui se disent trans, sont des militants bénévoles au sein de l’organisme. En classe, ces intervenants se présentent, parlent succinctement d’eux et répondent aux questions des jeunes.
Hystérie médiatique autour d'une loi contre l'avortement en Alabama

Billet de blogue d'Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) ― Photo : Evil Erin/Flickr
J'ai un peu de mal à comprendre ce qui a bien pu choquer à ce point les tenants médiatiques de l'avortement pour qu'ils se mettent à publier article sur article, sur une gamme de tons allant du lugubre au tragique, au sujet d'une toute récente loi, signée par le gouverneur d'Alabama le 15 mai dernier, interdisant l'avortement depuis la conception et ne l'autorisant que pour les « raisons » de danger de risque grave d’altération substantielle physique d’une fonction corporelle majeure, et de danger que pourrait représenter la grossesse pour la vie de la femme, ou d’anomalie létale chez l'enfant à naître.
Comme vous avez pu le voir, ça n'est pas une loi extraordinairement pro-vie, par rapport à d'autre lois votées par d'autres États, vu qu'elle contient encore l'idée de santé de la femme comme raison pour justifier l'avortement. Son originalité reviendrait plutôt à ce que cette loi interdit l'avortement depuis la conception. Mais est-ce la seule raison pour laquelle les médias canadiens se lamentent ? Voyons un peu ce qu'ils disent...
Judith Lussier gémissait dans le Journal Métro... pardon, écrivait le 23 mai :
On débat encore d’avortement?
La semaine dernière, nous n’étions pas en train de parler d’avortement. C’était un droit acquis. Et tant qu’on n’en parlait pas, la menace de nous retirer ce droit semblait ne pas exister, même si les organisations de planning des naissances savent combien cette prérogative sur nos propres corps est fragile.
Ce passage me laisse songeur, cela fait depuis qu’il a été question de permettre l’avortement qu’on ne cesse d’en débattre, il est faux d’affirmer que la semaine dernière on ne parlait pas d’avortement, à moins que l’auteure de ce texte ne parlât de son propre journal. Par ailleurs, tant qu’à évoquer le concept de « droit acquis » les esclavagistes pouvaient aussi dire que c’était un droit acquis de posséder des esclaves, ce qui ne le rendait pas l’affaire plus morale pour autant. De plus, il est évident que la meilleure méthode pour faire en sorte que l’avortement reste en place, c’est de ne pas en parler, ça s’appelle cacher la tête dans le sable ou jeter de la poudre aux yeux. Enfin, je ne sais pas si le « droit » à l’avortement est fragile ou non, mais ce qui est sûr c’est que l’avortement tue un enfant à naître et que le droit de disposer de notre corps ne saurait justifier le meurtre d’un innocent.
La semaine dernière, la Fédération du Québec pour le planning des naissances soulignait que les débats sur l’avortement aux États-Unis trouvaient des échos chez nous.
Continue plus loin Judith Lussier. Sans doute, mais ce n'est le pas le principal moteur du mouvement pro-vie au Canada. Au passage, une citation savoureuse du même article :
Au Québec, une médecin de Laval s’est rendue en Cour supérieure pour demander la révocation de l’interdiction de manifester devant les cliniques d’avortement. Les femmes qui ont eu recours aux procédures d’IVG savent à quel point il s’agit d’une technique passive-agressive d’intimidation.
Il faudrait que l’on m’explique en quoi le fait de se tenir paisiblement avec des pancartes pacifiques devant un avortoir, au milieu de passants hostiles puisse être une « technique passive-agressive ». Mais cela ne nous explique pas pourquoi ce subit intérêt pour la question.
Lire la suiteMaxime Bernier et l’avortement

Maxime Bernier, Chef du Parti populaire du Canada.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo (rognée) : Parti conservateur du Québec/Flickr/Wikimedia Commons
Le chef du récent Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, député de la circonscription de Beauce, a tenu des propos sur l’avortement plutôt intéressants, dans le sens qu’ils sont plus ouverts à la position pro-vie qu’aucun de ceux provenant de grands partis au Canada. S’entretenant avec Benoît Dutrizac sur QUB radio, d’après TVA Nouvelles :
« Si l’on regarde dans tous les pays développés, il y a [une] législation qui encadre l’avortement. Est-ce qu’on devrait permettre l’avortement deux jours avant que femme accouche ? Présentement c’est légal au Canada et on est un des seuls pays développés qui a ça [...] Je suis en faveur d’avoir ce débat-là », a dit le député de Beauce.
Pour ce qui est de l’hypothétique temps limite après lequel l’avortement serait interdit sous un gouvernement du PPC, Bernier a simplement dit qu’il laisserait ses députés en débattre.
Ce qui serait déjà mieux que la position du parti conservateur qui est plus fermé sur la question.
Benoît Dutrizac prétendant que l’avortement à quelques jours de l’accouchement était très rare et avançant le refrain pro-avortement selon lequel une femme devrait pouvoir avorter quand elle veut parce que son corps lui appartient, oubliant au passage que ce faisant elle dispose du corps d’autrui dans la personne de l’enfant à naître, Maxime Bernier lui répliqua avec justesse :
« Parce qu’il n’y a pas beaucoup de meurtres au Canada, devrait-on permettre le meurtre ? », a répliqué M. Bernier.
Évidemment, la position de M. Bernier est loin d’être pro-vie, mais ce n’est pas la première fois qu’il s’attaque au sujet de l’avortement sous un angle qui, sans contenir un argumentaire typiquement pro-vie, est négatif à ce meurtre.
La trahison des nationalistes
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Le mémoire présenté par la Ligue d’Action nationale à la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 21 illustre parfaitement ce que j’expliquais dans ma dernière chronique : le laïcisme est une religion, et une religion à tendance totalitaire . Quand on pense que la Ligue d’Action nationale s’inscrivait autrefois dans l’esprit du nationalisme groulxien, on mesure toute l’ampleur de la trahison de ses dirigeants actuels.
La Ligue d’Action nationale défend une « conception républicaine de la laïcité », qu’elle oppose au principe de non-confessionnalité (undenominational) de l’État, issu, dit-elle, du « monarchisme anglo-saxon ». C’est clair. Elle préfère la laïcité fermée et persécutrice de la Troisième République française à la laïcité ouverte et protectrice de l’Angleterre ou des États-Unis.
Quel est le fondement de cette laïcité républicaine ? La Souveraineté du Peuple. Afficher sa croyance religieuse par le port d’une croix au cou ou d’un hidjab sur la tête, c’est « refuser de reconnaître que la Res Publica est plus importante que les religions ». Voilà une affirmation tout à fait dogmatique. L’État est élevé au rang d’Autorité et de Valeur suprêmes. L’Homme se fait Dieu, mais en s’incarnant dans l’État. L’idée n’est pas nouvelle. C’est le Léviathan de Hobbes. Hitler, Staline et Mao auraient été d’accord avec la Ligue d’Action nationale. Le pape Pie XI, quant à lui, a condamné la « statolâtrie » dans son encyclique sur le fascisme italien, Non abbiamo bisogno (1931).
Et quelle est, dans cette Res Publica, la place des citoyens qui ont des convictions religieuses et qui veulent les afficher sur eux-mêmes, dans leur milieu de travail, mais sans faire de prosélytisme ? Celle de citoyens de seconde zone. « L’affichage ostentatoire de sa religion […] est un geste d’auto-exclusion de la communauté politique […] La religion ne doit pas interférer dans les choses de la Cité. » Les dissidents de la société laïque devraient-ils être envoyés en prison psychiatrique, comme au temps de l’URSS, pour suivre un « traitement de réinsertion communautaire » ?
Lire la suiteLe laïcisme est une religion

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Danichou/Wikimedia Commmons
Le débat public qui porte sur le projet de loi 21 montre à quel point l’intelligence est malade dans la société québécoise. Nous payons le prix du rejet de la culture classique. « Avant donc que d’écrire, apprenez à penser », disait Boileau. Cette sentence s’applique bien à Mathieu Bock-Côté, qui affirme que la loi 21 marque pour le Québec une rupture officielle avec le multiculturalisme canadien. Je me demande où il voit cela. Sûrement pas dans le texte du projet de loi. Le respect de la diversité ethnoculturelle n’est-il pas, au contraire, le principal argument invoqué par les partisans de la laïcité ?
Pour voir clair, il faut d’abord comprendre que la laïcité, ce n’est pas l’absence de religion d’État. Le laïcisme est une religion en soi. C’est la religion officielle de l’État libéral et démocratique. Les États modernes imposent cette religion avec plus de force que les États médiévaux ne le faisaient pour le christianisme, car les États ont aujourd’hui des moyens d’action bien supérieurs à ceux du Moyen-Âge.
L’État ne peut pas être « neutre » sur le plan religieux. Il peut se séparer d’une religion quelconque, l’Église catholique par exemple. Mais il devra s’appuyer sur une autre religion ou une autre philosophie pour justifier moralement l’ordre social. L’être humain n’accepte jamais d’obéir uniquement à la force. La maffia elle-même a son propre « code moral ». Toute société doit nécessairement justifier ses lois en vertu d’une vision quelconque du bien commun et de la transcendance.
Lire la suiteQuébec : la famille face à la réforme ministérielle
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Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Max Pixel
Un Québécois a écrit une lettre intéressante, publiée sur le site Le Peuple, au sujet de la consultation lancée par le ministre de la Justice Sonia Lebel pour connaître l’opinion populaire à propos de sa réforme du droit familiale. Cette réforme est motivée par la disparité de ce que la ministre appelle des « familles » (comprenant le concubin séparé et se remettant en concubinage avec un autre, traînant derrière lui les enfants de ses précédents concubinages ; les duos d’homosexuels). Bref, dès le départ la direction est faussée. Extraits du site Le Peuple :
Sonia Lebel, ministre de la Justice, voudrait connaître votre opinion. Elle a lancé une consultation large et ample, avec dix séances publiques à travers la province, pour chercher les idées des organismes et individus qui veulent s’impliquer dans sa réforme du droit familial.
[…]
Les principes employés comprennent l’intérêt et les droits de l’enfant, ainsi que l’autonomie de la volonté et la liberté contractuelle des couples. Entre autres, on veut traiter les couples non mariés comme s’ils l’étaient…
Horreur ! Traiter les couples non mariés comme s’ils l’étaient…
Lire la suiteManifestation pour le maintien du crucifix à l’Hôtel de Ville de Montréal

Édifice Lucien-Saulnier (ancien palais de justice), actuelle emplacement du conseil municipal de Montréal.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Jeangagnon/Wikimédia Commons
Ces derniers temps, vous avez sans doute dû entendre parler de divers décrochages de crucifix ou de projets et résolutions de les descendre des places d’honneur qui leur avaient été données. Ces temps-ci il est question de décrocher le crucifix du Salon bleu de l’Assemblés nationale du Québec, celle-ci ayant voté sur une motion du Premier ministre Legault, ouvrant la question, le retrait de la croix qui surplombait le trône si le projet de loi 21 sur la laïcité était adopté. Agissant ainsi, la CAQ a renié sa promesse de ne pas toucher à ce genre de choses.
Parallèlement, car une certaine idée semble flotter dans l’atmosphère du Québec (causant un réchauffement politique) le conseil municipal de Montréal a tout bonnement décidé d’enlever définitivement le crucifix de la salle de conseil de l’Hôtel de Ville de Montréal, lors de rénovations qui doivent durer deux ans et demi (comme si pour eux rénover signifiait enlever certains « artéfacts »). La place du crucifix est désormais dans une salle faisant office de musée.
Le tout sur fond de « laïcité » (agnosticisme d’État).
Quelques Québécois, dont Nicole et Arthur, ont donc décidé de manifester leur opposition au retrait du crucifix de la salle de conseil de l’Hôtel de Ville de Montréal, s’opposant également au décrochage de celui de l’Assemblée nationale. Nicole, qui a contacté Campagne Québec-Vie pour que nous fassions la promotion de l’événement, a déclaré :
Nous sommes chrétiens catholiques pratiquants.
Et le crucifix est très important à ses yeux
Pour nous, le crucifix est très important car Jésus est venu pour sauver le monde et il est mort sur la croix.
En effet, le crucifix est très important pour nous, car il nous rappelle que Jésus est mort pour nous sur la croix, et qu’en mourant sur la croix il fonda son Église, et qu’il y vainquit mort avant de ressusciter le troisième jour.
Ils nous ont aussi fourni les indications suivantes :
- La manifestation aura lieu le lundi 13 mai, fête de Notre-Dame de Fatima
- De 10 h 15 du matin jusqu’à environ 2 h de l’après-midi, avec pose à midi
- La manifestation se tiendra devant l’édifice Lucien-Saulnier, 155 rue Notre-Dame Est, où siège en ce moment le conseil municipal de Montréal pendant les travaux de rénovation, la manifestation circulera sur le trottoir devant le bâtiment
- Les participants peuvent apporter un crucifix avec eux.
Le Conseil de presse rabroue le Journal de Montréal pour «discrimination» (anti-LGBT)

Par Pascal Bergeron (Le Peuple) — Voici la ou les sources de cet article : Conseil de presse/Voici la source de la photo : Émilie Nolet-Rousseau/Wikimedia Commons
Les membres du Conseil n’ont pas aimé qu’un chroniqueur se moque d’un membre de la communauté LGBT+.
Le Conseil de presse du Québec semble manifestement s’être rangé du côté de la bien-pensance en matière de propos portant sur la communauté LGBT+. Un chroniqueur pour le Journal de Montréal, Michel Beaudry, l’a appris à ses dépens, car le Conseil a jugé qu’il avait fait preuve de discrimination en racontant une anecdote cocasse sur un transgenre dans l’un de ses articles.
On lui reproche d’avoir relaté une situation qui, selon le journaliste, se classait parmi les dix événements les plus drôles de toute sa vie. Dans une chronique parue en mars 2018, ce dernier avait « osé » mentionner le cas d’une caissière dans une quincaillerie qui était demeurée perplexe face à une cliente maquillée et blonde qui alléguait alors s’appeler Jacques.
Selon des personnes qui ont porté plainte contre Michel Beaudry, il aurait « fait preuve de discrimination » envers « la communauté LGBT + avec ses commentaires homophobes/transphobes contre une personne transgenre ou travestie ». Une autre plaignante, Andrée Paris, a même poussé l’audace jusqu’à ajouter qu’il avait « attisé la haine et le mépris [...], encouragé la violence ou [...] entretenu les préjugés envers des travestis, en plus d’encourager possiblement l’homophobie ».
En somme, le Conseil de presse du Québec a « blâmé » Michel Beaudry et Le Journal de Montréal pour « grief de discrimination encourageant l’entretien de préjugés ». Si l’on se fie à la décision, le Journal de Montréal aurait une obligation « morale » de publier ou de diffuser cette plainte puis d’en faire parvenir la preuve au Conseil dans les 30 jours suivant le « jugement ». Toutefois, les médias de Québecor n’étant pas membres du Conseil de presse, ils ne sont pas tenus de s’y conformer.
Définir l’identité nationale

Par l’historien Jean-Claude Dupuis Ph. D. — Photo (rognée) : TJ Watt/Wikimédia Commons
Le débat sur le projet de loi 21 devient de plus en plus émotif et confus. On entend des discours incohérents, voire haineux. Certains assimilent l’interdiction du port de signes religieux à de « l’épuration ethnique ». D’autres prétendent que sans cette interdiction, le Québec deviendra bientôt une « république islamique ». François Legault a ouvert une véritable boîte de pandore pour résoudre un problème… inexistant.
La discussion porte sur l’identité québécoise, bien plus que sur la place de la religion dans la société. Au fond, c’est un débat sur l’immigration, par symboles religieux interposés.
La première étape d’une discussion rationnelle, c’est de définir les termes employés. Commençons par nous pencher sur le terme « nation ».
Dans Qu’est-ce qu’une nation ? (1882), Ernest Renan écrivait :
« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. (…) Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a fait et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »
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