Pourtant, nous prétendons être pro-vie
par Jonathan Tuttle, traduit par Campagne Québec-Vie

Photo: LifeSiteNews.com, sur Flickr
Au temps où elle était jeune femme, sainte Catherine de Sienne a voulu vivre recluse dans une petite chambre de la maison de son père, et elle y a prié et fait pénitence pour les péchés pendant trois ans. Quand elle pensait aux péchés du monde, elle s’accusait elle-même, disant : « Si ce n’était de mes péchés, le monde serait un endroit meilleur. » Quand j'ai lu l'excellent article de Thomas Droleskey, Let's Stop Kidding Ourselves (Arrêtons de nous leurrer), je me suis souvenu de la déclaration de sainte Catherine.
Depuis 1973 (ou depuis 1969 au Canada, ndlr), les groupes et les personnes pro-vie ont été prompts à souligner que les politiciens « conservateurs » ne sont pas aussi pro-vie qu’ils devraient l’être. Ils ont sans doute raison. Cependant, comme le dit Dr Droleskey, « arrêtons de nous leurrer », et admettons que nous non plus ne sommes pas aussi pro-vie que nous devrions l’être.
Voici la réalité.
La plupart d'entre nous achetons une couverture de soins de santé de compagnies d'assurance qui paient pour les avortements. D'autres compagnies d'assurance qui ne couvrent pas les avortements peuvent être disponibles, mais nous les excluons parce qu'elles sont plus chères.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous achetons des médicaments d’entreprises qui produisent également des produits pharmaceutiques abortifs. Nous apprenons que des personnes boycottent ces entreprises, mais nous nous disons que les boycotts ne changent rien.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
Par le biais de nos régimes de retraite au travail ou de nos comptes personnels d’investissement, beaucoup d'entre nous achetons les actions de sociétés qui pratiquent des avortements, même si des investissements alternatifs sont disponibles.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
Quand nous sommes à la recherche d'un agent immobilier, d’un mécanicien automobile, ou d'un dentiste, la plupart d'entre nous choisissons le gars qui est le moins cher, plutôt que de donner du travail à un père catholique.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
Quand nous sommes à la messe et que nous voyons de jeunes enfants qui s’agitent, la plupart d'entre nous regardons leur mère et lui lançons un regard qui lui fait savoir qu'elle est censée garder ses enfants tranquilles à la messe! Un sourire de soutien signifierait beaucoup pour elle à ce moment, mais au lieu de cela nous la gratifions d’un regard d’intolérance.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous n’avons jamais offert d’aide financière à une mère célibataire.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
Quand nous voyons à la télévision des personnes qui sont pour l’avortement, la plupart d'entre nous n’avons pas pitié d’elles à cause de leurs péchés; et nous ne prions pas pour leur conversion.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous critiquons les autres d’être en faveur de l’avortement, ou d'être apathiques à propos de l’avortement, mais nous sommes trop gênés, occupés ou craintifs pour les évangéliser.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous n'avons jamais jeûné en sacrifice de réparation pour le péché de l’avortement.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous disons : « Un jour, Dieu exercera sa Justice sur ceux qui tuent les tout-petits », plutôt que d’examiner l'idée que nous aussi sommes de misérables pécheurs dont la tâche est de convertir ceux qui tuent les petits.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
La plupart d'entre nous ne soutenons pas résolument les prêtres pro-vie en assistant à leurs messes; nous préférons aller à une église géographiquement plus proche, même si le prêtre est libéral et manque de révérence.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
À Fatima, Notre-Dame a fait une simple demande : prier le chapelet tous les jours pour la conversion des pécheurs. La plupart d'entre nous ne disons pas le chapelet tous les jours.
Pourtant, nous prétendons être pro-vie.
En tant que catholiques, nous nous félicitons du fait que nous sommes pro-vie. Mais que signifie être pro-vie? Nos actions quotidiennes témoignent-elles de notre foi catholique? Peut-être est-il temps que nous suivions tous la suggestion du Père Frank Pavone de faire un examen de conscience pro-vie. Peut-être est-il temps que nous réalisions, comme l’a réalisé sainte Catherine de Sienne, que sans nos péchés, le monde serait un endroit meilleur.
Être pro-vie, c’est plus que d'être simplement contre l’avortement, mais nous avons de la difficulté à saisir cette notion au quotidien. En ce qui concerne l’avortement, la plupart des catholiques ont certainement bien compris la partie « éviter le mal » de l'équation, c'est au sujet de la partie « faire le bien » que nous sommes un peu dans la brume. Être un fidèle catholique pro-vie signifie plus que de suivre une interdiction pure et simple. Nous devons prouver par nos actes que nous aimons les enfants à naître innocents et travailler au salut des avorteurs.
N'oublions pas que Notre Très Miséricordieux Seigneur et Sauveur a déjà donné à l'Église militante une ordonnance pour gagner la guerre pro-vie : la prière, le sacrifice et l'évangélisation. Le chapelet, la pénitence fréquente, le jeûne, les sacrifices financiers, les sacrements : ce sont nos armes si nous voulons gagner la guerre. Si nous utilisons ces armes dans la bataille pour la vie de l'enfant à naître, Dieu nous accordera la victoire. Si nous ne le faisons pas, alors nous devons sérieusement nous demander si nous méritons de gagner la bataille.
Sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église, priez pour nous.
Comment je suis devenue pro-vie
Par Jennifer Fulwiler, traduit par Campagne Québec-Vie
Qui est un être humain?
Lorsque j’étais à l’université je me rappelle avoir lu que dans certaines sociétés à travers l’histoire (je crois qu’en cette occasion il s’agissait des Grecs) il était commun pour les parents d’abandonner leur nouveau-né non voulu quelque part, le laissant ainsi voué à une mort certaine. Ceci me troubla terriblement, je n’ai jamais réussi à comprendre comment on pouvait en arriver à cela, comment une telle chose pouvait se produire? Dans le sens que je connais quand même beaucoup de gens et personne que je connais n’en arriverait à faire une telle chose! En fait, dans notre société on entend parler de tels incidents seulement dans des cas très rarissimes où les personnes impliquées ne sont évidemment pas saines d’esprit. Comment est-ce qu’une chose si cruelle, si impensable puisse devenir pratique courante à travers une société toute entière?
La profonde détresse qui m’a envahie après avoir entendu parler de choses de la sorte, j’ai commencé à trouver vraiment irritant que les gens pro-vie disent que l’avortement c’était de « tuer des bébés ». De toute évidence personne ici n’est en faveur de « tuer des bébés » - et de sous-entendre que ceux de nous qui sommes pro-choix prônent la mort de bébés est une insulte totale à tous les bébés à travers l’histoire qui eux étaient véritablement tués par des sociétés complètement dérangées mentalement. Nous ne sommes pas en faveur de tuer qui que ce soit! On sentait seulement que les femmes avaient le droit d’arrêter la croissance du fœtus lorsqu’il s’agissait d’une grossesse non désirée. C’était regrettable oui, parce que ces fœtus avaient le potentiel de devenir des bébés un jour. Mais cela était un sacrifice qui devait être fait au nom de la liberté des femmes, pour les sauver du traumatisme et de l’esclavage d’une grossesse non désirée.
J’ai continué à être véhémentement pro-choix après l’université et bien que mes positions soient devenues plus modérées une fois que j’aie eu mon premier enfant, je suis restée pro-choix. C’est lorsque mon mari et moi avons commencé à explorer la vie chrétienne que nous avons commencé à être exposés plus souvent qu’avant à la pensée pro-vie et qu’on a commencé à se sentir sur la défensive par rapport à notre vision de la chose. Je me rappelle un fois quand mon mari était en plein milieu d’une réflexion sur ses positions sur l’avortement qu’il a fait ce commentaire qui m’a énormément marquée :
« En y pensant, je réalise qu’être pro-vie signifie d’être pro-la vie d’une autre personne » et il a ajouté en raillant : « Tout le monde est pro-sa propre vie. »
Ça m’a fait réaliser que ma propre vision pro-choix me mettait dans une position où je devais décider qui était et qui n’était pas un être humain et quelles vies humaines valaient la peine d’être vécues et celles qui ne méritaient pas d’être vécues. C’est moi qui décidais (ainsi que tous les médecins, officiers du gouvernement et autres avocats de la vision pro-choix) à quel moment il était opportun de dresser la ligne. Quand il m’arrivait de tomber sur un blog ou un livre catholique et qu’on y prônait quelque chose qui ressemblait à « la vie commence dès le moment de la conception » immédiatement je me mettais à me moquer d’une telle sottise… Et pourtant j’ai commencé à me sentir de plus en plus inconfortable avec une telle notion.
Je me disais : « Un amas de cellules n’est évidemment pas un bébé ou une vie humaine! » et « Un fœtus devient éventuellement un être humain complet, mais pas avant, euhhhh, quelque chose comme 6 mois de gestation? Ou peut-être 5… C’est quand donc qu’ils peuvent commencer à donner des coups avec les pieds et les mains?... 8 semaines? Non, ce ne sont pas des êtres humains à ce moment-là, ça doit seulement être des spasmes involontaires… »
Je mettais le fardeau de la preuve sur le fœtus pour que lui me démontre qu’il était un être humain. Et j’étais un juge difficile. Je détournais la tête lorsque j’entendais dire qu’un ultrason 3D pouvait montrer un fœtus toucher son visage, sourire et ouvrir les yeux à un âge auquel je considérais l’avortement correct. Je n’étais pas intéressée non plus à lire les gros titres sur Lifesitenews.com. Un bébé – je veux dire, un fœtus – en train de bailler à 12 semaines de gestation? Spasme involontaire. Quand la technologie moderne offrait de plus en plus de preuves qu’ils étaient des êtres humains, je ne faisais que rehausser la barre de ce que je considérais comme un être humain.
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J’ai réalisé que ma définition de comment et de quand un fœtus devenait un « bébé » ou une « personne », c’est-à-dire quand il ou elle commençait à avoir des droits, dépendait aussi de son niveau de santé : le laps de temps à l’intérieur duquel je considérais qu’il était correct d’interrompre une grossesse s’allongeait selon la sévérité de l’handicap du fœtus. Sous la prémisse que je voulais épargner à l’enfant le potentiel de souffrir, j’en revenais à dire finalement que les fœtus ayant des handicaps sont moins humains et ont moins de droits que ceux ayant un corps en santé. Je ressentais un certain malaise.
Toute cette affaire commençait à être très dérangeante pour moi. À un certain moment je commençais à me sentir comme si j’étais plus déterminée à être pro-choix que je l’étais d’analyser honnêtement qui était et qui n’était pas un être humain. J’ai commencé également à percevoir cette attitude chez les autres personnes faisant partie de la communauté pro-choix. À plus d’une occasion, j’ai été étonnée de voir à quel point je me sentais physiquement mal à l’aise par rapport à une lecture que des gens, qui autrement étaient des personnes gentilles et raisonnables, auraient été prêts à défendre.
En passant à travers une cause de la Cour Suprême des États-Unis, nommément celle de Stenberg v. Carhart, j’ai lu la description d’un avortement au deuxième trimestre qu’a fait le Dr. Leroy Carhart, un défenseur de l’avortement qui performe lui-même cette procédure. Il disait : « Lorsque l’on arrache une partie du fœtus, disons son bras ou sa jambe, juste avant le moment où l’on enlève cette portion du fœtus… celui-ci est en vie » Il a dit qu’il a déjà observé un battement de cœur sur un fœtus via un ultrason alors que plusieurs parties de celui-ci avaient déjà été arrachées. Le Collège américain d’obstétriciens et de gynécologues, qui, selon toute vraisemblance, est constitué de gens bien éduqués, raisonnables et intelligents, s’opposait à cette procédure. Mais non pas pour la raison que je pensais – soit qu’il était clair, net et précis qu’il s’agissait d’un infanticide dans sa forme la plus sinistre – mais parce que ces bébés démembrés incommodaient leurs mères : il était mieux de les tuer en dehors des entrailles de la mère par une procédure intitulée « D&X ». Dans le bref d’amici du Collège, voici cet extrait, dans leurs propres mots :
D&X présente une variété d’avantages potentiels au niveau de la sécurité par rapport aux autres procédures d’avortement utilisées durant la période de gestation. Lorsqu’on la compare à la procédure D&E qui implique le démembrement, D&X implique moins de risques au niveau de la perforation utérine ou de la lacération cervicale parce qu’elle requiert du physicien d’effectuer moins de passages dans l’utérus avec des instruments coupants et permet ainsi de réduire la présence de fragments osseux pointus provenant du fœtus et pouvant blesser l’utérus ou le col de l’utérus de la mère.
Il y a aussi des preuves considérables à l’effet que la procédure D&X réduise le risque que des tissus fœtaux restent coincés à l’intérieur de l’utérus, ceci étant une complication sérieuse qui peut causer la mort de la mère. D&X réduit également l’incidence que la tête du fœtus se mette à flotter rendant ainsi difficile pour le médecin d’aller la chercher, provoquant une augmentation du risque de blessure chez la mère.
J’ai lu ce document dans un état de choc. Il y a quelques années, une amie à moi venait d’avoir son bébé prématurément et j’ai visité ce dernier dans l’Unité néonatal de soins intensifs (UNSI). Il était magnifique, exactement comme les nouveau-nés qui sont arrivés à terme seulement un peu plus petit. Le voyant couché comme ça si paisiblement avec les autres bébés dans leurs incubateurs (certains incubateurs avait des petites notes écrites dessus du genre « Aiden – Gros garçon à maman ! ») j’ai été submergée par un immense désir de vouloir protéger ces précieux et innocents petits bébés. Je vibrais de joie lorsque j’ai su plus tard que le fils de mon amie ainsi que tous les autres bébés prématurés de l’UNSI qui étaient là à ce moment avaient survécu et avaient pu rentrer à la maison avec leurs parents. C’est donc dans ce contexte que je me suis trouvée dans un état de froide stupéfaction et d’incrédulité en lisant ces personnes – pas des fous furieux : des magistrats de la Cour Suprême des États Unis et le Collège américain d’obstétriciens et de gynécologues – parler de façon désinvolte de l’inconvénient lié aux fragments osseux et aux crânes de bébés (« fœtus ») du même âge que ceux qui se trouvaient dans l’UNSI. Ces horreurs ont continué lorsque j’ai lu la cause Gonzales v. Carhart [certains passages seront cités ici… Attention : Pas de photos mais les descriptions sont extrêmement troublantes]
Ça m’a coupé le souffle de constater le niveau de cruauté que les gens normaux peuvent arriver à supporter. Ils parlaient d’infanticide mais refusaient totalement d’étiqueter cela de la sorte. C’est lorsque j’ai considéré que ceux-ci étaient des professionnels éduqués et raisonnables, qui n’étaient probablement pas de mauvaises personnes, que j’ai réalisé que le mal fonctionne toujours à travers le mensonge. J’ai aussi pris du recul par rapport à tout le mouvement pro-choix. Si c’est ça que ça voulait dire que d’être « pro-choix », alors je n’étais certainement pas pro choix.
Et pourtant, je n’arrivais pas tout à fait à m’identifier comme étant pro-vie.
J’ai commencé à reconnaître que je n’étais pas mieux que le Dr. Carhart ou les magistrats de la Cour Suprême ou encore les auteurs du bref du Collège américain d’obstétriciens et de gynécologues puisque moi aussi je m’étais probablement raconté toutes sortes de mensonges pour maintenir mon support pour l’avortement. Et même à ce stade de ma réflexion, il y avait encore au plus profond de moi une formidable pression qui m’empêchait de regarder froidement et objectivement ce qui se passait. Il y avait quelque chose à l’intérieur de moi qui criait que de ne pas permettre aux femmes d’avoir un avortement au moins au premier trimestre serait injuste dans le sens le plus extrême du mot. Même lorsque j’ai commencé à être plus religieuse, je tassais de côté toutes ces pensées à l’effet que tous les êtres humains ont peut-être des âmes immortelles créées par Dieu, dignes d’être traitées avec respect, parce que ça devenait trop compliqué d’essayer de déterminer à quel moment ces âmes entraient dans le corps humain. La réponse la plus logique était « à la conception » par opposition à un moment arbitrairement déterminé au cours de la gestation.
Ce ne fut que lorsque j’ai réévalué le point de vue sociétal sur le sexe qui avait infiltré la conscience de mon groupe de pairs, que j’ai eu un regard nouveau sur les présomptions modernes liées à l’acte qui crée ce fœtus. Ce n’est qu’à ce moment que j’ai ressenti que les pressions internes qui m’avaient affligée jusque-là commençaient à diminuer et à disparaître tranquillement, et que j’ai eu la force d’examiner sans broncher ma position sur l’avortement.
mso-bidi-font-family:"Times New Roman";color:#0003B2;mso-fareast-language:FR-CA">La mentalité contraceptive
Voici quatre souvenirs clés dans ma vie qui ont forgé ma compréhension du sexe:
- Quand j’étais enfant, je n’ai jamais eu d’amis qui avaient un petit frère ou une petite sœur qui était encore bébé à la maison. La mère d’un de mes amis était tombée enceinte une fois lorsque nous avions 12 ans, mais j’ai déménagé peu de temps après ce qui fait que je n’ai pas vu la naissance du bébé. Au point où le seul moment où j’entendais parler nos parents de grossesses et de bébés fut pour dire qu’ils étaient contents que tout ça soit « fini », l’impression que ça donnait était que nous pouvions finalement commencer à vivre maintenant que toute cette étape de grossesses et de bébés était terminée.
- Dans nos cours d’éducation sexuelle nous n’apprenions pas que la résultante du sexe était des bébés mais que la résultante de sexe non protégé était des bébés. Après que nous avions fini de mettre des condoms sur des bananes, notre professeur nous conseillait de prendre soin de bien décider quand nous serions prêts à avoir nos premières relations sexuelles selon d’importants critères tels que si nous étions dans une relation conjugale sérieuse ou non, si nous avions accès à la contraception ou non, si notre partenaire nous traitait bien ou non, si nous voulions attendre au mariage ou non, etc. Je ne me rappelle pas une seule fois qu’on ait parlé du critère d’être prêts ou non à avoir un bébé pour décider si nous étions prêts à avoir nos premières relations sexuelles, que ce soit venant de la part d’un éducateur, d’un parent ou de la société au grand complet. Pas une seule fois.
- À de maintes reprises lorsque nous étions de jeunes adolescentes, je me rappelle avoir entendu des filles dire qu’elles préféraient risquer un avortement clandestin fait par des charlatans ou même considérer le suicide plutôt que de faire face à une grossesse non désirée dans un contexte où l’avortement n’était pas légal. Bien que je n’étais pas active sexuellement à cette époque, tout cela me semblait parfaitement raisonnable – voilà jusqu’où nous étions prêtes à aller pour éviter d’avoir un enfant alors que nous n’étions pas prêtes. Et pourtant le concept de simplement s’abstenir si nous n’étions pas prêtes était complètement inexistant de nos discussions. Ce n’est pas que nous avions considéré l’idée et l’avions rejetée; nous n’avions simplement jamais pensé à une telle idée.
- Même récemment, avant que notre mariage soit validé par l’Église Catholique, mon mari et moi avons dû prendre un cours sur la construction d’un bon mariage. C’était une série de vidéos montée par un groupe de chrétiens non confessionnels et dans le segment intitulée « Bon sexe » il ne fut pas mention de bébés ou d’enfants une seule fois. De toutes les discussions entourant les liens amoureux, les massages de dos, l’intimité du couple et le maintien de la forme physique, le plus proche qu’ils en sont jamais venus à connecter le sexe avec la création de la vie fut lorsqu’on mentionna brièvement que les couples devraient discuter du thème de la contraception.
La sexualité n’aurait pas pu être plus déconnectée du concept de création de la vie.
Le message que j’ai retenu clairement et nettement fut que la fonction du sexe était d’avoir du plaisir et de créer des liens et que son potentiel pour créer la vie était purement tangentiel, presqu’au point d’être complètement oublié. C’est dans cet état d’esprit que la fondation de ma position sur l’avortement a été construite. Parce que je voyais la sexualité comme étant fermée à la possibilité de créer la vie, les grossesses non désirées étaient pour moi comme un éclair frappant un piéton dans la rue – quelque chose de totalement imprévisible, non mérité et qui arrivait aux gens ordinaires qui n’avaient rien fait de particulièrement mauvais.
Être pro-choix pour moi (et j’imagine pour bien d’autres) était en fait motivé par amour et compassion : je ne voulais simplement pas que les femmes souffrent, qu’elles aient à se dévaluer en ayant à gérer des grossesses non désirées. Parce que dans ma vision du monde, tout le monde, sauf peut être quelques cas exceptionnels, faisait l’amour à un moment donné ou un autre et que la sexualité était une chose normale et qui ne regardait que les deux personnes impliquées dans la relation amoureuse, j’ai été leurrée dans un des plus gros et plus séduisants mensonges qui ait jamais assailli l’histoire de l’humanité soit celui qui prétend que l’ennemi n’est pas humain. Les bébés sont devenus l’ennemi à cause de leur tendance à voir le jour et à tout ruiner; et de la même façon que les sociétés sont tentées de déshumaniser leurs prochains de l’autre côté des lignes de bataille dans un contexte de guerre, j’ai été tentée, ainsi que nous l’avons tous été en tant que société, de déshumaniser l’ennemi de la sexualité. C’est lorsque j’ai commencé à lire sur le point de vue de l’Église catholique sur la sexualité, le mariage et la contraception, que tout s’est mis à changer.
J’ai toujours pensé que ces enseignements archaïques au sujet de ne pas utiliser la contraception existaient parce que l’Église voulait opprimer les gens en leur disant d’avoir le plus d’enfants possible ou quelque chose de la sorte. Ce que j’ai découvert toutefois fut que leurs visions exprimaient une compréhension fondamentalement différente de ce qu’était la sexualité et une fois que je l’ai comprise, je n’ai plus jamais vu le monde de la même façon. La manière dont j’avais toujours vu la chose, le point de vue standard était que les bébés étaient un fardeau terrible, excepté pour quelques fois durant une vie quand tout était suffisamment parfait pour que le couple puisse temporairement voir une nouvelle vie comme étant une chose positive. Le point de vue catholique est que les enfants sont une bénédiction et une bonne chose, et bien qu’il soit correct d’essayer d’éviter une grossesse pour des raisons sérieuses, il est toutefois irrespectueux envers l’acte sexuel, qui est un acte sacré, d’adopter la « mentalité contraceptive » qui promeut le droit d’avoir du plaisir sexuel tout en répugnant (et aussi peut-être en essayant d’oublier) sa faculté de donner la vie ce qui a pour effet que le bébé résultant possiblement de l’acte sexuel devient l’ennemi.
On peut utiliser l’analogie suivante qui est un peu brutale pour illustrer la chose. L’Église catholique dit que les fusils chargés ne sont pas des jouets et que bien qu’ils puissent parfois être utilisés pour certaines activités récréatives, ils doivent être manipulés avec un grave respect. Mon point de vue, issu de la « mentalité contraceptive », avait été que c’est bien correct d’utiliser des fusils chargés comme des jouets tant qu’on utilise des balles à blanc. En y réfléchissant, s’attendre à ce qu’on soit capable d’utiliser nonchalamment quelque chose ayant une puissance formidable comme un jouet, je pouvais commencer à voir comment cette vision du monde nous avait emmenés vers un désastre.
J’en suis venue à voir et à comprendre que notre culture d’acceptation et d’utilisation très répandue de la contraception a créé une mentalité contraceptive. En tant que société, nous en sommes venus à prendre pour acquis que nous sommes en droit à l’aspect jouissif des liens résultant de la sexualité même en rejetant de façon catégorique l’aspect créateur de vie qui pourrait en résulter. L’option de s’abstenir de l’acte sexuel si nous étions dans un état où avoir un bébé serait un gros fardeau a été complètement éradiquée de notre lexique culturel : même si c'était un énorme désastre que de tomber enceinte, il faut absolument que nous ayons des relations sexuelles quand même. Si tout ça était vrai, c’est-à-dire que si c’était effectivement moralement correct pour les gens d’entretenir des rapports sexuels même lorsqu’ils croient qu’avoir un bébé pourrait ruiner leur vie, alors, dans ma tête, j’en comprenais que l’avortement devait l’être aussi.
Je réalise qu’idéalement j’aurais dû analyser objectivement quand est-ce que la vie humaine commence et que j’aurais dû baser ma position sur ça uniquement… mais le mensonge était juste trop tentant. Je ne voulais pas trop entendre parler de battements de cœur ou d’âme ou d’activités du cerveau… Interrompre une grossesse n’avait pas le choix d’être correct parce qu’amener un bébé à terme et devenir un parent est un énorme contrat… et la société nous avait clairement fait savoir que la sexualité n’était pas une grosse affaire. Aussi longtemps que j’acceptais qu’il était moralement correct que les gens puissent coucher ensemble dans un contexte de « mentalité contraceptive », je ne pouvais même pas considérer pour une seule seconde que l’avortement n’était peut-être pas correct. Ça me semblait beaucoup trop inhumain de demander aux femmes de gérer des conséquences qui changent complètement une vie pour un acte qui n’était pas supposé avoir des conséquences aussi grandes.
Alors cette idée que nous devons toujours traiter l’acte sexuel avec crainte et respect, à un tel point que nous devrions nous abstenir si nous étions catégoriquement opposés à son potentiel de création de la vie, était un message totalement nouveau et différent pour moi. Pour moi, être capable de considérer honnêtement quand est-ce que la vie commence, ouvrir mon cœur et ma tête à la merveille et à la dignité des plus petits de mes prochains n’était pas tout à fait possible jusqu’à ce que je comprenne la nature de l’acte qui crée la vie de ces êtres.
mso-bidi-font-family:"Times New Roman";color:#0003B2;mso-fareast-language:FR-CA">La grande tentation
Toutes ces pensées avaient ruminé dans mon esprit depuis un bout de temps et je me suis trouvée de plus en plus en accord avec la position pro-vie. Et puis, un soir alors que je lisais un truc, une pensée m’est venue à l’esprit et à partir de cet instant je fus officiellement et sans m’en excuser à personne, PRO-VIE. Ce que je lisais était encore une de ces histoires de société grecque qui laissait leurs bébés mourir à l’abandon et je me suis demandé comment est-ce que des gens normaux pouvaient faire quelque chose comme ça. J’ai senti un frisson me traverser le corps quand j’ai pensé :
Je sais comment ils ont fait.
J’ai réalisé à ce moment que des gens parfaitement bien, de bonne foi – des gens comme moi – peuvent supporter des choses extrêmement cruelles à travers le pouvoir du mensonge. De ma propre expérience, je savais que les Grecs, les Romains et les membres d’autres sociétés pouvaient abandonner un poupon à une mort certaine : Les très réelles pressions de la vie – soit « nous ne pouvons pas nous permettre financièrement d’avoir un autre enfant », « nous ne pouvons pas avoir plus de filles », « il ou elle n’aurait pas eu une belle vie » - les ont laissés susceptibles de céder à cette très ancienne tentation de déshumaniser les autres êtres humains. Bien que les circonstances étaient différentes, ce fut ce même processus de pensée qui a fait son œuvre en moi, dans l’esprit des magistrats de la Cour Suprême dans Stenberg v. Carhart, chez les médecins qui pratiquent l’avortement, dans tout le mouvement pro-choix, et chez toute personne qui a jamais été tentée de déshumaniser les personnes gênantes ou incommodantes.
Je parie que lorsque ces parents grecs qui abandonnaient leurs enfants quelque part dans le but de laisser quelqu’un d’autre les ramasser, peut-être, se disaient-ils aussi à quel point ces petites créatures étaient différentes de leurs autres enfants : ils ne peuvent pas parler, ils ne sont pas capables de se tenir assis et sûrement que ces petits bâillements et sourires ne sont rien d’autres que des réactions involontaires. Je vous parie n’importe quoi qu’ils identifiaient ces bébés par des mots différents que ceux qu’ils utilisaient pour identifier leurs autres enfants. Peut être qu’ils les appelaient des « fœtus ».
Pour en savoir plus sur les raisons d'être contre l'avortement >>
« Je ne pensais pas qu’en 2013 des gens puissent avoir des idées aussi conservatrices »
Une correspondance entre une Québécoise surprise et une collaboratrice de Campagne Québec-Vie
Québécoise surprise : Suite à la mort de M. Morgentaler, j’ai pu entendre le président de votre organisation dans les médias. Eh bien, je crois que pour le bien de votre organisation, il devrait démissionner. Étant un homme, il n’a vraiment aucune crédibilité. (Pour la réfutation de ce sophisme pro-choix parmi tant d'autres, voir ici--rédaction) Que sait-il de ce que c’est que de tomber enceinte et de porter un enfant avec tout ce que cela implique?
Puis, j’ai eu l’idée de visiter votre site Internet. Quelle surprise ! Je ne pensais pas qu’en 2013 des gens puissent avoir des idées aussi conservatrices. Surtout après avoir lu ces quelques lignes concernant les objectifs de votre organisation:
« L’éducation du gouvernement et des citoyens sur l’avortement, la recherche entreprise sur les cellules souches embryonnaires, le suicide assisté, l’euthanasie, et d’autres menaces aux droits de l’Homme et à la dignité humaine » . Des menaces aux droits de l’homme et à la dignité humaine !!! Quoi de plus digne pour un humain que de pouvoir disposer de son corps comme il l’entend ! La liberté de choix ! Il est certain que des actions comme l’avortement et le suicide assisté doivent être bien encadrées pour éviter des abus, mais à mon avis, ceci demeure un droit fondamental pour un être humain. Quant aux articles à saveur homophobes (sic)… Vous qui êtes pour la vie, je vous dit simplement : Vivre et laisser vivre !!!
Quoi qu’il en soit, je crois que la promotion de la vie familiale et des valeurs traditionnelles est une très bonne chose car elles ont fait leurs preuves en ce qui concerne la probabilité pour un individu de mener une vie heureuse. Cependant, je crois qu’il faut respecter le choix de ceux qui préfèrent s’en éloigner. Au moins, ils auront vécu leur vie comme ils le voulaient.
Bonne journée,
--Une Québécoise surprise
Chère Madame,
Le président de Campagne Québec Vie m’a demandé si je pouvais répondre un peu à votre courriel, car vous semblez d’avance refuser ce qu’un homme pourrait dire à propos des grossesses et des enfants à naître.
Je vais donc essayer de mon mieux comme femme et mère de 4 enfants. Je dois vous dire tout de suite que je ne suis pas trop surprise que vous ayez ressenti un choc en découvrant le site de CQV. Beaucoup de Québécois, hommes et femmes, surtout de la plus jeune génération ne reçoivent l’information que par les média et le gouvernement qui sont unanimes à promouvoir l’avortement comme droit fondamental des femmes.
Au sujet de ce droit, je voudrais vous inviter à réfléchir. Est-t-il vraiment possible que les membres d’un groupe de l’humanité réclament le droit de disposer de la vie d’un autre groupe. Non, ce n’est pas possible. Pour que cela puisse se faire, il fallait d’abord s’appliquer à dépouiller les enfants à naître de leur dignité humaine. Il est pourtant évident à toute personne qui y réfléchit que cette dignité leur revient par nature. Toute mère et père qui attendent un enfant, oui ils l’attendent tous les deux, le savent très bien.
C’est en ce point que se situe le conflit entre les pro-choix et les pro-vie. S’il s’agissait d’un simple choix d’avoir ou de ne pas avoir un enfant, ou de disposer de son propre corps, la controverse serait finie depuis très longtemps. Le problème réside dans le fait que l’enfant est déjà là, que c’est un autre corps et la question devient : Tuer ou ne pas tuer un autre ?
Vous étiez très surprise par les idées que vous estimez très conservatrices. Dans notre société, on a été conditionné depuis maintenant beaucoup d’années à classer plusieurs questions très importantes selon la solution proposée soit comme progressistes ou conservatrices. En réalité, on devrait chercher ensemble à trouver les solutions correspondant à la justice et à la vérité plutôt que les classer de la sorte.
Dans le cas de l’avortement, on applique au Québec depuis plus de trente ans l’approche progressiste : l’avortement sur demande payé indifféremment par les pro choix comme par les pro-vie. On a enlevé le droit à la vie aux enfants à naître pour pouvoir accorder le droit à l’avortement aux femmes. Le concept de la vérité et de la justice interdit à l’esprit humain de faire un transfert de droit semblable. C’est pourquoi le mouvement pour la défense des enfants à naître ne faiblit pas, mais au contraire prend de l’ampleur. Si vous comprenez l’anglais, je vous recommande de visiter le site de CCBR. Cet organisme a été fondé par une jeune femme. Vous allez voir qu’il se lève au Canada une nouvelle génération consciente de la terrible injustice commise envers nos enfants à naître. Ces jeunes gens se considèrent de chanceux survivants étant tous nés après 1988, date où le Canada a été dépourvu de toute loi encadrant l’avortement et ils veulent consacrer leur vie au rétablissement de la justice.
Vous croyez que «la promotion de la vie familiale et des valeurs traditionnelles est une très bonne chose car elles ont fait leurs preuves en ce qui concerne la probabilité pour un individu de mener une vie heureuse». Je suis d’accord avec vous et pour ma part, je ne crois pas que les femmes s’en porteront moins bien quand notre société investira dans leur heureuse maternité plutôt que dans les avortements.
Un mot au sujet de la mission de CQV : Au Québec, et à vrai dire pas juste ici, on utilise le mot phobie pour intimider toute personne qui voudrait librement réfléchir à propos d’une question à laquelle on veut imposer une réponse unique. Voici un exemple : imaginons deux situations de notre société. Dans la première il n’y aurait au Québec aucune relation homosexuelle, seulement des relations hétérosexuelles maritales. Et imaginons le contraire que dans notre société il n’y aurait que des homosexuels. Je ne pense pas qu’il faille un cours collégial pour reconnaître dans quelle situation le Québec se développerait le mieux. Il en découle qu’il y a une différence dans la nature de ces deux sortes de relations.
Et pourtant, le Gouvernement et le Parlement du Québec affichent une unanimité extrêmement troublante dans sa volonté de faire la propagation de la valeur égale de l’homosexualité et de l’hétérosexualité. La plupart des parents ne souhaitent pas que leurs enfants s’engagent dans les relations homo, mais le Gouvernement se sent la mission d’enseigner à nos enfants qu’ils ont un choix égal. Pas un seul député de tous les partis politiques du Québec n’ose défendre l’évidence qu’une grande partie de la population reconnaît clairement. Pourquoi ? Ils ont peur d’être taxés d’homophobie.
C’est ici qu’apparaît l’importance de la mission de CQV. Au sujet de l’avortement, de l’homosexualité ou encore de l’euthanasie, le Gouvernement et les partis politiques représentés au Parlement sont, contrairement à la population du Québec, unanimes à faire la promotion de valeurs partisanes de lobbys féministes, homosexuels ou autres aux dépens de celles des familles.
CQV refuse de céder à l’ambiance de peur qui impose l’unanimité à nos députés et à la quasi-totalité de nos média. Ce n’est pas facile. On est humain et on peut faire des erreurs, mais je crois que CQV s’acquitte avec honneur des tâches que lui confère sa mission. Dans le contexte de la pensée unique qui recouvre le Québec, les idées qu’elle défend apparaissent parfois, comme vous dites, très conservatrices, mais si vous sortez du Québec à l’Ouest ou au Sud, vous allez voir que le débat est autrement vigoureux.
Je pense que rien ne manque au Québec autant que cette diversité de pensée à propos des sujets dont nous parlons. Puissiez-vous continuer vos réflexions librement pour le bien du Québec, c’est ce que je vous souhaite.
Au plaisir de vous relire éventuellement.
--Colette, épouse, mère de 4 enfants et collaboratrice de Campagne Québec-Vie
Mgr Ouellet et la culture pro-vie

Publié le 19 mai 2009 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Mgr Ouellet recrute des pro-vie
Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
(Québec) Le cardinal Marc Ouellet a invité 450 jeunes présents hier à l'église Saint-Thomas-d'Aquin à militer contre l'avortement, ce qu'il appelle la «culture de la mort». Des propos plus radicaux tenus devant des jeunes qui, bien souvent, étaient plus nuancés.
Les jeunes présents hier à l'église lors de la messe de clôture de la cinquième Montée jeunesse qui avait lieu en fin de semaine à Québec ont chaudement applaudi l'homélie du cardinal.
Mgr Ouellet poursuit donc son plaidoyer contre l'avortement qu'il a entrepris jeudi à Ottawa lors du 40e anniversaire de la loi omnibus de Pierre Trudeau, qui avait décriminalisé l'avortement. Le cardinal appelait les élus à légiférer pour limiter ce qu'il dit être la «violation du premier droit humain qui est le droit à la vie».
Dans son homélie, hier, le cardinal Marc Ouellet a dit constater une montée de cette «culture de la mort» depuis 40 ans au Canada, où l'avortement est souvent présenté comme «l'unique option». Il souhaite que la nouvelle génération prenne sa place dans la «culture de la vie». «Je vous invite à réfléchir sur cette question, dit-il, et à vous engager, même si c'est parfois en toute discrétion, par exemple, pour secourir une de vos amies qui a besoin d'aide, lui présenter l'autre option.»
«Ce que j'ai trouvé bien, dit Solange, une participante de Montréal, c'est qu'il disait de ne pas juger les autres, et de proposer l'autre option, sans jamais s'opposer.»
«La culture de la mort, c'est peut-être un peu fort, c'est assez radical», croit un autre participant à la Montée jeunesse, Sébastien Girard, de Chibougamau. Par contre, il dit comprendre que le cardinal remplit son rôle d'homme d'Église. Loin d'appuyer l'avortement sans réserve, «être radical comme ça, c'est plus ou moins mon point de vue, poursuit-il, car c'est du cas par cas, c'est délicat».
Interrogé par Le Soleil, le cardinal Marc Ouellet affirme que «ça décrit juste la réalité, quoi». «Il y a un être humain qui est tué et qu'on ne laisse pas vivre, et c'est devenu culture, y a pas de problèmes», s'insurge-t-il. «C'est devenu presque banal. C'est pourquoi il nous faut réagir, il nous faut réaffirmer certaines valeurs fondamentales. Ces jeunes-là, je les ai invités à être cohérents avec leur engagement de personnes croyantes», conclut-il.
Source: ICI
Abbé Jean-Guy Ouellet (1928-2008): un prêtre donné pour la vie éternelle

Monsieur l’abbé Jean-Guy Ouellet est décédé le 19 juin dernier à Drummondville à l’âge de 79 ans. Il laisse dans le deuil et le désarroi toute la communauté catholique et pro-vie du Québec et particulièrement le mouvement Campagne Québec-Vie, dont il était vice-président du conseil d’administration.
Aucun prêtre n’a été plus dévoué et plus généreux pour notre mouvement que Monsieur l’abbé Ouellet au cours des dix dernières années. Il en fut la colonne vertébrale spirituelle et même temporelle jusqu’à un certain point. Cet humble prêtre du diocèse de Nicolet avait un cœur grand comme le monde à l’image des grands saints de l’histoire de l’Église. Il ne donnait pas qu’un vague appui à la cause pro-vie, comme beaucoup de ratiocineurs qui donnent des leçons et des conseils sans faire aucun sacrifice ni action concrète, Monsieur l’abbé Ouellet était toujours prêt à servir et à s’impliquer jusqu’à la toute fin de son parcours terrestre : il a donné sa vie pour la vie du monde.
Il fut ainsi aumônier de l’hôpital Sainte-Croix, à Drummondville, depuis 1970 jusqu’à quelques semaines avant sa mort. Il préparait les âmes pour la vie éternelle. Personne ne fut plus dévoué que l’abbé Ouellet dans cet hôpital où il était apprécié de tous. Bien qu’il fût gravement malade ces dernières années, il continuait à appuyer l’équipe pastorale les nuits et les fins de semaine. Alors qu’il aurait eu lui-même grandement besoin de repos et des soins du personnel médical, il se donnait pour aider les autres patients. Il a vraiment suivi la voie royale de la Croix du Christ : c’est en se donnant que l’on se sauve.
Monsieur l’abbé Ouellet connaissait le mouvement Campagne Québec-Vie depuis plus de dix ans par l’intermédiaire de Monsieur Gilles Grondin. Ayant été professeur de théologie morale au Grand Séminaire de Nicolet et à l’Université du Québec à Trois-Rivières avant de devenir aumônier hospitalier en 1970, il s’est grandement intéressé au combat pro-vie. Il a soutenu Monsieur Grondin dans ses dernières années de présidence de Campagne Québec-Vie et il s’est donné totalement à ce mouvement jusqu’à devenir vice-président de son conseil d’administration. Chaque fois que nous devions faire célébrer une messe, y compris pour prier pour le repos de l’âme de Monsieur Grondin après son décès en août 2005, Monsieur l’abbé Ouellet prenait l’autobus à Drummondville vers Montréal et nous rendait avec joie et enthousiasme ce service sacerdotal.
Il fut un véritable père pour notre mouvement. Monsieur Grondin lui avait d’ailleurs explicitement demandé de me soutenir quand je lui ai succédé à la présidence du mouvement et je puis affirmer qu’il a pleinement accompli sa mission et sa promesse.
Il était encore présent en mai dernier à la Marche nationale pour la vie à Ottawa et il concélébra la messe dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame : c’était pour lui un véritable pèlerinage et un ressourcement spirituel et moral pour continuer le combat pro-vie. Il voyageait de façon précaire et simple en autobus et en métro, logeant chez des amis ou dans des couvents. Lui qui avait longtemps possédé une voiture y avait renoncé il y a une dizaine d’années pour être plus généreux envers les pauvres et les œuvres diocésaines, missionnaires et pro-vie : il se sacrifiait pour les causes auxquelles il croyait. Il donnait le superflu et même le nécessaire. Il donnait littéralement tout ce qu’il avait et, surtout, il se donnait lui-même en oblation pour le salut du peuple chrétien. Quand nous avions un service à lui demander, il ne raisonnait pas et il n’hésitait pas, il cherchait un moyen pour l’accomplir.
Il vivait simplement dans une petite chambre d’un foyer pour personnes âgées en face de l’église Saint-Frédéric de Drummondville depuis qu’il avait dû quitter il y a quelques années sa fonction à temps plein d’aumônier à l’hôpital Sainte-Croix. Il continuait humblement sa mission sacerdotale en célébrant quotidiennement la messe pour les nombreux résidents du foyer : il était d’une fidélité d’airain et il connaissait tous ses fidèles comme un bon pasteur. Il continuait à les préparer pour la vie du Ciel et il leur parlait même de leur mission d’aider la cause du respect de la vie humaine dans notre pauvre Québec décadent, tout d’abord par la prière et l’offrande de leur propre vie pour le salut du monde.
Au cours des dernières années, il était également hautement préoccupé par la disparition de l’enseignement confessionnel catholique dans les écoles du Québec. Il a participé à de nombreuses réunions et activités à ce sujet et il poussait fortement notre mouvement Campagne Québec-Vie à s’impliquer dans ce combat. L’article de Gary Caldwell dans le numéro 20 de la revue Égards contre le cours syncrétiste d’éthique et de culture religieuse et notre colloque du 31 juillet dernier sur l’éducation chrétienne manifestent notre engagement ferme et fidèle dans ce combat capital pour le salut de notre nation chrétienne.
Une vie marquée par une telle générosité a été commémorée le 24 juin 2008 à l’église Saint-Frédéric lors de ses funérailles célébrées par Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque de Nicolet. Une cinquantaine de prêtres y ont participé ainsi qu’une foule immense de fidèles qui remplissaient l’église. Ils avaient tous été marqués et touchés par ce prêtre profondément généreux et enraciné dans Drummondville et le diocèse de Nicolet. Monsieur l’abbé Ouellet n’aimait pas l’Homme dans l’abstrait, mais il aimait et aidait d’abord les hommes qui l’entouraient dans l’immédiat. Cet amour concret ne l’empêchait pas de voir plus loin, au niveau provincial, national et international. Bien au contraire, il était la preuve de l’authenticité de son amour universel et chrétien qui s’étendait à tout être humain, y compris, et peut-être avant tout, à l’enfant à naître dans le sein de sa mère, l’être le plus immédiatement menacé dans notre monde d'aujourd'hui.
L’archevêque de Philadelphie dénonce la culture de mort
Lors de la vigile pro-vie du 21 janvier dernier tenue à Washington à l’occasion de l’anniversaire du jugement catastrophique Roe contre Wade (1973), le cardinal Anthony Bevilacqua a affirmé que « l’assaut dirigé en notre temps contre la vie humaine est devenu une crise de la culture, une crise de civilisation… Dans cette crise pour la défense de la vie humaine, la neutralité n’est pas une option, le silence n’est pas un choix ».
« Être chrétien doit signifier être pro-vie », a affirmé le cardinal dans son homélie devant des milliers de personnes présentes à la messe. « Plus clairement, nous devons affirmer que personne ne peut se considérer vraiment chrétien s’il appuie consciemment l’avortement ou l’euthanasie».
Le cardinal Bevilacqua, archevêque de Philadelphie, a également dit : « Si l’on exploite les faibles et les pauvres, notre silence ne trahit pas seulement notre christianisme, mais aussi notre humanité». Il exhorta les militants à garder courage : « Ne soyez pas découragés. Une chandelle allumée n’ est pas affaiblie par les ténèbres qui l'entourent. »
Le président George W. Bush a présenté ses salutations et ses meilleurs vœux aux milliers de militants pro-vie catholiques. Il a affirmé: « Durant ces temps troublés, nous comprenons plus que jamais la beauté de la vie, les joies de la famille et des amis et la ferme résolution, la générosité et la compassion des Américains ».7 cardinaux, 50 évêques et 260 prêtres ont concélébré la messe présidée par le cardinal-archevêque de Philadelphie. Cette messe, organisée par la hiérarchie catholique américaine, est la plus importante cérémonie liturgique célébrée annuellement aux États-Unis.
Au Canada, nous ne pouvons que rêver d'une aussi grande fermeté doctrinale et d'une implication aussi sérieuse dans le combat pro-vie de notre épiscopat catholique. Seront-ils au moins présents à notre Marche pour la vie en mai prochain? Nous serons présents pour le vérifier.