La Pologne met un coup d’arrêt au financement de la FIV: premiers fruits de la victoire électorale conservatrice

Beata Szydlo, élue premier ministre de la Pologne
Par Nancy Flanders de Life Site News - Traduit par Campagne Québec Vie
VARSOVIE, le 7 décembre 2015 (LifeSiteNews) -- Le nouveau gouvernement polonais s’est montré à la hauteur de sa réputation conservatrice en prévoyant mettre fin, l’année prochaine au programme de la fécondation in vitro (FIV) de l'ancien régime; les organisations pro-vie nationales et internationales sont en liesse. On annulera un programme prévu pour un autre trois ans à un coût d'environ 75 millions USD.
«C’est une bonne nouvelle» confia Mariusz Dzierzawski, de la fondation polonaise du Droit à la Vie, à LifeSiteNews. «Mais c‘est la première étape seulement. Nous devons nous battre pour que la FIV devienne illégale».
Lire la suiteL'ONU demande à la Pologne de permettre l'avortement sur demande - au nom des «droits des enfants»

Par Steve Weatherbe de LifeSiteNews - Traduit par Campagne Québec Vie
VARSOVIE, le 24 Novembre, 2015 (LifeSiteNews) – Une demande par un organisme des Nations Unies que la Pologne supprime les restrictions à l'avortement et élimine les «fenêtres de la vie» qui permettent aux bébés d'être abandonnés en toute sécurité, tout cela au nom des droits de l'enfant, a provoqué une dérision dans le pays fermement catholique.
Le journal Spoleczenstwo (Société) a noté que l'ONU n'a pas l' autorité d'imposer des contraintes à la Pologne, ajoutant que «le document donne l'impression qu'il a été écrit à la demande de politiciens de gauche».Un parti politique pro-vie, socialement conservateur a remporté la majorité lors des dernières élections nationales.
Lire la suiteInitiative citoyenne en Pologne : plusieurs centaines de milliers de personnes demandent l’interdiction totale de l’avortement
Membres du groupe « Fondation Pro - Droit à la Vie » tenant une bannière sur laquelle il est inscrit « 'Avorter' veut dire tuer un enfant »
(Nouvelles de France) C’est la troisième initiative de ce type en 5 ans, et c’est la troisième fois que les organisateurs de la pétition obtiennent sans difficulté plusieurs centaines de milliers de signatures. La Diète polonaise va devoir examiner un projet de loi citoyen visant à interdire totalement les avortements. Sont visés au premier chef les avortements eugéniques qui représentent l’énorme majorité des avortements légaux dans la patrie de Jean-Paul II.
Et si le nombre d’avortements déclarés est très loin de ce qu’on observe dans beaucoup de pays européens, dont la France, ils sont en hausse : 159 en 2002, 752 en 2012, 1354 en 2013 et 1812 en 2014. Sans compter bien entendu les avortements réalisés par des Polonaises ailleurs en Europe, car il n’est pas difficile de trouver sur Internet des propositions de destinations en fonction du degré d’avancement de la grossesse : Pays-Bas jusqu’à la 22e semaine de grossesse, Grande-Bretagne jusqu’à la 24e semaine… Et sans compter encore les avortements illégaux réalisés dans des cabinets gynécologiques en Pologne-même et dont il est difficile d’évaluer le nombre, car la légèreté des peines infligées sont, avec la possibilité de se faire avorter en cas de déficience grave et incurable de l’enfant, le talon d’Achille de la loi polonaise.
Cette loi, adoptée en 1993, permet aussi l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse si celle-ci est le fruit d’un acte interdit par la loi (viol, inceste…), et en cas de danger, d’un point de vue strictement médical, pour la santé physique ou la vie de la femme enceinte. Auparavant l’avortement était autorisé et avait été totalement banalisé sous le régime communiste. Avant les communistes, les occupants nazis avaient été les premiers à légaliser l’avortement en territoire polonais.
Lire la suiteLa Pologne est à la veille de réussir, pourquoi pas nous?
Comment abolir l’avortement au Québec ? Élargissons nos horizons un moment et examinons le cas d’un pays qui est à la veille d’éradiquer ce fléau : la Pologne.
Il y a quelques jours la Pologne est passée très près d’abolir complètement l’avortement direct, sans exception aucune. Ce pays de 40 millions d’âmes où présentement sont commis « seulement » 500 avortements par année (pour des raisons de viol, de danger pour la mère ou de difformité de l’enfant – comparez avec le Québec qui, avec une population cinq fois moindre, avorte 60 fois plus, soit 30 000 enfants par année !) a presque réussi l’impensable : promulguer une loi qui proscrirait un geste qui, partout ailleurs en Occident, est devenu une espèce de sacrement séculier, un signe indubitable du progrès !
S’ils sont aujourd’hui à des années-lumière de notre situation présente au Québec, tel ne fut pas toujours le cas, car il n’y a qu’une trentaine d’année, la situation en Pologne était pire que celle du Québec.
En 1978, lorsque qu’un dénommé Karol Wojtyla devint le pape Jean-Paul II, la Pologne, d’une population à peu près équivalente à celle du Canada d’aujourd’hui (35 millions d’habitants), était à la croisée des chemins. Le communisme imposé par Staline à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale faisait des ravages dans ce pays : on y commettait officiellement 138 000 avortements par année, mais, en réalité, selon certains estimés, le nombre véritable se montait jusqu’à 552 000 avortements par année, c’est-à-dire quatre fois le total annuel canadien. On sentait bien que le communisme constituait une impasse existentielle pour le peuple polonais. Continuer dans cette voie équivalait à un suicide collectif.
Toutefois, l’alternative au communisme proposée par le monde, celle du matérialisme à tout crin, de l’hédonisme et du laissez-faire, était-elle la seule issue au drame polonais ? Le pape Jean-Paul II, lors de sa visite historique en Pologne en juin 1979, montra le vrai chemin de la rédemption du peuple polonais, et en fait de tous les peuples. Lors d’une allocution prononcée devant ses compatriotes, il les pria de : « toujours prier, et de ne jamais arrêter. Jésus nous a dit de prier et de nous laisser informer par la prière (…). Alors de ce lieu permettez à ce que ce simple message du pape vous rejoigne, car ceci est mon appel le plus urgent, le message le plus essentiel ! » (Kalwaria Zebrzydowska, le 7 juin 1979). Le jour suivant, le pape poursuivit : « J’exprime le désir et je prie toujours à cette intention, que la famille polonaise donne la vie et soit fidèle au droit sacré à la vie » (Nowy Targ, le 8 juin 1979).
Ces appels du pape furent entendus, entre autres, par l’ingénieur pro-vie Antoni Zięba. Cependant, lui et son entourage, avaient beau vouloir instaurer en Pologne, selon le désir du pape, une culture de vie, ils étaient bien obligés de reconnaître l’ampleur de la tâche qui les attendait et ils se sentaient franchement désemparés ! Après près de 40 ans de régime communiste, non seulement l’avortement était profondément ancré dans les mœurs des polonais, mais on avait aussi à combattre la puissante propagande communiste qui prônait l’avortement comme moyen nécessaire pour éliminer cet obstacle à la « révolution éternelle », la famille traditionnelle.
Devant cette « mission impossible » consistant à établir en Pologne communiste une culture de vie, ces pro-vie polonais utilisèrent la seule arme qui effraie l’Adversaire : la prière.
Concrètement, ils poursuivirent deux séries d’objectifs : 1) Éveiller la conscience populaire concernant le meurtre des enfants à naître et sensibiliser la société à la valeur de la vie humaine, à la responsabilité que porte chacun de nous envers chaque être humain conçu. » 2) Prier pour abolir la loi qui permettait l’avortement en Pologne (une loi datant du 27 avril 1956) et pour la reconnaissance du droit à la vie de tout enfant conçu.
Et ils ont commencé à prier. Durant la période la plus intense de cette campagne de prière, près de 1000 personnes ont prié durant trois mois et participé quotidiennement à la Sainte Messe à cette intention. 2000 autres personnes, qui ne pouvaient quitter leurs foyers, ont prié chez eux, offrant leurs souffrances, lorsqu’elles étaient malades, aux enfants à naître.
Après ces trois mois d’intenses prières pour la vie, ce petit groupe pro-vie mené par le Dr Zieba formalisa sa « croisade de prière » : il conçut un formulaire qui allait permettre à toutes les personnes désireuses de prier pour la vie d’en témoigner par écrit. Ce formulaire fut rempli par 100 000 priants.
De concert avec ces prières, divers groupes pro-vie offrirent des conférences dans des églises, et les prêtres, lors de leurs homélies, exhortèrent la population à respecter la vie naissante.
C’est cet effort soutenu de prière et d’action qui a libéré la Pologne de l’esclavage du régime abortif dans lequel elle était emprisonnée. Dans l’espace de 10 ans, le taux d’avortement en Pologne avait chuté de 60 % ! Et après l’effondrement du mur de Berlin et la chute du communisme en 1989, le taux annuel était passé d’environ 60 000 en 1989 à moins de 10 000 en 1992, et ce, sans aucune restriction légale, car des lois restrictives ne furent adoptées qu’en 1993.

Quelle est la leçon pour nous au Québec en 2011 ? Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins comme peuple : allons-nous vivre ou mourir ? Si la Pologne a réussi à attendrir les cœurs durcis par plus de 40 ans d’endoctrinement communiste, et à enrayer presque complètement le fléau de l’avortement dans leur pays, nous en sommes également capables. Pour y parvenir, il nous faut simplement suivre la recette donnée par le pape : prière et action, dans la fidélité à l’Église.