L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience

Par le Père Thomas Crean (Voice of the Family) — traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : National Gallery/Wikimedia Commons
L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience et deux distorsions modernes
Conférence donnée lors du Rome Life Forum le 17 mai 2018
Dans le présent exposé, je vais tout d’abord brièvement présenter ce que saint Thomas d’Aquin entend par le terme « conscience ». Par la suite, je décrirai les deux façons dont son enseignement sur la conscience est souvent détourné, et j’en expliquerai leurs conséquences pour la vie de l’Église d’aujourd’hui.
Premièrement, que veut dire saint Thomas par le terme « conscience » (en latin, conscientia) ? Certaines personnes ont employé ce mot pour dénoter un pouvoir spécial de l’âme, dont le domaine serait la prise de jugements moraux. Toutefois, Thomas d’Aquin ne croyait pas à l’existence d’un tel pouvoir ; puisque notre intellect est déjà un pouvoir fait pour appréhender la vérité, il s’ensuit que toute sorte de vérité, qu’elle soit « morale » ou « non morale », peut être appréhendée par l’intellect. Ainsi, c’est notre intellect qui perçoit, par exemple, que « deux fois deux font quatre » et que « mentir est mal ». Par conscience, saint Thomas entend une certaine catégorie de jugements rendus par notre intellect, à savoir les jugements que nous portons sur les actes que nous avons faits ou que nous faisons ou encore, que nous pensons faire. D’après son étymologie, il remarque que « conscientia » suggère l’application de la connaissance à un objet ; et il nous dit que nous faisons un jugement de conscience quand nous appliquons notre connaissance à nos propres actions. Saint Thomas distingue trois cas : soit nous sommes simplement conscients du fait d’avoir fait quelque chose ; soit nous jugeons de la bonté ou du mal de quelque chose que nous avons fait ; soit nous jugeons qu’un acte futur possible est quelque chose que nous devrions ou ne devrions pas faire ou pourrions faire.
Ceci explique les actions que l’on attribue généralement à la conscience : il nous dit qu’elle témoigne du simple fait de certaines actions passées ; pour nous absoudre, nous accuser ou même nous tourmenter, du bien ou du mal d’un acte passés ; et pour nous pousser ou nous retenir au sujet d’un quelconque acte futur. [1] La conscience est donc l’acte de juger qu’une de mes actions actuelles ou potentielles est ou fût, bonne ou mauvaise, obligatoire, interdite ou facultative. Enfin, il note que si le mot désigne à proprement parler de tels actes de jugement, il est aussi, par un processus naturel, utilisé pour désigner l’une des causes internes à l’origine de ces actes, à savoir notre tendance habituelle à reconnaître certains biens fondamentaux (p. ex. la vie et l’existence en société) comme des biens qui nous conviennent par nature.
Après cette brève présentation de la signification du mot « conscientia » (conscience) pour saint Thomas, je vais désormais expliquer de quelles manières son enseignement sur la conscience a été tordu, et je démontrerai à quel point ces déviations sont graves pour l’Église aujourd’hui.
Lire la suiteVérone, cité de Roméo et Juliette, devient « ville pour la vie »
Par Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie)
Cette ville du nord de l'Italie, où Shakespeare situe sa pièce « Roméo et Juliette », vient d'adopter une motion pro-vie.
Society for the Protection of Unborn Children nous apprend :
Les conseillers municipaux ont approuvé « un projet pour la prévention de l'avortement et la promotion de la maternité », proposée par Alberto Zelger, membre du parti de la Ligue, qui avait trois objectifs : déclarer Vérone « ville pour la vie », financer des projets locaux pro-vie et promouvoir un projet régional permettant aux femmes enceintes de donner anonymement leur bébé pour adoption.
[...] la motion a été adoptée par 21 voix contre six. Outre les membres du parti de la Ligue, elle était soutenu par le maire Federico Sboarina et par le chef du Parti démocratique, de centre gauche, Carla Padovani.
[...]
M. Zelger a présenté la motion 434 au début de l'année pour qu'elle coïncide avec le 40e anniversaire de la loi italienne sur l'avortement. Elle contient des déclarations pro-vie fortes, dont la deuxième affirme que le comité « reconnaît que la vie de chaque personne, de la conception à la mort naturelle, doit être accueillie et protégée dans tous ses aspects ». [...] la motion demande que le financement des organisations pro-vie soit inscrit au budget de Vérone, nommément le Projet Gemma, un service périnatal d'adoption, et un projet du Centre pro-vie diocésain.
Les associations proavortement se désolent par ailleurs du taux de plus en plus élevé de gynécologues et de paramédicaux objecteurs de conscience, qui atteint les 90 % dans certaines régions comme le sud profond ou encore le Latium. Leur impact est d’ailleurs tel que certaines régions sont en train de basculer du côté […] pro-vie comme vient de le faire la ville de Vérone. En août dernier, le centre de sécurité régional de Naples a par exemple signé une convention avec l’association la Paroisse pour la vie.
Cet accord permet entre autres aux pro-vie d'aller jusque dans les avortoirs pour aider les femmes à garder leur enfant à naître, selon Le salon beige.
Un jugement en faveur d’un médecin licencié à cause de son refus de poser des stérilets
Par Jeanne Smits (Reinformation.tv)
Katarzyna Jachimowicz, médecin polonais exerçant en Norvège, est devenue en 2016 le premier professionnel de la santé à perdre son emploi dans le pays pour avoir refusé un acte médical pour des raisons de conscience : en l’occurrence, cette femme catholique ne voulait pas implanter des stérilets et autres dispositifs intra-utérins dont l’action « contraceptive » consiste à empêcher l’implantation de l’ovule fécondé par un avortement très précoce.
Le Dr Jachimowicz a porté plainte pour licenciement abusif en violation de ses droits et après avoir perdu en première instance, elle vient d’obtenir un arrêt favorable de la cour d’appel de Skien, qui a condamné son employeur à lui rembourser les frais des poursuites, quelque 73.000 dollars.
Le licenciement de Katarzyna Jachimowicz, médecin pro-vie, a méconnu son droit à l’objection de conscience
« Dieu a gagné », s’est réjouie Katarzyna Jachimowicz, citant le roi Jean Sobieski qui après la bataille de Vienne contre les Ottomans s’était écrié : « Veni, vidi, Deus vincit ! » Elle a d’ailleurs attribué sa victoire aux prières innombrables qui l’ont soutenue, notamment de la part de communautés religieuses contemplatives.
Lire la suitePas d’objection de conscience pour les hôpitaux en cas de légalisation de l’avortement
Par Jeanne Smits (Reinformation.tv)
A l’approche du référendum qui se tiendra en Irlande l’an prochain – quelques jours avant la visite du pape François – pour modifier la constitution en vue de rendre possible l’avortement légal, on en sait un peu plus sur les modalités de cette nouvelle tentative du lobby pro-mort. Dès à présent, les responsables gouvernementaux qui préparent cette légalisation de l’avortement ont averti qu’il n’y aurait pas d’objection de conscience au niveau des établissements : tous les hôpitaux irlandais seront contraints de fournir le « service ».
Le ministre de la santé, Simon Harris, et Peter McKenna, directeur clinique du Health Service Executive Ireland (l’HSE, chargé de la fourniture des services sociaux personnels et de santé pour tous les habitants du pays), l’ont tous les deux affirmé après que l’ancien directeur du National Maternity Hospital, Peter Boylan eut fait remarquer que certains hôpitaux attachés à une éthique catholique pourraient tenter de se soustraire à la procuration d’avortements en cas de légalisation.
Lire la suiteDès la première année de la légalisation de l’euthanasie on en rapporte près de 2000
Par Alex Schadenberg (LifeSiteNews) — traduit par Campagne Québec-Vie
10 octobre 2017, (Euthanasia Prevention Coalition) (Coalition pour la prévention de l'euthanasie) — Les données du deuxième rapport intérimaire sur l'aide médicale à mourir de Santé Canada indiquent qu'il y a eu 1982 morts assistées (1 977 cas d’euthanasie et 5 cas de suicide assisté) du 17 juin 2016 au 30 juin 2017) depuis la légalisation [« de l’aide médicale à mourir »].
Il y a eu 167 euthanasies déclarées au Québec avant que le gouvernement fédéral ne légalise l'aide à mourir. Par conséquent, le 30 juin, 2 149 morts assistées avaient été déclarées au Canada (1 982 + 167).
Les gouvernements canadiens ont établi un système d'auto-déclaration, c'est-à-dire que le médecin qui donne la mort est le même médecin que celui qui signale le décès (il n'y a pas de contrôle de la loi). Il est donc possible qu'il y ait une sous-déclaration et de l’abus de la loi. D'après le premier rapport du gouvernement du Québec sur l’euthanasie, 14 % des euthanasies n'étaient pas conformes à la loi.
Lire la suiteLa promotrice italienne de l'infanticide, Francesca Minerva, demande que l'objection de conscience soit restreinte
Sur le site de genethique.org du 2 juin 2014 :
(Photo : Thomas Hawk sur flickr.com, licence creative commons)
(La conscience)
Dans un article publié en mai dernier sur le site du Journal of medical Ethics, la bioéthicienne Francesca Minerva, qui s'était prononcée en 2012 en faveur de l'avortement post-natal, (Cf Lettre mensuelle de Gènéthique d'avril 2012), fait de nouveau parler d'elle en se déclarant favorable à une limitation du nombre d'"objecteurs de conscience" dans les hôpitaux italiens.
Selon la bioéthicienne, l'objection de conscience "empêche l'accès à certains traitements". Pour limiter cela, Francesca Minerva propose la mise en place de mesures disuasives comme des salaires plus intéressants pour les non-objecteurs ou encore l'établissement de "quotas d'objecteurs de conscience".
Le jour où l'enseignement de la philosophie a mis le réel de côté pour tomber dans la recherche de l'originalité, elle a perdu toute crédibilité. Il existe toujours ici et là, des philosophes ancrés dans la réalité, mais leur bon sens ne les place pas à la une des journaux...
Suppression du droit à l'objection de conscience pour les gynécologues-obstétriciens en Grande-Bretagne
Sur le sit de genethique.org du 5 mai 2014 :
(Photo : Monica Arellano-Ongpin sur flickr.com, licence creative commons)
Au Royaume-Uni, le Royal College of Obstetricians and Gynecologists vient d'interdire de qualification les médecins et infirmières qui refuseraient de prescrire ou d'administrer des contraceptifs à leurs patients. En outre, les étudiants stagiaires qui feront valoir leur clause de conscience ne se verront pas remettre leur diplôme même s'ils sont parvenus à valider le reste de leur cursus.
Les directives disposent qu' "achever son cursus (théorie et pratique) signifie être disposé, au cours de la formation, à prescrire toute forme de contraception hormonale, y compris dans l'urgence, et être disposé à conseiller et renvoyer, si nécessaire, à toute autre méthode intra-utérine. Ne pas achever son cursus rend les candidats inéligibles à l'obtention du diplôme de FSRH [Faculty of Sexual & Reproductive Healthcare]".
La Grande-Bretagne est la patrie de Thomas More... Espérons que son exemple saura inspirer les gynécologues ayant toujours une conscience et qu'ils auront le courage de s'opposer à ces mesures totalitaires.
85 % des gynécologues italiens ne veulent pas pratiquer d'avortements...
Sur le site de youphil.com du 5 septembre 2013 :
Les objecteurs de conscience vont à l'encontre de la loi et poussent les femmes à avorter dans la clandestinité.En Italie, l'avortement redevient clandestin. En Lombardie, selon le journal Il Fatto Quotidiano, 67,8% des gynécologues sont objecteurs de conscience. En raison d'impératifs religieux, moraux ou éthiques, ils ne pratiquent plus l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Et il ne s’agit pas de la région la plus mal lotie: en Basilicate, 85,2% des gynécologues refusent d’avorter leurs patientes. L'augmentation est nette: en 2005 au niveau national, 59,7% des gynécologues étaient objecteurs de conscience. En 2010 ils étaient 70,3%.Pourtant, la législation est claire: la loi 194 du 22 mai 1978 autorise les médecins à pratiquer l’IVG. La Lombardie compte 63 hôpitaux dotés d’un service de gynécologie obstétrique. Dans onze services, 100% des gynécologues sont objecteurs et dans douze autres, entre 80 et 99%. En plus des gynécologues, les anesthésistes et le personnel paramédical se posent aussi comme objecteurs de conscience.(...)
Les parents espagnols refusent un cours obligatoire d'éducation pour la citoyenneté pour leurs enfants
Un dur combat pour faire respecter la responsabilité première des parents dans l'éducation de leurs enfants. Sur le site de objectiondelaconscience.org du 29 juin 2013 (via le Salon Beige):
(Leonor Tamayo, à l'origine du mouvement)
Le gouvernement de José Luis Zapatero avait créé un ensemble de matières réunies sous le nom de Educación por la ciudadanía, à l’école primaire et dans le secondaire. Obligatoire et notée, cette nouvelle discipline était entre autres choses axée sur « l’éducation émotionnelle et affective » des enfants et cherchait à propager l’idéologie du « genre ». En vertu d’une loi organique de l’éducation (LOE), l’EpC devait être appliquée dans l’enseignement public et dans les écoles privées.Les parents espagnols se sont alors levés.(...)Comment votre résistance est-elle née, comment s’est-elle maintenue dans le temps et pendant combien de temps ? Qui vous a soutenu ?Notre combat contre les enseignements idéologiques de l’ Education pour la Citoyenneté (EpC), que Zapatero a imposé avec sa réforme des programmes scolaires, a commencé il y a déjà sept ans. Dès le début, nous avons clairement vu que la meilleure arme dont nous disposions pour défendre le droit des parents à éduquer leurs enfants était l’objection de conscience, et que les parents eux-mêmes devaient être les acteurs de ce mouvement. Le rôle des grandes associations nationales, des partis politiques ou de l’Eglise devait être de les soutenir mais en aucune façon de se substituer à eux dans leur responsabilité de premiers éducateurs.La première étape de l’engagement fut l’édition d’un Guide pour parents, sous forme de questions réponses, permettant de percevoir la gravité du danger, la nécessité de se soulever contre celui-ci, la façon de le faire, tout en incluant quelques notions juridiques élémentaires.Nous nous sommes mis en relation avec toutes les associations nationales parentales, familiales et de la liberté de conscience, en leur demandant de soutenir l’initiative et de collaborer à la diffusion de ce guide. Le soutien a été unanime et il englobait les principales associations familiales, les associations officielles de parents des écoles catholiques (qui en Espagne ont un poids très important dans le système éducatif), la direction des centres de l’enseignement privé (le CECE). L’unique et douloureuse exception fut celle de la puissante Fédération des Religieux de l’Enseignement (FERE), c’est-à-dire la direction des écoles catholiques qui a décidé de pactiser pour son compte avec le gouvernement socialiste, ce qui supposa une fracture importante dans notre mouvement. La position de la hiérarchie catholique a été de refuser l’EpC et de soutenir les parents objecteurs. On peut imaginer aisément les tensions que les parents objecteurs ont eu à gérer dans les écoles catholiques, qui par l’intermédiaire de la FERE avaient pactisé avec le gouvernement socialiste. (...)
L'objection de conscience utilisée par 80% des gynécologues italiens pour refuser d'exécuter des avortements
Sur le site de chercheurs de vérité du 12 juin 2013:
Alors qu’en 2005, la moyenne nationale des gynécologues et anesthésistes invoquant l’objection de conscience pour refuser de pratiquer l'avortement n’était « que » de 58,7 %, aujourd’hui, en 2013, cette moyenne frôle les 80%, selon les dernières statistiques rendues publiques par le ministère italien de la Santé.Cette généralisation de l’objection de conscience est très mal perçue par le Parti démocrate italien qui a déposé une motion réclamant l'intervention du gouvernement et la pleine application de la loi 194 sur tout le territoire, sous le prétexte principal que cette recrudescence des médecins objecteurs ferait monter de manière considérable le nombre des avortements clandestins (entre 20.000 à 50.000).En Italie, depuis 1978, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est en effet légale mais assortie d’une clause qui donne droit à « l’objection de conscience », soit le droit aux médecins de « refuser d’accomplir un acte médical pour des raisons personnelles, religieuses ou morales » ».Ainsi, à Naples, par exemple, « un seul service hospitalier est encore ouvert et en Sicile, le taux d'abstention des spécialistes frôle la barre des 80,6% », soulignent les médias italiens (1)Dans le Latium, la région de Rome, le pourcentage des spécialistes « objecteurs » a même dépassé les 91%, et pourrait ne pas bouger, voire même monter, pressentent les médias italiens, avec l'arrivée du pape François, d'emblée très populaire. Il y a juste un mois, il lançait son premier appel « clair et fort » en faveur d’une protection juridique de l’embryon et pour « le respect de la vie dès sa conception» (Regina Coeli, 12 mai 2013).C’était en marge de la grande «Marche pour la vie » organisée par des membres de différentes paroisses italiennes et des militants «pro-life» (anti-avortement), et à la lumière de la campagne de signatures européenne « one of us » (« Un de nous ») qui poursuit sa collecte. (cf. Aleteia « Protection de l’embryon… »). (2)Mais il est vrai aussi que, dès l’adoption de la loi dépénalisant l’avortement en 1978, « l’Eglise italienne a donné des instructions fortes aux professionnels de santé et a initié auprès d’eux une pastorale dynamique qui ne s’est jamais démentie », commente Pierre-Olivier Arduin, de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, dans une récente analyse sur cette objection massive des Italiens. (3)La seconde explication selon lui tient à « la mise en place d’un mouvement laïc de défense de la vie et de la famille qui a su s’organiser efficacement, regroupant des soignants bien sûr, mais également des responsables politiques, des juristes, des universitaires, des hommes et des femmes de culture ».Enfin, troisième point signalé par Pierre-Olivier Arduin : l’existence de facultés catholiques de médecine dignes de ce nom à Rome dont les deux plus importantes sont la prestigieuse Université catholique du Sacré-Cœur et le Campus bio-medico, qui accueillent un nombre considérable d’étudiants destinés à devenir médecins, scientifiques, sages-femmes ou infirmières.
