Les dérapages religieux de Richard Martineau et Sophie Durocher
Un petit commentaire sur les nombreux textes de Richard Martineau dans le Journal de Montréal. Il est un flagrant exemple d’une personnalité médiatique se servant de l’épouvantail islamique pour demander l’abrogation de droits religieux pour tous, sauf les siens, bien entendu. Encore une fois, obliger les personnes théistes à ne pas porter un signe religieux est l’équivalent d’obliger les personnes athées à porter un signe religieux les identifiant comme athée, agnostique, laïciste ou franc-maçon. Martineau devrait ainsi reconnaître que l’un des premiers reportages qu’il a faits semblait justement montrer patte blanche devant le lobby franc-maçon.
Sophie Durocher, dans le Journal de Montréal du 23 septembre 2013, suit l’exemple de son conjoint. Utilisant l’exemple d’une secte québécoise, et plutôt que de s’attaquer directement aux témoins de Jéhovah elle pose quelques questions manifestant une intolérance d’autant plus grande qu’elle s’ignore et s’exclut d’avoir à répondre à ses propres questions :
« (…) les parents ont-ils le droit d’imposer à leurs enfants leur propre religion?
Les parents ont-ils le droit d’isoler complètement leurs enfants du reste de la vie en société parce qu’ils croient que le Mal règne dans les rues? Trouve-t-on moralement acceptable que l’enseignement scolaire des petits soit biaisé par les préceptes religieux de leurs parents? Est-ce acceptable que l’on inculque aux enfants une seule ligne de pensée au lieu de leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes?
(…)Mais nous, allons-nous nous réveiller face à ces cas de bourrage de crâne?
(…) combien d’enfants chez nous, en ce moment, sont en train de se faire voler leur enfance?
Mme Durocher pose tout de même des questions intéressantes. Les Martineau-Durocher ont-ils le droit d’inculquer leur ignorance et préjugés de toute autre religion à leurs enfants? Ont-ils le droit de transmettre leur peur digne d’un homme des cavernes ne voulant sortir à la lumière? Trouvera-t-on moralement acceptable que cette ignorance et cette incompréhension soient la seule ligne de pensée de leur enfant et que cette ignorance soit institutionnalisée à l’école pour faire de ces enfants des perroquets sans esprit critique?
Si nous avions un esprit borné, sans ouverture et compréhension des différentes façons de penser sur cette planète, oui, nous pourrions nous poser ces questions…
Le combat pour la liberté de conscience aux États-Unis se poursuit
Sur le site de genethique.org du 4 juillet 2013:
(Un aigle de la liberté, ou de la surveillance?)
Le 2 juillet dernier, près de 70 groupes religieux, menés par la conférence des évêques catholiques, ont publié une lettre ouverte pour s’insurger contre la réforme de santé du président Obama qui impose de cotiser pour la contraception.Le texte, (...) demande à "étendre une clause de conscience à toute organisation ou individu qui a des objections religieuses ou morales’ à devoir cotiser pour la contraception". Dans le même temps, il s'adresse au Congrès, afin qu'il prenne "des mesures pour prévenir de telles attaques à l’avenir".Les signataires de la lettre expriment leur inquiétude : "si le gouvernement fédéral peut obliger des personnes qui y sont moralement opposées à payer la contraception ou la pilule abortive (…) qui l’empêchera de forcer d’autres Américains à enfreindre leur conviction ?".
Haute Cour de Londres : un professeur n'a pas le droit d'affirmer que l'activité homosexuelle est un «péché»
Perte de la liberté religieuse en Angleterre? C'est en tout cas un pas dans cette direction, avec cette décision totalitaire. Sur le blog de Jeanne Smits du 30 avril 2013:
(La tour de Londres où fut emprisonné et exécuté Sir Thomas More, pour n'avoir pas approuvé l'adultère du roi Henri VIII)
Un professeur de sciences qui a été interdit d'enseigner pour avoir déclaré en classe que l'activité homosexuelle constitue un “péché” a perdu son recours devant la Haute Cour de Londres. Robert Haye, 43 ans, n'avait pourtant fait que répondre à la question d'un de ses élèves du secondaire à la Deptford Green School en Angleterre ; on suppose que le jeune homme s'est empressé de dénoncer son professeur pour « homophobie ». C'est en tout cas un enseignant assistant qui est allé se plaindre à la direction. Une campagne sur Facebook a suivi…D'emblée, Robert Haye a été écarté de toute activité enseignante par l'Agence de l'enseignement pendant une durée indéfinie. La sanction a été confirmée par le ministre de l'Education britannique, Michael Gove.La Haute Cour, invitée pour la première fois à connaître d'un tel type d'affaire, a refusé de donner raison au professeur en assurant que sa réponse avait été « inappropriée » et qu'il s'était rendu coupable d'une conduite professionnelle inacceptable. Le juge King a souligné que l'école où enseignait Robert Haye avait un cahier des charges obligeant les professeurs à « fournir des informations positives sur l'homosexualité » en vue de « permettre aux élèves de récuser les stéréotypes négatifs et les préjugés ».L'avocat de l'enseignant eut beau signaler que les croyances religieuses et la liberté d'expression de son client étaient ainsi mises à mal, le juge y a opposé le fait que cette politique de l'école fait partie des « valeurs britanniques modernes de tolérance ». L'enseignant va pouvoir cependant pouvoir demander à reprendre un poste devant une classe dans deux ans.(...)« Je ne renierai pas ce que crois. Dieu premier servi », a déclaré Robert Haye qui pense devoir abandonner sa carrière d'enseignant au Royaume-Uni : car en cas de retour devant les élèves, il devra faire amende honorable pour son « homophobie » en démontrant qu'il est prêt à comprendre la nécessité pour les professeurs de « promouvoir la tolérance et le respect pour les droits, les religions et les croyances d'autrui ». « Les chrétiens sont aujourd'hui persécutés dans ce pays parce qu'ils croient en la Bible », s'est-il indigné. Actuellement au chômage, Robert Haye doit quelque 4.200 livres pour ses frais de justice.(...)C'est la dictature du relativisme identifiée par Benoît XVI…(...)
La ministre ontarienne de l'Éducation demande que les écoles catholiques ne puissent enseigner que l'avortement est mauvais
TORONTO, le 10 octobre 2012 (LifeSiteNews.com) (traduction CQV) Le tribunal des droits de la personne oblige les gites touristiques à loger les partenaires de même sexe qui en font la demande
Un bel exemple d'intolérance et de déni de l'objection de conscience: le tribunal ordonne d'accueillir chez eux des partenaires de même sexe. Sur le site de Radio-Canada du 19 juillet 2012:
Dans un jugement rendu mardi, le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique a estimé que les propriétaires d'un gîte touristique de Grand Forks, dans le sud-est de la province, avaient enfreint la loi contre la discrimination en refusant de louer une chambre à un couple d'homosexuels.
Brian Thomas et Shaun Eadie ont souffert « d'indignité et d'humiliation » lorsque les propriétaires du Riverbend B&B ont refusé de les héberger, il y a trois ans, en raison de leur orientation sexuelle.
Susan et Les Molnar ont été condamnés à verser 4400 $ au couple en dédommagement et en couverture des dépenses.
L'automne dernier, lors d'une audience du tribunal, le couple Molnar avait justifié son refus de louer une chambre au couple par ses croyances religieuses chrétiennes. (...)
Les chrétiens américains se préparent pour la désobéissance civile! De grandes manifestations prévues partout aux É-U!
Voilà une cause qui mérite que l'on fasse de la désobéissance civile : le respect de la liberté de conscience. Sur le site de Riposte Catholique du 6 juin 2012:
Ce pourrait être, de l’avis de nombreux observateurs, le plus grand mouvement de “désobéissance civile” aux États-Unis depuis, précisément, le grand Mouvement pour les droits civique (Civil Rights Movement) des années 1950-1960 ! Outre les 12 actions judiciaires devant autant de tribunaux fédéraux lancées par 46 (43 voici à peine quinze jours) institutions catholiques (diocèses, hôpitaux, universités…) contestant ouvertement le HHS Mandate du gouvernement Obama, les évêques, qui préparent au plan national la « Quinzaine pour la Liberté » (Fortnight for Freedom, 21 juin-4 juillet), vont faire distribuer ces prochains jours un document intitulé Protecting Consciences (protection des consciences) destiné à être inséré dans tous les bulletins paroissiaux. En voici quelques extraits particulièrement significatifs.
Dans sa célèbre Lettre de la prison de Birmingham [Alabama] de 1963 [16 avril], le Rév. Martin Luther King Jr. disait courageusement : « Le but de l’Amérique c’est la liberté ». Comme pasteur chrétien, il affirmait que qu’appeler l’Amérique à la pleine mesure de cette liberté était la contribution spécifique que les chrétiens étaient tenus de faire. Il plongeait ses arguments légaux et constitutionnels sur la justice dans la longue tradition chrétienne : « J’abonderais dans le sens de saint Augustin pour qui “une loi injuste n’est pas une loi” (…) Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale ».
Des lois injustes imposent de telles injustices aux individus et aux organisations que leur désobéir peut être justifié. Tout doit être tenté pour les abolir. Quand les biens fondamentaux de l’homme, tel le droit à la conscience, sont en jeu, nous pourrons être amenés à témoigner de la vérité en résistant à la loi et en en assumant les sanctions (…) Ce que nous exigeons n’est rien de plus que le droit de suivre notre conscience comme nous vivons de notre enseignement. Ce droit ne se réduit pas à la possibilité que nous avons d’aller à la Messe le dimanche ou de prier le Rosaire à la maison. Il s’agit de savoir si nous pouvons apporter notre contribution au bien commun de tous les Américains (…) Sans la liberté religieuse, convenablement comprise, tous les Américains souffrent car ils sont privés des contributions essentielles en matière d’éducation, de santé, de soin, d’alimenter ceux qui ont faim, de droits civiques et de services sociaux, contributions qu’apportent chaque jour les Américains qui ont une religion.
Ce qui est en jeu c’est de savoir si l’Amérique continuera à disposer d’une société civile libre, créative et solide, ou si seul l’État décidera qui peut être appelé au bien commun et comment il faut le faire.
Le Cardinal Dolan appelle à manifester! Sur le site de l'agence de presse zenit.org du 7 juin 2012:
ROME, jeudi 7 juin 2012 (ZENIT.org) – Le cardinal Burke encourage une manifestation d’envergure nationale aux Etats-Unis, avec pour mot d'ordre: "Debout pour la liberté religieuse" ("Stand up for Religious Freedom"), annonce un communiqué de l'Institut Dignitatis Humanae.
Des dizaines de milliers de chrétiens – protestants et catholiques – descendront dans les rues, demain, 8 juin, pour témoigner de leur opposition au nouveau plan sanitaire du gouvernement, qui impose aux institutions religieuses de fournir à ses employés des contrats d’assurance maladie, incluant la couverture de la stérilisation, de l’avortement et de la contraception.
La manifestation, soutenue par l’institut Dignitatis Humanae, sera suivie dans 131 villes du pays. Elle fait suite à d’autres initiatives lancées ces dernières semaines, telles des pétitions, protestations officielles et dépôts de plaintes contre l’administration Obama (cf. Zenit du 23 mai 2012).
Le cardinal Raymond Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique et membre du Bureau de l’Institut Dignitatis Humanae, a exprimé son soutien à l'initiative: « En tant que chrétiens et en tant qu'Américains, nous devons nous montrer fermes dans la défense de cet élément fondamental de la dignité humaine: la liberté de conscience. »
« Le droit inné au libre exercice de la conscience a été au cœur même de la vie de notre nation », a-t-il rappelé.
Le britannique Nirj Deva, membre du Parlement européen et président du Comité international pour la dignité humaine, a par ailleurs encouragé « le témoignage commun apporté par les protestants et catholiques américains ».
« Cette adhésion commune à la vérité, sans compromis, est l’un des plus grands et plus incontestables fruits du dialogue œcuménique de ces dernières années », a-t-il commenté.
Les évêques canadiens affirment le droit à l'objection de conscience
Une lettre pastorale sur la liberté de conscience et de religion parue en avril 2012, éclaire la conscience des croyants sur la façon d'agir dans des situations qui vont à l'encontre de nos valeurs les plus importantes, comme le refus de collaborer à la mise à mort des enfants à naître ou des personnes âgées. En voici un extrait:
10. Pendant la dernière décennie sont survenues au Canada plusieurs situations qui amènent à se demander si notre droit à la liberté de conscience et de religion est toujours respecté. Il arrive en effet que des croyants soient contraints par la loi d’exercer leur profession sans égard à leurs convictions religieuses ou morales, voire à leur encontre. Cela se produit chaque fois que sont promulguées des lois – portant le plus souvent sur des questions reliées à la dignité de la vie humaine ou à la famille – qui limitent le droit à l’objection de conscience chez les professionnels de la santé et du droit, les enseignants et les politiciens.
Par exemple, des collèges de médecins exigent de leurs membres qui refusent de pratiquer l’avortement qu’ils redirigent leurs patients vers un collègue disposé à le faire; ailleurs, des pharmaciens sont menacés d’être forcés de remplir des ordonnances de contraceptifs ou de « pilules du lendemain »; en Colombie-Britannique, au Manitoba, à Terre-Neuve et en Saskatchewan, les commissaires de mariage doivent désormais célébrer les mariages homosexuels ou présenter leur démission.(...)16. Les personnes qui entendent suivre leur conscience et agir en conséquence doivent parfois résister, jusqu’à l’héroïsme même, aux directives de l’État, d’un tribunal ou d’unemployeur qui tente de se substituer à leur conscience en les contraignant à agir contre leurs convictions en matière de foi et de moeurs. En l’occurrence, la liberté de conscience signifie que la personne a le droit de suivre, selon ce qu’elle comprend de son devoir, la volonté de Dieu et sa loi.Le Catéchisme de l’Église catholique formule clairement ce principe. « Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile. Le refus d’obéissance aux autorités civiles, lorsque leurs exigences sont contraires à celles de la conscience droite, trouve sa justification dans la distinction entre le service de Dieu et le service de la communauté politique. “Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu” (Mt 22, 21). “Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Ac 5, 29)(35). »Par exemple, il n’est jamais permis à un catholique d’appuyer le droit à l’avortement ou à l’euthanasie. En fait, l’avortement et l’euthanasie sont « des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience(36). » Comme il s’agit ici de liberté de conscience, le droit à l’objection de conscience doit être protégé par la loi pour toute profession où les principes essentiels du droit naturel sont violés « gravement et de façon répétée(37). »17. Il est souvent difficile de faire valoir son droit à l’objection de conscience. Il s’agit de résister avec courage à ceux et celles qui prônent ou exigent des actes contraires à la voixde sa conscience. Ceux qui ne veulent pas se faire complices des exigences d’une loi immorale doivent être prêts à faire les sacrifices nécessaires pour défendre la vérité et à vivre avec la souffrance qui s’ensuivra. « En effet, face aux nombreuses difficultés que la fidélité à l’ordre moral peut faire affronter même dans les circonstances les plus ordinaires, le chrétien est appelé, avec la grâce de Dieu implorée dans la prière, à un engagement parfois héroïque(38). »On trouve un modèle particulièrement inspirant de constance et de fidélité chez saint Thomas More, patron des hommes d’État et des politiciens, dont le martyre courageux et volontaire a témoigné du fait que « la conscience n’est pas identique aux désirs et goûts personnels; [elle] ne peut pas être réduite à l’avantage social, au consensus du groupe, ni aux exigences du pouvoir politique et social(39). » Bien que soumis à diverses formes de pression psychologique, il a refusé de trahir ses convictions.Sa vie et sa mort nous enseignent qu’« on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale(40). »La vitalité de l’Église a souvent été alimentée par la persécution. Notre époque ne fait pas exception. Ceux et celles qui refusent de se faire complices d’une loi ou d’une pratique injuste qui les obligerait à agir contre leur conscience – et qui se voient refuser le droit à l’objection de conscience ou à un accommodement respectueux – doivent être prêts à subir les conséquences qu’entraîne la fidélité au Christ. Ils méritent la solidarité efficace et le soutien de la prière de leur communauté de foi.L’audacieux « N’ayez pas peur! » du bienheureux Jean-Paul II continue de retentir et de nous donner le courage de suivre notre conscience en toutes circonstances et à tout prix. « N’ayez pas peur du Christ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie(41). » N’ayons pas peur, car la crainte nous empêcherait de répondre à l’appel pressant de l’Esprit Saint à agir sans relâche conformément aux préceptes d’une conscience éclairée.(35) Catéchisme de l’Église catholique, n° 2242; voir n° 2256.(36) Bienheureux Jean-Paul II, Evangelium Vitae, n° 73.(37) Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n° 400.(38) Bienheureux Jean-Paul II, Veritatis Splendor, n° 93.(39) Cardinal Joseph Ratzinger, Conscience and Truth, Discours au 10e Atelier des évêques, à Dallas, au Texas, en 1991.(40) Cf. Bienheureux Jean-Paul II, Lettre apostolique en forme de Motu proprio pour la proclamation de saint Thomas More comme patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques (31 octobre 2000), n° 4.(41) Benoît XVI, Homélie lors de la messe inaugurale de son pontificat (24 avril 2005).
Sur la liberté religieuse (aux États-Unis)...
Les Américains sont en guerre contre leur gouvernement pour préserver la liberté religieuse dans leur pays. Pour beaucoup de Québécois, la religion n’est qu’un synonyme d’oppression. Mais l’histoire démontre que l’absence de religion est l’une des pires calamités.Le Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb défend la liberté religieuse aux États-Unis
Bien qu'il parle au nom de catholiques, son discours rassembleur défend la liberté religieuse de toutes les dénominations chrétiennes. Le site zenit.org du 20 avril 2012 nous apporte cette information:
ROME, vendredi 20 avril 2012 (ZENIT.org) – « Un gouvernement qui veut influer sur la foi et la mission de l’Eglise est un gouvernement qui veut changer l’identité de l’Eglise », déclare Carl Anderson. Il appelle à un « front commun » des catholiques.
Le Chevalier suprême et président du Conseil d’administration des Chevaliers de Colomb (Knights of Colombus), était le l’invité principal du National Catholic Prayer Breakfast qui s’est tenu jeudi 19 avril à Washington D.C.
Le temps est venu de choisir, dit-il, « choisir si, en tant que catholiques, nous voulons faire front commun pour garder ouvertes les portes de la liberté religieuse ».
Dès le début de son discours, le responsable de l’organisation catholique de bienfaisance lance un avertissement : « J’ose dire que jamais, dans la vie d’aucun de nous ici présent, la liberté religieuse des Américains n’a été autant menacée qu’aujourd’hui. Il faut que nous rappelions à nos compatriotes américains, et en particulier à ceux qui exercent un pouvoir, que la liberté religieuse, liberté garantie par le Premier amendement, a été essentielle pour la fondation, le développement et le progrès de la République américaine ».
Anderson cite le discours inaugural du président Kennedy en 1961, dans lequel celui-ci indiquait que les droits, « pour lesquels nos ancêtres ont combattu », étaient fondés sur la conviction que « les droits de l’homme viennent non pas de la générosité de l’Etat, mais de la main de Dieu ».
Le responsable des Chevaliers de Colomb fait aussi référence à Martin Luther King, qui « tirait son inspiration de la tradition catholique de la loi naturelle et de saint Thomas d’Aquin ». Il constate que, « malgré les fréquentes références à Dieu dans les discours de Luther King, » si l’on visite le nouveau mémorial qui lui rend hommage sur le Mall national et si on lit les quatorze citations qui y sont inscrites, il n’y a « pas une seule référence à Dieu ».
« Vous imaginez combien nos dirigeants ont dû chercher longtemps pour trouver quatorze citations du Dr Luther King sans une seule mention du Tout-puissant », remarque Anderson : « Il n’existe pas de symbole plus choquant de la campagne actuelle qui cherche à chasser la religion de notre vie publique ».
Anderson commente alors Alexandre Soljenitsyne à propos de la manipulation de l’histoire en Russie soviétique : « Comment Soljenitsyne aurait-il considéré la controverse autour du mémorial de Luther King ? Aurait-il vu cela comme une intention de préserver l’unité spirituelle de l’Amérique ou comme un symptôme supplémentaire d’une tendance à couper les Américains de leur héritage religieux ? »
Aujourd’hui, poursuit Anderson, « nous rencontrons une nouvelle hostilité envers le rôle des institutions religieuses dans la vie aux Etats-Unis à une époque où le gouvernement étend son influence de manière extraordinaire ».
Faisant allusion au débat actuel sur les règles de l’administration pour la couverture de l’avortement, il critique fermement l’administration Obama qui interfère dans les affaires internes de l’Eglise : « Un gouvernement qui veut influer sur la foi et la mission de l’Eglise est un gouvernement qui veut changer l’identité de l’Eglise ».
Anderson rappelle que le Premier amendement est conçu pour empêcher la subordination de la religion à l’Etat.
« Nous apprécions la liberté religieuse à cause du bien que la religion apporte à la vie des croyants personnellement et à la vie de notre nation ». Cependant, « nous vivons à une époque où, du point de vue de la liberté religieuse, il semble qu’il y ait plus de portes qui se ferment que de portes qui s’ouvrent », déplore-t-il.
Ce qui rend cette liberté religieuse si insupportable au président américain, c'est que par elle de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer et combattre le massacre des enfants à naître. La défense des droits des enfants à naître n'est pas une question religieuse, mais il se trouve que la majeure partie de leurs défenseurs sont des croyants. Certainement que le "Tu ne tueras pas biblique" vient motiver ces communautés chrétiennes pour protéger l'enfant à naître. C'est tout à l'honneur de la religion de défendre les plus vulnérables, les enfants à naître, les personnes handicapées, les personnes en fin de vie.
Petite histoire de la confrontation du Président Obama et du Cardinal Dolan...
Le site Riposte Catholique du 2 avril nous apporte cette histoire révélatrice du peu de respect de la liberté de conscience du président américain Obama:
La cardinal Dolan rappelle d’abord que lors de sa rencontre avec Obama en novembre dernier, le Président lui avait fait la promesse de défendre la liberté religieuse et n’avait pas eu de mots assez flatteurs pour exprimer son respect pour l’œuvre de l’Église catholique en matière de santé, d’éducation et de charité, qu’il n’avait pas l’intention d’y toucher et qu’il demandait au futur cardinal Dolan de faire part de ses engagements aux évêques américains… « Aussi vous pouvez imaginer ma peine quand [le Président] m’a appelé à la fin du mois de janvier pour me dire que le décret [HHS Mandate] ne serait pas abrogé, qu’il n’y aurait pas de changements substantiels et que la seule chose qu’il pouvait me proposer c’était un délai jusqu’au mois d’août. Je lui ai dit : “Monsieur le Président, je suis touché de votre appel. Voulez-vous dire que désormais nous avons jusqu’au mois d’août pour vous soumettre nos soucis constants qui pourraient déclencher un adoucissement substantiel à ce mandat ?”. Il m’a répondu : “Non, le mandat restera en place. Ce que nous faisons c’est, plus ou moins, de vous accorder un délai pour voir comment vous allez vous y soumettre ”. Je lui ai dit : “Eh bien, Monsieur, nous n’avons pas besoin de délai. Je peux vous dire tout de suite que nous ne nous y soumettrons pas” ». Le 10 février au matin, Obama rappela le cardinal Dolan après avoir publiquement annoncé son fameux – et fumeux… – « accommodement » (maintien de la gratuité de la contraception, de l’avortement et de la stérilisation, mais remboursement par les compagnies d’assurance-santé dans une sorte d’avenant “indépendant” des polices souscrites par les institutions catholiques…), un « accommodement » récusé par les évêques. Obama fit savoir au président de la Conférence épiscopale qu’il n’irait pas plus loin dans ses « concessions » et que le décret était désormais coulé dans le bronze. Voilà ce que l’Exécutif américain entend par « négociation »…