L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience

Par le Père Thomas Crean (Voice of the Family) — traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : National Gallery/Wikimedia Commons
L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience et deux distorsions modernes
Conférence donnée lors du Rome Life Forum le 17 mai 2018
Dans le présent exposé, je vais tout d’abord brièvement présenter ce que saint Thomas d’Aquin entend par le terme « conscience ». Par la suite, je décrirai les deux façons dont son enseignement sur la conscience est souvent détourné, et j’en expliquerai leurs conséquences pour la vie de l’Église d’aujourd’hui.
Premièrement, que veut dire saint Thomas par le terme « conscience » (en latin, conscientia) ? Certaines personnes ont employé ce mot pour dénoter un pouvoir spécial de l’âme, dont le domaine serait la prise de jugements moraux. Toutefois, Thomas d’Aquin ne croyait pas à l’existence d’un tel pouvoir ; puisque notre intellect est déjà un pouvoir fait pour appréhender la vérité, il s’ensuit que toute sorte de vérité, qu’elle soit « morale » ou « non morale », peut être appréhendée par l’intellect. Ainsi, c’est notre intellect qui perçoit, par exemple, que « deux fois deux font quatre » et que « mentir est mal ». Par conscience, saint Thomas entend une certaine catégorie de jugements rendus par notre intellect, à savoir les jugements que nous portons sur les actes que nous avons faits ou que nous faisons ou encore, que nous pensons faire. D’après son étymologie, il remarque que « conscientia » suggère l’application de la connaissance à un objet ; et il nous dit que nous faisons un jugement de conscience quand nous appliquons notre connaissance à nos propres actions. Saint Thomas distingue trois cas : soit nous sommes simplement conscients du fait d’avoir fait quelque chose ; soit nous jugeons de la bonté ou du mal de quelque chose que nous avons fait ; soit nous jugeons qu’un acte futur possible est quelque chose que nous devrions ou ne devrions pas faire ou pourrions faire.
Ceci explique les actions que l’on attribue généralement à la conscience : il nous dit qu’elle témoigne du simple fait de certaines actions passées ; pour nous absoudre, nous accuser ou même nous tourmenter, du bien ou du mal d’un acte passés ; et pour nous pousser ou nous retenir au sujet d’un quelconque acte futur. [1] La conscience est donc l’acte de juger qu’une de mes actions actuelles ou potentielles est ou fût, bonne ou mauvaise, obligatoire, interdite ou facultative. Enfin, il note que si le mot désigne à proprement parler de tels actes de jugement, il est aussi, par un processus naturel, utilisé pour désigner l’une des causes internes à l’origine de ces actes, à savoir notre tendance habituelle à reconnaître certains biens fondamentaux (p. ex. la vie et l’existence en société) comme des biens qui nous conviennent par nature.
Après cette brève présentation de la signification du mot « conscientia » (conscience) pour saint Thomas, je vais désormais expliquer de quelles manières son enseignement sur la conscience a été tordu, et je démontrerai à quel point ces déviations sont graves pour l’Église aujourd’hui.
Lire la suiteRencontre d’un militant pro-vie avec son député fédéral : les coupes de subventions faites par le gouvernement Trudeau envers les pro-vie
Cet article nous a été envoyé par un militant pro-vie
Sur le sujet qu’on pourrait effectivement aussi appeler : Justin Trudeau veut faire mourir les organismes pro-vie. C’est sur les nouvelles exigences pour les employeurs qui appliquent pour le programme Emploi d'été Canada (EÉC) qu’ils doivent accepter que la pratique de l’avortement est maintenant un droit et donc que les enfants à naître n’en sont pas vraiment et qu’aucune protection de leur vie n’est à envisager.
Mon rendez-vous était de 12H50 à 13H10 avec L’hon. Denis Paradis, député de Brome-Missisquoi (Parti libéral du Canada), il y avait une secrétaire qui participait aussi à la rencontre. En gros, je suis satisfait d’y avoir été, le député Denis Paradis m’a assuré qu’il transmettra mon (le) message à qui de droit (sans me dire à qui précisément). Je lui ai dit : « Je suis inquiet que dans le programme EÉC, de ces nouvelles exigences pour les employeurs ». J’ai parlé seulement de celle par rapport à l’idée que l’employeur, celui qui remplit la demande, doit accepter que l’avortement est une pratique à accepter pleinement (et qui est dit dans d’autres termes dans la demande EÉC). Pas eu le temps de dire : Ce sont des termes qui dissimulent ce qu’ils veulent apporter.
Il m’a répondu que dans notre comté, pour lui c’est un autre point qui le chicote et c’est dans un tout autre ordre d’idées. C’est sur la répartition des subventions aux OBNL (Organismes à but non lucratif) versus celles qui sont accordées aux organismes privés, au niveau du % de la portion subventionnée pour chacun. Il m’a dit que pour lui, c’est ça qui le chicote et que les modifications qui ont eu lieu (avortement, LGBTQ), ce n’était pas nécessaire de l’avoir, mais plutôt au niveau de la répartition du barème des subventions (ONBL) versus pour une entreprise privée qui participe à EÉC. Il dit que lui, il est un pragmatique et que c’est plutôt cette modification-là qu’il aurait voulu voir arriver. C’est positif pour nous, à moins qu’il disait ça pour me faire plaisir. Comme je disais, il m’a assuré qu’il transmettra mon (le) message à qui de droit (sans me dire à qui précisément). Et il m’a dit aussi que la liberté de religion — j’ai ajouté : « liberté de conscience » — est importante à sauvegarder pour tous comme aussi pour les appliquants à ce programme (EÉC).
Lire la suiteUne infirmière d’Ontario contrainte à la démission parce qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie
Mary Jean Martin
Par Jeanne Smits (réinformationtv)
On ne fusille pas ceux qui s’opposent à la dictature du relativisme, pour laquelle tout est relatif sauf la culture de mort. On les persécute dans leur vie familiale ou professionnelle : au bout du compte, c’est la mort sociale qui est recherchée. Une infirmière canadienne vient d’en faire l’expérience : Mary Jean Martin a été contrainte à la démission en Ontario pour la simple raison qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie, devenue légale dans le pays l’an dernier. C’est une grave atteinte à l’objection de conscience, dira-t-on. C’est surtout une intolérable pression pour obliger des personnes à participer non pas à ce qu’elles jugent subjectivement mauvais, mais à ce qui est objectivement criminel.
Mary Jean Martin s’occupait principalement de personnes âgées et très malades. C’était sa vocation : entrée dans la profession à la fin des années 1980, elle voulait avant tout aider les plus « vulnérables », ceux qui sont en difficulté. Elle était chargée de coordonner les soins à domicile pour le compte du Local Health Integrated Network (Réseau local intégré pour la santé), organisme public parfaitement aligné sur l’idéologie du gouvernement socialiste de l’Ontario.
Lire la suiteJe ne suis pas Charlie
Les événements survenus dans les locaux du Charlie Hebdo ont fait couler beaucoup d’encre. Les terroristes ont fait de ces victimes des martyrs du droit au blasphème. Certes, tout être sain d’esprit ne peut qu’être indigné par ce carnage opéré par une bande de gens déséquilibrés, insensibles à l’Esprit de Dieu et sans scrupule. Quoiqu’il en soit, laissez-moi vous expliquer pourquoi je ne suis pas Charlie…
Précision oblige
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je veux m’assurer que les lecteurs saisissent bien l’esprit de mon discours. Soyons clairs! Je déplore les actes de barbarie qui sont survenus dans les locaux du Charlie Hebdo, j’en suis attristé, voire même indigné. Pour ma part, je ne puis que compatir avec l’entourage de ces victimes, je partage leur douleur. Les propos désobligeants émis par le Charlie Hebdo ne justifient en rien ces actes cruels. Ils ne méritaient pas un tel sort.
Incohérence des meurtriers
Cet attentat démontre à quel point les terroristes islamiques sont incohérents. Dans ma compréhension de l’Islam, un vrai disciple d’Allah devrait exercer miséricorde aux caricaturistes qui dessinent des images de son prophète et non les abattre cruellement. Effectivement, puisque le Coran affirme qu’Allah est miséricordieux, son disciple doit en suivre l’exemple, non? Ainsi donc, ces terroristes ne peuvent pas s’identifier à un dieu miséricordieux, un dieu cruel certes, mais du moins, pas le dieu qu’ils revendiquent. Cela démontre que les auteurs de ces atrocités sont des gens cruels, irrévérencieux envers leur dieu et incohérents.
Droit au blasphème
Les événements du Charlie Hebdo ont indigné des millions d’êtres humains et ce, avec raison. De ce fait, il est tout à fait justifié de condamner à l’unisson ces actes de méchanceté. Par contre, là où je crois que la population s’égare c’est lorsqu’elle se dit Charlie. Effectivement, elle mêle liberté d’expression et droit au blasphème. Dans une société civilisée, nous devons user de civisme et de civilité. Nous avons le droit, par notre conscience, de nous opposer aux idées, aux croyances et aux valeurs des autres. Cependant, cela ne nous donne aucunement le droit d’être disgracieux, voire irrespectueux envers ceux qui ne partagent pas les mêmes idées que les nôtres. Accorder le droit au blasphème dénature le civisme. Or, la liberté d’expression se doit d’être accompagnée de civisme spécialement dans une société qui croit à la dignité humaine et le respect des institutions qui la composent. C’est pourquoi, en valorisant le droit au blasphème Charlie Hebdo perd mon appui; sa philosophie va à l’encontre de mes valeurs. En valorisant le droit au blasphème, Charlie Hebdo n’est plus un outil de critique, il devient un agresseur. En étant agresseur, il provoque l’affrontement.
Légitimer le non-sens
De son côté, une société qui encourage le droit au blasphème vénère une culture de confrontation, de provocation et de mort. Le roi Salomon disait que tous ceux qui s’égarent de la sagesse encensent la mort (Proverbes 8 :35-36). Ainsi, en légitimant le droit au blasphème on établit le non-sens comme un paramètre acceptable de notre société. Légitimer le non-sens démontre dans quel chaos existentiel nous habitons. Ce que le Québec a besoin de valoriser, dans tous nos débats de société, c’est : le respect, la dignité, la noblesse et l’élégance. C’est ainsi que nous allons inspirer les uns et convaincre les autres.
Éthique d’expression
Rire, caricaturer, questionner, critiquer et s’opposer font partie des droits légitimes des êtres humains. Je suis un des premiers à les revendiquer. Maintenant, est-ce possible que tout cela s’exerce civilement, décemment et dignement ? Si la réponse est oui, le droit au blasphème ne devrait plus être valorisé au Québec. Une culture saine et libre parle d’éthique d’expression plutôt que de droit au blasphème, fierté oblige; voilà pourquoi je ne suis pas Charlie.
« Charlie Hebdo »
Pendant que j'écris cette réflexion, la France vient de déclarer l'état d'alerte maximum dans tous ses départements.
Un attentat terroriste dans les locaux du très populaire journal satirique «Charlie Hebdo» a eu lieu, il y a quelques minutes, à Paris. Il y aurait une quinzaine de morts et plusieurs blessés.
Ce massacre barbare doit être dénoncé sur toutes les tribunes dans le monde entier. Aucune raison ne peut justifier un tel geste. Il y a cependant un autre côté à la médaille.
«Charlie Hebdo» est très populaire en France et au Québec. C'est un journal extrémiste tant au niveau des textes que des caricatures. Les gens qui y travaillent sont tous athées.
Quel est le contenu de ce journal ? Tout ce qui est scandaleux et sexuellement croustillant est immédiatement publié. On attaque sur tous les fronts sans aucune retenue les personnes, les institutions et les RELIGIONS.
Depuis quelques années la cible principale de «Charlie Hebdo» ce sont les croyants. Les juifs, les musulmans et les catholiques passent régulièrement dans le tordeur de la rédaction et des caricaturistes en dépassant les bornes.
Quand la satire devient odieuse, méprisante, insultante, vicieuse, décadente, dégradante, écœurante, violente, etc., ce n'est plus drôle du tout.
Quand ce journal a pour objectif de faire une croisade en règle pour promouvoir l'athéisme, c'est inacceptable. Quand ce journal présente les croyants en Dieu comme des obscurantistes, des moyenâgeux, des idiots et des névrosés qui n'ont pas évolué, c'est inacceptable. Quand ce journal se délecte en salissant de façon vulgaire le plus possible les symboles religieux des grandes religions, c'est inacceptable. Quand ce journal ridiculise le Pape de façon très méchante, ainsi que les personnages des autres religions, c'est inacceptable.
Devant toutes ces attaques contre la religion (la cible préférée de «Charlie Hebdo»), on a le droit et le devoir de réagir de façon PACIFIQUE. On a le droit et le devoir de défendre notre religion et nos croyances sur la place publique.
Je suis bien d'accord qu'il faut avoir le sens de l'humour. Malheureusement, «Charlie Hebdo» manque de plus en plus de raffinement à ce chapitre. Le mépris et la grossièreté très à la mode de nos jours ce n'est pas de l'humour.
Dans notre monde décadent, le dieu «liberté d'expression» n'a plus aucune balise. On peut se permettre de dire, d'écrire et de caricaturer n'importe quoi.
Ma réflexion n'excuse surtout pas l'horrible attentat qui vient de se produire à Paris ; mais, on peut affirmer qu'on récolte toujours ce qu'on a semé.
Qui sème le vent, récolte la tempête.
Paul-André Deschesnes
Beloeil, Québec
Canada
MISE-À-JOUR (8 janvier)
Commentaire de Georges Buscemi, président de Campagne Québec-Vie
Plusieurs ont été rebutés par la phrase qui conclut le texte ci-dessus « Qui sème le vent, récolte la tempête ».
L'auteur aurait pu tout aussi bien dire : « Le meurtre est horrible, mais le blasphème et le mépris de l'autre l'invite. »
M. Paul-André Deschesnes n'est pas le premier, ni le plus illustre à faire ce rapprochement entre le manque de respect d’une part et le meurtre de l’autre. On peut lire dans le Nouveau Testament (Matthieu 5, 22) la parole suivante de Jésus:
« Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. 5.22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.»
La raison profonde pour cette juxtaposition est la suivante: le non-respect, le mépris, goutte par goutte, empoisonne les relations humaines et mène au meurtre. On peut et on doit dénoncer le meurtre, mais on a pas le droit de dire que le non-respect et le mépris n’a rien à voir avec. Comme le dit Bossuet: «Dieu se moque de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes» Il aurait pu tout aussi bien dire «Dieu se moque de ceux qui déplorent la récolte qu’ils ont eux-mêmes semée»
Certains se demandent peut-être comment un si «petit» délit (une caricature irrespectueuse et blasphématoire) peux mener à un si grand crime. C’est que vous ne comprenez pas que Dieu est une personne pour les croyants, une personne parfaite et parfaitement aimable que l’on doit honorer.
Si un père de famille voit sa fille qu’il aime de tout son cœur se faire violer par une bande de dégueulasses, et il trouve une mitraillette et la décharge sur eux, vous allez déplorer ce meurtre, mais vous allez en quelque sorte…comprendre. Vous allez vous dire, «le père doit payer pour ce crime, mais ces salauds ont semé ce qu’ils ont récolté.» C’est semblable pour les croyants pour qui Dieu est encore plus aimable que la fille l’est pour le père.
Nous à Campagne Québec-Vie condamnons le meurtre de toutes nos forces. Mais le blasphème et le non respect doit aussi être condamné--ce que nous faisons aujourd'hui. Loin de nous de participer à une canonisation du blasphème et du mépris. Charlie Hebdo est une publication odieuse, elle dépasse les limites de l’acceptable ET les terroristes doivent être trouvés et punis sévèrement.
Les autorités ontariennes prennent des mesures contre les médecins qui refusent l'avortement et la contraception
Sur le site de theglobeandmail.com du 11 décembre 2014 :
(Photo : Alex E. Proimos sur flickr.com, licence creative commons)
Les Médecins de l'Ontario pourront refuser de donner des ordonnances de planification des naissances, d’avortements et de vasectomies aux patients, à la condition qu'ils les renvoient à un autre médecin, selon une nouvelle politique créée par l’ordre de réglementation de la province.
(…)En plus de l'obligation de référence, les médecins devront traiter les patients en cas d'urgence, même si cela va à l'encontre de leurs croyances. Et s’il n'y a pas de possibilité d'un transfert, les médecins doivent traiter le patient.
Une nouvelle atteinte à la liberté de conscience qui veut transformer tous les médecins en « collaborateurs »...
Homosexualisme : nouvelles attaques à la liberté de conscience
En Irlande. Sur le site de Riposte catholique du 10 décembre 2014 :
(Photo : Genevy (welcome) sur flickr.com, licence creative commons)
L’Irlande du Nord admet depuis 2012 l’adoption d’enfants par des paires homosexuelles, sur décision de la Haute Cour de Justice. C’est donc à regret que les évêques catholiques d’Irlande du Nord ont annoncé s’être résolus à couper tous les liens qu’ils entretenaient avec une association fondée en son temps par l’Église, la Family Care Society, qui sert de pourvoyeur dans les adoptions d’enfants.
(...)
Des personnalités politiques se sont émues de ce divorce, et ont dénoncé avec les prélats l’absence dans la loi d’une clause de conscience qui permettrait aux organisations religieuses de ne pas être obligées d’aller contre leurs croyances.
Et aux États-Unis. Sur le site de Riposte catholique du 10 décembre 2014:
La Conférence des Évêques Catholiques des États-Unis a condamné un nouvel ordre exécutif du président Barack Obama qui vise à interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Tout en rappelant que le catéchisme de l’Église catholique prohibe la haine envers les personnes touchées par des attractions vers des personnes de même sexe, les évêques américains ont avancé qu’il y avait dans ce nouveau texte bien plus que l’interdiction des discriminations. Plusieurs des clauses criminalisant la simple désapprobation portée sur des actes homosexuels tendent en réalité à faire de cette nouvelle mouture une atteinte flagrante à la liberté d’opinion. (...)
Certains aimeraient que toute pensée critique sur le phénomène de l'homosexualisme soit interdite...
Les chrétiens ne peuvent être commissaires au mariage en Saskatchewan
Sur le site de Radio-Canada du 5 novembre 2014 :
(Photo : wikipédia sans copyright)
En mai 2010, le gouvernement du Parti saskatchewanais avait tenté de faire adopter une loi qui aurait permis aux commissaires au mariage de refuser de célébrer des mariages gais si cela contrevenait à leurs croyances religieuses. Toutefois, huit mois plus tard, la Cour d'appel de la province a jugé le projet de loi inconstitutionnel et le gouvernement n'a pas interjeté appel de la décision.
Aujourd'hui, tous les commissaires au mariage de la province sont obligés de célébrer les mariages de tous les couples, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels.
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Victoire aux É-U ! La Cour Suprême reconnaît la liberté des entreprises de ne pas payer des assurances couvrant l'avortement
Sur le site du journal La Presse du 30 juin 2014 :
(Photo : DangApricot sur wikimédia.org, licence creative commons)
La Cour suprême des États-Unis a jugé lundi que la liberté de religion s'applique aux entreprises familiales et qu'un petit employeur n'est pas tenu de payer des moyens de contraception à ses salariées si cela enfreint ses convictions religieuses. (...)
Sur le site de Radio-Canada du 30 juin 2014 :
Cette décision très attendue de la Cour suprême des États-Unis porte plus précisément sur le remboursement aux travailleuses de 4 des 20 moyens de contraception qui sont couverts par la loi « Obamacare » qui offre une assurance médicale et pharmaceutique aux Américains.
(...)
Les quatre contraceptifs visés par la poursuite étaient deux pilules du lendemain et deux modèles de stérilets pour lesquels les plaignants refusaient de payer dans leur couverture d'assurance maladie aux employés.
La poursuite impliquait notamment la chaîne de matériel d'art Hobby Lobby, dont le siège se trouve en Oklahoma, la librairie religieuse Mardel, ainsi que Conestoga, une petite entreprise de fabrication de placards de la Pennsylvanie, propriété d'une communauté mennonite.
On parle ici d'une véritable victoire pour la liberté de conscience. Personne n'a le droit d'obliger une participation, même financière, au crime de l'avortement!
La liberté de conscience et l’unanimité au Parti libéral
(Thomas More a toujours respecté la voix de sa conscience)
(Photo : Gilberto Viciedo sur flickr.com, licence creative commons)
Nous avons dénoncé avec vigueur l’absence de respect de la liberté de conscience au Parti libéral du Québec, qui a obligé tous ses députés à voter pour le retour d’un projet de loi qui cautionne le meurtre.
Certains se sont posé le très bon questionnement suivant : si la situation était inversée et qu’un parti imposait l’unanimité exigée pour passer une loi absolument nécessaire pour empêcher d’euthanasier les personnes vulnérables, pourrait-on également parler de non-respect de la conscience?
C’est une très bonne question et à première vue, pour plusieurs, une situation apparemment identique appelle une réponse identique. Les députés se voyant obliger d’obéir à une ligne de parti, indépendamment de leurs convictions personnelles, seraient départis de leur liberté de conscience.
En apparence, nous sommes dans un cas identique. Mais ce n’est pas le cas, parce que si dans la première situation, où l’on oblige les gens à permettre l’existence d’une loi cautionnant le meurtre, il y a bel et bien une attaque pour éliminer la liberté de conscience des députés, ce n’est pas le cas dans la deuxième situation.
Car la conscience n’est pas autoréférentielle.
Elle est dépendante de la loi naturelle et, sans référence à la loi naturelle inscrite dans le cœur de chaque homme, elle devient simplement, en définitive, dictature de sa volonté propre.
Si la conscience n’est pas un jugement sur la fidélité ou la non-fidélité à une loi naturelle universelle extérieure à cette conscience mais inscrite dans son cœur, mais une décision sur ce qu’est la loi naturelle, alors la personne devient maître de définir ce qui est bien et ce qui est mal, en vertu du respect de ce que lui dicterait sa « conscience », mais qui n’est qu’une caricature de sa conscience, une volonté personnelle déguisée en choix de ce que l’on a « décidé » être le bien.
L’exemple du roi Henri VIII et de Thomas More illustre à merveille les deux conceptions de la conscience. Le roi Henri VIII décide qu’il a le droit de divorcer de sa femme et que cela est chrétien. Thomas More ne fait que reconnaître la vérité : l’enseignement de l’Église rapportant la volonté explicite du Christ exclut le divorce et la reconnaissance de nullité d’une union légitime. Thomas More ne peut rien y changer, même s’il le voulait.
Henri VIII change la loi pour qu’elle devienne conforme à sa volonté et que cette volonté soit définie comme étant « bonne et chrétienne », parce qu’il le veut.
Thomas More affirme qu’il aimerait bien, de toute sa volonté, contenter le roi en admettant son principe, mais la compréhension du roi de la conscience et de la vérité est fausse et Thomas ne peut rien y changer. La loi naturelle du mariage légitime est indissoluble, Thomas peut bien vouloir qu’il en soit autrement, la définition de la loi naturelle ne lui appartient pas. La conscience de Thomas More juge et lui dicte que divorcer ne correspond pas à l’enseignement de la loi naturelle, sur le bien et le mal concernant le mariage indissoluble.
La caricature de la « conscience » d’Henri VIII redéfinit l’enseignement de la loi naturelle pour qu’elle corresponde à sa volonté et qu’il se trouve ainsi dans le « Bien ».
« Dans leur volonté de mettre en relief le caractère « créatif » de la conscience, certains auteurs donnent à ses actes le nom de « décisions » et non plus de « jugements » : c'est seulement en prenant ces décisions de manière « autonome » que l'homme pourrait atteindre sa maturité morale. (…)
56. Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. (…)
Il n'est personne qui ne comprenne qu'avec ces positions on se trouve devant une mise en question de l'identité même de la conscience morale face à la liberté de l'homme et à la Loi de Dieu. Seuls les éclaircissements apportés plus haut sur le lien entre liberté et loi, lien fondé sur la vérité, rendent possible le discernement à faire sur cette interprétation « créative » de la conscience. » (Jean-Paul II, La Splendeur de la Vérité, no 55-56)
La « Loi de Dieu » et la « loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme » étant deux appellations désignant une même réalité. Or la conscience ne peut en aucune façon être séparée de cette loi naturelle :
Le jugement de la conscience est un jugement pratique, un jugement qui intime à l'homme ce qu'il doit faire ou ne pas faire, ou bien qui évalue un acte déjà accompli par lui. C'est un jugement qui applique à une situation concrète la conviction rationnelle que l'on doit aimer, faire le bien et éviter le mal. Ce premier principe de la raison pratique appartient à la loi naturelle, et il en constitue même le fondement, car il exprime la lumière originelle sur le bien et sur le mal, reflet de la sagesse créatrice de Dieu qui, comme une étincelle indestructible (scintilla animæ), brille dans le cœur de tout homme. Mais, tandis que la loi naturelle met en lumière les exigences objectives et universelles du bien moral, la conscience applique la loi au cas particulier, et elle devient ainsi pour l'homme un impératif intérieur, un appel à faire le bien dans les situations concrètes. La conscience formule ainsi l'obligation morale à la lumière de la loi naturelle : c'est l'obligation de faire ce que l'homme, par un acte de sa conscience, connaît comme un bien qui lui est désigné ici et maintenant. Le caractère universel de la loi et de l'obligation n'est pas supprimé, mais bien plutôt reconnu, quand la raison en détermine les applications dans la vie quotidienne. Le jugement de la conscience affirme « en dernier ressort » la conformité d'un comportement concret à la loi; il formule la norme la plus immédiate de la moralité d'un acte volontaire, en réalisant « l'application de la loi objective à un cas particulier » .
60. Comme la loi naturelle elle-même et comme toute connaissance pratique, le jugement de la conscience a un caractère impératif : l'homme doit agir en s'y conformant. Si l'homme agit contre ce jugement ou si, par défaut de certitude sur la justesse ou la bonté d'un acte déterminé, il l'accomplit, il est condamné par sa conscience elle-même, norme immédiate de la moralité personnelle. La dignité de cette instance rationnelle et l'autorité de sa voix et de ses jugements découlent de la vérité sur le bien et sur le mal moral qu'elle est appelée à entendre et à exprimer. Cette vérité est établie par la « Loi divine », norme universelle et objective de la moralité. Le jugement de la conscience ne définit pas la loi, mais il atteste l'autorité de la loi naturelle et de la raison pratique en rapport avec le Bien suprême par lequel la personne humaine se laisse attirer et dont elle reçoit les commandements : « La conscience n'est donc pas une source autonome et exclusive pour décider ce qui est bon et ce qui est mauvais; au contraire, en elle est profondément inscrite un principe d'obéissance à l'égard de la norme objective qui fonde et conditionne la conformité de ses décisions aux commandements et aux interdits qui sont à la base du comportement humain » 106.
61. La vérité sur le bien moral, énoncée par la loi de la raison, est reconnue de manière pratique et concrète par le jugement de la conscience qui pousse à assumer la responsabilité du bien accompli et du mal commis : si l'homme commet le mal, le juste jugement de sa conscience demeure en lui témoin de la vérité universelle du bien, comme de la malice de son choix particulier. » (…)
Ainsi, dans le jugement pratique de la conscience, qui impose à la personne l'obligation d'accomplir un acte déterminé, se révèle le lien entre la liberté et la vérité. C'est précisément pourquoi la conscience se manifeste par des actes de « jugement » qui reflètent la vérité sur le bien, et non comme des « décisions » arbitraires. Le degré de maturité et de responsabilité de ces jugements — et, en définitive, de l'homme, qui en est le sujet — se mesure non par la libération de la conscience par rapport à la vérité objective, en vue d'une prétendue autonomie des décisions personnelles, mais, au contraire, par une pressante recherche de la vérité et, dans l'action, par la remise de soi à la conduite de cette conscience. » (ibid., no 59 à 61)
Pour revenir au cas concret sur l’imposition de voter pour une loi nécessaire pour protéger les personnes vulnérables d’une mise à mort par euthanasie, la volonté de tuer ces personnes s’oppose à la loi naturelle universelle qui défend de mettre à mort une personne innocente. Cette loi se trouve déjà dans la philosophie grecque :
« Je jure par Apollon, médecin, par Asclépios, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants : (…)
Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. (…)
On retrouve ces notions de protection de la vie humaine dans toutes les Déclarations des droits de la personne, y compris dans la charte québécoise des droits et libertés de la personne :
PARTIE I
LES DROITS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE
CHAPITRE I
LIBERTÉS ET DROITS FONDAMENTAUX
1. Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu'à la sûreté, à l'intégrité et à la liberté de sa personne.
Il possède également la personnalité juridique.
1975, c. 6, a. 1; 1982, c. 61, a. 1.
2. Tout être humain dont la vie est en péril a droit au secours.
Toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant l'aide physique nécessaire et immédiate, à moins d'un risque pour elle ou pour les tiers ou d'un autre motif raisonnable.
1975, c. 6, a. 2.
Ces expressions de la loi naturelle ne peuvent jamais être contredites par la voix de la conscience puisque le rôle de la conscience n’est pas de définir, mais de juger si une action est en conformité avec cette loi naturelle.
On le voit, toute personne favorable à l’avortement ou à l’euthanasie n’agit pas selon sa conscience, mais selon une caricature de la conscience qui prétendrait définir une loi naturelle selon sa volonté propre. Cette caricature n’a pas à être respectée. Personne n’a le droit de voir respecter sa divagation.
C’est ainsi que nous pouvons conclure qu’effectivement le Parti libéral s’est attaqué au droit fondamental de la liberté de conscience, car les députés s’opposant à l’euthanasie écoutent la voix de la conscience qui reconnaît que l’euthanasie s’oppose à la loi naturelle universelle refusant la mise à mort d’une personne innocente.
Et que nous ne nous attaquerions pas à la liberté de conscience si de notre côté nous imposions une loi interdisant l’euthanasie, parce que cette loi serait en accord avec la loi naturelle et que les personnes voulant redéfinir cette loi universelle ne suivent pas alors la voix de leur conscience, mais bel et bien celle de leur volonté voulant définir ce qui est bien ou mal selon leurs passions.
Il peut arriver qu’une personne soit dans la situation de croire, subjectivement, qu’elle obéit à la loi naturelle, alors qu’objectivement ce n’est pas le cas. On parle alors d’une conscience égarée par suite d’une ignorance invincible.
« Il n'est jamais acceptable de confondre une erreur « subjective » sur le bien moral avec la vérité « objective », rationnellement proposée à l'homme en vertu de sa fin, ni de considérer que la valeur morale de l'acte accompli avec une conscience vraie et droite équivaut à celle de l'acte accompli en suivant le jugement d'une conscience erronée. » (no 63)
Puisqu’une conscience erronée perd le lien objectif avec la loi naturelle, elle devient folie, divagation et n’oblige pas au respect.
Aucune charte, aucune loi, aucune déclaration ne reconnaissent à quiconque le droit de tuer une personne innocente parce qu’il croirait vraiment que la loi naturelle reconnaîtrait cela comme étant le « bien ». Une personne affirmant ce droit de tuer serait placée sous haute surveillance et ce qu’il appellerait la « voix de sa conscience » sur le sujet ne mériterait aucun respect, parce que son manque de concordance avec la loi naturelle objective lui enlèverait le titre même de conscience, ou du moins, de conscience droite, la seule qui a droit au respect et à la liberté.
C’est la raison pour laquelle un parti qui obligerait des députés, parce que l’unanimité serait exigée pour protéger la vie de personnes vulnérables, à voter contre leur volonté de définir comme étant bien le meurtre de personnes innocentes, respecterait la liberté de conscience, parce qu’il respecterait la reconnaissance du lien entre le jugement et cette loi naturelle et refuserait la divagation qui consisterait à appeler bien, le meurtre de personnes innocentes.
Un homme seul qui aurait le pouvoir d'empêcher un peuple de massacrer les enfants et les personnes vulnérables aurait le devoir de le faire, même si pour cela, il ne respectait pas la folie de ce peuple qui appellerait la décision de tuer les enfants, « la voix de sa conscience »... Seul cet homme aimerait « la voix de la conscience », jamais indépendante de la loi naturelle...
Le droit de se tromper existe, mais lorsqu'il s'agit de ne pas respecter la loi naturelle, le devoir de protéger la vie et la sécurité des personnes peut obliger à ne pas respecter la liberté des consciences erronnées.
Aucune charte, aucune déclaration des droits de l'homme ne reconnaît le droit au meurtre, même si certains ont la folie de vouloir l'appeler, une mort dans la dignité... et affirment agir selon leur conscience. Une conscience sans gouvernail et sans loi naturelle lui permettant de reconnaître le bien et le mal ne devient que la dictature des plus forts. Ce qui est le cas actuellement.
