Les Gilets jaunes : espoir ou illusion ?
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Le mouvement des Gilets jaunes ne peut que soulever la sympathie. Nous en avons tous ras-le-bol du « système », et l’on souhaiterait que le couvercle saute en quelque part. Les Français démontrent une vitalité étonnante. Qu’un peuple soit encore capable de sortir dans la rue, de se parler et de réfléchir au bien commun à l’époque de l’isolement internautique, c’est rassurant.
Mais une protestation populaire ne peut déboucher sur rien sans chef ni doctrine. Charles Maurras disait qu’il ne fallait jamais compter sur un « réveil du peuple ». Joseph de Maistre avait une belle formule : « La Contre-Révolution ne sera pas une révolution contraire, mais le contraire de la révolution. »
Les Gilets jaunes restent imprégnés des mythes de 1789, comme le prouve leur « Serment du Jeu de Paume » du 13 décembre 2018. Baisser les impôts ? D’accord, mais au détriment de quels services publics ? Réduire les salaires des députés ? Peut-être, mais pourquoi pas les salaires des joueurs de foot ? Dans un cas comme dans l’autre, ce ne serait qu’un geste symbolique sans effet réel sur la société. Instaurer des référendums d’initiative citoyenne ? Ce serait plus démocratique, mais c’est justement la démocratie qui a permis à l’oligarchie financière de prendre le contrôle du monde.
L’idéologue des Gilets jaunes, Étienne Chouard, s’inspire de l’antique démocratie athénienne. Or Platon et Aristote ont expliqué comment le règne de l’assemblée du peuple finit toujours par favoriser la classe marchande. La démocratie conduit inévitablement à la ploutocratie. Pour gagner une élection, il faut de l’argent. La démocratie, ce n’est pas le pouvoir du peuple, c’est le pouvoir de ceux qui ont les moyens de manipuler l’opinion publique.
Lire la suiteLe dossier noir de Québec solidaire : au front avec l'islam

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, co-chefs de QS.
Par Eric Pilon (Le Peuple) — Voici la ou les sources de cet article : Point de bascule n°1, n°2, n°3 , n°4, n°5, n°6 et n°7, Le Point, France 24, Québec solidaire, Wikipedia, Facebook, Times of Israel, Gouvernement du Canada,Newswire, Barbara Kay, Bateau canadien pour Gaza / Voici la source de la photo (rognée) : Asclepias, yanik_crepeau et Judicieux, Wikimedia, CC BY-SA 3.0
Le sujet de l'article ci-dessous cadre tout à fait avec le but premier de notre organisme Campagne Québec-Vie qui est :
1) Promouvoir la reconnaissance, par les représentants de tous les corps sociaux, y compris ceux de l’État, de la nécessité du christianisme, en tant que seule religion intégralement vraie, pour une réalisation pleine et entière du bien commun.
Or, pour comprendre pourquoi le christianisme est la seule vraie religion, il faut comprendre en quoi les autres sont fausses. — A. H.
En plus d'être un parti d'extrême gauche, QS cède à la complaisance à l'égard de l'islamisme. Deuxième partie de ce dossier.
Nul doute que l'attitude des partis de gauche à l'égard des cultures étrangères, en particulier envers l'islam, est marquée par l'empathie. Québec solidaire (QS) ne fait pas exception à cette règle, et les premiers signes de cette manifestation d'empathie sont apparus l'année suivant sa fondation, soit en 2007.
Cette année-là, l'ex-porte-parole de QS, Françoise David, avait participé, à Toronto, à un colloque appelé Marxism – A Festival of Resistance, organisé dans le but de renforcer l'alliance entre l'extrême gauche et les milieux islamistes. Une fratrie d'intégristes avait été invitée à cet événement à titre de conférenciers, parmi lesquels Zafar Bangash, un grand supporter de la révolution islamiste en Iran. Bangash souhaite d'ailleurs que ce type de révolution se propage dans tous les pays, dont le Canada.
QS côtoie des groupes islamistes
Au printemps 2011, lorsque les premières notes de la révolution syrienne se faisaient entendre, Québec solidaire avait pris fait et cause pour le Conseil national syrien (CNS). Un choix curieux, puisque le CNS a été noyauté par les tristement célèbres Frères musulmans. Selon le journal Le Point, « près d'un tiers des membres du CNS sont des islamistes, Frères musulmans syriens ou anciens de la confrérie ». Un autre média, France 24, cite un activiste syrien selon lequel les Frères étaient plutôt majoritaires au sein du CNS.
Lire la suitePersécuter l’Église au nom de la « liberté »

Expulsion de Chartreux de leur monastère lors de la séparation de l'Église et de l'État en France, avril 1902.
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Internet Archive Book Images/Wikimedia Commons
Suite de la Chronique intitulée : « Un droit d’exemption pour l’éducation sexuelle ? » — CQV
Cet extrait de ma thèse de doctorat en histoire tente d’expliquer la logique interne des États soi-disant libéraux, qui en viennent à persécuter l’Église catholique en vertu du principe : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »
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La philosophie libérale prétend émanciper la société de l’absolutisme politique et religieux. Mais en pratique, elle tend à renforcer le pouvoir étatique, parfois jusqu’au totalitarisme. L’Ancien Régime ne connaissait pas la conscription, la lourde taxation et la règlementation envahissante, qui sont les fruits des États libéraux des XIXe et XXe siècles. La Révolution française a proclamé la liberté de cultes, tout en guillotinant le quart du clergé.
Ce paradoxe découle de la logique interne du libéralisme. Pour éviter l’anarchie, la liberté doit être encadrée par l’autorité. Si cette autorité n’émane pas de Dieu, elle doit émaner des hommes, ou plus précisément de la volonté générale du peuple souverain qui s’exprime démocratiquement. La puissance temporelle (État) n’est plus soumise à la puissance spirituelle (Église). La distinction entre Dieu et César disparaît au profit de César, c’est-à-dire de l’État qui détient désormais les deux pouvoirs, temporel et spirituel.
L’État devient l’autorité suprême qui entend régir le corps et l’âme de la société, et même des individus. Il interdit, par exemple, l’enseignement de la foi catholique dans les écoles publiques ; mais il le remplace par une éducation civique d’idéologie libérale (cours d’ECR et d’éducation sexuelle). L’État est séparé de l’Église catholique, mais il n’est pas séparé de toute religion. C’est l’idéologie libérale qui tient lieu de religion officielle.
Lire la suiteLe dossier noir de Québec solidaire : Marx, le maître à penser

Karl Marx.
Par Eric Pilon (Le Peuple) — Voici la ou les sources de cet article : L’Encyclopédie canadienne, DossierQS, Facebook, Point de bascule n° 1, n° 2, n° 3 et n° 4, Presse gauche, Youtube, Wikipédia et Marxists Internet Archive/Voici la source de la photo : Wikimedia Commons
Faut-il le rappeler ? C’est en URSS qu’a été légalisé pour la première fois dans l’époque moderne en 1920 l’avortement. C’est le marxisme culturel qui a répandu la théorie du genre dans bien des pays dont le Brésil. — CQV
Saviez-vous qu’un ex-coordonnateur d’Amir Khadir était une connaissance de Pol Pot ? Première partie de ce dossier.
Québec solidaire (QS) n’a plus besoin de présentation. Au départ populaire principalement à l’est du boulevard Saint-Laurent, l’organisation a réussi à soutirer 10 sièges aux dernières élections provinciales, dont un à Sherbrooke, un ancien fief de l’ex-Premier ministre libéral, Jean Charest.
Dépeint par plusieurs comme appartenant à l’extrême gauche, le parti de Manon Massé a déjà dû se défendre d’être associé aux antifas. Car si QS fait figure de modèle politique pour les maximalistes québécois, c’est parce qu’il a été bâti en grande partie sur le socle du communisme.
L’alliance des rouges
Québec solidaire est né en 2006 d’une fusion entre l’Union des forces progressistes et Option citoyenne. Dès le début, le parti accepta dans ses rangs des « collectifs » aux noms évocateurs : Gauche socialiste, Socialisme international, Masse critique, Parti communiste du Québec (PCQ), pour ne nommer que ceux-là.
Lire la suite40 à 50 millions d’avortements dans le monde en 2018

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : PxHere
Quelle boucherie ! Nous ne sommes pas meilleurs que nos ancêtres, nous sommes pires… 40 à 50 millions d’enfants à naître tués, innocents, sans défense, mis à mort cruellement. Et ça n’est pas compté officiellement dans les décès. Pourquoi ? Parce que des gens considèrent ou veulent considérer que l’enfant à naître n’est pas une personne. Pourtant la science affirme que la vie commence à la conception. Extrait de Gènéthique :
En 2018, 41,9 millions d’avortements ont été pratiqués dans le monde, « soit davantage que le nombre de morts liés aux dix principales causes de décès à l’échelle globale », a publié le site de statistiques Worldometers, qui précise que les chiffres ne prenaient pas en compte les fausses couches. L’OMS avait même publié en 2014 le chiffre de 56 millions. « Selon les estimations de l’OMS, il y a chaque année dans le monde 40 à 50 millions d’avortements. Cela correspond approximativement à 125 000 avortements par jour ». Snopes, un site américain réputé pour sa traque aux fake news, confirme : « Si l’estimation de l’OMS de 56 millions d’avortements par an est restée stable jusqu’en 2016, lorsqu’elle a publié son étude sur le top 10 des principales causes de mort à l’échelle globale [2], il serait vrai que le nombre d’avortements dans le monde a surpassé le nombre de décès totaux liés aux maladies cardiaques et aux attaques cérébrales, les deux premières causes de décès cette année-là » (15,2 millions de personnes).
Mais Snopes joue avec le mot « mort » de telle sorte qu’il met en doute que l’avortement provoque la mort d’une personne, d’après Gènéthique :
... « dire que l’avortement est la “principale cause de mort” dans le monde est une affirmation problématique, parce que cette position revêt un aspect politique, en contradiction avec le monde scientifique et médical », puisque « les champs légaux, philosophique, religieux et scientifique ne donnent pas de réponses définitives quant au moment du début de l’identité individuelle ».
L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience

Par le Père Thomas Crean (Voice of the Family) — traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : National Gallery/Wikimedia Commons
L’enseignement de saint Thomas d’Aquin sur la conscience et deux distorsions modernes
Conférence donnée lors du Rome Life Forum le 17 mai 2018
Dans le présent exposé, je vais tout d’abord brièvement présenter ce que saint Thomas d’Aquin entend par le terme « conscience ». Par la suite, je décrirai les deux façons dont son enseignement sur la conscience est souvent détourné, et j’en expliquerai leurs conséquences pour la vie de l’Église d’aujourd’hui.
Premièrement, que veut dire saint Thomas par le terme « conscience » (en latin, conscientia) ? Certaines personnes ont employé ce mot pour dénoter un pouvoir spécial de l’âme, dont le domaine serait la prise de jugements moraux. Toutefois, Thomas d’Aquin ne croyait pas à l’existence d’un tel pouvoir ; puisque notre intellect est déjà un pouvoir fait pour appréhender la vérité, il s’ensuit que toute sorte de vérité, qu’elle soit « morale » ou « non morale », peut être appréhendée par l’intellect. Ainsi, c’est notre intellect qui perçoit, par exemple, que « deux fois deux font quatre » et que « mentir est mal ». Par conscience, saint Thomas entend une certaine catégorie de jugements rendus par notre intellect, à savoir les jugements que nous portons sur les actes que nous avons faits ou que nous faisons ou encore, que nous pensons faire. D’après son étymologie, il remarque que « conscientia » suggère l’application de la connaissance à un objet ; et il nous dit que nous faisons un jugement de conscience quand nous appliquons notre connaissance à nos propres actions. Saint Thomas distingue trois cas : soit nous sommes simplement conscients du fait d’avoir fait quelque chose ; soit nous jugeons de la bonté ou du mal de quelque chose que nous avons fait ; soit nous jugeons qu’un acte futur possible est quelque chose que nous devrions ou ne devrions pas faire ou pourrions faire.
Ceci explique les actions que l’on attribue généralement à la conscience : il nous dit qu’elle témoigne du simple fait de certaines actions passées ; pour nous absoudre, nous accuser ou même nous tourmenter, du bien ou du mal d’un acte passés ; et pour nous pousser ou nous retenir au sujet d’un quelconque acte futur. [1] La conscience est donc l’acte de juger qu’une de mes actions actuelles ou potentielles est ou fût, bonne ou mauvaise, obligatoire, interdite ou facultative. Enfin, il note que si le mot désigne à proprement parler de tels actes de jugement, il est aussi, par un processus naturel, utilisé pour désigner l’une des causes internes à l’origine de ces actes, à savoir notre tendance habituelle à reconnaître certains biens fondamentaux (p. ex. la vie et l’existence en société) comme des biens qui nous conviennent par nature.
Après cette brève présentation de la signification du mot « conscientia » (conscience) pour saint Thomas, je vais désormais expliquer de quelles manières son enseignement sur la conscience a été tordu, et je démontrerai à quel point ces déviations sont graves pour l’Église aujourd’hui.
Lire la suiteUn droit d’exemption pour l’éducation sexuelle ?

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Ben White/Unsplash
Je serais surpris que les parents catholiques puissent obtenir pour leurs enfants une exemption du cours d’éducation sexuelle, surtout après que la Cour Suprême du Canada ait rejeté, en 2012, une semblable demande pour le cours d’éthique et culture religieuse (ECR).
Pour l’instant, le Premier ministre Legault affirme que tout le monde doit suivre ce cours. Je comprends mal la logique de ses « valeurs québécoises » : garder le crucifix à l’Assemblée nationale, l’interdire pour les enseignants, faire de la propagande LGBT dans les salles de classe. Nous verrons bien la suite.
À mon avis, une contestation judiciaire serait infructueuse. Les tribunaux adopteront le même raisonnement que dans la décision sur l’ECR. La Cour Suprême finira par dire que le cours d’éducation sexuelle ne fait que présenter scientifiquement divers types de comportements sexuels, sans forcer qui que ce soit à les pratiquer : ce cours ne porte donc pas atteinte aux libertés individuelles, tout en permettant aux jeunes de prendre conscience des réalités contemporaines.
Le problème pour un catholique, c’est que le cours enseigne aux enfants à respecter, à tolérer, et donc à approuver moralement toutes les formes de vie sexuelle. C’est une atteinte directe à la liberté de conscience. Nous n’avons plus le droit de penser que l’homosexualité puisse être « anormale ». Il ne s’agit pas seulement de respecter la personne homosexuelle, comme nous le commande la charité chrétienne, mais d’approuver le principe de ce comportement contre nature, sous prétexte de « liberté de choix ». Autrement dit, il faut nier un aspect de la Loi de Dieu (voir Mt, 11 : 23-24 ; Rm 1 : 24-32 ; 1erCor 6 : 9-10).
Lire la suiteL’islamo-réalisme

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : HaiDer95/Pixabay
Chers lecteurs, le titre et le contenu de la chronique ci-dessous vous surprendront sûrement un peu, étant donné le contenu de nos publications habituelles. Cependant, le sujet qui sera abordé quelques paragraphes plus bas cadre tout à fait avec le but premier de notre organisme Campagne Québec-Vie qui est :
1) Promouvoir la reconnaissance, par les représentants de tous les corps sociaux, y compris ceux de l’État, de la nécessité du christianisme, en tant que seule religion intégralement vraie, pour une réalisation pleine et entière du bien commun.
Or, pour comprendre pourquoi le christianisme est la seule vraie religion, il faut comprendre en quoi les autres sont fausses. — CQV
Entre le discours des islamophiles, qui confine à la bêtise, et celui des islamophobes, qui frise la haine, un jeune écrivain français de 37 ans, Joachim Véliocas, se classe parmi les « islamo-réalistes ». Le directeur du site L’Observatoire de l’islamisation (France) invite les catholiques à ne pas s’illusionner sur la religion musulmane. Dans son dernier ouvrage, L’Église face à l’islam : entre naïveté et lucidité (Éditions de Paris Max Chaleil, 2018), il cite les nombreuses déclarations complaisantes des autorités ecclésiastiques envers l’islam. Le pape François a eu l’audace d’affirmer qu’« il n’existe pas de terrorisme islamique ». Mgr Claude Dagens a dit qu’« il ne faut pas diaboliser tous les djihadistes ». Le dominicain Adrien Candiard prétend que « le wahhabisme n’a rien de violent », bien qu’il prône la lapidation des femmes adultères.
Le dialogue islamo-chrétien est à sens unique depuis ses origines. Les autorités officielles de l’islam ont toujours refusé de s’engager dans cette voie. Les musulmans qui y participent ne le font qu’à titre individuel, et probablement dans l’esprit de ce vieux proverbe arabe : « Baise la main que tu ne peux pas encore couper. »
L’auteur n’hésite pas à remonter à la source de cette naïveté de l’Église : le Concile Vatican II. Le no 16 de Lumen Gentium affirme que « le dessein du salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique ».
Lire la suiteL’inerrance historique de la Bible

Photo : Joconde database\Wikimedia Commons
Par l'historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Un peu de science éloigne de Dieu; beaucoup de science en rapproche.
Depuis le ténébreux « Siècle des Lumières », les pseudo-rationalistes s’évertuent à soulever de fausses contradictions dans la Bible pour discréditer son origine divine. Mais les historiens sérieux réussissent toujours à réfuter ces objections.
On lit dans l’Évangile de saint Luc que Jésus est né sous le règne d’Hérode, pendant que le gouverneur romain de Syrie, Quirinius, procédait au dénombrement de tous les habitants de la terre (au sens de l’empire romain), au temps de César-Auguste. La critique historique a signalé des invraisemblances chronologiques. Nous savons par des sources sûres qu’Hérode est mort en - 4; que Quirinius a été gouverneur de Syrie de + 6 à + 10, et que son recensement de la Judée a provoqué un soulèvement en + 6; que l’empereur Auguste a commandé trois recensements universels, en - 28, - 8 et + 14, mais que ceux-ci ne s’appliquaient qu’aux citoyens romains, et donc pas à Marie et Joseph.
Toutes ces dates, établies par la science profane, semblent contredire l’Évangile. Wikipédia nous dit, en partant, bien sûr, du principe que Dieu n’est pas le véritable auteur de la Bible, que « saint Luc a probablement commis une erreur ». Mais l’exégèse catholique a toujours affirmé la doctrine de l’inerrance historique de l’Écriture Sainte. Notons que je ne parle pas ici de l’inerrance scientifique, comme la question de la création du monde en six jours. Cela est une autre affaire.
Lire la suiteBonne et sainte année 2019 ! Mais sommes-nous vraiment en 2019 ?

Par l'historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Jordan Benton/Pexels
Nous avons vu, dans notre dernière chronique, que Jésus-Christ est fort probablement né un 25 décembre. Mais il n’est pas certain qu’il soit né en l’An 1 de l’ère chrétienne. Jésus serait paradoxalement né quelque part entre 4 et 7… avant Jésus-Christ. Comment expliquer ce paradoxe ?
Plusieurs types de calendriers étaient en usage dans l’Antiquité. Les Romains comptaient les années à partir de la fondation de Rome, qui correspond à l’année 753 av. J.-C. de notre calendrier chrétien. Les Grecs comptaient plutôt les années à partir des premiers Jeux olympiques, qui auraient eu lieu en 776 av. J.-C. Les Juifs retenaient, quant à eux, l’année de la création d’Adam, qui correspondrait, suivant une interprétation de la Torah, à 3761 av. J.-C. Les calendriers babyloniens et égyptiens étaient encore en vigueur au temps de Jésus.
Les spécialistes de l’histoire de l’Antiquité ont souvent du mal à fixer les dates de certains événements à cause des différences de calendriers. Par exemple, les chroniques romaines et juives nous indiquent des dates divergentes pour le début du règne d’Hérode le Grand (37 ? à 4 av. J.-C.).
En 525, le pape Jean 1er avait demandé au savant moine Denys le Petit (470-550) de calculer l’année de naissance du Christ, pour mieux déterminer la date de Pâques. Mais Denys a commis une erreur dans la fixation de l’An 1 (Anno Domini), qu’il faisait correspondre à l’année 753 de la fondation de Rome.
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