Le responsable des avortements tardifs au Québec : « Je fais partie, supposément, d’un groupement pour l’assassinat des bébés »

Jean Guimond et Léa Clermont-Dion. Capture d’écran prise du documentaire « La peur au ventre ».
Le documentaire « La peur au ventre » réalisé par Léa Clermont-Dion, diffusé sur Télé-Québec le 21 octobre 2024, contient un échange marquant qui révèle une vérité profonde sur la perception de l’avortement tardif au Québec. Cet échange, entre le Dr Jean Guimond, responsable des avortements tardifs au Québec, et Clermont-Dion, intervient aux alentours de la 27e minute du documentaire. Le Dr Guimond y confie une anecdote lourde de sens : « Je fais partie, supposément, d’un groupement pour l’assassinat des bébés. Ça m’a été dit récemment. »
Clermont-Dion réagit en demandant d’où cela lui a été dit, ce à quoi le Dr Guimond répond : « Dans une réunion avec des infirmières qui travaillaient en obstétrique ». Cet échange est très révélateur de la perception des avortements tardifs, au Québec. Le fait que le Dr Guimond soit traité d’« assassin de bébés » par ses propres collègues montre que la pratique de l’avortement tardif n’est pas proche d’être unanimement acceptée dans le milieu obstétrique, pourtant directement impliqué dans ces procédures (de 20 à 40 sont commis annuellement au Québec). Cela nous montre que ces professionnels, qui ont eux-mêmes présumément choisi ce métier pour donner la vie, sont conscients du caractère odieux de l’acte, qu’ils qualifient « d’assassinat ».
Lire la suiteRéaction au documentaire « La peur au ventre » sur l’avortement

Contre-manifestant à la 1ère Marche pour la Vie de Québec, 1er juin 2024.
Lettre d’une lectrice de Campagne Québec-Vie en réaction au documentaire « La peur au ventre ». — Image : capture d'écran de la bande-annonce de Télé-Québec sur le documentaire « La peur au ventre ».
Bonjour Monsieur Buscemi, j’ai vu le documentaire hier soir sur Télé-Québec. J’ai été profondément peinée par la tournure de ce documentaire, même si je savais de quel sujet ça parlerait. Je dois vous dire, qu’à mon avis, vous avez été la personne la plus convaincante de ce documentaire.
Je suis contente que Mme Clermont-Dion vous ait laissé assez de place dans ce documentaire pour que nous puissions entendre vos propos, pour partager vos convictions en regardant vers nous, le spectateur. En affichant votre échange avec la ministre.* Vos propos étaient tellement limpides, fermes, mais avec beaucoup de compassion.
La vérité dans l’amour ! C’était d’aplomb ! Je vous lève mon chapeau Monsieur. Je trouve qu’il y avait une évidence indiscutable dans ce documentaire. Le côté pro-vie a clairement montré son souci des petits bébés sans voix, du bien-être des femmes, de la valorisation de la vie, mais surtout de l’ouverture à l’autre, de la compassion et de l’amour.
J’ai beaucoup aimé quand vous vous êtes adressé aux contre-manifestants malgré leur vacarme. C’était vraiment l’amour et la compassion qui ressortaient. L’autre côté, ce qui a été montré des pro-choix à mon avis, c’était l’intolérance, l’égoïsme, la haine, le ressentiment, la violence, l’oppression, la fermeture d’esprit, le manque de sens critique et surtout l’irrespect de la vie, de la femme et de l’enfant à naître. 😢 Je ne peux tout simplement pas croire que nous sommes rendus là en tant que société. Que chaque jour des centaines d’enfants innocents meurent dans des circonstances horribles.
Je viens d’avoir un petit bébé. C’est impossible qu’une femme qui se fait arracher son bébé de ses entrailles n’en ressorte avec aucune meurtrissure profonde. C’est véritablement une culture de mort que le monde est prêt à défendre avec acharnement. Ça me rend malade. 😔 Je ne me reconnais pas dans cette société québécoise.
Pourtant j’étais vraiment pro-choix, pro-lgbt, féministe et militante avant que Jésus-Christ me montre la Vérité et change complètement mon cœur. Je sais qu’Il peut le faire avec chaque personne. J’ai la conviction qu’il faut continuer de prier avec persévérance pour les médecins, les infirmières des cliniques d’avortement et tous ceux qui croient que tuer est un droit humain et une bonne chose. Dieu le dit clairement : Tu ne tueras point. La vie et la mort sont entre les mains de Dieu. On ne peut pas se faire Dieu.
Avez-vous une ligne de prière dans votre organisation ? Je suis à Montréal. J’aimerais bien m’impliquer, même si je suis assez occupé avec mon nourrisson, j’aimerais aider d’une quelconque façon.
Je vous souhaite une merveilleuse journée bénie cher Monsieur Buscemi.
*Il s'agit de Ruba Ghazal de Québec Solidaire, elle n'est cependant que député. — A.H.
Lettre ouverte à Léa Clermont-Dion, réalisatrice du documentaire « La Peur au ventre », à paraître sur Télé-Québec le 21 octobre

Léa Clermont-Dion lors de l'émission Tout le monde en parle du 6 octobre 2024.
Par Georges Buscemi (Campagne Québec-Vie) — Photo : capture d'écran vidéo/Tout le monde en parle/Radio-Canada
Madame,
Je vous écris en tant que président de Campagne Québec-Vie et participant à votre documentaire « La Peur au ventre », centré sur l’avortement et, en particulier, le renversement de la décision Roe c. Wade par la Cour suprême des États-Unis. J’ai eu l’occasion de participer à plusieurs entrevues pour ce projet, notamment dans la pénombre d’une chambre d’hôtel à Washington DC. et à Québec, où j’ai fini par être mis face à la députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal.
Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre accueil chaleureux, votre professionnalisme et votre courtoisie. Je reconnais également, dans une certaine mesure (nous y reviendrons), votre sincérité et votre soif de justice. Vos expériences passées, où vous avez courageusement affronté le mal et l’injustice, non seulement pour vous-même mais aussi pour les femmes en général, méritent le respect. C’est pourquoi je vous salue, quoiqu’avec quelques réserves, pour cet engagement en faveur de la dignité des femmes.
Lors de notre entrevue à Washington, après mes commentaires sur la malice morale de la pornographie (ce qui semblait avoir capté votre intérêt), vous m’avez demandé si je me considérais comme « féministe ». J’ai hésité avant de répondre par la négative, car le terme « féministe » est souvent associé à des positions que je ne peux cautionner, notamment le soutien inconditionnel à l’avortement. Si j’avais à répondre plus précisément, je me qualifierais de « défenseur des femmes », car qui pourrait se dire homme sans l’être ?
Concernant votre documentaire, je dois dire que la bande-annonce m’a laissé entrevoir un schéma prévisible : celui d’une propagande pro-avortement. Et je ne pense pas, hormis le caractère péjoratif du terme « propagande », que vous soyez en désaccord. Il semble que vous ayez choisi de dépeindre l’influence « pernicieuse » des États-Unis, suite à la chute de Roe c. Wade, comme une menace à l’utopie québécoise et canadienne, transformant notre pays en terrain de jeu pour les « méchants » pro-vie.
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