Un chrétien engagé : Arnaud de Lassus (1921-2017)

Arnaud de Lassus.
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Yves de Lassus, qui dirige L’Action familiale et scolaire (France), prononcera une conférence lors du congrès de Campagne Québec-Vie, le 26 octobre prochain à Québec. Il prend ainsi la relève de son père, le baron Arnaud de Lassus, qui a été l’une des plus brillantes figures de la tradition catholique française au cours des dernières décennies.
Arnaud de Lassus incarnait toutes les vertus de la « Vieille France ». Issu d’une famille d’Action française, polytechnicien et officier de marine, il a d’abord milité dans la Cité catholique de Jean Ousset, l’auteur de Pour qu’Il règne (1950), un remarquable ouvrage de pensée sociale chrétienne. En 1980, Arnaud de Lassus a fondé L’Action familiale et scolaire (AFS), une branche spécialisée de la Cité catholique. Cette dernière n’a malheureusement pas survécu au Concile Vatican II, comme bien d’autres organisations conservatrices liées à l’Église, mais l’AFS a continué le combat en faveur de la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, tout en restant indépendante du clergé. Les plaquettes de l’AFS, « Connaissance élémentaire de… », sont des classiques de la pensée contre-révolutionnaire. CQV les réédite maintenant pour le Canada.
Arnaud de Lassus fréquentait tous les milieux catholiques et nationalistes qui voulaient l’entendre, sans s’inféoder à aucune organisation particulière. C’était un traditionaliste, ouvertement hostile à Vatican II. Toutefois, il a condamné les sacres épiscopaux de Mgr Lefebvre, en 1988, parce qu’il estimait que ce geste diviserait trop les catholiques de tradition. Il pouvait sembler avoir raison à l’époque. Mais il a reconnu par la suite que les sacres ont finalement permis de sauver la messe de saint Pie V. Comme bien d’autres, Arnaud de Lassus ne s’attendait pas à ce que la crise de l’Église soit aussi longue.
J’ai entendu Arnaud de Lassus en conférence pour la première fois à l’automne 1990. Je fus alors impressionné par son analyse de la Guerre d’Irak, qui pointait à l’horizon. Il pouvait, dans une conférence de deux heures, faire le tour d’un sujet aussi complexe que la franc-maçonnerie, le libéralisme, le modernisme, le protestantisme ou l’islam. Il traquait inlassablement les erreurs doctrinales qui s’infiltrent trop souvent dans l’esprit des catholiques, même les mieux intentionnés. Il misait sur la formation intellectuelle plutôt que l’action politique. Dans un temps comme le nôtre, où l’intelligence est en péril de mort, pour reprendre l’expression de Marcel De Corte, c’est sans doute le besoin le plus prioritaire. Arnaud de Lassus aimait citer cette maxime de Joseph de Maistre : « On peut se relever de tout, sauf de l’abandon des principes. »
Arnaud de Lassus a été l’un de mes maîtres à penser. Bien qu’il ne soit pas tellement connu, il a été l’un des plus grands intellectuels catholiques de la fin du XXe siècle. Il était pourtant modeste. Il prononçait toujours ses conférences avec le même professionnalisme, que ce soit dans une salle bondée ou devant un maigre auditoire de quelques énergumènes, comme c’était souvent le cas. Il répondait avec patience et respect à toutes les questions, même lorsqu’elles venaient d’un auditeur qui n’était pas à la hauteur du conférencier. Il pourfendait les idées fausses, mais il ne parlait jamais contre personne. Il appliquait la règle de la charité chrétienne : combattre le péché en aimant le pécheur. De plus, il avait le sens de l’humour. Il ne se prenait pas au sérieux. À mon avis, la « sainteté », c’est un peu cela.
On peut écouter les conférences d’Arnaud de Lassus sur You Tube, dont l’une qui traite de la franc-maçonnerie au Québec :
Études biaisés à l’appui de «la PMA pour toutes»
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Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) ― Photo : rawpixel.com/Pexels
Les études présentées à l’Assemblée nationale française lors de l’examen du projet de loi de bioéthique ont toutes été menées dans un esprit partisan, dans le but de montrer que les enfants accueillis dans les « familles » formées par des paires de même sexe vont bien, et dans le but évident de changer la loi sur la PMA. Le jeudi 5 septembre, le Dr Pierre Lévy-Soussan, directeur du Centre de consultation médico-psychologique filiation de Paris et ancien membre du Conseil d’orientation de l’Agence de biomédecine, a mis en garde la Commission spéciale, chargée d’examiner le projet de loi, de ce constat qui a d’ailleurs été fait par plusieurs psychiatres réputés. Et pourtant, comme le rapporte Gènéthique : « Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait estimé "pertinent" de "s’appuyer sur des recherches fiables sur l’impact de cette situation". Or "aucune étude d’impact sur le projet n’a été conduite", s’est étonné le Dr Lévy-Soussan. »
Presque un an auparavant, déjà, en novembre 2018, le Dr Sarah Bydlowski, pédopsychiatre et chercheur associé au laboratoire de psychopathologie de l’université René-Descartes, avait expliqué au député Jean-Louis Touraine qui se référait aux « "travaux menés en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Belgique", qu’aucun de ces travaux, qu’elle connaissait "très bien", n’était fondé "sur des observations cliniques précises de l’enfant : tous sont fondés sur des autoquestionnaires". Il s’agit bien d’une simple liste de questions posées aux parents, dont les réponses sont ensuite analysées. Une méthode "insuffisante" selon les professionnels, pour un sujet "aussi complexe que la filiation et l’équilibre psychique de l’enfant", » rapporte Gènéthique.
En 2006, le Dr Loren Marks a révélé dans un ouvrage (Pediatrics, vol 118, n°5, novembre 2006) qu’il y avait une surincidence, chez les enfants se trouvant dans des familles homoparentales, de « troubles dépressifs, de toxicomanie, de troubles anxieux, de troubles de la conduite, d’idées suicidaires, voire de tentatives de suicide ».
Pour finir, « En 2012, Mark Regnerus, professeur de sociologie à l’université du Texas, a publié une étude dans Social Science Research, qui révèle que les résultats des études sur l’homoparentalité "sont tirés souvent d’échantillons de petites tailles, ne permettant pas de généraliser les résultats à la population des familles gays et lesbiennes dans son ensemble." Ayant réalisé sa propre étude, auprès de 2 998 adultes de 18 à 39 ans, celle-ci aboutissait, entre les familles homoparentales et les autres, à des "différences notables dans de nombreux résultats, dont beaucoup sont manifestement suboptimaux (comme les études, les états dépressifs, la situation professionnelle ou la consommation de marijuana"), » rapporte Génèthique.
L’effondrement de l’Église

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : PxHere
Nos Seigneurs les évêques devraient lire l’ouvrage de Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien : anatomie d’un effondrement (2018).
Lorsque l’on tente d’expliquer la chute rapide de la pratique religieuse, dans les années 1960, on s’en tient habituellement à d’insipides généralités : l’évolution des mentalités, les transformations socioéconomiques, l’influence des nouveaux moyens de communication, etc. On n’explique finalement rien, et on laisse faussement croire que la déchristianisation était un phénomène normal et irréversible.
L’historien Guillaume Cuchet (Université Paris-Est Créteil) va plus loin. Il précise d’abord la chronologie des événements. L’effondrement du catholicisme français ne date pas de 1968. Il ne résulte pas de « l’esprit de Mai 68 », comme l’ont dit les catholiques de droite, ni du « rejet de la pilule par Paul VI », comme l’ont prétendu les catholiques de gauche. Cuchet montre, chiffres à l’appui, que le décrochage s’est produit en 1965, avant même la fin du Concile Vatican II. À l’époque, dit-il, plusieurs observateurs proconciliaires l’avaient remarqué. Mais ils ont gardé le silence pour ne pas fournir de l’eau au moulin des traditionalistes. Certains grands universitaires, comme l’historien Jean Delumeau, allaient même jusqu’à soutenir que le christianisme était en pleine croissance, mais sous une forme différente, et finalement meilleure. L’autoaveuglement était alors de mise dans les milieux catholiques progressistes. Mais le recul du temps permet de porter aujourd’hui un regard plus objectif sur les causes de l’effondrement.
En 1960, l’Église catholique de France était en bonne santé. Il y avait 94 % des Français qui étaient baptisés, 80 % qui faisaient leur communion solennelle, 60 % qui payaient la dîme, 60 % qui s’abstenaient de viande le vendredi, 30 % qui faisaient leurs pâques et 25 % qui assistaient régulièrement à la messe dominicale (c’était 60 % au Québec). La jeune génération, née après 1930, était plus pratiquante que la génération précédente. Les pronostics alarmistes de l’ouvrage La France, pays de mission ? (1943) ne s’étaient pas réalisés. L’Action catholique était en train de convertir la société moderne. Les catholiques tenaient une belle place dans les milieux intellectuels. Les études statistiques du chanoine Fernand Boulard montraient que le déclin de la pratique religieuse, qui avait suivi la Loi de Séparation de 1905, était enrayé. Les évêques envisageaient l’avenir avec optimisme.
Le collapsus est survenu en 1965, à la faveur de la réforme liturgique. Les évêques le savaient, et c’est pourquoi ils ont ordonné à l’équipe de statisticiens du chanoine Boulard de ne plus mesurer le taux de pratique. Après cette date, les historiens ne disposent que de données partielles, mais elles tendent à montrer que la pratique religieuse a diminué de 40 % entre 1962 et 1969. Il y avait 51 % des Français qui se confessaient au moins une fois par année en 1952. Ils n’étaient plus que 29 % en 1974, et 14 % en 1983.
Selon Guillaume Cuchet, la nouvelle messe en langue vernaculaire n’est pas la cause directe de l’effondrement. C’est plutôt le changement de discours du clergé qui a déstabilisé les fidèles, ce qu’il appelle « la crise de la prédication des fins dernières ». Du jour au lendemain, les prêtres ont cessé de parler du péché, de l’enfer, du jugement personnel et même de l’obligation morale d’assister à la messe dominicale.
Les décrocheurs religieux du tournant de 1970 se disaient sans doute : « Avant, tout était péché. Maintenant, plus rien n’est péché. Ce n’est pas très sérieux leur affaire. »
La « Nouvelle Pentecôte » de 1965 a réussi à vider les églises avec plus d’efficacité que la Terreur de 1793.
Champlain a-t-il trahi le roi ?

Samuel de Champlain capitulant avec la ville de Québec devant l'amiral Kirke.
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : mcq.org/Wikimedia Commons
La mode est à la « déconstruction » des héros nationaux. La désinformation historique alimente une sorte d’autoracisme en nous apprenant à détester nos ancêtres. Nous sommes les « méchants ». Les autres sont les « bons ».
Récemment, les historiens Michel de Waele (Université Laval) et Paul Cohen (Université de Toronto) ont attaqué la réputation de Samuel de Champlain en prétendant qu’il avait trahi le roi de France, en 1629. Cette année-là, les Anglais ont conquis Québec et Port-Royal. Mais la France pouvait légitimement récupérer ses colonies, car elles avaient été prises après la fin des hostilités en Europe. L’ambassadeur français à Londres demanda à Champlain de rédiger un mémoire pour l’éclairer sur la géographie de l’Amérique du Nord. Le mémoire aurait insisté sur la récupération du Canada, mais en abandonnant l’Acadie. Selon de Waele et Cohen, le fondateur de Québec plaçait les intérêts mercantiles de la Compagnie des Cent-Associés au-dessus des intérêts territoriaux de la France. Notons que les Cent-Associés avaient le monopole du commerce au Canada, mais pas en Acadie. Champlain aurait donc « trahi » le roi d’une certaine manière. Et c’est pourquoi il perdit, entre 1630 et 1632, la pension que lui versait la cour.
Admettons que ce n’est pas très glorieux pour la nation canadienne-française que d’avoir un traître comme « père fondateur ».
Mais les deux historiens iconoclastes se sont fait ramasser par Éric Thierry (Université de Paris IV), qui vient de publier les œuvres complètes de Samuel de Champlain. Dans une remarquable conférence, prononcée au Rendez-vous d’histoire de Québec 2019, Thierry a démontré que de Waele et Cohen avaient commis une erreur en travaillant sur une version tronquée du mémoire de Champlain, celle qui se trouve aux Archives publiques du Canada. La version intégrale, déposée à la Bibliothèque nationale de France, prouve que Champlain a bel et bien réclamé l’Acadie.
« Non, dit-il, Samuel de Champlain n’a pas trahi le roi de France, en 1629 ! »
Sa conclusion a soulevé les applaudissements de l’auditoire. Les gens semblent en avoir ras le bol du discours d’autodestruction de la patrie.
Éric Thierry constate que Champlain est effectivement tombé en disgrâce, entre 1630 et 1632. Mais il explique ce fait par un motif qui rehausse le prestige du fondateur de Québec.
Le conseil royal de Louis XIII se divisait en deux tendances. Le « parti des politiques », dirigé par le cardinal de Richelieu, prônait une alliance tactique entre la France et les États protestants pour contrer la puissance de l’Espagne. Le « parti des dévots », conduit par la reine-mère, Marie de Médicis, et le garde des Sceaux, Michel de Marillac, souhaitait plutôt que la France s’allie avec l’Espagne catholique pour combattre le protestantisme allemand et l’islamisme turc. Les politiques privilégiaient les intérêts de l’État, et les dévots ceux de l’Église.
Richelieu a évincé Marillac lors de la « Journée des Dupes » (10 novembre 1630). Or Champlain était lié au parti des dévots. À la fin de sa vie, il était devenu très pieux sous l’influence de son épouse, Hélène Boullé. Il fut une victime indirecte de la Journée des Dupes. Guillaume de Caen, un marchand huguenot qui voulait s’emparer du commerce des fourrures au Canada, l’avait systématiquement dénigré à la cour. Mais Champlain est revenu en grâce avec l’aide du Père Joseph, l’éminence grise de Richelieu. Le Père Joseph comptait sur Champlain pour amener des missionnaires capucins en Nouvelle-France.
En définitive, les savantes recherches d’Éric Thierry confirment l’image traditionnelle de Samuel de Champlain : celle d’un grand colonisateur animé par l’esprit d’évangélisation.
https://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo-histoire/524683/samuel-de-champlain-et-les-autochtones-construire-aujourd-hui-sur-un-reve-inexistant
Viviane Lambert a reçu un appel téléphonique du pape François : entretien
Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits)
Viviane Lambert m’a accordé jeudi un entretien pour LifeSiteNews, le plus important site anglophone d’informations pro-vie, où elle a notamment révélé pour la première fois qu’elle avait reçu, sous forme de message, un appel téléphonique du pape François pour la soutenir dans l’épreuve des derniers jours de vie de Vincent.
Interpellé par Vatican News qui a certainement trouvé l’information sur LifeSiteNews, la Salle de Presse du Vatican a officiellement confirmé hier cette information.
Voici la retranscription de mon entretien avec Viviane Lambert dont les réponses sont touchantes à la fois par leur douleur, leur courage et leur grande élévation. Il en ressort un message : il ne faut pas que Vincent Lambert soit mort en vain. Mais notre foi nous dit d’ores et déjà que quoi qu’il advienne dans cette vallée de larmes, il n’en sera pas ainsi.
*
Viviane Lambert, vous avez vécu plus qu’une tragédie, vous avez vécu quelque chose d’inouï : que vous en reste-t-il actuellement, qui vous donne espoir pour vivre ?
Ces derniers jours qui se sont succédé dans la tristesse et dans notre impuissance, puisque nous avons dû assister au crime commis sur Vincent. J’ose dire le « crime sur Vincent », qui s’est déroulé sous nos yeux impuissants. Cela a été épouvantable pour nous. Nous en sommes ulcérés — moi je suis ulcérée. Je garde heureusement ceci : j’ai la foi, sinon ce n’est même pas que nous serions abattus, nous serions désespérés. Mais je garde l’espérance parce que maintenant Vincent n’appartient plus à ses bourreaux : il échappe à ses bourreaux par sa mort, par son départ vers Dieu, et maintenant son âme n’appartient plus qu’à Dieu. Et cela, personne ne peut l’enlever. C’est mon espérance, ma seule espérance.
Vous avez parlé du docteur Sanchez qui a mené cette sale besogne et je vous ai entendu dire qu’il fallait prier pour lui. Que voulez-vous dire par là ?
Oui. Cela ne fait pas très longtemps, j’essayais encore de lui faire comprendre que sa conscience va certainement ensuite être différente — et je l’espère pour lui. Je lui ai dit que le seul malheur que je pouvais lui souhaiter, c’était que Vincent le réveille toutes les nuits. Qu’il ait des cauchemars pour qu’enfin il regrette ce qu’il a fait. J’ose encore espérer qu’il le regrette un jour. Il m’a même répondu alors : « Soyez chrétienne, Madame. » Je lui ai dit : « Docteur, je prie pour vous tous les jours. » Et je pense que cela, il ne faut pas l’oublier. Ce sont des êtres humains, ils vont être égarés, ou alors ils vont continuer… c’est cruel. Qu’est-ce qu’ils vont devenir après leur mort ? Il faut prier pour eux ! Moi j’essaie de recommencer à prier pour eux. J’ai eu un moment de battement, j’étais un peu révoltée, mais je me suis reprise. Il faut prier pour eux, vraiment.
Oui, c’est un très grand malheur qui est arrivé, pas seulement pour Vincent et pour vous…
Pour la société ! Oui, c’est cruel mais il y a des conversions. J’espère ceci : qu’ils pourront véritablement se poser les bonnes questions.
Lire la suiteLa survivance du pays réel

Les réfugiés d'Évariste Carpentier.
Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph D. — Photo : terminators.com/Wikimedia Commmons
Récemment, je suis entré dans un édifice du gouvernement fédéral. J’ai demandé où se trouvaient les toilettes. On m’a répondu qu’il y avait des toilettes « mixtes » tout près, mais également des toilettes « traditionnelles », pour hommes et pour femmes, un peu plus loin. L’idéologie transgenre s’impose désormais sur le terrain, bien qu’elle nous laisse encore une certaine liberté de choix. Je me suis dirigé rapidement vers les toilettes mixtes. Que voulez-vous, les exigences de ma vessie l’ont emporté sur les critères de mon idéologie.
Mais voici à quoi ressemblaient les fameuses « toilettes mixtes ». Il y avait deux portes recouvertes, l’une comme l’autre, des deux symboles habituels : le monsieur en pantalon et la madame en robe. L’égalitarisme vestimentaire n’est pas encore passé par là, ce qui prouve que ce genre de distinction garde une certaine utilité. Mais sur l’une des deux portes, on pouvait lire : « urinoirs ». J’ai pris cette porte, car c’est précisément ce que je cherchais.
En fait, les deux salles de toilettes n’avaient pas été fusionnées. On avait simplement modifié les affiches. Les gestionnaires de l’édifice respectaient ainsi la lettre des directives transgenres du gouvernement, mais ils avaient trouvé un moyen habile d’en contourner l’esprit. Je suis sûr que tous les hommes prenaient la porte « urinoirs », et les femmes l’autre porte. Quant aux transgenres, ils avaient le choix. Mais ils sont tellement peu nombreux dans la réalité, qu’il faudra probablement attendre une décennie avant que l’un d’entre eux ne profite de cette « liberté démocratique ».
C’est encourageant : le pays réel résiste encore au pays légal.
Le philosophe politique français Charles Maurras (1868-1952) faisait une distinction entre le pays légal et le pays réel. Le pays légal, c’était la France officielle avec son idéologie républicaine, laïque et cosmopolite. Le pays réel, c’était la France profonde avec ses traditions monarchiques, catholiques et nationales.
Le pays réel résistait à la dictature du pays légal, surtout dans les campagnes. C’est le pays réel qui a sauvé la France durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). La République maçonnique dut faire appel aux officiers catholiques et royalistes qu’elle avait pourtant exclus des hauts rangs de l’armée après l’Affaire Dreyfus (1898-1906). La France a remporté la victoire grâce aux soldats chrétiens, du simple poilu d’origine paysanne jusqu’au maréchal Ferdinand Foch. À titre de commandant en chef des forces alliées, Foch a ordonné, en 1918, d’apposer le Sacré-Cœur sur tous les étendards militaires. Les troupes britanniques et américaines, majoritairement protestantes, l’ont fait elles-mêmes avec enthousiasme. Et le vent a tourné en faveur des Alliés. Mais cela n’a pas empêché la République de reprendre sa politique anticléricale après la guerre.
Aujourd’hui, nous pouvons appliquer le concept de « pays réel » dans un autre contexte. Le pays réel, ce sont les gens qui pensent et vivent normalement, malgré la pression totalitaire d’une société contre-naturelle. Ce sont les couples qui ont des enfants et qui les élèvent correctement, donc de manière traditionnelle. Ce sont les enseignants qui croient encore à l’importance de la grammaire et du silence en classe. Ce sont les jeunes qui font du sport au lieu de végéter dans le monde virtuel. Ce sont les travailleurs qui accomplissent leur devoir avant de réclamer leurs droits. Ce sont les bénévoles en tout genre qui rendent gratuitement service à leurs concitoyens. Ce sont les prêtres qui parlent de Jésus-Christ plutôt que de l’Écologie et des Migrants. Ce sont les esprits libres qui savent encore rire du système.
Soyons réalistes : le pays réel survit et l’avenir lui appartient.
Mort de Vincent Lambert, victime d’une barbarie programmée
Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits)
Vincent Lambert est mort ce matin. Ses parents, Viviane et Pierre, ses frère et sœur David et Anne, ses avocats Jérôme Triomphe et Jean Paillot ont gagné pour lui six années de vie à force de courage et d’amour. Six précieuses années dont nous n’apprendrons la valeur surnaturelle que dans l’au-delà : pour lui, pour son salut, pour les proches qui l’ont défendu, pour les plus petits, pour la justice, et même pour l’humanité. Six années qui ont valeur d’éternité.
Six années qui ont permis de porter sur la place publique la réalité de la barbarie où la France s’est enfoncée, dès lors qu’elle a accepté que des médecins tuent délibérément l’innocent. L’affaire Vincent Lambert a commencé le jour de l’adoption de la loi Giscard-Chirac-Veil, le 17 janvier 1975.
François Mollins, le Procureur général qui a plaidé pour la mort de Vincent Lambert devant la Cour de cassation, le 24 juin dernier, a dit cela en une formule lapidaire et terriblement exacte dans sa concision :
« Eriger la vie en valeur suprême serait remettre en cause la loi Leonetti et le droit à l’IVG. »
C’est parce que la France (ou ceux qui la gouvernent) ne veut pas rompre avec la barbarie qu’elle s’est acharnée à faire mourir Vincent Lambert. Son euthanasie (car c’en est une) n’ouvre pas les digues, elle les élargit, elle facilitera la marche vers l’euthanasie sans ambiguïté — ou pas… Car il est au fond plus confortable d’avoir une loi qui autorise l’euthanasie déguisée au nom de la prétendue « autonomie » du patient là où des médecins rechignent encore à pousser la seringue.
Le décès de Vincent Lambert a rendu visible comme jamais la logique de la culture de mort qui recherche la mort (et son compagnon, le refus de la vie), pour elle-même, comme « solution » aux souffrances et aux difficultés des hommes. Il en a révélé toute la cruauté, habituellement camouflée sous les oripeaux de la fausse empathie.
Lire la suiteVincent Lambert : une vie qui aurait pu être améliorée
Par le Dr Jean-Pierre Dickès (Medias-Presse.info)
Bien que le titre du communiqué puisse induire en erreur sur l’état actuel de Vincent Lambert, il n’est pas encore mort, mais mourant. Vincent Lambert n’est pas en sédation profonde et doit souffrir atrocement de cette mise à mort par faim et déshydratation, car comme le disent plusieurs membres de sa famille, d’après le Salon Beige :
« Vincent n’a pas de sédation profonde. Nous l’avons entendu gémir plusieurs fois. Nous en avons le cœur retourné. » Mots des parents, frère et sœur
A. H.

Ils ont fini par le tuer
Communiqué de l’Association catholique des infirmières et Médecins, 09/07/2019. Reproduction libre.
L’exécution de Vincent Lambert officialise le concept de « vie ne valant pas la peine d’être vécue ». Hitler avait chargé le Dr Brandt du programme d’élimination des handicapés et des incurables ; lequel ira jusqu’à la mise à mort des personnes hospitalisées depuis plus de trois mois. Ce qui est arrivé à Vincent ouvre une porte que seul un miracle réussira à refermer. La conception utilitariste de la vie ne saurait faire dépenser de l’argent pour entretenir l’existence des plus vulnérables d’entre nous. Voilà qui nous mène droit à l’euthanasie.
Pourtant médicalement parlant le cas de Vincent Lambert pose de multiples questions. Il a été présenté comme étant dans un état végétatif. Un légume est-il capable de pleurer, d’ouvrir les yeux quand on l’appelle ? Est-il inconscient comme on nous le raconte ? Or même si c’était le cas, il a été découvert que 15 % des personnes dites en état végétatives ou inconscientes, réalisent très bien ce qui se passe autour d’elles. (The New England Journal of Medicine du 27 juin 2019.) L’imagerie médicale montre que si ces personnes sont incapables de bouger, elles peuvent tout à fait comprendre ce qui se dit autour d’elles. D’où les pleurs de Vincent quand il a compris qu’on allait mettre fin à ses jours. Maître Jérôme Triomphe me faisait remarquer que Vincent était plus ou moins réactif selon les moments et que les examens pratiqués notamment à Liège l’avaient été à un moment où il était très fatigué. Il convenait de faire ces tests d’imagerie médicale de manière répétée, si possible dans la même journée.
Lire la suiteEuthanasie de Vincent Lambert : Communiqué des parents, frère et sœur de Vincent Lambert
Par Francesca de Villasmundo (Medias-Presse.info) — (Je soutiens Vincent)
Communiqué des parents, frère et sœur de Vincent Lambert
Chers amis qui nous avez tant soutenus tout au long de ces 6 ans,
Cette fois, c’est terminé. Nos avocats ont multiplié ces derniers jours encore les recours et mené d’ultimes actions pour faire respecter le recours suspensif devant l’ONU qui bénéficiait à Vincent. En vain.
La mort de Vincent est désormais inéluctable. Elle lui a été imposée à lui comme à nous. Si nous ne l’acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner dans la douleur, l’incompréhension, mais aussi dans l’Espérance.
Nous voulions tous vous remercier de votre amitié, de votre amour, de votre soutien, de vos prières pendant toutes ces années. Il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent, dans la dignité et le recueillement. Vous êtes avec nous tous par la pensée et la prière auprès de Vincent.
Nous demandons aux journalistes présents devant le CHU d’avoir la décence de respecter notre intimité familiale dans ces moments si douloureux.
Pierre, Viviane, David et Anne.
Communiqué des avocats des parents, frère et sœur de Vincent Lambert :
Toute la semaine passée, nous avons multiplié d’ultimes actions pour tenter de faire respecter le recours suspensif dont bénéficiait Vincent devant le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU. En vain.
Nous n’avons plus aucun recours et c’est désormais trop tard. Vincent est en train de mourir. La situation dans laquelle l’a mis le docteur Sanchez est désormais médicalement irréversible. Ces moments sont très douloureux pour tous.
L’heure est au recueillement, avec l’ensemble de la famille, par respect pour Vincent et autour de Vincent.
Il n’y aura pas d’autres déclarations.
Jérôme Triomphe — Jean Paillot
Avocats des parents, frère et sœur de Vincent Lambert
***
Le docteur Sanchez a annoncé ce 2 juillet la reprise du processus d’euthanasie de Vincent Lambert !
Vincent Lambert n’est PAS branché, il respire seul.
Ils ne vont pas le débrancher, ils vont arrêter de l’alimenter et de l’hydrater.
Ils ne vont pas le laisser mourir, ils vont le faire mourir.
L’ONU a réagi à la nouvelle annonce d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert !
Le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) a réitéré en urgence auprès de l’Etat français sa demande de maintien de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent LAMBERT à titre conservatoire.
Euthanasie de Vincent Lambert, l’acharnement du docteur Sanchez
Par Francesca de Villasmundo (Medias-Presse.info)
Signez la pétition : Monsieur le Président, protégez Vincent Lambert
Marie de Hennezel, psychologue, ayant travaillé dix ans en soins palliatifs et enquêté sur les services qui accueillent des personnes en état végétatif chronique, s’exprime au sujet de la mise à mort de Vincent Lambert dans le journal Ouest-France :
« De quel côté est l’acharnement ? »
Par Marie de Hennezel, psychologue
Le docteur Claire Fourcade, vice-présidente de la société française des soins palliatifs, s’est exprimée sur ce qui lui paraissait « la moins mauvaise solution » dans l’affaire Vincent Lambert. À savoir l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielle dont bénéficie ce patient, désormais condamné à mourir. Psychologue, ayant travaillé dix ans en soins palliatifs et enquêté sur les services qui accueillent des personnes en état végétatif chronique*, j’aimerais exprimer ici mon désaccord. Selon moi, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et ne relève pas de la loi Léonetti. Une autre solution aurait pu être trouvée, puisque plusieurs services adaptés à son état acceptaient de le recevoir.
La décision qui vient d’être prise fera jurisprudence. Elle aura des conséquences sur les 1 700 personnes cérébrolésées, leurs familles et les soignants qui prennent soin d’elles. Pourquoi y aurait-il du « cas par cas » ou du « sur-mesure » dans une société qui juge que la vie de certains ne mérite plus d’être vécue, qu’ils n’ont plus leur place dans la communauté des vivants, à partir du moment où leur cortex est détruit ? Le jour où peut-être notre société jugera que les soigner coûte trop cher ?
Ce qui se joue autour du sort de Vincent Lambert est d’abord un enjeu éthique. On essaie de nous faire croire que le débat oppose croyants et athées**, mais les questions éthiques concernant l’évaluation de l’obstination déraisonnable sont les mêmes pour tous. Au nom de quoi affirme-t-on — sans l’ombre d’un doute — qu’une personne est en obstination déraisonnable ? L’être humain se réduit-il aux connexions électriques du cerveau ? Comment les expertises scientifiques ont-elles pu passer sous silence le rôle du système limbique, parfois appelé cerveau émotionnel ?
Même si dans l’état actuel de la science, on sait encore peu de chose sur ce néocortex, n’est-ce pas un peu péremptoire de qualifier de « réflexes » les réactions émotionnelles de Vincent Lambert, et de tenir pour négligeable la résistance qu’il oppose à la volonté des autres de mettre fin à sa vie ?*** (1) Lors d’une visite de l’hôpital maritime de Berck, j’avais rencontré les soignants qui prenaient soin de ces personnes cérébrolésées. J’en avais rendu compte dans mon livre Le souci de l’autre. Une infirmière m’avait rapporté que la vie des personnes qu’elle soignait avait un sens parce qu’elles comptaient pour quelqu’un. Cela pouvait être un conjoint, un parent, souvent la mère. « Savez-vous, m’avait-elle dit, que la personne cérébrolésée meure dans les 48 heures qui suivent le décès de la personne qui vient régulièrement la voir, sans que l’on ait à intervenir médicalement. Elle s’arrête simplement de respirer ». J’avais été particulièrement intéressée par cette observation, qui montre qu’un lien affectif profond, malgré la détérioration des fonctions cérébrales, donne du sens à la vie. Je savais, comme tous les psy, que des liens inconscients tissent les profondeurs de notre psyché, et peuvent être si puissants que la vie et le sens sont maintenus.
Vincent Lambert aurait mérité une « solution » plus apaisante, digne de nos valeurs démocratiques d’humanité et de solidarité aux côtés des plus vulnérables, loin des enjeux politico-juridico-médiatiques. Pourquoi s’être acharné à refuser son transfert dans un service adapté à son état ?
(1) E.Hirsch, Le Figaro du 3 juillet.
*Vincent Lambert est plutôt en état pauci-relationnel. — A. H.
**Il doit y avoir surtout des croyants (chrétiens) pour soutenir Vincent Lambert et des athées pour vouloir sa mort. — A. H.
***Nouvel arrêt de l'hydratation et de l'alimentation de Vincent Lambert — A. H.