Annulation de la fête des Mères et de la fête des Pères

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Adobe Stock
Ici et là, notamment dans les écoles au Québec, on parle de ne pas fêter la fête des Mères ou celle des Pères, au nom de l’« inclusion » — vous aurez compris qu’il s’agit d’exclure le particulier afin d’accueillir le vague... C’est un symptôme évident de perte du sens naturel de la vie. Ce n’est pas tant l’annulation de ces fêtes en particulier qui est préoccupante — ces fêtes laïques somme toute récentes me laissent froid, tout comme les jours de telle ou telle catégorie de personnes —, mais l’attaque qui est menée contre la paternité et la maternité à travers l’annulation de ces fêtes.
Exemple récent d'exclusion inclusive…
La négation des parties constituantes de la famille est grave, après tout, c’est de l’union d’un homme et d’une femme que naissent les enfants, les auteurs de leurs jours devenant par le fait même père et mère.
La famille — un père, une mère et leurs enfants — est la base de la société, tant historiquement pour sa fondation qu’actuellement pour son maintien. La société, l’État sont l’extension de la famille, ou du moins devraient l’être...
L’importance de la famille réside notamment dans le principe de subsidiarité. Parce qu’elle peut engendrer ses enfants sans avoir besoin de l’aide l’État, elle est la source de l’État qui ne peut engendrer d’enfants propres à lui (sauf à recourir à quelque système collectif cauchemardesque que certains voudraient sans doute voir mis en place — ce n’est pas une idée nouvelle, Platon élucubrait déjà là-dessus dans sa Citée idéale).
Lire la suiteUne statue grotesque résume l'incompréhension de la complémentarité des sexes et de la famille naturelle

Par Doug Mainwaring — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : senivpetro/Freepik
3 mai 2023 (LifeSiteNews) — En novembre 2014, le Vatican a accueilli un colloque international et œcuménique intitulé La complémentarité de l’homme et de la femme. Trois cents chefs religieux, intellectuels et militants du mariage et de la famille se sont réunis pour réaffirmer la définition immuable du mariage au milieu des courants culturels chaotiques qui cherchent à déformer l’institution la plus importante de la société en un bourbier contractuel sans genre.
Neuf ans plus tard, le monde occidental est allé bien au-delà de sa redéfinition catastrophique du mariage. Nous faisons désormais face à un avenir sombre où la sagesse accumulée par toutes les cultures et religions* concernant la vérité simple, naturelle et évidente sur la nature dimorphique de la sexualité humaine est mise à mal par un puissant « mastodonte » composé de gouvernements, d’entreprises internationales, de cabinets d’avocats mondiaux, d’établissements d’enseignement publics et privés et de grands médias.
Dans la culture populaire, le droit et la gouvernance, l’éviscération de la complémentarité des sexes est presque achevée.
« L’homme nourrice » d’Aske Kreilgaard au Danemark. La statue représente un homme « allaitant », et ayant des organes génitaux masculins complets.
La statue récemment commandée à l’artiste Aske Kreilgaard au Danemark en est le meilleur exemple.
Appelée l’Homme nourrice et présentée comme un « hybride du masculin et du féminin », elle représente ce qui est évidemment un homme nu, aux organes génitaux apparents et aux seins féminisés, qui allaite un enfant.
Lire la suiteLes mères au foyer sont bénéfiques à la société, malgré ce qu’en disent les médias

Par Matt Lamb — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Studio Romantic/Adobe Stock
22 mars 2023 (LifeSiteNews) — Un certain nombre de médias s'en sont apparemment pris à ce que l’on appelle les « tradwives » (mères au foyer), un terme qui se réfère simplement aux femmes qui restent à la maison et s’occupent des enfants, du ménage et de la cuisine pendant que leurs maris vont travailler.
Des articles datant de plusieurs années qualifient cette « tendance » de « sombre » ou de « sexiste ». Vice a par exemple rapporté le 10 mars que « l’idéologie trad » avait « des liens sinistres avec l’extrémisme de droite », selon des « experts ».
Mais si l’attention accrue peut provenir de l’utilisation de sites de médias sociaux tels que TikTok, qui montrent des femmes embrassant un rôle plus domestique et moins axé sur l’entreprise, le fait que les femmes restent à la maison s’inscrit simplement dans une longue histoire couronnée de succès dans de nombreuses cultures où les hommes fournissaient la majeure partie des revenus et où les femmes s’occupaient du foyer.
Les familles tirent profit du fait que la mère est à la maison et que le père travaille pour subvenir aux besoins de la famille, que ce soit dans un bureau physique ou à distance, un fait reconnu par l’ensemble de la société américaine. « 60 % des Américains affirment que les enfants sont mieux lotis lorsqu’un parent reste à la maison pour se consacrer à la famille », a constaté Pew Research en 2014. Un professeur d’économie de l’université de Stanford a conclu que les enfants dont la mère reste à la maison avec eux réussissent mieux à l’école.
« La preuve est déjà faite que de rester à la maison pendant la première année de vie d’un enfant peut avoir des avantages à long terme », explique un article de Stanford Business. Les recherches du professeur sur un programme norvégien de congé parental ont conclu que « les enfants dont la mère ne travaillait pas à l’âge de dix ans en raison du programme “Cash-for-Care” ont obtenu en moyenne une augmentation de 1,2 de leur moyenne scolaire ».
Lire la suiteLa société devrait soutenir les familles nombreuses — un législateur texan montre la voie à suivre

Par Matt Lamb — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Freepik
6 mars 2023 (LifeSiteNews) — Le projet de loi d’un législateur du Texas visant à offrir des allègements fiscaux significatifs aux familles nombreuses est un excellent point de départ pour un objectif plus large de la société — soutenir les familles nombreuses.
La législation du représentant de l’État, Bryan Slaton, accorderait aux familles des niveaux croissants d’allègements fiscaux en fonction du nombre de leurs enfants, les familles de 10 enfants ou plus bénéficiant d’un allègement de 100 % de l’impôt foncier.
En outre, elle affirmerait que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme et interdirait d’accorder un crédit d’impôt à un couple dont au moins l’un des membres a déjà divorcé.
L’objectif de la politique publique étant d’encourager les choix positifs et les modes de vie bénéfiques, la législation de M. Slaton doit être soutenue.
Elle soutient trois bons choix — se marier, avoir des enfants et rester marié. Un axiome économique bien établi veut que la société subventionne ce qu’elle veut encourager et taxe ce qu’elle veut décourager ; subventionner les familles est donc une bonne idée.
En outre, c’est une bonne idée de punir le divorce, étant donné les énormes répercussions, ou conséquences, qu’il entraîne pour la société et que les contribuables doivent subventionner. Les coûts du divorce comprennent l’activité criminelle, la toxicomanie et les mauvais résultats scolaires, autant d’éléments que les entités gouvernementales et la société en général doivent payer, directement ou indirectement.
Un argument libertarien typique serait que le gouvernement devrait simplement rester en dehors du mariage — mais aucune personne ayant divorcé n’y croit vraiment. Après tout, lorsqu’un couple divorce, ce sont souvent les tribunaux, c’est-à-dire le gouvernement, qui doivent intervenir et prendre les décisions relatives à la garde des enfants.
Les parents divorcés souhaitent également que le gouvernement facilite le paiement des pensions alimentaires et fasse appliquer les décisions relatives à l’éducation des enfants et à la pension alimentaire. La société investit déjà dans les familles — il est temps de le faire de la bonne manière.
Lire la suiteUn historien explique comment nous en sommes arrivés à ces attaques sans précédent contre la famille

Le Pr Roberto de Mattei.
Par Roberto de Mattei — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Pete Baklinski/LifeSite
Note de l’éditeur : Il s’agit d’une conférence que le professeur De Mattei, ancien professeur à l’Université européenne de Rome et fondateur de la Lepanto Foundation, a prononcée le 18 mai 2017 lors du quatrième Rome Life Forum annuel de Voice of the Family.
18 mai 2017 (LifeSiteNews) — Nous apprécions les bonnes choses lorsque nous les perdons. Si nous ne voulons pas les perdre, alors nous devons les apprécier à leur juste valeur.
La famille est une bonne chose que nous sommes en train de perdre. C’est la réalité évidente qui doit être notre point de départ. La famille en Europe et en Occident traverse une crise profonde. Les sociologues relativistes ne veulent pas parler de crise, car ce mot contient, selon eux, un jugement moral sur le phénomène analysé. Ils parlent plutôt d’une transformation des modèles familiaux ou d’une évolution des formes familiales. Mais ces mots contiennent, eux aussi, un jugement moral. Selon la perspective relativiste, tout ce qui se passe dans l’histoire et dans la société est bon. Le bien absolu est représenté par le changement, le mal par la stabilité et la permanence de l’être. La morale relativiste est fondée sur une cosmologie évolutionniste, qui prétend être scientifique sans l’être. L’évolutionnisme est une fausse philosophie qui repose sur une fausse science, et en même temps, c’est une pseudo-science qui se base sur un choix philosophique erroné. Pour cette raison, un discours sur la famille, comme tout discours, doit commencer par la définition des termes et des concepts dont nous voulons parler.
La famille est une véritable société juridique et morale, fondée sur le mariage et destinée à la transmission de la vie et à l’éducation des enfants. La procréation des enfants est la fin première à laquelle le mariage est ordonné par la nature, dès son origine. L’origine de la famille et du mariage est dans la nature humaine. L’enfant ne naît pas de son propre choix, il n’est pas autonome. La loi de la naissance et de l’éducation de l’enfant est la dépendance. La dépendance est la loi de l’humanité réunie en société. Tout dépend de quelque chose, rien n’est déterminé par lui-même. Le principe de causalité régit l’univers. Cette règle appartient aux principes premiers et indémontrables qu’Aristote tirait déjà de la réalité [1]. Ce principe présuppose le premier primat philosophique de l’être, auquel la culture moderne oppose le primat du devenir, qui est la négation de toute réalité immuable et permanente.
Lire la suiteLes enfants de notre société souffrent profondément de l’absence répandue de père

Par Arthur Goldberg (LifeSiteNews) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Africa Studio/Adobe Stock
13 janvier 2023 (MercatorNet) — Bien que je croie fermement que les pères impliqués remplissent un rôle social irremplaçable tant au sein des familles que dans une société civilisée, j’ai néanmoins été choqué d’apprendre un fait confirmant mes opinions lors de l’apparition de Jack Brewer dans l’émission « Unfiltered with Dan Bongino » du 17 décembre. Brewer, un ancien joueur de football professionnel afro-américain, a déclaré : « 82 % des personnes qui commettent des fusillades de masse n’ont pas de père dans leur vie ».
Dans un rapport qu’il a précédemment publié au nom du Center for Opportunity Now, une organisation qui cherche à revitaliser la prospérité de nos centres urbains par le biais de l’entreprise privée et dont Brewer est le président, il cite des chiffres tout aussi affligeants concernant les effets négatifs causés par le manque de familles biparentales impliquées : 70 % des jeunes placés dans des institutions publiques viennent de foyers sans père et 85 % des jeunes en prison viennent de foyers sans père.
Une pléthore d’autres données et recherches que Brewer met en lumière dans son rapport expose d’autres effets négatifs pour les quelque 9 millions d’enfants américains dont le père est absent. Brewer conclut que « les enfants issus de foyers sans père s’en sortent beaucoup moins bien en termes de bien-être général et de santé mentale et comportementale ».
Un coût dévastateur
Prenons les exemples suivants, qu’il cite à titre d’illustration : 90 % de tous les enfants sans abri et fugueurs, 63 % des suicides d’adolescents et 85 % des enfants et adolescents souffrant de troubles du comportement proviennent de foyers sans père.
Citant des chiffres du Bureau du recensement des États-Unis et d’autres rapports gouvernementaux, M. Brewer souligne en outre que les ménages sans père ont 25 % plus de chances d’élever des enfants dans la pauvreté et que les enfants de ces ménages risquent d’abandonner l’école deux fois plus que les enfants dont les deux parents sont à la maison. En outre, trois enfants sur quatre vivant dans des logements sociaux n’ont pas de père à la maison. D’autres données citées par Brewer nous informent que 71 % de tous les enfants qui abusent de substances proviennent de foyers sans père.
Lire la suiteLe Père Ripperger souligne l’importance de la maternité et met en garde contre l’« attaque en règle » contre la vie familiale

Le Père Chad Ripperger.
Par Ashley Sadler — Traduit par Campagne Québec-Vie
11 janvier 2023, Pine Bluff, Wisconsin (LifeSiteNews) — Le Père Chad Ripperger, prêtre catholique, théologien, philosophe et exorciste bien connu, a marqué la fête de la Sainte Famille en prononçant un avertissement sévère lors de son sermon sur l’état précaire de la famille moderne et de la vie conjugale, qui, selon lui, sont « attaquées de plein fouet ». Il a déclaré qu’il est important de reconnaître la noblesse de la maternité et la structure de droit naturel du mariage et de la vie familiale afin de restaurer la culture.
Le père Ripperger a fait ces commentaires dans un sermon prononcé lors de la messe traditionnelle en latin de 7 h 30 à l’église St. Mary of Pine Bluff, au Wisconsin. Il a commencé par citer des statistiques suggérant que les gens d’aujourd’hui sont moins susceptibles de valoriser la loyauté dans le mariage, puis il a dénoncé les effets corrosifs du divorce sans faute.
« Il n’y a pas un seul aspect de la vie conjugale ou familiale qui ne soit attaqué de plein fouet par notre culture », a-t-il déclaré.
Né à Casper, dans le Wyoming, le père Ripperger est un prêtre catholique traditionnel qui détient deux licences distinctes en théologie et en philosophie de l’Université de San Francisco. Il détient également deux maîtrises (également en philosophie et en théologie) du Centre d’études thomistes de l’Université de St. Thomas au Texas et du Holy Apostles College and Seminary dans le Connecticut, ainsi qu’un doctorat en philosophie de l’Université de la Sainte-Croix à Rome.
Dans son sermon de dimanche, le théologien de 58 ans a rappelé que le mariage est défini comme « un contrat solennel entre un homme et une femme dans le but d’avoir des enfants. La finalité première du mariage est d’avoir des enfants. C’est vers cela qu’il est ordonné ».
« C’est une chose qui, malheureusement, n’est pas comprise aujourd’hui », a-t-il poursuivi, ajoutant que beaucoup de gens aujourd’hui ne reconnaissent même plus que le mariage ne peut être qu’entre un homme et une femme.
Observant que les unions homosexuelles ne répondent pas à la définition d’un véritable mariage, le père Ripperger a déclaré que le fait de traiter les relations homosexuelles comme un « mariage » invite le jugement de Dieu sur la culture.
Lire la suiteL’union, loi des familles, est aussi la loi des États

Noces paysannes par Johann Hamza.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Dorotheum/Wikimedia Commons
C’est de l’union, qui préside à la fondation de la famille, dont est issue la société. La société, en effet, à l’origine et dans sa forme la plus saine, est issue de l’union de plusieurs familles, chacune issue de l’union d’un homme et d’une femme, explique Mgr Henri Delassus (1836-1921) dans son livre Le Problème de l’heure présente : antagonisme de deux civilisations (Tome 2, édition 1904, Source gallica.bnf.fr/BnF).
Ci-dessous, je vous présente le 50e chapitre de son œuvre, L’union, loi des familles, est aussi la loi des États. Pour les besoins du présent l’article, j’ai changé la numérotation des notes du texte original. Notez que j’ai laissé l’orthographe originale telle quelle. — A.H.
L’union, loi des familles, est aussi la loi des États
« Multipliez-vous, a dit le Seigneur à la première famille, remplissez la terre et soumettez-la ». Les hommes en se multipliant n’ont pu soumettre à leur empire la terre, c’est-à-dire le sol et les forces de la nature, les plantes et les animaux, qu’en conservant entre eux l’union. L’homme isolé ne peut rien. L’association a fait tout ce que nous voyons : c’est elle qui a produit toutes les richesses que la civilisation possède actuellement. Tout est sorti du travail des hommes associés dans l’espace et dans le temps.
Sans union point d’association, ou si l’association tente de se former elle ne tarde pas à se dissoudre. C’est l’union qui fait qu’un ensemble se tient et forme un tout. Du moment où elle est brisée la société tombe en ruines. Nous ne voyons que trop l’anarchie où se débat notre malheureuse France. La Sagesse divine nous avait averti de ce qui nous arrive : « Tout royaume divisé contre lui-même sera détruit, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne pourra subsister. »
Or l’union procède de l’amour. L’amour est donc la première loi du monde moral, comme son corrélatif, l’attraction, est la première loi du monde physique. L’une et l’autre mettent l’unité dans l’infinie variété des choses. « Comme les astres gravitent dans leurs orbites parce qu’ils sont force et pesanteur, a dit M. Frank-Brentano, comme conclusion de ses études sur la civilisation et ses lois, l’homme vit en société parce qu’il est intelligence et amour. »
Lire la suiteLes États doivent conserver le type familial

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Bonhams/Wikimedia Commons
Afin de prospérer et de conserver la paix interne, les États doivent conserver le « type familial », car la famille non seulement est la cause fondatrice de la société, mais en est l’élément constitutif. Mgr Henri Delassus (1836-1921) explique ce principe dans son livre Le Problème de l’heure présente : antagonisme de deux civilisations (Tome 2, édition 1904, Source gallica.bnf.fr/BnF) et ses diverses manifestations historiques.
Ci-dessous, je vous présente le 49e chapitre de son œuvre, Les États doivent conserver le type familial. D’autres chapitres, précédents et suivants, seront publiés hebdomadairement. Pour les besoins du présent l’article, j’ai changé la numérotation des notes du texte original. Notez que j’ai laissé l’orthographe originale telle quelle. — A.H.
Les États doivent conserver le type familial
La famille n’est point seulement l’élément premier de tout État, elle en reste l’élément constitutif, de telle sorte que la société régulière, telle qu’elle existe si longtemps qu’elle n’a point contrarié les lois de la nature, comme l’a fait notre France par la Révolution, se compose non d’individus, mais de familles. Aujourd’hui, les individus seuls sont comptés, l’État ne connaît que des citoyens dispersés ; cela est contraire à l’ordre naturel. Comme le dit fort bien M. de Savigny : « L’État, une fois formé, a pour éléments constitutifs les familles, non les individus. » Il en était ainsi autrefois, et ce qui le montre d’une manière bien sensible, c’est que dans les dénombrements de population, on comptait toujours, non par personnes, mais par feux, c’est-à-dire par foyers ; chaque foyer était réputé le centre d’une famille, et chaque famille était dans l’État une unité politique et juridique aussi bien qu’économique.
M. Buisson disait récemment à la Chambre : « Le devoir de la Révolution est d’émanciper l’individu, la personne humaine, cellule élémentaire, organique de la société. » C’est bien, en effet, la tâche que la Révolution s’est imposée, mais cette tâche ne va à rien moins qu’à désorganiser la société et à la dissoudre. L’individu n’est qu’un élément dans ce qui est la cellule organique de la société. Cette cellule, c’est la famille ; en séparer les éléments, faire de l’individualisme, c’est en détruire la vie, c’est la rendre impuissante à remplir son rôle dans la constitution de l’être social, comme ferait dans l’être vivant la dissociation des éléments de la cellule végétale ou animale.
Cela était si bien compris à Rome, que l’État primitif romain ne connaissait que les gentes, et que, pour avoir une situation légale, il fallait être membre de l’une de ces corporations. « Le fils de famille émancipé, dit M. Flach, l’esclave affranchi, les étrangers venus à Rome pour y chercher asile, devaient se soumettre à un chef de famille. »
Lire la suiteComment se forment les États

Moissonneurs rentrant à la maison, par Lajos Deak Ebner (1850-1934). — Trouver la bonne image pour illustrer un tel titre n’est pas aisé, celle-ci représente des paysans dans une de leurs activités, qui souvent, dans un contexte non industriel, sont effectuées en famille étendue. C’est de cette société familiale et de ses aspects plus développés dont traite le présent article ci-dessous.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Galerie nationale hongroise/Wikimedia Commons
Comment restaurer notre société actuellement en décadence ? Il faut pour cela étudier la façon dont se forment les États afin de restituer les conditions dans lesquelles ils peuvent se maintenir. Mgr Henri Delassus (1836-1921) explique dans son livre Le Problème de l’heure présente : antagonisme de deux civilisations (édition 1904, Source gallica.bnf.fr/BnF) comment la famille a formé par son élargissement progressif fondement et la structure de l’État.
Ci-dessous, je vous présente le 48e chapitre de son œuvre, Comment se forment les États. D’autres chapitres, précédents et suivants, seront publiés hebdomadairement. Pour les besoins du présent l’article, j’ai changé la numérotation des notes du texte original. Notez que j’ai laissé l’orthographe originale telle quelle. Remerciements à Voice of the Family qui a publié une série semblable. — A.H.
Comment se forment les États
Rétablir l’ordre dans les esprits et le rétablir dans le monde du travail, ne suffît point pour faire rentrer la société dans les voies de la vraie civilisation. Il faut aussi le rétablir dans la société elle-même, et pour cela restaurer la vérité sociale en même temps que la vérité économique et la vérité religieuse.
La vérité sociale est à l’opposé de l’utopie démocratique.
L’utopie démocratique, c’est l’égalité. La démocratie rêve un état social n’ayant égard qu’aux individus, et à des individus socialement égaux.
Ce n’est pas ce que Dieu a voulu. Pour nous en convaincre, nous n’avons qu’à considérer ce qu’il a fait.
Dieu aurait pu créer directement chaque homme, comme il créa Adam. Ainsi avait-il fait pour les anges. Et cependant là même il ne voulut point l’égalité ! Il fit que chaque ange fût à lui seul une espèce distincte, répondant à une idée particulière, et ces idées réalisées, se graduant dans leur être, comme elles l’étaient dans la pensée divine.
Le genre humain formant une espèce unique, l’égalité y aurait régné si nous avions reçu directement l’existence des mains du Créateur. Il avait d’autres desseins. Il voulut que nous reçussions la vie les uns des autres, et que par là nous fussions constitués, non dans la liberté et l’égalité sociales, mais dans la dépendance de nos parents, et dans la hiérarchie qui devait naître de cette dépendance.
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