L'euthanasie acceptée au Québec en cas de "souffrance exceptionnelle"?
Avant même la remise du rapport de la Commission "Mourir dans la dignité", le journal La Presse du 22 mars 2012 révèle ses conclusions. Est-ce que tout était prévu d'avance et que la procédure n'était que poudre aux yeux? Est-ce que la Hollande et la Belgique n'ont pas déjà prouvé qu'elles étaient incapables de protéger la population contre les dérives du corps médical? Voici un extrait de l'article paru dans le journal La Presse:
(Québec) Certains patients pourraient demander qu'on abrège leur vie s'ils sont confrontés à des «souffrances exceptionnelles» tranche la commission parlementaire ad hoc qui réfléchit depuis plus d'un an sur le thème de «Mourir dans la dignité».
Selon les informations obtenues par La Presse, seul ce niveau intolérable de souffrance autoriserait un patient à revendiquer le suicide assisté. Le patient devrait en faire lui-même, expressément, la demande.
Le rapport doit être déposé ce matin à l'Assemblée nationale, presque deux ans après le début des travaux d'une commission parlementaire spécialement formée pour réfléchir à cette question délicate. Il contiendra 24 recommandations.
Le document balisera très étroitement le recours à ces mesures d'exception. On insistera beaucoup aussi sur les protocoles de soins palliatifs.
Lorsqu'on voit Yvon Bureau, fondateur du collectif Mourir digne et libre, être pleinement satisfait, il est légitime d'avoir de sérieux doutes sur la rigueur de la commission, alors que la majorité des intervenants à la commission s'opposaient à l'euthanasie.
Des infirmiers éliminent leurs patients "par pitié" en Uruguay, sans leur consentement...
Le journal La Presse du 19 mars 2012 nous apporte cette nouvelle:
Deux infirmiers uruguayens affirmant avoir voulu délivrer des malades de leurs souffrances ont avoué l'assassinat de 16 patients dans deux hôpitaux de Montevideo, et les autorités craignent que le bilan s'alourdisse au fil de l'enquête.
Les deux hommes, dont l'état civil n'a pas été confirmé officiellement, ont été inculpés «d'homicide spécialement aggravé» et écroués dimanche soir, a annoncé à la presse le juge Rolando Vomero.
Les suspects ont avoué avoir perpétré ces assassinats - cinq pour l'un (dans l'unité de cardiologie de l'hôpital public Maciel) et 11 pour l'autre (dans le service de neurochirurgie de la clinique Española) - «car ils ne supportaient pas de voir la souffrance des gens», selon leurs avocats, mais leurs victimes n'étaient pas en phase terminale, a ajouté le juge.
Une infirmière, peut-être la compagne de l'un des deux suspects, a été accusée de complicité et dissimulation d'assassinat et également incarcérée, a précisé le magistrat.
Les déclarations des deux mis en cause laissent entendre «en termes généraux qu'il pourrait exister plus de cas» que ceux déjà découverts, a indiqué de son côté le ministre de l'Intérieur Eduardo Bonomi.
«Il n'y a pas eu d'erreur, ils ont agi avec l'intention de tuer», a assuré à la presse le vice-ministre uruguayen de la Santé Leonel Briozzo.
Dans un cas au moins, l'euthanasie a été pratiquée à l'aide de morphine, dans un autre en insufflant de l'air dans le sang, provoquant la mort en quelques minutes, a encore expliqué le juge.
Les deux cas ne sont pas liés, a encore expliqué le juge Vomero, même si l'un des deux suspects travaillait dans les deux établissements où des cas ont été répertoriés.
L'avocate d'un des accusés, Ines Mazziotti, a révélé que les deux hommes étaient «amis», mais elle a assuré qu'ils ne s'étaient pas concertés et que les meurtres avaient obéi à des mécanismes différents.
Selon elle, son client a affirmé avoir agi «par pitié». «Après 20 ans aux soins intensifs, avec du stress, à se trouver entre la vie et la mort, il ne l'a plus supporté», a ajouté l'avocate.
Témoignage d'un infirmier sur la fin de vie et l'euthanasie
Sur le site Genethique.org du 14 mars 2012, nous avons ce résumé d'une lettre d'un infirmer parue dans le magazine L'Express du 13 mars:
Restant anonyme, cet infirmier met en avant l’importance de prendre en charge la douleur des patients et de soutenir leurs familles. S’il existe parfois des demandes d’euthanasie, les soignants constatent néanmoins que ces demandes diminuent voire cessent dès lors qu’ils sont "capables d’atténuer la douleur physique" de ces patients.
De même, s’il peut être difficile pour la famille de voir un proche souffrir, les soignants observent qu’à partir du moment où elle comprend que son proche ne souffre plus physiquement, elle "ré-investit la chambre, redevient plus présente". La difficulté d'accompagner une personne jusqu'au terme de ses jours en est alors atténuée pour les familles et les soignants.Par ce témoignage, cet infirmier souhaite faire passer deux messages : un premier, s’adresse aux politiques et journalistes. Ceux-ci devraient encourager la volonté d' "aider les familles à accompagner leur proche afin que ce dernier meurt entouré chez lui". Face à des malades en fin de vie, "il ne s’agit pas de trouver des solutions mais des moyens pour aider ces familles". Un deuxième message, adressé cette fois à tous les citoyens : il faut cesser de vouloir faire des soignants "des bourreaux ou des témoins-complices des décisions graves que le pouvoir politique imposerait. Ne faites pas de nous des exécuteurs !"
L'euthanasie en Europe: une anomalie concernant 28 millions de personnes sur 350 millions
L'euthanasie en Europe ne concerne que trois petits pays: la Hollande, la Belgique et le Luxembourg. Dans le reste du continent, sur ce sujet, la raison prédomine. Le site Libertépolitique.com nous apporte une sérieuse critique de la situation européenne:
La première vérité est que les trois Etats du Benelux ne représentent que 28 millions de personnes sur les 800 millions enregistrées au Conseil de l’Europe et sur les 320 millions habitants de l’Union européenne. De fait, nous ne saurions oublier que l’écrasante majorité des Européens ignore toute législation légalisant l’euthanasie. Ainsi que nous le rappelle fort opportunément le groupe Ethique, droit et santé du Collectif Plus digne la vie, « croire que 28 millions d’habitants du Benelux peuvent avoir raison tous seuls contre les 321 millions des 24 autres Etats de l’Union européenne qui ont fait un choix contraire, c’est refuser la réalité, c’est raisonner exclusivement avec des préjugés idéologiques [1]».
A l’encontre de l’évolution
La seconde vérité est que l’on assiste en fait à un mouvement contraire des parlements nationaux qui se trouvent toujours plus nombreux au fil des années à adopter des lois en faveur du respect de la dignité et de la vie des mourants. Si les Pays-Bas et la Belgique ont légalisé l’euthanasie depuis maintenant une décennie, aucun Etat sur le continent, hormis le cas très particulier du Luxembourg en 2009, n’a choisi de leur emboîter le pas. Bien au contraire, rappelle le Collectif plus digne la vie, après la France en 2005, la République tchèque en 2008, l’Allemagne et l’Italie en 2009 et 2011, la Suède en 2010 et l’Espagne en 2011, on peut dire qu’une majorité d’Etats de l’Union européenne a fait le choix clair du refus de l’acharnement thérapeutique et de l’euthanasie tout en instaurant un droit aux soins palliatifs en faveur de leurs concitoyens. Au nom de son passé et d’une réflexion liée à son histoire, le Bundesrat et le Bundestag allemands ont catégoriquement rejeté l’idée d’une dépénalisation même exceptionnelle de l’euthanasie et ont encouragé le développement des soins palliatifs au niveau fédéral. Berceau de la médecine palliative, la Grande-Bretagne, pourtant libérale et de tradition utilitariste, a vu jusqu’à présent échouer toutes les tentatives de légalisation de l’euthanasie et de suicide assisté à la Chambre des Lords – la dernière date du début de l’année 2010 –, quelle que soit la couleur politique de ses représentants, témoignant par là-même d’un fort rejet culturel de la société britannique à la mise en œuvre d’un soi-disant droit à la mort. Contrairement à ce qui est parfois affirmé, on constate que sur cette question il n’y a pas de clivage culturel entre pays du nord ou du sud de l’Europe.
(...)
En conclusion, on retiendra que les discours qui accréditent l’idée selon laquelle l’Europe serait en train de légaliser progressivement l’euthanasie dans une marche de l’histoire inéluctable sont tout simplement faux. « Croire que copier la législation hollandaise et belge, c’est faire œuvre de modernisme, c’est s’égarer », avertit le Collectif plus digne la vie qui ajoute : « Légaliser maintenant l’euthanasie, c’est aller à contrecourant du fondement du soin, de la solidarité et de l’évolution de la prise en charge de la fin de vie en Europe ».
Le ministre québécois de la santé, Yves Bolduc, est "ouvert" à l'euthanasie...
Pour un gouvernement dont le réseau de santé est en piteux état, avec un vieillissement de la population constant, l'euthanasie semble être une solution "économique" par excellence. Sachant qu'une majorité de Québécois, biens manipulés depuis des années par la télévision et les téléromans de Radio-Canada, adoptent l'idée de l'euthanasie, on "consulte" la population pour vérifier qu'elle appuiera bien l'obligation par l'État d'administrer l'injection létale à qui la demandera. Le journal le Soleil du 23 février 2012 nous apporte cette information:
(Québec) Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc, se dit «ouvert» à l'idée de mettre en place une aide médicale pour mourir - dans des circonstances exceptionnelles et bien circonscrites.
Mais, très prudent, et sachant à quel point ce dossier est délicat et la question hypersensible, il cherchera à mesurer son acceptabilité sociale avant d'aller de l'avant.
Le Soleil a interrogé Yves Bolduc, mercredi, sur certaines des recommandations que présenteront sous peu les députés membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité. Elles seront officiellement dévoilées à la mi-mars.
«Je vais écouter, mais s'il y en a un qui a une ouverture d'esprit, c'est moi. Vous pouvez le noter», a-t-il certifié. Il parlait tant des soins palliatifs que d'une aide médicale pour mourir.
Le Soleil indiquait mardi que les membres de la Commission recommanderaient que le Québec s'abstienne, dans des circonstances particulières et bien balisées, d'intenter des poursuites devant les tribunaux contre une personne - un médecin - qui aiderait quelqu'un à mourir. Et ce, même si le Code criminel canadien prévoit que l'euthanasie et le suicide assisté sont des actes criminels.
C'est que les provinces ont une marge de manoeuvre. Il leur appartient de décider si elles engagent ou non des poursuites.
C'est à partir de cette prérogative que la Colombie-Britannique a choisi de ne pas poursuivre systématiquement un médecin aidant «par compassion» un malade à mourir.
Yves Bolduc confie n'avoir aucune «fermeture de principe» sur cette question. Le dépôt du rapport marquera «le début d'une grande discussion de société», dit-il.
Le ministre ne veut pas bousculer la société québécoise, mais il croit qu'elle est prête à faire un pas. «Il ne faut pas aller plus vite que la société, mais elle est rendue à un certain niveau.»
Aujourd'hui, pour que la Colombie-Britannique engage une action en justice, il faut, entre autres, que la déclaration de culpabilité soit probable et que la poursuite soit dictée par l'intérêt public.
Soins palliatifs
L'autre recommandation phare de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité portera sur la nécessité de bonifier les ressources dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée, ainsi que dans les services de soins palliatifs.
«Sur les soins palliatifs, le Québec avance déjà, a affirmé le ministre Bolduc lors de cet entretien. On va atteindre notre objectif d'un lit par 10 000 personnes.»
Sur ce volet du dossier, tout le monde s'entendrait facilement. Le problème en est un de moyens financiers.
La Commission a sillonné le Québec pendant de nombreux mois. Ses travaux se sont étirés sur deux ans.
Les intervenants en soins palliatifs se prononcent contre l'euthanasie
Une magnifique lettre de différentes personnalités et associations, dont les membres soignants des unités de soins palliatifs, nous informe de leur opposition à la légalisation de l'euthanasie dans les services de santé. Nous la reproduisons en entier, mais vous pouvez la lire sur le site du journal Le Devoir du 13 février 2012:
Mourir dans la dignité - Permettre une fin de vie paisible, un devoir politique
Collectif d'auteurs 13 février 2012En fin de vie, nous sommes tous semblables par notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous craignons de souffrir. C’est notre lot à tous.
Alors que la Commission sur la question de mourir dans la dignité s'apprête à déposer ses recommandations, nous souhaitons insister sur l'importance de bien poser cette question, qui concerne la politique elle-même, autant que la médecine ou le droit. Désirons-nous que le cadre principal de notre vie en société et de notre vie personnelle maintienne le respect de la vie et l'interdit formel de porter atteinte à la vie d'autrui? Pensons-nous que ce cadre reste légitime et porteur d'un avenir? C'est à ces questions qu'il faut répondre d'abord. Et c'est après cette réponse qu'il est possible de poser et de répondre aux autres questions: celle de l'euthanasie, celle du suicide assisté, celle des «soins balisés» provoquant la mort, celle des modalités juridiques gouvernant l'application de la loi.Jusqu'à aujourd'hui, notre Charte québécoise des droits et libertés de la personne répond par l'affirmative aux questions fondamentales précédemment posées. Elle stipule que «tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi». Dans son article premier, elle affirme: «Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu'à la sûreté, à l'intégrité et à la liberté de sa personne.» Ces droits affirmés solennellement sont garantis par notre volonté collective et «constituent le fondement de la justice et de la paix».
Pour sauvegarder l'égalité, la dignité, le droit à la vie ou à la sûreté, il est impératif de saisir le sens de ces articles et de bien en évaluer la portée. Les signataires de cette lettre reconnaissent la nécessité d'incarner ces valeurs par des orientations politiques tablant sur une recherche effective du bien commun. C'est pourquoi, à l'heure des choix, nous attirons l'attention sur quatre considérations politiques à ne pas négliger: le respect effectif de l'égalité en fin de vie; le respect de la sécurité des lieux de santé; la prise en compte du consensus exprimé par les gens du milieu de soins palliatifs; le souci de ne pas énoncer de recommandations aux effets contradictoires.
Respect de la fragilité
En fin de vie, nous sommes tous semblables par notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous craignons de souffrir. C'est notre lot à tous. Dans un tel contexte, l'État doit garantir aux citoyens des milieux de soins où le respect de cette fragilité est assuré. L'humanité d'une civilisation se mesure à la manière dont elle prend soin des personnes marginales, handicapées, mourantes, parce qu'elles sont toutes des membres à part entière de la communauté, et ce, malgré leurs limites. Le devoir de l'État consiste à rendre accessibles en tout temps des soins adéquats de fin de vie pour tous, éliminant des situations de souffrances mal soulagées autant que l'acharnement thérapeutique. Il s'agit de préserver l'égalité des citoyens à l'heure où elle est le plus menacée.Respecter l'égalité et l'intégrité implique aussi de maintenir un climat sécuritaire dans les lieux de soins. La sécurité des milieux de santé est un pilier de consensus social et un fondement de l'équité s'y exprimant fortement. Le système public de santé doit être un endroit où nul ne peut nourrir ni mettre à exécution une intention claire d'interrompre la vie de quiconque. On peut comprendre la réflexion de bien-portants apeurés par l'anticipation de conditions débilitantes au terme de leur existence et certaines carences du système de soins, ce qui les amène à souhaiter la légalisation de l'euthanasie comme une sorte de police d'assurance. Néanmoins, le système de santé public doit demeurer un milieu intègre où toutes les ressources capables d'apporter du confort sont utilisées à bon escient sans jamais prendre la décision de provoquer la mort, mais de tout faire pour soulager les souffrances. Cette politique doit demeurer claire et inviolable.
Risques liés à l'euthanasie
Nous attirons votre attention sur le consensus contre toute forme d'euthanasie exprimé devant la Commission par les intervenants du milieu des soins palliatifs. Ces gens sont les mieux placés pour saisir les enjeux reliés à la question. Contrairement à l'avis de certains théoriciens, comme ceux de la Société royale du Canada à l'origine d'un récent rapport sur la question, les personnes oeuvrant en soins palliatifs bénéficient d'une expertise concrète de premier plan.
Or, les mémoires présentés par des gens de soins palliatifs convergent de manière étonnante et significative. En effet, au lieu de défendre les soins palliatifs eux-mêmes, ils s'inquiètent plutôt des risques liés à toute forme d'ouverture à l'euthanasie. Leurs points de vue soutiennent la sauvegarde et la protection des liens humains, du climat de confiance et du sentiment de sécurité requis dans le contexte délicat des soins en fin de vie. Leur préoccupation touche directement le cadre politique assurant un climat social paisible et stable.
Ainsi, nous pensons qu'il est politiquement néfaste de recommander, d'une part, un accès accru aux soins palliatifs et, d'autre part, d'autoriser l'euthanasie sous forme de «soins appropriés en fin de vie dans certaines circonstances». L'euthanasie acceptée dans ces lieux transformera nos institutions de soins en lieux ambigus où l'on peut aussi provoquer la mort. Celle-ci arrivant toujours comme une surprise, les familles qui verront un des leurs parler et rire la veille puis mourir brusquement le lendemain ne pourront pas ne pas se demander: qu'est-ce qu'ils lui ont fait?
Devoir politique
Cette question est lourde à porter. Il faut ici penser aux familles qui se diviseront sur cette décision d'euthanasie entre ceux qui aiment trop leur être cher pour le tuer et ceux qui l'aiment trop pour le laisser vivre. Si l'euthanasie est possible, on ne sait pas où la souffrance des survivants les mènera, quelle avalanche de contestations ou d'enquêtes surgira. Que dire aussi des soignants eux-mêmes, qui se verront imposer un lourd fardeau? Car celui qui exige de mourir exige qu'on le supprime. Quel poids cela imposerait aux soignants! Serait-il justifiable que le droit de l'un gomme ainsi le droit de l'autre? Ne sommes-nous pas devant une rupture profonde d'équité dans une société où chacun devrait avoir droit aux mêmes égards? La liberté de l'un ne s'arrête-t-elle pas quand celle de l'autre commence?Les signataires de cette lettre souhaitent, tout comme vous, préserver les valeurs soutenant notre démocratie québécoise, valeurs clairement exprimées par notre charte des droits et libertés. Nous ne voulons pas que soit mis à mal notre respect de l'égalité, de la sûreté et de l'interdit de porter atteinte à la vie d'autrui, valeurs fondamentales à la base de notre vie en société. En fin de vie, nous sommes tous semblables et notre droit à la sécurité et aux soins est plus important que jamais. C'est un devoir politique que d'assurer une fin de vie paisible dans un milieu sécuritaire pour toutes les citoyennes et tous les citoyens québécois.
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Ont signé cette lettre: Louis Balthazar, professeur émérite en sciences politiques de l'Université Laval; Thomas De Koninck, titulaire de la Chaire «La philosophie dans le monde actuel» de l'Université Laval; Michel L'Heureux, directeur général de la Maison Michel-Sarrazin et professeur associé au département de médecine familiale de l'Université Laval; Louis-André Richard, professeur de philosophie, président de l'Institut Jean-Paul-Desbiens et membre du comité d'éthique de la Maison Michel-Sarrazin; Patrick Vinay, médecin en soins palliatifs à l'hôpital Notre-Dame du CHUM.
La désinformation par les médias et dans les médias: un exemple sur l'euthanasie
Le combat contre l’avortement et l’euthanasie demande une persévérance qui ne tient pas compte des résultats. « Les hommes combattront et Dieu donnera la victoire », disait Jeanne D’Arc. Le moment de la réussite ne nous appartient pas.« L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté, le 25 janvier 2012, une résolution stipulant que « l'euthanasie, entendue comme le fait de tuer intentionnellement - activement ou par omission - un être humain dépendant -soi-disant pour son bien - doit toujours être interdite». Cette résolution arrive un an après que la Cour européenne a affirmé qu'il n'existe pas de droit à l'euthanasie ou au suicide assisté selon la Convention européenne. Est-ce que la protection de la vie et de la dignité humaine a la même valeur au Canada? »Jean-Pierre Lefebvre
« L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe fait bien de s'opposer à «l'euthanasie, entendue comme le fait de tuer intentionnellement - activement ou par omission - un être humain dépendant - soi-disant pour son bien».Personne n'a le droit de tuer. Personne n'a le droit de faire euthanasie sans conditions. »
"En Belgique et en Hollande, dans leurs soins palliatifs, les médecins ont la possibilité légale de faire euthanasie, mais sous conditions, à la personne mourante qui le demande librement, en cohérence avec ses valeurs, ses croyances et sa liberté de choix. Aucun médecin palliatifs dans ces pays ne tue des mourants; les médecins, librement aussi, les aident activement à terminer leur agonie et leur vie, avec compassion, avec solidarité et avec un grand respect de la personne jusqu'à la fin."
Voici quelques-unes des conclusions de ces députés sur leur enquête sur la pratique de l’euthanasie en Hollande :« Certains patients sont euthanasiés sans recueil de leur consentement, toutes les parties jugeant qu'il en est mieux ainsi pour eux au vu de leur qualité de vie médiocre. D'autres demandent le mort pour une simple fatigue de vivre, critère flou qui ne rentre manifestement pas dans le cadre d'une souffrance insupportable.Tout se déroule donc comme si la législation augmentait la permissivité et la tolérance envers l'acte euthanasique, à la fois chez les médecins et chez certains malades. Bref, une fois institutionnellement et officiellement approuvée et pratiquée, l'euthanasie développe sa propre dynamique et résiste à toutes les procédures de surveillance sensées la contenir.S'exiler pour survivre
Il existe enfin un dernier point extrêmement inquiétant qui était jusqu'ici parfaitement méconnu. On l'a dit, la loi semble être l'aboutissement d'une réflexion consensuelle de la société hollandaise dans son ensemble. Pourtant, ce consensus paraît s'effriter plus qu'on ne le pense. L'Ordre des médecins allemands fait état de l'installation croissante de personnes âgées néerlandaises en Allemagne, notamment dans le Land frontalier de Rhénanie du Nord-Westphalie. D'après la mission parlementaire française qui rapporte cette information de taille, s'y sont ouverts des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais. C'est le cas notamment à Bocholt. Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. N'ayant plus totalement confiance dans les praticiens hollandais, soit elles s'adressent à des médecins allemands, soit elles s'installent en Allemagne. De telles réactions dont la presse allemande s'est fait l'écho démontrent que les pratiques médicales hollandaises sont mal vécues par une partie de la population.Loin d'être le théâtre d'un tourisme de la mort, la dépénalisation de l'euthanasie conduit bien au contraire à un exil des personnes les plus fragiles. Faudra-t-il que les Nations-unies fassent rentrer dans la catégorie des réfugiés les personnes malades, handicapées ou âgées qui émigrent par crainte d'être euthanasiées ? »
« Avec sa Commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité, le Québec verra à la protection de chaque personne en fin de vie, à sa dignité, à sa liberté ultime, à son respect, avec compassion et avec une grande humanité. Sa sérénité l'exige. C'est là mon plus grand espoir. »
« Rappelons qu'une forte majorité de la population tant en France (près de 90%) qu'au Québec (près de 80%) est en faveur d'une aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée. Ces personnes méritent votre respect, M. Lefebvre, comme je vous respecterai dans vos choix de fin de vie. Je vous invite, vous et ceux de votre pensée, très minoritaires, à visiter votre dictionnaire, pour y trouver que tuer, meurtre et assassinat «exigent» la malveillance envers une victime, non consentante. »
Obliger les autres à nous "suicider" ou le suicide propre et sans souffrance
Le journaliste Mario Roy, dans le journal La Presse du 3 février 2012, répète les arguments stupides des partisans de l'euthanasie pour les personnes âgées : Or, les statistiques indiquent que, dans le contexte d'une légère diminution du nombre de suicides, les hommes âgés de plus de 50 ans demeurent à risque de façon particulière. Chez les plus vieux, lorsqu'apparaît la maladie, la peur d'une mort indigne, douloureuse et dégradante constituerait un important incitatif au suicide. « Pour plusieurs, le suicide est la seule option. Une autre option s'en vient, heureusement. C'est l'aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée », dit Yvon Bureau, un des piliers du collectif Mourir digne et libre.
L'assemblée parlementaire du conseil de l'Europe refuse l'euthanasie!
Sur le blog de Jeanne Smits, cette importante et heureuse nouvelle: Le conseil de l'Europe interdit la pratique de l'euthanasie!
"On m'informe que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a voté mercredi soir une résolution visant à « protéger les droits humains et la dignité de la personne en tenant compte des souhaits précédemment exprimés par les patient » – en clair, il s’agit de promouvoir les testaments de fin de vie ou les directives pour la fin de vie. Grâce au travail intensif d’élus chrétiens, le texte définitif affirme :
« L’euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite. »
L'Association britannique médicale refuse de participer aux débats sur l'euthanasie
Le journal Métro du 5 janvier 2012 rapporte cette nouvelle. En Angleterre, des groupes de pressions dont "Mourir dans la dignité" soutiennent un "groupe d'expert" demandant la légalisation de l'euthanasie. Fort heureusement, les médecins britanniques refusent le débat et ne font pas partie de ce lobby.
"Mourir dans la dignité", n'est-ce pas le nom d'une commission québécoise sur l'euthanasie?