Des chambres individuelles pour la fin de vie? Bonnardel confirme que la CAQ veut offrir des "services" d'euthanasie
Étonnant, mais ce n'était pas toujours le cas. Sur le site de la Voix de l'est du 7 août 2012:
(François Bonnardel et Edmond Ferenczi)
(Granby) Les efforts du Granbyen Edmond Ferenczi n'auront pas été vains. Celui qui se bat depuis plus de trois ans pour que les malades en fin de vie puissent terminer leurs jours dans des chambres privées aura finalement gain de cause. L'hôpital de Granby confirme que des travaux de réaménagement seront effectués aux soins palliatifs dans les prochains mois, afin de transformer la plupart des chambres semi-privées en chambres individuelles. Au terme des travaux, les six lits actuellement disponibles aux soins palliatifs seront maintenus, mais il ne restera plus qu'une seule chambre double.(...)
Hier, celui-ci se réjouissait d'ailleurs d'entendre de telles nouvelles. «J'aurais aimé que ce soit plus rapide, a-t-il indiqué. C'était au point mort depuis la commission Mourir dans la dignité, jusqu'à l'appel de M. Bonnardel il y a quelques jours. Je me réjouis que ça revienne sur la place publique et la surprise pour moi, aujourd'hui, c'est que oui, l'hôpital s'est engagé à le faire. Les gens ne réalisent pas qu'on va tous passer par là et que c'est de la torture de ne pas pouvoir être seul aux côtés de la personne qu'on aime dans ces moments-là. J'espère maintenant que le sujet va dépasser les limites de notre comté.»
Le député sortant François Bonnardel n'a toutefois pas voulu faire de promesses à savoir si cette démarche pourrait être appliquée dans l'ensemble des hôpitaux de la province.
«C'est du cas par cas. Ce que je fais aujourd'hui, c'est une initiative pour la région, parce que M. Ferenczi a eu ce désir et je pense personnellement que ça touche beaucoup de familles de Granby. Maintenant, j'en ai discuté avec M. Barrette (ndrl: ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et candidat de la CAQ dans la circonscription de Terrebonne) dans les dernières 48 heures. Il comprend la situation et est ouvert. Est-ce que ce sera une mesure qu'il voudra appliquer partout ailleurs au Québec? Ça, je ne peux pas vous l'annoncer officiellement. On travaille pour le CSSS de la Haute-Yamaska et on pourra analyser par la suite un engagement pour tous les CSSS.»
Le candidat caquiste a par ailleurs assuré qu'un gouvernement de la Coalition avenir Québec mettrait en oeuvre l'ensemble des conclusions du rapport de la commission Mourir dans la dignité. On se souviendra que ce rapport ouvrait notamment la porte à l'euthanasie, dans certaines circonstances précises.(...)
La CECC approuve la décision du gouvernement de contester la décision d'un juge de la Colombie-Britannique sur l'euthanasie
Sur le site de la CECC du 16 juillet 2012:
La Conférence des évêques catholiques du Canada se réjouit de la décision du gouvernement du Canada d’interjeter appel de l’application de tous les aspects de la décision rendue le 15 juin dernier par la Cour suprême de la Colombie-Britannique concernant le suicide assisté. Nous sommes d’accord avec l’honorable Robert Nicholson, ministre de la Justice du Canada, qui déclare que « les lois encadrant l’euthanasie et le suicide assisté existent pour protéger tous les Canadiens, y compris les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, malades ou handicapées ».
Dans une déclaration émise le 18 juin 2012, Mgr Richard W. Smith, archevêque d’Edmonton et président de la CECC, a souligné l’importance de respecter le don de la vie, à compter de sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Il nous a rappelé que « nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas. » (cf. Catéchisme de l’Église catholique, no 2280).
La CECC continuera de suivre de près cette question et d’apporter son point de vue au cours de l’évolution du dossier.
François Hollande veut ouvrir le débat sur l'euthanasie... sans prononcer ce mot qu'il ne saurait voir!
La procédure semble bien établie. On ouvre le débat avec une petite commission pour soi-disant prendre le pouls de la population. Cette population intéressée par la question, composée d'experts et d'organismes spécialisés affirme très majoritairement qu'elles refusent catégoriquement l'euthanasie, solution morbide et sanguinaire, pour développer sur tout le territoire un réseau de soins palliatifs de qualité.« Que les choses soient claires : débattre de la possibilité pour une société d’approuver le fait qu’une personne est bonne à mourir, mais aussi de délivrer un permis de tuer, ne peut en aucun cas être noble et digne », déclare Christine Boutin, Présidente du PCD. « J’en appelle à la cohérence : notre mission est de tenter de faire disparaître la souffrance, pas les personnes souffrantes. Notre mission est aussi d’épargner aux personnes la souffrance morale de voir inscrit dans la loi leur statut de personne « euthanasiable » ou « bonne à tuer ».« Tout cela doit mener à clore le débat. Les dérives seraient terribles. De plus, le politique n’a pas à légiférer sur le droit d’une personne à vivre ou à mourir, poursuit la Présidente.Créer une Commission qui débatte de la possibilité de légaliser l’euthanasie, comme le propose François Hollande, est indigne en soi et antinomique.Indigne, car nous décidons d’inscrire dans la loi un état à partir duquel une vie n’a plus de sens, une personne humaine plus de valeur. De plus, nous décidons de délivrer un permis de tuer à des médecins, dont le rôle est de soigner, d’accompagner la souffrance.Antinomique, car nous ne pouvons défendre à la fois la légalisation de l’euthanasie et le développement des soins palliatifs. Nous ne pouvons demander aux médecins à la fois de se battre pour aider les personnes à vivre dans les meilleures conditions possible, et de les tuer. Nous ne pouvons tenir la nécessité pour une société à la fois d’accueillir les personnes souffrantes et de les éliminer.Entre euthanasie et soins palliatifs, il faut choisir! »
Le nombre d'euthanasie pratiqué en Hollande demeure nébuleux...
Sur le site de genethique.org du 13 juillet 2012:
Mercredi 11 juillet 2012, le journal néerlandais De Volkskrant a publié les résultats d’une enquête du ministère de la santé publique des Pays-Bas, réalisée auprès de 6000 médecins, afin d’évaluer le nombre d’euthanasies pratiquées aux Pays-Bas depuis la légalisation de l’euthanasie en 2002.
Le journal rapporte que "la loi sur l’euthanasie [n’aurait] pas provoqué d’augmentation des cas d’euthanasies, […] invalidant la méfiance internationale contre l’euthanasie". Or, dans son premier rapport, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation d’application de la loi explique qu’elle n’a pas "la possibilité d’évaluer la proportion du nombre d’euthanasies déclarées par rapport au nombre d’euthanasies réellement pratiquées".
Selon le journal, après une diminution en 2005 du nombre d’euthanasies déclarées par les médecins, celui-ci serait revenu a son niveau d’avant la loi. Eu égard à ce bilan, et alors qu’il a été précisé que "la loi [a permis de] rendre visible ce qui se faisait dans le secret", il semble important de préciser que ces chiffres ne sont pas des chiffres "officiels", "c'est-à-dire publiés par les commissions régionales de suivi de l’euthanasie qui se basent sur les euthanasies dûment déclarées, mais sur une photographie sensée être le reflet de ce qui est caché… Il n’est pas inutile de rappeler que les chiffres publiés par ces commissions montrent qu’on passe de 1800 cas en 2003 à 3136 en 2010".
Euthanasier les personnes qui n'ont qu'une année à vivre par économie, au Royaume-Uni!
Sur le blog de Jeanne Smits du 4 juillet 2012:
(...)
« Au Royaume-Uni, au cours de ces 20 dernières années, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans a doublé – un total qui pourrait doubler de nouveau d’ici à 2033. Le coût des soins sur le long terme pour la population âgée de plus en plus nombreuse en Grande-Bretagne a progressé de 67 % entre 2007 et 2009, et pourrait finir par coûter jusqu’à 106 milliards de livres par an, ce qui reviendrait à payer un deuxième NHS (National Health Service – système de soins publics), selon Henry Featherstone, chef de l’unité Santé et soins sociaux de “Policy Exchange”.
La plupart des experts estiment que les changements technologiques de la médecine sont la force agissante qui provoque la progression sur le long terme des dépenses pour la santé. Cependant, si l’on analyse les dépenses de santé, plus de la moitié de ces dépenses aussi bien au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis se font pour des patients qui vont mourir dans moins d’un an. Il n’est pas évident de savoir combien l’on dépense pour des services qui sont non seulement pas nécessaires, mais non désirés. Ce qu’il faut analyser, c’est de savoir qui bénéficie des milliards dépensés pour les soins de santé de ceux qu’on aide à vivre contre leur gré. »
Le message est on ne peut plus clair. Au lieu de multiplier par deux le coût des soins pour les vieillards encombrants, on pourrait diviser par deux le budget de l’assurance maladie au Royaume-Uni s’ils étaient éliminés un an avant leur mort prévisible… Bien sûr les choses ne sont pas dites aussi crûment, mais sur le plan mathématique, tout est là. Notez au passage la pique lancée contre ceux qui profitent de la situation : les soins apportés aux personnes âgées pendant les derniers mois de leur vie sont présentés comme une mine d’or pour des profiteurs sans scrupules – le corps médical qui abuse de la faiblesse de ces vieillards.
Cause de Ginette Leblanc sur l'euthanasie : comment faire taire l'opposition
L'avocat de Ginette Leblanc, cette trifluvienne qui demande l'euthanasie, tente d'empêcher certains témoins de venir témoigner en cour. Un article du journal Le Nouvelliste du 20 juin 2012:
(Ginette Leblanc)
(Trois-Rivières) C'est une véritable course contre la montre qui s'amorce pour les appareils judiciaires québécois et canadien dans le dossier de Ginette Leblanc qui sera entendu dès décembre prochain.
Les parties ont toutes reconnu, hier, qu'il faut éviter d'étirer les délais puisque la santé de la principale intéressée se détériore de plus en plus.
Le juge Gratien Duchesne doit déterminer quels seront les organismes qui seront admis comme intervenants dans cette cause que Mme Leblanc souhaite propulser devant la Cour suprême du Canada.
Les procureurs de Mme Leblanc s'opposent à la participation de l'Alliance des chrétiens en droit, dans le débat, ainsi qu'à la participation de l'Américaine Margaret Dore, avocate et présidente de Choice is an Illusion, un organisme qui lutte contre le droit au suicide assisté et à l'euthanasie.
Le procureur qui représentait Mme Leblanc, hier, Me Jean-Marie Côté, a expliqué que cette opposition vise justement à éviter d'alourdir inutilement les débats.
Hier, par exemple, Me Dore a déposé ses arguments devant le juge Duchesne en expliquant qu'elle pourrait faire témoigner plusieurs personnes dans le dossier sous forme d'affidavit, notamment un médecin de 40 ans d'expérience dans les soins aux cancéreux.
Me Côté s'est opposé à permettre la participation de Me Dore tout simplement parce que le Procureur général du Canada entend présenter 16 témoins, dont 12 experts qui couvriront assurément les points dont veut débattre la procureure américaine. De plus, selon Me Côté, il deviendrait extrêmement compliqué de faire les contre-interrogatoires dans le cas des témoins de Me Dore.
De son côté, le Procureur général du Canada a fait savoir, hier, qu'il ne s'objecte pas aux demandes d'intervention car cela pourrait apporter un éclairage différent dans le débat.
Me Côté s'est aussi objecté à la participation de l'Alliance des chrétiens en droit, puisque la charte de cet organisme ne lui permet pas, selon lui, d'intervenir dans un tel dossier.
Certainement que la présentation américaine apportera un point de vue complémentaire, ce que Me Côté veut empêcher...
Le vocabulaire sur l'euthanasie et le suicide assisté
Dans le journal La Presse du 20 juin 2012, parmi les commentaires, celui très intéressant de Louis Dugal, secrétaire du Comité d'éthique du Réseau des soins palliatifs du Québec:
Attention à tous, deux débats sont en train de se chevaucher ici. Même s’ils sont entremêlés dans les faits, il conviendrait, je crois, de les discuter séparément.
Il y a d’abord la terminologie. Clarifions le terme d’euthanasie, par exemple. L’euthanasie est l’acte de causer la mort par compassion, de tuer une personne pour lui épargner des souffrances – un meurtre avec une intention humanitaire, si on veut. Le terme «aide médicale à mourir» dit cette réalité, mais en atténuant son essence, ce qui fait sa particularité : le meurtre, le fait de donner la mort.
Je ne traiterai pas d’autres termes ici dans ce blogue.
Une chose est sûre, il est important ici de ne pas utiliser d’euphémismes, non pas pour condamner ou excuser, mais pour s’entendre sur ce dont on parle. L’euthanasie EST violente, même si elle est inspirée par la compassion. Le suicide EST violent, même s’il est peut-être un droit incontesté de la personne.
Parler d’«aide médicale à mourir» s’appuie sur une foule d’imprécisions. J’en relèverai deux.
La première est que tout le personnel soignant qui s’occupe d’une personne en fin de vie, qu’elle le soigne ou qu’elle le tue, l’aide à mourir. Aider quelqu’un à mourir, c’est l’aider à faire face à cette épreuve qu’est la mort, jusqu’à ce qu’elle arrive – naturellement ou «activement».
La seconde est reliée à ce phénomène: où commence la mort? On commence à mourir dès qu’on est en vie! Dans ce cas, la mort, est-ce le moment final de la vie où le système nerveux s’éteint, ou le long processus de déterioration des fonctions vitales? Dans le premier cas, l’aide médicale à mourir signifie l’euthanasie; dans le second signifie l’accompagnement des personnes dans leur processus de vieillissement, qui peut commencer autant à 40, qu’à 50, qu’à 60 ou 80 ou 90 ans selon les personnes – selon l’aide et le soin dont elles ont besoin pour faire face à l’épreuve de la fin de la vie. On peut être en santé et avoir besoin d’aide médicale à mourir, c’est-à-dire à faire face à au phénomène de la mort – sans nécessairement avoir besoin d’euthanasie.
Vous voyez j’espère qu’en parlant d’«aide médicale à mourir», on dit plus qu’un euphémisme : on ouvre la voie à des interprétations juridiques, psychologiques, morales, et autres qui ne règlent absolument rien au débat auquel on doit faire face. Je ne suggère pas son issue, mais dis seulement qu’il ne peut plus y avoir de débat si les mots peuvent dire une chose et son contraire.Le second problème est celui des lois. Je serai plus court ici. On parle beaucoup de droits individuels dans l’épreuve de la mort. Il est vrai que la mort est, biologiquement tout le moins, un phénomène strictement individuel. Mais, par la nature de l’homme, elle est également un phénomène social. Oui, on meurt seul ; mais on ne meurt jamais seul NON PLUS. Il y a toujours des personnes dans notre entourage (quand on a la chance d’en avoir un), dans une équipe médicale ou même dans la société au sens large (par le biais des lois et de la jurisprudence) qui sont impliqués dans le phénomène de la mort – aussi individuel qu’il puisse rester. Il ne faut pas occulter le fait que notre mort aura des répercussions importantes sur nos «survivants» ; famille, médecins, infirmières, colocataires d’hôpitaux ou futurs mourants vivront les conséquences de notre mort. Se donner individuellement le droit à l’euthanasie et au suicide assisté, c’est donner à certains l’obligation de donner la mort (personnel soignant) ou même la possibilité d’y penser (famille). Ce sont aussi les effets destructeurs de telles possibilités auxquelles il faut penser quand on fait le choix de la terminologie pour parler de la mort et de ce qui l’entoure.
Les mots ne sont pas innocents – ne leur faisons pas porter en plus la responsabilité de la mort des plus vulnérables.
Le président de la CECC commente la décision de la cour suprême de Colombie-Britannique
Sur le site de la CECC du 18 juin 2012:
La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a appris avec désolation la décision que vient de rendre un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique sur le suicide assisté. La position de l’Église catholique est claire sur cette question : la vie humaine est un don de Dieu. Pour cette raison, comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, au no 2280, « nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas. »
Être les intendants de la vie requiert également pour chacun de nous et pour la société tout entière que nous répondions aux souffrances physiques, émotionnelles et morales des personnes de tous âges, particulièrement celles qui sont sérieusement malades ou handicapées. Dans cette perspective, comme l’ont déclaré les évêques du Canada en 2005, nous sommes confrontés à une option fondamentale et la manière dont nous y répondons révèle la vraie nature du cœur de notre société. Démontrons-nous de la sollicitude envers la personne malade, âgée, handicapée et vulnérable en l’encourageant à commettre un suicide ou en la tuant délibérément par le biais de l’euthanasie ? Ou favorise-t-on plutôt une culture de vie et d’amour, dans laquelle chaque personne, à tout moment et en toutes circonstances au cours de sa vie naturelle, est perçue comme un don?
La CECC fera un commentaire plus détaillé à une date ultérieure, une fois qu’il sera possible d’examiner le jugement de 395 pages. La loi de la Cour suprême de la C.-B. alloue un an au Parlement pour étudier la question. Cela donnera aussi le temps nécessaire à la CECC de soumettre ses observations au moment opportun.
+ Richard W. Smith
Archevêque d’Edmonton
Président de la Conférence des évêques catholiques du CanadaLe 18 juin 2012
Ça y est! Le gouvernement libéral du Québec choisit d'aller de l'avant avec l'euthanasie et met en place son calendrier final
C'est une honte, une tache historique sur l'évolution du parti libéral du Québec. En ce 14 juin 2012, les ministres Jean-Marc Fournier et Yves Bolduc chosissent l'euthanasie comme solution finale à la souffrance, selon le rapport de la commission Mourir dans la dignité, rapport qui ne tient pas compte de la majorité des experts et intervenants qui se sont prononcés clairement contre l'euthanasie. Vous pouvez écouter la conférence de presse en cliquant ici. Voici l'article de Radio-Canada du 14 juin 2012 sur le sujet:
Le gouvernement du Québec créera un comité de juristes experts qui se penchera sur le cadre juridique du droit à l'aide médicale à mourir. L'annonce, qui vient d'être faite par le ministre de la Justice et Procureur général du Québec, Jean-Marc Fournier, fait suite au rapport de la Commission parlementaire spéciale sur la question de mourir dans la dignité, déposé en mars dernier.
Il sera présidé par le juriste Jean-Pierre Ménard, un avocat réputé spécialisé en droit médical. M. Ménard sera aidé dans sa tâche par deux juristes externes, dont le criminaliste Jean-Claude Hébert. La nomination du deuxième juriste reste à déterminer. Des juristes du ministère de la Justice viendront appuyer le comité.
Le ministre Fournier, son collègue à la Santé, Yves Bolduc, ainsi que Me Ménard ont précisé au cours d'un point de presse le rôle du comité.
Évoquant un « défi » important, le ministre Fournier a expliqué que les recommandations de la Commission parlementaire, qui ouvrait la porte au suicide assisté et à l'euthanasie dans certaines conditions et proposait d'en fixer des balises, soulevaient des questions sur les dispositions du Code criminel, de compétence fédérale, qui prohibent l'aide au suicide, et sur la portée du pouvoir d'orientation du Procureur général au Directeur des poursuites criminelles et pénales.
« La frontière peut être difficile à tracer » entre les soins palliatifs, l'interruption de soins et l'aide médicale à mourir, de même qu'entre soulager la souffrance en abrégeant la vie et abréger la vie en ne faisant rien pour soulager la souffrance, a-t-il souligné.
Me Ménard a de son côté fait valoir la nécessité d'élaborer des règles de sécurité simples, fiables et solides. Il a rappelé au passage que la Commission n'avait pas voulu donner plus de pouvoirs à l'État pour contrôler la fin de vie mais, au contraire, donner plus de pouvoirs aux citoyens pour contrôler le dernier épisode de leur vie.
Le ministre Bolduc a rappelé que les conclusions de la Commission avaient été bien reçues et souligné que ces consultations générales étaient sans contredit parmi celles ayant suscité le plus d'intérêt. Formée de 12 députés de toutes les formations politiques, elle a consulté une trentaine d'experts en médecine, en droit, en psychologie, en éthique et en sociologie en plus de sillonner huit villes du Québec pour entendre les citoyens sur cette question.
Le rapport du comité, dont le dépôt est attendu en octobre, devrait mener au dépôt d'un projet de loi en 2013, comme le préconisait la commission parlementaire.
"Il a rappelé au passage que la Commission n'avait pas voulu donner plus de pouvoirs à l'État pour contrôler la fin de vie mais, au contraire, donner plus de pouvoirs aux citoyens pour contrôler le dernier épisode de leur vie."
En refusant d'écouter l'avis des experts et groupes présents sur le terrain auprès des personnes en fin de vie, le gouvernement contrôlera la fin de vie comme il contrôle la natalité par la contraception fortement proposée dans les CLSC. Le citoyen sera libre de refuser à son médecin l'injection létale, mais lorsqu'il verra que son médecin lui propose l'euthanasie, comment pourra-t-il lui faire confiance? Dans un système où tous tirent la couverture pour chercher les fonds à mettre dans son organisme ou ministère, quel poids reposera sur les épaules du malade, seul face à une équipe médicale qui, même si elle ne dit pas un mot, jugera que les ressources donnés à ce patient sont gaspillées et qu'un autre devrait en profiter...
Le gouvernement peut bien adopter une attitude de naïveté volontaire, n'importe quel usager connait la différence de traitement entre les patients selon les jugements que l'équipe médicale porte sur eux... Qui n'a pas vu un patient seul et âgé être traité comme un numéro, un poids dont on aimerait se débarasser, où simplement, dont on a pas le temps de s'occuper?
Les citoyens auront le pouvoir de "choisir" l'euthanasie, après avoir introjecté une philosophie morbide sur la fin de vie, ou il auront le choix de supporter la désaprobation larvée des personnes qui trouveront qu'elle coûte chère au système...
Quel progrès! Nous sommes vraiment à une autre étape, une nouvelle époque comme s'en félicitent nos ministres...
Une réflexion sur l'affaire du juge Delisle
Sur le blog de Jeannot Vachon, du 12 juin 2012:
(Seul le juge Delisle connaît la vérité sur la mort de sa femme...)
En présumant de la culpabilité du juge Delisle pour avoir tué son épouse malade, il y a un outil qui lui faisait défaut pour se débarrasser d’un lourd fardeau pour vivre une belle retraite. Si, comme plusieurs le suggèrent, on avait légalisé l’euthanasie, sous de jolis principes, la conjointe malade aurait sans doute signé elle-même pour un suicide assisté.
Combien de pressions auraient-elles été nécessaires de la part du conjoint en santé pour persuader Nicole Rainville qu’elle était un poids mort, qu’elle n’était plus l’ombre d’elle-même, que sa maladie lui avait fait perdre sa dignité, que des jours de plus en plus sombres se dessinaient pour elle, que de s’accrocher à la vie n’aurait fait que pourrir la vie de ses proches et coûter une fortune à la société?
Et si le meurtre avait plutôt été un suicide assisté, pensez-vous que le juge Delisle aurait passé aux aveux? Pour aller passer dix belles années de sa retraite en prison, comme Robert Latimer qui avait euthanasié par compassion(sic) sa fille malade?
Pourquoi les partisans du suicide assisté n’ont pas utilisé ce procès pour sortir sur la place publique et dire qu’en fin de compte la mort de Nicole Rainville était une bonne chose? Que le juge Delisle, coupable ou non, par meurtre ou par simple négligence, a rendu un fier service à sa conjointe et à la société en abrégeant chez elle des jours de qualité de vie amoindrie?
La légalisation de l’euthanasie n’enverrait-elle pas un message clair à nos vieux et à nos malades? Qu’ils doivent dorénavant réfléchir au choix qu’ils font de demeurer un fardeau pour la société et pour les proches ou de libérer le plancher au nom de la dignité?