Euthanasier les personnes qui n'ont qu'une année à vivre par économie, au Royaume-Uni!
Sur le blog de Jeanne Smits du 4 juillet 2012:
(...)
« Au Royaume-Uni, au cours de ces 20 dernières années, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans a doublé – un total qui pourrait doubler de nouveau d’ici à 2033. Le coût des soins sur le long terme pour la population âgée de plus en plus nombreuse en Grande-Bretagne a progressé de 67 % entre 2007 et 2009, et pourrait finir par coûter jusqu’à 106 milliards de livres par an, ce qui reviendrait à payer un deuxième NHS (National Health Service – système de soins publics), selon Henry Featherstone, chef de l’unité Santé et soins sociaux de “Policy Exchange”.
La plupart des experts estiment que les changements technologiques de la médecine sont la force agissante qui provoque la progression sur le long terme des dépenses pour la santé. Cependant, si l’on analyse les dépenses de santé, plus de la moitié de ces dépenses aussi bien au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis se font pour des patients qui vont mourir dans moins d’un an. Il n’est pas évident de savoir combien l’on dépense pour des services qui sont non seulement pas nécessaires, mais non désirés. Ce qu’il faut analyser, c’est de savoir qui bénéficie des milliards dépensés pour les soins de santé de ceux qu’on aide à vivre contre leur gré. »
Le message est on ne peut plus clair. Au lieu de multiplier par deux le coût des soins pour les vieillards encombrants, on pourrait diviser par deux le budget de l’assurance maladie au Royaume-Uni s’ils étaient éliminés un an avant leur mort prévisible… Bien sûr les choses ne sont pas dites aussi crûment, mais sur le plan mathématique, tout est là. Notez au passage la pique lancée contre ceux qui profitent de la situation : les soins apportés aux personnes âgées pendant les derniers mois de leur vie sont présentés comme une mine d’or pour des profiteurs sans scrupules – le corps médical qui abuse de la faiblesse de ces vieillards.
Cause de Ginette Leblanc sur l'euthanasie : comment faire taire l'opposition
L'avocat de Ginette Leblanc, cette trifluvienne qui demande l'euthanasie, tente d'empêcher certains témoins de venir témoigner en cour. Un article du journal Le Nouvelliste du 20 juin 2012:
(Ginette Leblanc)
(Trois-Rivières) C'est une véritable course contre la montre qui s'amorce pour les appareils judiciaires québécois et canadien dans le dossier de Ginette Leblanc qui sera entendu dès décembre prochain.
Les parties ont toutes reconnu, hier, qu'il faut éviter d'étirer les délais puisque la santé de la principale intéressée se détériore de plus en plus.
Le juge Gratien Duchesne doit déterminer quels seront les organismes qui seront admis comme intervenants dans cette cause que Mme Leblanc souhaite propulser devant la Cour suprême du Canada.
Les procureurs de Mme Leblanc s'opposent à la participation de l'Alliance des chrétiens en droit, dans le débat, ainsi qu'à la participation de l'Américaine Margaret Dore, avocate et présidente de Choice is an Illusion, un organisme qui lutte contre le droit au suicide assisté et à l'euthanasie.
Le procureur qui représentait Mme Leblanc, hier, Me Jean-Marie Côté, a expliqué que cette opposition vise justement à éviter d'alourdir inutilement les débats.
Hier, par exemple, Me Dore a déposé ses arguments devant le juge Duchesne en expliquant qu'elle pourrait faire témoigner plusieurs personnes dans le dossier sous forme d'affidavit, notamment un médecin de 40 ans d'expérience dans les soins aux cancéreux.
Me Côté s'est opposé à permettre la participation de Me Dore tout simplement parce que le Procureur général du Canada entend présenter 16 témoins, dont 12 experts qui couvriront assurément les points dont veut débattre la procureure américaine. De plus, selon Me Côté, il deviendrait extrêmement compliqué de faire les contre-interrogatoires dans le cas des témoins de Me Dore.
De son côté, le Procureur général du Canada a fait savoir, hier, qu'il ne s'objecte pas aux demandes d'intervention car cela pourrait apporter un éclairage différent dans le débat.
Me Côté s'est aussi objecté à la participation de l'Alliance des chrétiens en droit, puisque la charte de cet organisme ne lui permet pas, selon lui, d'intervenir dans un tel dossier.
Certainement que la présentation américaine apportera un point de vue complémentaire, ce que Me Côté veut empêcher...
Le vocabulaire sur l'euthanasie et le suicide assisté
Dans le journal La Presse du 20 juin 2012, parmi les commentaires, celui très intéressant de Louis Dugal, secrétaire du Comité d'éthique du Réseau des soins palliatifs du Québec:
Attention à tous, deux débats sont en train de se chevaucher ici. Même s’ils sont entremêlés dans les faits, il conviendrait, je crois, de les discuter séparément.
Il y a d’abord la terminologie. Clarifions le terme d’euthanasie, par exemple. L’euthanasie est l’acte de causer la mort par compassion, de tuer une personne pour lui épargner des souffrances – un meurtre avec une intention humanitaire, si on veut. Le terme «aide médicale à mourir» dit cette réalité, mais en atténuant son essence, ce qui fait sa particularité : le meurtre, le fait de donner la mort.
Je ne traiterai pas d’autres termes ici dans ce blogue.
Une chose est sûre, il est important ici de ne pas utiliser d’euphémismes, non pas pour condamner ou excuser, mais pour s’entendre sur ce dont on parle. L’euthanasie EST violente, même si elle est inspirée par la compassion. Le suicide EST violent, même s’il est peut-être un droit incontesté de la personne.
Parler d’«aide médicale à mourir» s’appuie sur une foule d’imprécisions. J’en relèverai deux.
La première est que tout le personnel soignant qui s’occupe d’une personne en fin de vie, qu’elle le soigne ou qu’elle le tue, l’aide à mourir. Aider quelqu’un à mourir, c’est l’aider à faire face à cette épreuve qu’est la mort, jusqu’à ce qu’elle arrive – naturellement ou «activement».
La seconde est reliée à ce phénomène: où commence la mort? On commence à mourir dès qu’on est en vie! Dans ce cas, la mort, est-ce le moment final de la vie où le système nerveux s’éteint, ou le long processus de déterioration des fonctions vitales? Dans le premier cas, l’aide médicale à mourir signifie l’euthanasie; dans le second signifie l’accompagnement des personnes dans leur processus de vieillissement, qui peut commencer autant à 40, qu’à 50, qu’à 60 ou 80 ou 90 ans selon les personnes – selon l’aide et le soin dont elles ont besoin pour faire face à l’épreuve de la fin de la vie. On peut être en santé et avoir besoin d’aide médicale à mourir, c’est-à-dire à faire face à au phénomène de la mort – sans nécessairement avoir besoin d’euthanasie.
Vous voyez j’espère qu’en parlant d’«aide médicale à mourir», on dit plus qu’un euphémisme : on ouvre la voie à des interprétations juridiques, psychologiques, morales, et autres qui ne règlent absolument rien au débat auquel on doit faire face. Je ne suggère pas son issue, mais dis seulement qu’il ne peut plus y avoir de débat si les mots peuvent dire une chose et son contraire.Le second problème est celui des lois. Je serai plus court ici. On parle beaucoup de droits individuels dans l’épreuve de la mort. Il est vrai que la mort est, biologiquement tout le moins, un phénomène strictement individuel. Mais, par la nature de l’homme, elle est également un phénomène social. Oui, on meurt seul ; mais on ne meurt jamais seul NON PLUS. Il y a toujours des personnes dans notre entourage (quand on a la chance d’en avoir un), dans une équipe médicale ou même dans la société au sens large (par le biais des lois et de la jurisprudence) qui sont impliqués dans le phénomène de la mort – aussi individuel qu’il puisse rester. Il ne faut pas occulter le fait que notre mort aura des répercussions importantes sur nos «survivants» ; famille, médecins, infirmières, colocataires d’hôpitaux ou futurs mourants vivront les conséquences de notre mort. Se donner individuellement le droit à l’euthanasie et au suicide assisté, c’est donner à certains l’obligation de donner la mort (personnel soignant) ou même la possibilité d’y penser (famille). Ce sont aussi les effets destructeurs de telles possibilités auxquelles il faut penser quand on fait le choix de la terminologie pour parler de la mort et de ce qui l’entoure.
Les mots ne sont pas innocents – ne leur faisons pas porter en plus la responsabilité de la mort des plus vulnérables.
Le président de la CECC commente la décision de la cour suprême de Colombie-Britannique
Sur le site de la CECC du 18 juin 2012:
La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a appris avec désolation la décision que vient de rendre un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique sur le suicide assisté. La position de l’Église catholique est claire sur cette question : la vie humaine est un don de Dieu. Pour cette raison, comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, au no 2280, « nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas. »
Être les intendants de la vie requiert également pour chacun de nous et pour la société tout entière que nous répondions aux souffrances physiques, émotionnelles et morales des personnes de tous âges, particulièrement celles qui sont sérieusement malades ou handicapées. Dans cette perspective, comme l’ont déclaré les évêques du Canada en 2005, nous sommes confrontés à une option fondamentale et la manière dont nous y répondons révèle la vraie nature du cœur de notre société. Démontrons-nous de la sollicitude envers la personne malade, âgée, handicapée et vulnérable en l’encourageant à commettre un suicide ou en la tuant délibérément par le biais de l’euthanasie ? Ou favorise-t-on plutôt une culture de vie et d’amour, dans laquelle chaque personne, à tout moment et en toutes circonstances au cours de sa vie naturelle, est perçue comme un don?
La CECC fera un commentaire plus détaillé à une date ultérieure, une fois qu’il sera possible d’examiner le jugement de 395 pages. La loi de la Cour suprême de la C.-B. alloue un an au Parlement pour étudier la question. Cela donnera aussi le temps nécessaire à la CECC de soumettre ses observations au moment opportun.
+ Richard W. Smith
Archevêque d’Edmonton
Président de la Conférence des évêques catholiques du CanadaLe 18 juin 2012
Ça y est! Le gouvernement libéral du Québec choisit d'aller de l'avant avec l'euthanasie et met en place son calendrier final
C'est une honte, une tache historique sur l'évolution du parti libéral du Québec. En ce 14 juin 2012, les ministres Jean-Marc Fournier et Yves Bolduc chosissent l'euthanasie comme solution finale à la souffrance, selon le rapport de la commission Mourir dans la dignité, rapport qui ne tient pas compte de la majorité des experts et intervenants qui se sont prononcés clairement contre l'euthanasie. Vous pouvez écouter la conférence de presse en cliquant ici. Voici l'article de Radio-Canada du 14 juin 2012 sur le sujet:
Le gouvernement du Québec créera un comité de juristes experts qui se penchera sur le cadre juridique du droit à l'aide médicale à mourir. L'annonce, qui vient d'être faite par le ministre de la Justice et Procureur général du Québec, Jean-Marc Fournier, fait suite au rapport de la Commission parlementaire spéciale sur la question de mourir dans la dignité, déposé en mars dernier.
Il sera présidé par le juriste Jean-Pierre Ménard, un avocat réputé spécialisé en droit médical. M. Ménard sera aidé dans sa tâche par deux juristes externes, dont le criminaliste Jean-Claude Hébert. La nomination du deuxième juriste reste à déterminer. Des juristes du ministère de la Justice viendront appuyer le comité.
Le ministre Fournier, son collègue à la Santé, Yves Bolduc, ainsi que Me Ménard ont précisé au cours d'un point de presse le rôle du comité.
Évoquant un « défi » important, le ministre Fournier a expliqué que les recommandations de la Commission parlementaire, qui ouvrait la porte au suicide assisté et à l'euthanasie dans certaines conditions et proposait d'en fixer des balises, soulevaient des questions sur les dispositions du Code criminel, de compétence fédérale, qui prohibent l'aide au suicide, et sur la portée du pouvoir d'orientation du Procureur général au Directeur des poursuites criminelles et pénales.
« La frontière peut être difficile à tracer » entre les soins palliatifs, l'interruption de soins et l'aide médicale à mourir, de même qu'entre soulager la souffrance en abrégeant la vie et abréger la vie en ne faisant rien pour soulager la souffrance, a-t-il souligné.
Me Ménard a de son côté fait valoir la nécessité d'élaborer des règles de sécurité simples, fiables et solides. Il a rappelé au passage que la Commission n'avait pas voulu donner plus de pouvoirs à l'État pour contrôler la fin de vie mais, au contraire, donner plus de pouvoirs aux citoyens pour contrôler le dernier épisode de leur vie.
Le ministre Bolduc a rappelé que les conclusions de la Commission avaient été bien reçues et souligné que ces consultations générales étaient sans contredit parmi celles ayant suscité le plus d'intérêt. Formée de 12 députés de toutes les formations politiques, elle a consulté une trentaine d'experts en médecine, en droit, en psychologie, en éthique et en sociologie en plus de sillonner huit villes du Québec pour entendre les citoyens sur cette question.
Le rapport du comité, dont le dépôt est attendu en octobre, devrait mener au dépôt d'un projet de loi en 2013, comme le préconisait la commission parlementaire.
"Il a rappelé au passage que la Commission n'avait pas voulu donner plus de pouvoirs à l'État pour contrôler la fin de vie mais, au contraire, donner plus de pouvoirs aux citoyens pour contrôler le dernier épisode de leur vie."
En refusant d'écouter l'avis des experts et groupes présents sur le terrain auprès des personnes en fin de vie, le gouvernement contrôlera la fin de vie comme il contrôle la natalité par la contraception fortement proposée dans les CLSC. Le citoyen sera libre de refuser à son médecin l'injection létale, mais lorsqu'il verra que son médecin lui propose l'euthanasie, comment pourra-t-il lui faire confiance? Dans un système où tous tirent la couverture pour chercher les fonds à mettre dans son organisme ou ministère, quel poids reposera sur les épaules du malade, seul face à une équipe médicale qui, même si elle ne dit pas un mot, jugera que les ressources donnés à ce patient sont gaspillées et qu'un autre devrait en profiter...
Le gouvernement peut bien adopter une attitude de naïveté volontaire, n'importe quel usager connait la différence de traitement entre les patients selon les jugements que l'équipe médicale porte sur eux... Qui n'a pas vu un patient seul et âgé être traité comme un numéro, un poids dont on aimerait se débarasser, où simplement, dont on a pas le temps de s'occuper?
Les citoyens auront le pouvoir de "choisir" l'euthanasie, après avoir introjecté une philosophie morbide sur la fin de vie, ou il auront le choix de supporter la désaprobation larvée des personnes qui trouveront qu'elle coûte chère au système...
Quel progrès! Nous sommes vraiment à une autre étape, une nouvelle époque comme s'en félicitent nos ministres...
Une réflexion sur l'affaire du juge Delisle
Sur le blog de Jeannot Vachon, du 12 juin 2012:
(Seul le juge Delisle connaît la vérité sur la mort de sa femme...)
En présumant de la culpabilité du juge Delisle pour avoir tué son épouse malade, il y a un outil qui lui faisait défaut pour se débarrasser d’un lourd fardeau pour vivre une belle retraite. Si, comme plusieurs le suggèrent, on avait légalisé l’euthanasie, sous de jolis principes, la conjointe malade aurait sans doute signé elle-même pour un suicide assisté.
Combien de pressions auraient-elles été nécessaires de la part du conjoint en santé pour persuader Nicole Rainville qu’elle était un poids mort, qu’elle n’était plus l’ombre d’elle-même, que sa maladie lui avait fait perdre sa dignité, que des jours de plus en plus sombres se dessinaient pour elle, que de s’accrocher à la vie n’aurait fait que pourrir la vie de ses proches et coûter une fortune à la société?
Et si le meurtre avait plutôt été un suicide assisté, pensez-vous que le juge Delisle aurait passé aux aveux? Pour aller passer dix belles années de sa retraite en prison, comme Robert Latimer qui avait euthanasié par compassion(sic) sa fille malade?
Pourquoi les partisans du suicide assisté n’ont pas utilisé ce procès pour sortir sur la place publique et dire qu’en fin de compte la mort de Nicole Rainville était une bonne chose? Que le juge Delisle, coupable ou non, par meurtre ou par simple négligence, a rendu un fier service à sa conjointe et à la société en abrégeant chez elle des jours de qualité de vie amoindrie?
La légalisation de l’euthanasie n’enverrait-elle pas un message clair à nos vieux et à nos malades? Qu’ils doivent dorénavant réfléchir au choix qu’ils font de demeurer un fardeau pour la société et pour les proches ou de libérer le plancher au nom de la dignité?
En Suisse des associations humanitaires craignent qu'on rejette leurs droits d'objection de conscience
Sur le site de genethique.org du 6 juin 2012:
En matière d’euthanasie, les Suisses du canton de Vaud auront à choisir, au cours d’un référendum qui aura lieu le 17 juin prochain, entre "la liberté de disposer de sa propre vie" ou "le respect de la conscience du soignant".
Une association, EXIT, "jumelle" de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité en France (ADMD), est à l’origine d’un projet de loi visant à "obliger les établissements médicaux-sociaux (EMS) du canton à accueillir des suicides assistés." Ainsi, "toute personne qui souhaite recourir au suicide assisté, même si elle est dans un établissement médicalisé qui s’y refuse, pourra demander à une association d’aide au suicide, de mettre fin à ses jours, sans contrôle ni avis médical".
Refusant un tel projet, le Gouvernement du canton a "proposé un contre-projet", permettant que "la demande de la personne [soit] examinée et validée médicalement" et selon lequel "il serait obligatoire de vérifier que l’option des soins palliatifs a été proposée". Cependant, ce contre-projet maintient "l’obligation pour les EMS d’accéder à la demande de leurs résidents".
Pour l’Armée du Salut, [ndlr : organisation humanitaire protestante reconnue d’utilité publique], en charge de la gestion d’un EMS, "si l’une des deux initiatives passe, [elle aura] désormais valeur légale, et aucun EMS ne pourra s’y soustraire". Pour l’organisation humanitaire, de telles propositions "[heurtent] de plein fouet la liberté de conscience des soignants". Associée à d’autres EMS, "protestants ou non confessionnels", l’EMS de l’Armée du Salut "demande à ce qu’une clause de conscience les protège".
10 années d'euthanasies en Belgique: lettre de l'archevêque de Bruxelles, Mgr Léonard
Sur le site de la Libre Belgique du 30 mai 2012, cette lettre qui dit beaucoup, en peu de mots:
(Mgr André-Mutien Léonard, archevêque de Bruxelles)
En mai 2002, une majorité parlementaire a voté une loi relative à l’euthanasie. Dix ans après sa promulgation, un bilan s’impose. Lors des débats parlementaires, les évêques de Belgique avaient déjà exprimé leurs craintes, notamment celle d’une grave menace quant au respect non seulement des personnes les plus vulnérables, mais aussi des soignants (1). Aujourd’hui, comment ne pas redire tout d’abord la sympathie que chacun de nous éprouve à l’égard des personnes qui souffrent intensément, minées par la maladie et bouleversées par la perspective d’une mort prochaine ? Qui pourrait demeurer indifférent à leur désarroi ? Chacun peut comprendre que l’envie surgisse parfois de s’endormir pour de bon et d’être ainsi libéré. Reste qu’une demande de mort doit le plus souvent être décryptée comme un appel au secours. Ce cri de détresse ne doit donc pas nécessairement être interprété comme une volonté de mourir à proprement parler. La réponse appropriée est alors de soutenir le désir de vivre en dignité qui se cache derrière la demande de mort. Et lorsque toute thérapie se révèle vaine ou, en tout cas, disproportionnée, des soins palliatifs de qualité doivent alors prendre la relève. Il importe de leur donner les moyens, encore insuffisants aujourd’hui, de se développer afin de permettre de vivre et de mourir dans la dignité et la sérénité. On évitera ainsi de mettre fin délibérément à la vie et de transgresser l’interdit, essentiel à toute société, de faire mourir intentionnellement une personne innocente. Il est, certes, des cas où, d’un point de vue technique, la distinction peut sembler mince entre certaines pratiques palliatives et certaines pratiques d’euthanasie. C’est alors le contexte humain, la nature précise des moyens employés et l’intention qui font toute la différence. À cet égard, comment ne pas rendre hommage au dévouement admirable et compétent des membres du personnel soignant qui, refusant tout acharnement thérapeutique, luttent contre la douleur, soulagent la souffrance et, avec beaucoup de cœur, accompagnent jusqu’au bout les malades et leurs proches ? Que de témoignages de familles attestant la grande densité humaine de ces derniers jours passés auprès de leurs proches dans un contexte de grande humanité ! Je salue aussi le courage des soignants qui, malgré d’éventuelles pressions, exercent leur droit à l’objection de conscience et refusent de pratiquer l’euthanasie ou d’y participer. On a souvent argumenté en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie en invoquant la liberté individuelle de disposer de sa vie et donc aussi de sa mort. Mais, 10 ans après, on perçoit mieux que l’euthanasie n’est jamais une décision concernant seulement la liberté de ceux qui la demandent. Sa dépénalisation a modifié pour de nombreux professionnels de la santé des aspects essentiels de leur profession. Elle a parfois ébranlé la confiance entre les membres d’une même famille ou à l’égard du corps médical. Elle a conduit subrepticement des personnes fragiles à penser qu’elles feraient bien de demander l’euthanasie. De plus les craintes exprimées il y a 10 ans sont aujourd’hui réalité. À l’époque, plusieurs précautions avaient été prévues par le législateur afin de circonscrire strictement le champ d’application de la loi. Mais une fois la porte entrouverte, l’entrebâillement s’élargit inévitablement. Aujourd’hui, la Commission fédérale de contrôle est quasiment obligée de fermer les yeux sur des pratiques non conformes à la loi et avoue d’ailleurs explicitement son impuissance à contrôler efficacement son application (2). Dans ces conditions, est-il raisonnable d’envisager un nouvel élargissement du champ d’application de la loi, sachant que des pratiques incontrôlables vont ensuite forcer le législateur à envisager de nouvelles extensions ? Il est des domaines où le bien commun exige que des "oui" ou des "non" très clairs soient prononcés. Et l’histoire montre que nous sommes capables de le faire. Dans le domaine de l’accompagnement de la souffrance et de la mort, le "oui" résolu à une présence compétente et aimante auprès des malades et des mourants est le véritable avenir de nos sociétés. Et le développement toujours perfectible des soins palliatifs nous en donne la possibilité. Renoncer à l’euthanasie peut sembler à certains une diminution de leur liberté individuelle. Et ce l’est en un sens. Mais il s’agit, à plus long terme, d’une contribution majeure au bien commun de tous. 1) Déclaration des évêques de Belgique, "Soins palliatifs, oui ; euthanasie, non !", 16 mai 2002. Ils s’exprimeront à nouveau, si l’actualité l’exige, dans les mois qui viennent. (2) On trouvera une bonne synthèse des embarras de la Commission fédérale de contrôle dans le dossier de l’Institut Européen de Bioéthique : "Euthanasie : 10 ans d’application de la loi en "Belgique", Les dossiers de l’IEB, avril 2012, www.ieb-eib.org, p.5-6.
A.-J. LÉONARD
Archevêque de Malines-Bruxelles
Un film confondant l'amour et l'euthanasie raffle la palme d'or à Cannes!
C'est Xavier Dolan qui doit être en rogne. Lui qui avait produit un film à scandale sur un transgenre, il s'est fait doublé par une production sur l'euthanasie, thème très actuel en France alors que le président socialiste prévoit légaliser la mise à mort des personnes en fin de vie le réclamant. Il devra aussi apprendre d'Aldomovar à sentir le bon scandale qui arrivera à point nommé. C'est tellement dommage qu'on s'occupe si peu de cinéma au festival de Cannes! Voici la nouvelle parue sur le blog de Jeanne Smits du 28 mai 2012:
Amour, le film de Michael Haneke, a décroché la Palme d'Or hier soir au Festival de Cannes. Amour, c'est la mise en scène à la fois délicate et voyeuriste des derniers mois et jours d'une vieille femme (Emmanuelle Riva) qui va sombrer dans la démence et dans la souffrance, toujours soutenue et soignée amoureusement par son vieux mari (Jean-Louis Trintingnant). Et c'est par Amour que ce dernier finira par la délivrer, en lui donnant la mort : il l'étouffe avec un coussin.
Amour = euthanasie.
« Ce film est une illustration de la promesse que nous nous sommes donnée, mon épouse et moi-même… », a déclaré le réalisateur. Emotion, applaudissements…
La critique salue un film « romantique ».
L'Autrichien Haneke obtient là sa deuxième Palme, lui qui en 2009 l'avait déjà reçue pour Ruban blanc.
On se demandait si le jury allait avoir de nouveau l'audace d'offrir une deuxième Palme à un réalisateur : elle ne l'avait fait, jusqu'ici, que cinq fois.
Je vous l'avais pourtant bien dit ! J'écrivais ici, vendredi soir, que c'était bien parti pour lui, vu le sujet de son film.
"La bataille de l'euthanasie" : Enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France
La bataille de l'euthanasie, c'est un livre sur des cas particuliers montés en épingles par des mouvements de promotion du « droit de mourir dans la dignité ». La vérité a peu d'importance, il s'agit de monter une histoire à partir d'une personne malade acceptant, ou n'ayant pas la capacité de refuser de se prêter au « jeu » médiatique. Le livre de Tugdual Derville nous apporte les faits occultés par ces groupes de pression pour que nous puissions constater que dans tous les cas où l'on a présenté l'euthanasie comme solution, la manipulation des faits a joué un grand rôle dans le but d'émouvoir la population française et lui faire accepter comme inéluctables, ce qui ne l'était vraiment pas...Sept affaires d'euthanasie ont défrayé la chronique pendant une décennie. Leur impact médiatique a largement forgé l'opinion des Français.Tugdual Derville livre une enquête minutieuse et captivante sur chacune de ces sept affaires, au plus près des faits et des différents protagonistes : Christine Malèvre, infirmière condamnée pour meurtres; Vincent Humbert, lourdement accidenté, et sa mère; les deux soignantes de Saint-Astier; Maïa Simon, partie en Suisse pour son suicide assisté; Chantal Sébire, dont le visage a pris la France à témoin; Lydie Debaine, acquittée en première instance pour avoir noyé sa fille handicapée; Hervé Pierra, dont les parents ont obtenu l'arrêt de l'alimentation.Derrière ces drames personnels poignants surgissent d’autres acteurs. Ils ne sont pas intimement concernés : leur unique motivation est d’obtenir la légalisation de l’euthanasie. Parfois au prix de procédés stupéfiants.Cette remarquable enquête d’investigation révèle comment l’émotion médiatique peut être utilisée pour manipuler l’opinion. Un ouvrage qui se lit comme un roman policier. Une question d’actualité brûlante qui nous concerne tous, un jour ou l’autre…