"Est-ce que c'est acceptable de maintenir cette personne dans ces conditions-là?"

Cette question, c'est le docteur Jean-François Lizé, de l'hôpital Notre-Dame de Montréal qui la pose face au patient Scott Roudley de London, « neurovégétatif » qui communique, de son cerveau, avec ses médecins grâce à l'imagerie par résonance magnétique.
(Scott Routley)
« Ce que je vous dirais, la question que malgré tout il faut se poser, c’est que malgré tout, ce jeune homme de 38 ans est depuis 12 ans, je crois, dans un lit d’hôpital ou de soins de longue durée, complètement dépendant pour tout, tout, tout. Il faut le tourner pour qu’il n’ait pas de plaie de siège, il a une trachéostomie à ce qu’on m’a dit, pour respirer, il a un tube de gavage, il ne peut pas manger, il faut le gaver, il a besoin de soins d’hygiène complets, il a besoin de plusieurs soins, on ne sait pas s’il a fait des infections ou autres et tout. Ce patient-là est en perte d’autonomie totale.Là, ce qu’il faut se poser comme question, c’est ce qui est acceptable, et là, plusieurs personnes ont fait des testaments, ont exprimé leurs souhaits, plusieurs ne l’ont pas fait, alors faut voir, est-ce que c’est acceptable, pour le bien de la personne et de la famille de maintenir cette personne dans ces conditions-là, advenant un accident comme cela, je pense que c’est plus cela qu’il faut se poser. »
Notre société a fait de l’autonomie une valeur plus haute que toutes les autres valeurs. L’autonomie est une valeur qui pousse sur l’arbre de la dépendance. Si vous et moi n’avions pas été dépendants de nos parents, si nous n’avions pas appris de nos frères et sœurs, de nos professeurs et de nos amis, nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd’hui. Je dois mon autonomie à l’influence de toutes ces personnes. Cette autonomie est constamment à renouveler grâce aux contacts que j’entretiens avec mon entourage. Il n’y a pas de gestes que je pose qui n’aient de conséquences que pour moi.Il y a des bien portants qui n’ont jamais découvert la place des autres dans l’autonomie, alors ils se disent : « Lorsque je ne pourrai plus jouer dans mon parc, vous me donnerez une piqûre et je m'en irai parce que pour moi, la dignité c’est l’autonomie. » C’est une vision de bien-portant. Elle est très différente de celle des malades. Beaucoup de gens qui réclament l’euthanasie lorsqu’ils sont bien portants ne le font pas lorsqu’ils sont malades. Au fond, le débat sur l’euthanasie c’est un débat fermé sur son nombril : me, myself and I. C’est comme nier le fait que la mort d’une personne ait un impact sur les gens de l’entourage.
"L’état-nasiste" québécois

L'histoire se répète. L'abolition des orphelinats et le financement de l'avortement, plutôt que d'aider les femmes enceintes en difficultés; le compte-goutte pour les soins palliatifs et la marche rapide vers l'euthanasie. Au fait, quels seront les emm... sans conscience sociale qui tiendront à être une charge pour leurs concitoyens en exigeant des soins palliatifs coûteux, plutôt que de partir quelques semaines, ou quelques mois auparavant, par une piqûre tout ce qu'il y a de plus économique pour les contribuables? À voir le peu d'empressement à développer un réseau de soins palliatifs pour tous, on peut déjà mettre cette question dans la bouche de nos dirigeants politiques...
Témoignage sur la fin de la vie par un spécialiste des soins palliatifs: le Dr Patrick Vinay
Une très belle entrevue du Dr Patrick Vinay, sur la fin de la vie, dans la revue Notre-Dame du Cap de novembre 2012, dont voici un extrait :Les gens ne réalisent pas que la fin de la vie est une période très précieuse pour les humains. Voilà un moment où nos convictions, nos priorités se mettent à changer. C’est comme si notre vie était dans un grand tamis. Toutes nos priorités et nos occupations sont cordées les unes sur les autres. Il y en a tellement que cela ne peut plus bouger. Nos petites priorités empêchent le mouvement des plus grandes. Le tamis est fortement secoué lorsque la maladie grave fait son apparition. Les petites priorités comme refaire la cuisine ou réaménager le chalet, tombent. Qu’est-ce qui reste dans le tamis? Il reste des choses qui ont un nom propre. Il reste les interactions que nous avons avec nos proches. On pense tout à coup à son frère à qui on n’a pas parlé depuis quelques années. On se souvient qu’il faudrait dire quelque chose à son ex-conjoint. Nous consacrons le temps de la fin de la vie à se concentrer sur les choses essentielles. Il y a un désir profond de rencontrer les gens autrement. C’est un moment très précieux. La vie d’une personne ressemble à un arbre. Il n’y a presque plus de feuilles. Il ne reste que l’essentiel mais la personne a encore beaucoup de choses à dire. Il est temps pour elle de se dépouiller afin que les autres puissent la voir autrement. La fin de la vie a toujours été un morceau essentiel de la vie.La fin de la vie est aussi une expérience collective. En ce sens elle ressemble au début de la vie. Vous ne verrez jamais un bébé tout seul. Il ne pourrait pas survivre sans son entourage. C'est une mini-société qui a permis ce que nous sommes devenus. Il en est de même à la fin de la vie. Nous avons besoin d’un micro environnement afin d’aider la personne malade à se comprendre. Nous avons besoin d'être entourés.Nous devons accepter que la fin de la vie fasse partie de notre vie et que ce n’est pas une période qu’il faut couper. Les questions suivantes sont importantes : comment meurt-on? De quoi meurt-on? Quand meurt-on? Nous ne sommes pas là pour prendre des décisions pour l’autre même lorsqu’il est dans le coma. Cette personne est encore présente à l’intérieur d’elle-même. Ce temps lui appartient. Nous devons la rendre confortable dans cet état. C’est elle qui va décider du moment où elle va partir. Je vois souvent des personnes dans le coma qui ne meurent pas. Tout à coup sa fille qui réside en Australie vient la voir. Elle n’a rien dit à sa fille mais sa fille a pu lui dire quelque chose. Il y a eu un contact. Et puis, quelques heures plus tard, la mère meurt. La mère a attendu sa fille. Il y a eu une délicatesse de la part de la mère.
Le Parti Québécois veut commencer l'euthanasie des patients le plus rapidement possible...
Sur le site du journal Le Soleil du 2 octobre 2012:
(Geoffrey Kelly du parti libéral, et Véronique Hivon, du parti québécois, tous deux de la commission "Mourir dans la dignité", commission qui a pris des décisions contraires aux experts et organismes qui majoritairement, refusaient toute euthanasie. Toute une écoute!)
(Québec) La ministre déléguée à la Santé publique, Véronique Hivon, déposera d'ici le printemps prochain le projet de loi autorisant «l'aide médicale à mourir» au Québec.
«Notre objectif est de travailler très rapidement et très fort pour donner suite aux recommandations» de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, a déclaré, lundi, au Soleil, la ministre Véronique Hivon.
Le gouvernement du Parti québécois veut être celui qui donnera vie à la possibilité d'obtenir une aide médicale à mourir. Le projet de loi sera présenté aux élus de l'Assemblée nationale «en juin prochain au plus tard», a assuré la ministre. C'est ce que recommandait le rapport de la Commission qu'elle a coprésidée.
«C'est avec cet échéancier-là que je fonctionne», dit-elle.
En poste depuis deux semaines, Véronique Hivon affirme que le respect de ce calendrier présente un vrai défi. «Il va falloir mettre les bouchées doubles parce que peu de travail a été demandé sur le sujet par le précédent gouvernement», a-t-elle laissé tomber durant l'entretien.
La ministre recevra tout de même d'ici la fin du mois les conclusions d'un comité de juristes experts créé par le gouvernement de Jean Charest. Présidé par l'avocat Jean-Pierre Ménard, le groupe a reçu le mandat de se pencher sur le cadre juridique «du droit à l'aide médicale à mourir».
La ministre du gouvernement Marois se dit convaincue que le Québec dispose d'une réelle marge de manoeuvre pour agir même si le Code criminel relève d'Ottawa.
Y-a-t-il un parti désirant mettre les bouchées doubles pour renverser ce gouvernement de dangereux idéologues et nous ramener en élection? Mais n'oublions pas que la CAQ s'est engagée dans la même voie que le Parti Québécois...
Une pétition pour empêcher les grands partis québécois de permettre l'euthanasie!
Une pétition en ligne que vous pouvez signer et qui sera expédiée au ministre fédéral de la justice Rob Nicholson pour qu'il empêche le Parti Libéral, le Parti Québécois et la CAQ d'aller de l'avant avec leur désir d'instaurer l'euthanasie. Cliquez ici pour accéder à la pétition! Le titre de l'initiative : "Vous ne passerez pas"!
Des chambres individuelles pour la fin de vie? Bonnardel confirme que la CAQ veut offrir des "services" d'euthanasie
Étonnant, mais ce n'était pas toujours le cas. Sur le site de la Voix de l'est du 7 août 2012:
(François Bonnardel et Edmond Ferenczi)
(Granby) Les efforts du Granbyen Edmond Ferenczi n'auront pas été vains. Celui qui se bat depuis plus de trois ans pour que les malades en fin de vie puissent terminer leurs jours dans des chambres privées aura finalement gain de cause. L'hôpital de Granby confirme que des travaux de réaménagement seront effectués aux soins palliatifs dans les prochains mois, afin de transformer la plupart des chambres semi-privées en chambres individuelles. Au terme des travaux, les six lits actuellement disponibles aux soins palliatifs seront maintenus, mais il ne restera plus qu'une seule chambre double.(...)
Hier, celui-ci se réjouissait d'ailleurs d'entendre de telles nouvelles. «J'aurais aimé que ce soit plus rapide, a-t-il indiqué. C'était au point mort depuis la commission Mourir dans la dignité, jusqu'à l'appel de M. Bonnardel il y a quelques jours. Je me réjouis que ça revienne sur la place publique et la surprise pour moi, aujourd'hui, c'est que oui, l'hôpital s'est engagé à le faire. Les gens ne réalisent pas qu'on va tous passer par là et que c'est de la torture de ne pas pouvoir être seul aux côtés de la personne qu'on aime dans ces moments-là. J'espère maintenant que le sujet va dépasser les limites de notre comté.»
Le député sortant François Bonnardel n'a toutefois pas voulu faire de promesses à savoir si cette démarche pourrait être appliquée dans l'ensemble des hôpitaux de la province.
«C'est du cas par cas. Ce que je fais aujourd'hui, c'est une initiative pour la région, parce que M. Ferenczi a eu ce désir et je pense personnellement que ça touche beaucoup de familles de Granby. Maintenant, j'en ai discuté avec M. Barrette (ndrl: ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec et candidat de la CAQ dans la circonscription de Terrebonne) dans les dernières 48 heures. Il comprend la situation et est ouvert. Est-ce que ce sera une mesure qu'il voudra appliquer partout ailleurs au Québec? Ça, je ne peux pas vous l'annoncer officiellement. On travaille pour le CSSS de la Haute-Yamaska et on pourra analyser par la suite un engagement pour tous les CSSS.»
Le candidat caquiste a par ailleurs assuré qu'un gouvernement de la Coalition avenir Québec mettrait en oeuvre l'ensemble des conclusions du rapport de la commission Mourir dans la dignité. On se souviendra que ce rapport ouvrait notamment la porte à l'euthanasie, dans certaines circonstances précises.(...)
La CECC approuve la décision du gouvernement de contester la décision d'un juge de la Colombie-Britannique sur l'euthanasie
Sur le site de la CECC du 16 juillet 2012:
La Conférence des évêques catholiques du Canada se réjouit de la décision du gouvernement du Canada d’interjeter appel de l’application de tous les aspects de la décision rendue le 15 juin dernier par la Cour suprême de la Colombie-Britannique concernant le suicide assisté. Nous sommes d’accord avec l’honorable Robert Nicholson, ministre de la Justice du Canada, qui déclare que « les lois encadrant l’euthanasie et le suicide assisté existent pour protéger tous les Canadiens, y compris les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, malades ou handicapées ».
Dans une déclaration émise le 18 juin 2012, Mgr Richard W. Smith, archevêque d’Edmonton et président de la CECC, a souligné l’importance de respecter le don de la vie, à compter de sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Il nous a rappelé que « nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas. » (cf. Catéchisme de l’Église catholique, no 2280).
La CECC continuera de suivre de près cette question et d’apporter son point de vue au cours de l’évolution du dossier.
François Hollande veut ouvrir le débat sur l'euthanasie... sans prononcer ce mot qu'il ne saurait voir!
La procédure semble bien établie. On ouvre le débat avec une petite commission pour soi-disant prendre le pouls de la population. Cette population intéressée par la question, composée d'experts et d'organismes spécialisés affirme très majoritairement qu'elles refusent catégoriquement l'euthanasie, solution morbide et sanguinaire, pour développer sur tout le territoire un réseau de soins palliatifs de qualité.« Que les choses soient claires : débattre de la possibilité pour une société d’approuver le fait qu’une personne est bonne à mourir, mais aussi de délivrer un permis de tuer, ne peut en aucun cas être noble et digne », déclare Christine Boutin, Présidente du PCD. « J’en appelle à la cohérence : notre mission est de tenter de faire disparaître la souffrance, pas les personnes souffrantes. Notre mission est aussi d’épargner aux personnes la souffrance morale de voir inscrit dans la loi leur statut de personne « euthanasiable » ou « bonne à tuer ».« Tout cela doit mener à clore le débat. Les dérives seraient terribles. De plus, le politique n’a pas à légiférer sur le droit d’une personne à vivre ou à mourir, poursuit la Présidente.Créer une Commission qui débatte de la possibilité de légaliser l’euthanasie, comme le propose François Hollande, est indigne en soi et antinomique.Indigne, car nous décidons d’inscrire dans la loi un état à partir duquel une vie n’a plus de sens, une personne humaine plus de valeur. De plus, nous décidons de délivrer un permis de tuer à des médecins, dont le rôle est de soigner, d’accompagner la souffrance.Antinomique, car nous ne pouvons défendre à la fois la légalisation de l’euthanasie et le développement des soins palliatifs. Nous ne pouvons demander aux médecins à la fois de se battre pour aider les personnes à vivre dans les meilleures conditions possible, et de les tuer. Nous ne pouvons tenir la nécessité pour une société à la fois d’accueillir les personnes souffrantes et de les éliminer.Entre euthanasie et soins palliatifs, il faut choisir! »
Le nombre d'euthanasie pratiqué en Hollande demeure nébuleux...
Sur le site de genethique.org du 13 juillet 2012:
Mercredi 11 juillet 2012, le journal néerlandais De Volkskrant a publié les résultats d’une enquête du ministère de la santé publique des Pays-Bas, réalisée auprès de 6000 médecins, afin d’évaluer le nombre d’euthanasies pratiquées aux Pays-Bas depuis la légalisation de l’euthanasie en 2002.
Le journal rapporte que "la loi sur l’euthanasie [n’aurait] pas provoqué d’augmentation des cas d’euthanasies, […] invalidant la méfiance internationale contre l’euthanasie". Or, dans son premier rapport, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation d’application de la loi explique qu’elle n’a pas "la possibilité d’évaluer la proportion du nombre d’euthanasies déclarées par rapport au nombre d’euthanasies réellement pratiquées".
Selon le journal, après une diminution en 2005 du nombre d’euthanasies déclarées par les médecins, celui-ci serait revenu a son niveau d’avant la loi. Eu égard à ce bilan, et alors qu’il a été précisé que "la loi [a permis de] rendre visible ce qui se faisait dans le secret", il semble important de préciser que ces chiffres ne sont pas des chiffres "officiels", "c'est-à-dire publiés par les commissions régionales de suivi de l’euthanasie qui se basent sur les euthanasies dûment déclarées, mais sur une photographie sensée être le reflet de ce qui est caché… Il n’est pas inutile de rappeler que les chiffres publiés par ces commissions montrent qu’on passe de 1800 cas en 2003 à 3136 en 2010".
