La volonté du gouvernement d'euthanasier les patients est de "l'acharnement juridique et politique"
Sur le site deCNW/TELBEC du 17 janvier 2013, cette réponse du mouvement « Vivre dans la dignité » sur la tentative du gouvernement québécois d'imposer l'euthanasie:
MONTRÉAL, le 17 janv. 2013 /CNW Telbec/ - La complexité de la fin de vie ne peut pas se réduire à ses aspects juridiques et politiques. Le gouvernement en place doit faire porter tous ses efforts sur l'amélioration des soins palliatifs et les rendre accessibles à tous les citoyens qui en ont besoin. Les soins palliatifs sont LA SEULE SOLUTION HUMAINE. Travaillons à renforcer ce qui fait consensus (les soins palliatifs) plutôt qu'à instaurer des pratiques qui nous divisent (l'euthanasie et le suicide assisté déguisés en « aide médicale à mourir »).
La protection des personnes n'est pas négociable! Rappelons aux citoyens et citoyennes du Québec que l'euthanasie et le suicide assisté sont des gestes relevant du code criminel, passibles d'emprisonnement et qui le resteront à moins d'un changement constitutionnel majeur. Comment penser qu'on modifie les actes eux-mêmes en remplaçant les termes euthanasie et suicide assisté par « aide médicale à mourir »? La nature criminelle de ces actes peut-elle être modifiée en jouant sur les mots?
Le code criminel est clair: quiconque cause la mort d'un être humain, directement ou indirectement, commet un homicide (article 222). En entérinant le rapport de Me Ménard, qui propose de permettre aux médecins de provoquer la mort de leurs patients (par injection létale ou d'autres moyens) dans certaines circonstances sans qu'ils soient poursuivis, le Barreau du Québec et le Collège des médecins cautionneraient la transgression d'un interdit et le viol de la loi. Est-il nécessaire de rappeler à la population québécoise que le Barreau du Québec et le Collège des médecins ont le mandat et le devoir de PROTÉGER la population? Ils sont soumis, comme tous les individus et associations, aux lois protégeant la population de l'euthanasie et du suicide assisté.
Dans un contexte de coupures budgétaires et de pénurie de médecins et de personnel dans le système de santé, comment peut-on espérer que les patients aient une alternative véritable entre soins palliatifs et euthanasie (impliquant que les soins palliatifs soient disponibles pour tous les Québécois)? Combien coûteraient des mesures de sauvegarde dites sécuritaires? Voici quelques questions pour faire réfléchir nos concitoyens...
http://www.vivredignite.com/docs/40question.pdf
http://www.vivredignite.com/docs/ppt_faits_risques.pdfComment éviter de penser que l'introduction de l'euthanasie dans le système de santé serait une façon de pallier l'insuffisance des ressources du système de santé et de mettre fin à des vies considérées comme inutiles (avec ou sans consentement du patient)? De telles inquiétudes ont été exprimées maintes fois durant les audiences de la Commission sur la question de mourir dans la dignité.
SOURCE : VIVRE DANS LA DIGNITE
Renseignements :
Linda Couture, directrice de Vivre dans la Dignité
(514) 639-6814 ou (514) 262-5183 (cell)
[email protected]
www.vivredignite.com et http://vivredignite.blogspot.ca
«Taire pour tromper», un article d'un médecin dans la Presse dénonce la supercherie du gouvernement sur l'euthanasie
Sur le site du journal La Presse du 17 janvier 2013:
(Le docteur Marc Beauchamp, chirurgien orthopédiste, auteur de l'article)
Étrangement, ce dont il était question était bien l'euthanasie. Or ce mot n'a pas été prononcé une seule fois pour définir leur projet. Politiciens et avocats connaissent très bien la valeur des mots. On dira «aide médicale à mourir» plutôt qu'euthanasie ou suicide. Ou encore mieux «aide médicale à la fin de vie». C'est plus vendeur. On ne dira pas homicide non plus, même si c'en est un techniquement. Ce n'est pas vendeur. Un médecin tient une seringue dans ses mains, il appuie sur le piston, le coeur cesse de battre, le patient est mort.
La ministre Véronique Hivon et l'avocat Jean-Pierre Ménard considèrent qu'il s'agit de «médecine». Or, ce n'est pas vrai, ça n'en est pas. Techniquement, c'est un homicide. Justifié? Peut-être. Acceptable? Charitable? Humanitaire? On peut débattre. On peut avoir son opinion. Mais on ne peut pas mentir.
(...)
Ne soyons pas dupes, leur but est de forcer l'adhésion à leur projet et de mettre la table pour un geste unilatéral face au gouvernement fédéral, qui a autorité sur le droit criminel, et donc sur la légalité de l'homicide ou l'euthanasie. Homicide, c'est criminel, mais «aide médicale à la fin de vie», c'est médical, n'est-ce pas?Il faut mesurer les impacts d'un tel raccourci de politicien, et ils sont beaucoup plus profonds qu'il n'y paraît. Le plus important, pour moi qui suis médecin, est que ces deux avocats, avec leurs jeux de mots subtils, sont en train de placer une jolie bombe sur la médecine elle-même. Leur redéfinition de ce qu'est la médecine, de ce qu'on peut appeler médecine, serait dictée par l'opinion générale, l'évolution des mentalités. Or, ce n'est pas vrai. Vrai que les connaissances médicales évoluent, tout comme le droit. Mais d'aucune façon, la définition même de la médecine ne peut être définie par le pouvoir, leur pouvoir.
Aussi, Mme Hivon, outre son utilisation de termes trompeurs, a décrété dans son allocution aujourd'hui que le débat sur «l'euthanasie» (excusez le terme, il est de moi) était terminé au Québec et qu'il y avait consensus depuis le dépôt de son rapport de la commission «Mourir dans la dignité». Et elle affirme qu'elle veut aller vite. Pour elle et son parti, fini les discussions, fini le débat, pas question de négociation (surtout pas avec le fédéral).
Une attitude finalement déplorable et, disons-le, idéologique sur un enjeu sensible et complexe qui mérite beaucoup mieux qu'un tel traitement «bulldozer».
(...)
Mais nous ne pouvons accepter l'usage des mensonges pour progresser, et encore moins l'abus des gens de bonne volonté qui forment encore la grande majorité de notre peuple.
Selon le journal Le Devoir, le Ministre de la justice Rob Nicholson veut laisser les Québécois s'euthanasier...
Sur le site du journal Le Devoir du 15 janvier 2013, cette nouvelle qui annonce des bouleversements pour le Canada entier :
À Ottawa, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a fait savoir par l’entremise de son attachée de presse, Julie Di Mambro, qu’il ne s’opposerait pas à une loi québécoise en matière de fin de vie. « Il s’agit d’une question pénible et controversée qui a été débattue de façon exhaustive au Parlement. Nous respectons la décision du Parlement. »
Il nous semble probable que l'interprétation du journaliste du Devoir est inexacte. L'attachée de presse ne parlait probablement pas du Parlement québécois mais du Parlement fédéral. Si Rob Nicholson respecte le débat et la décision du Parlement fédéral, alors cela signifie qu'il devra empêcher la loi Québécoise permettant l'euthanasie, puisque le projet de loi introduit au fédéral en 2010 qui aurait légalisé l'euthanasie a subi une défaite écrasante par une marge de 228 contre 59.
Mais peut-être parlait-il vraiment du Parlement québécois. Alors si le gouvernement fédéral plie devant des actes criminels qui seront perpétrés au Québec avec l'accord du Parti Québécois au pouvoir, c'est qu'il n'a pas une très grande volonté de défendre la dignité des patients et que le sort des personnes en fin de vie à travers tout le Canada est extrêmement précaire... L'euthanasie sera-t-elle décriminalisé au Canada lors d'un prochain gouvernement dirigé par un certain Trudeau?
Un comité de juristes experts québécois remet son rapport sur l'euthanasie
Sur le site de Radio-Canada du 15 janvier 2013:
(le comité de juristes experts « propose plutôt que le Procureur général du Québec puisse déterminer de ne pas déposer de poursuite contre quiconque aiderait quelqu'un d'autre à mourir en conformité avec les dispositions de la future loi. »)
Le comité de juristes experts sur la mise en oeuvre des recommandations du rapport Mourir dans la dignité propose de revoir l'encadrement juridique de la fin de la vie pour permettre aux personnes mourantes de décider du moment et du lieu de leur mort et pour mieux protéger les personnes vulnérables.
Le comité, présidé par l'avocat Jean-Pierre Ménard, a remis mardi son rapport à la ministre responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, qui souhaite présenter un projet de loi sur la question d'ici la fin de l'année.
Dans son rapport, Jean-Pierre Ménard constate que les progrès de la médecine ont forcé l'évolution du droit, qui reconnaît maintenant aux patients « un large pouvoir de décider du temps et de la manière de mourir. » En ce qui concerne la pratique, cependant, ce droit n'est pas toujours pris en compte.
Le comité estime qu'il faut donc mieux encadrer les droits des patients de décider comment terminer leur vie.
Il suggère notamment que le législateur reconnaisse un ensemble de droits aux personnes mourantes, dont le droit à l'information, le droit à l'autonomie décisionnelle, le droit à la confidentialité et le droit à choisir leur lieu de fin de vie.
« On pense qu'au niveau de la loi, on devrait privilégier le plus possible le droit des citoyens d'assurer la dignité de leur fin de vie » — Jean-Pierre Ménard, président du comité
Pour le comité, une préoccupation majeure était d'assurer la protection des personnes vulnérables. C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne recommande pas de modifications au Code criminel, mais propose plutôt que le Procureur général du Québec puisse déterminer de ne pas déposer de poursuite contre quiconque aiderait quelqu'un d'autre à mourir en conformité avec les dispositions de la future loi.
L'aide médicale à mourir devrait être introduite dans le continuum de soins de fin de vie. Ce type de soins serait réservé aux personnes majeures, aptes à consentir à des soins, atteintes d'une maladie grave et incurable, qui ne présentent aucune perspective d'amélioration et qui éprouvent des souffrances physiques ou psychologiques insupportables.
Source: Rapport du comité de juristes experts
Le comité recommande également au Collège des médecins de modifier son code de déontologie afin de clarifier les droits des patients et les responsabilités des professionnels en accord avec la loi.
« D'aucune façon le comité ne recommande quoi que ce soit qui pourrait faire en sorte qu'une personne puisse se voir imposer de quelque manière que ce soit un processus de fin de vie qu'elle n'aurait pas sollicité ou demandé » —
Pas d'«imposition», mais beaucoup de pressions morales pour les patients qui encombreront les lits...
« Avez-vous pensé à mourir dans la dignité? »
Le Parti Québécois aimerait déposer un projet de loi cet été permettant de tuer les patients au Québec
Sur le site du journal La Presse du 15 janvier 2013:
(Le gouvernement Marois sera-t-il le premier gouvernement québécois permettant aux médecins de tuer leurs patients? Alors Pauline Marois devra répondre de tous ces morts par euthanasie devant l'histoire. Son rêve d'écrire l'histoire sera alors réalisé : elle prendra place aux côtés des Trudeau, Simone Veil, Henry Morgentaler et autres calamités qui n'ont laissé pour plus important souvenir que celui du sang sur leurs mains.)
(Québec) Le gouvernement Marois compte déposer cette année, peut être même avant l'été, son projet de loi pour mettre en oeuvre les conclusions du rapport du printemps 2012 sur le droit de mourir dans la dignité, a indiqué ce matin la ministre déléguée à la Santé, Véronique Hivon.
En rendant public un volumineux rapport sur l'état du droit, mardi, le président du comité mandaté par Québec l'an dernier, Me Jean-Pierre Ménard, a souligné qu'il n'est pas question d'ouvrir la porte au «suicide assisté», permis dans certains pays. «L'ouverture est petite... très petite», a-t-il insisté.
Le projet de loi s'appuiera sur la compétence du Québec en matière de santé. Il n'autorisera donc pas des gestes qui relèveraient du Code criminel.
Les patients ne pourront demander l'interruption des soins que «quand la mort est présente», qu'il sont en fin de vie, atteints d'une maladie incurable et en proie à des souffrances psychologiques ou physiques devant lesquelles la médecine est impuissante.
Dans le cas d'un patient atteint d'alzheimer, un mandataire pourra demander la fin des soins seulement si le patient y a consenti au moment où il était conscient. Ce consentement ne devra pas être antérieur à cinq ans. Aussi, l'imminence du décès devra être évidente, a expliqué Me Ménard. Le Collège de médecins est à réfléchir sur le cadre à établir pour ces pratiques, a ajouté Mme Hivon. (...)
-Le patient ne pourra demander l'interruption des soins que « quand la mort est présente »... Si la mort est « présente », alors pourquoi faut-il la provoquer???
-En proie à des souffrances psychologiques «devant lesquelles la médecine est impuissante». C'est pour ces raisons que les médecins Belges ont expédié des jumeaux, parce qu'ils craignaient (souffrance psychologique devant laquelle la médecine est impuissante...) souffrir d'une prochaine cécité...
Après l'avortement sur demande, le Parti Québécois veut instaurer progressivement l'euthanasie sur demande. Si cela arrivait, ce serait une tache indélébile dans l'histoire du parti et une honte constante pour ses futurs membres.
Euthanasie de deux frères jumeaux en Belgique par crainte de souffrances causées par la surdité et la perte de la vue
Sur le site de lavenir.net du 12 janvier 2013 :
(Les freres jumeaux Guy et Marc, euthanasié parce qu'ils craignaient de souffrir de leur prochaine cécité)
ANVERS - Pour la première fois au monde, de «vrais jumeaux» ont fait usage du droit à l’euthanasie. Les deux hommes de 45 ans, habitant en région anversoise, étaient nés sourds et avaient peur de devenir aveugles.
(...)
La loi belge autorise l’euthanasie si le demandeur en exprime lui-même le souhait et si les médecins constatent une souffrance insupportable. Les deux frères ne souffraient pas d’une maladie en phase terminale et ne présentaient pas de douleurs physiques, mais les médecins de l’hôpital UZ Brussel ont toutefois accédé à leur demande.Les deux hommes ont été euthanasiés le 14 décembre dernier.
Mais ne vous inquiétez pas, les membres de la Commission Mourir dans la Dignité qui ont enquêté en Belgique nous ont assuré qu'ils n'ont constaté aucune pente glissante ni en Belgique, ni en Hollande. Et parions qu'ils peuvent également nous assurer qu'ils n'en verront jamais...
RTL.BE nous apporte cette information:
La Belgique a été le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à légaliser l'euthanasie, le 28 mai 2002. Celle-ci est reconnue comme "un droit pour chaque malade à poser ses choix en termes de vie et de mort pour autant qu'il se trouve dans les conditions édictées par la loi". En l'occurrence, le patient doit être, au moment de sa demande, majeur (ou mineur anticipé), capable et conscient. La demande doit être formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée, et ne faire l'objet d'aucune pression extérieure. Le patient doit se trouver dans une situation médicale sans issue, avec une souffrance physique et/ou psychique constante, insupportable et inapaisable. Enfin, l'état du patient doit résulter d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.
Une version élargie de la loi en 2002
De son côté, le médecin n'est pas obligé de pratiquer l'euthanasie. Il revient donc au patient de trouver un médecin qui accède à sa demande. Dans le cas de deux frères, les médecins de l'UZ Brussel ont accepté leur demande de les laisser mourir le 14 décembre, en dépit du fait que ni l'un ni l'autre ne souffrait de maladie en phase terminale. Quelques jours après leur décès, le PS a présenté une modification de la loi de 2002 pour l'étendre aux mineurs et aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer
Et après les mineurs et les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, quelle sera la suite de cet état stable et permanent sans danger de pente glissante, selon notre humoristique commission Mourir dans la dignité?
2013 sera-t-elle l’année où l’on pourra enfin « mourir dans la dignité »?
La ministre Véronique Hivon s’est prononcée pour donner la priorité à ce dossier. Elle déposera un projet sur « l’aide » à mourir d’ici le mois de juin. Elle a mentionné qu’elle avait l’intention d’appliquer le rapport bidon de la commission « Mourir dans la dignité » où elle a siégé, rapport qui n’a pas tenu compte de l’avis de la majorité des experts et organismes qui se sont prononcés contre toute forme d’euthanasie. Mais le but de cette commission n’était pas d’obtenir leur avis… mais plutôt de laisser croire qu’on allait les écouter…Décès du président du mouvement "Vivre dans la Dignité", le Dr André Bourque
Sur le site du journal Le Messager de Verdun du 4 janvier 2012 :
(Le Dr André Bourque, président et co-fondateur du mouvement "vivre dans la dignité". De nombreux témoignages ont rappelé la bienveillance de cet homme dévoué au service des malades et des personnes vulnérables.)
(PL) - Le docteur André Bourque, président et co-fondateur du mouvement «Vivre dans la dignité», est décédé subitement le 29 décembre dernier. Personnalité médicale connue dans le Sud-Ouest et plus particulièrement dans Verdun. Le Dr Bourque fut un farouche opposant à la libéralisation de l'euthanasie.
Médecin de famille dévoué, le Dr Bourque était professeur agrégé au département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l'Université de Montréal, et chef du département de médecine générale du CHUM. Le Dr André Bourque avait son bureau à la Clinique médicale de l'Ouest et il était membre du conseil d'administration de la Clinique médicale Physergo, organisme à but non lucratif.
Depuis 2009, le Dr Bourque s'est fait connaître comme chef de file de la campagne destinée à protéger les patients vulnérables du danger posé par la légalisation éventuelle de l'euthanasie ou du suicide assisté au Québec. Cet engagement a pris tout son sens dans le débat opposant sur la place publique, les partisans et les opposants du droit à l'euthanasie qui a mené à la tenue d'une commission parlementaire à Québec.
Après la publication en mars 2012 du rapport de cette commission spéciale sur le droit de mourir dans la dignité, le Dr Bourque écrivit avec le Dr Catherine Ferrier, un manifeste intitulé « Refus médical de l'euthanasie ». Ce document, qui a reçu l'appui des chefs de file de la communauté médicale du Québec, en particulier dans les spécialités des soins palliatifs, de l'oncologie et de la gériatrie, a été signé jusqu'ici, par environ 300 médecins québécois. Rappelons que les Drs Bourque et Ferrier sont les co-fondateurs du Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie.
Le Dr André Bourque (1947-2012) laisse dans le deuil son épouse Marie (Grant), ses enfants et petits enfants ainsi que de nombreux frères et soeurs, neveux et nièces, amis, patients et collègues.
Nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis du Dr André Bourque.
Une excellente réflexion de Lise Ravary dans le Journal de Montréal sur le maintien en vie d'une personne comateuse
Sur le site du Journal de Montréal du 12 décembre 2012:
(La mascarade de la commission "Mourir dans la dignité" prépare le terrain aux mises à mort sans consentement, comme dans les pays qui ont légalisé ce crime, avec des "restrictions sévères"...)
La Cour suprême devra trancher: la famille d’un homme maintenu en vie à Toronto refuse qu’il soit débranché par les médecins.
La famille est croyante: seul Dieu peut décider de l’heure de la mort.
La médecine est pragmatique: c’est à nous de décider parce que a) nous croyons qu’il n’y a plus d’espoir b) ça coûte cher à l’État.
Au fond, ce sont deux croyances qui s’affrontent: Dieu et la science.
En fait trois croyances. La famille qui croit que le malade peut reprendre conscience.
Les cas de malades qui reviennent à la vie après des années dans le coma sont relativement nombreux, du moins à l’échelle planétaire. En septembre dernier, un Sud-Africain est sorti d’un coma à la suite d’un accident d’auto qui l’avait laissé dans un état neuro-végétatif pendant sept ans.
Souvent, ces miraculés racontent avoir été conscients pendant toutes ces années, mais emprisonnés dans leur corps inerte.
Peut-on blâmer une famille qui voit ces nouvelles dans les médias de refuser le débranchement ?
Surtout que les médecins n’ont pas toujours toute la délicatesse nécessaire pour discuter de ces cas avec les proches parents.
Cela m’est arrivé. Ma tante, qui m’avait à toutes fins pratiques élevée, a été victime d’un grave accident d’auto qui l’a plongée dans un coma. Je fais partie de ces crétins qui ont la foi et j’ai questionné le débranchement très fortement suggéré par le médecin. Je n’étais pas en croisade contre la science, mais je trouvais que trois mois, c’était pas attendre longtemps. Il arrivait qu’elle me serre la main quand je lui parlais.
‘C’est dans votre tête,’ m’a dit le médecin, un jeune homme dans la trentaine. ‘Si votre tante se réveille, je mange mon stéthoscope.’
À partir de cet instant, choquée par son attitude cavalière, j’ai cessé de coopérer. Ce qui n’a rien changé car le membre de la famille qui détenait le mandat a permis qu’on la débranche. Elle a continué à vivre, même sans aide technologique. Comme elle tardait à mourir, on a cessé de la nourrir. Comme elle s’accrochait toujours à la vie, on a ensuite cessé de l’hydrater. Elle a fini par mourir de faim et de soif.
Une bonne affaire de faite.
Le blanc-bec de médecin ne pouvait pas me rassurer au sujet d’une possible souffrance. ’Il se peut qu’elle ressente la faim et la soif, on ne sait pas.’
(...)
"Il se peut qu'elle ressente la faim et la soif, on ne sait pas." Voilà l'aveu d'un médecin qui ne se préoccupe pas de son patient parce qu'il a jugé qu'il ne valait plus la peine qu'il vive, qu'il coûtait trop cher, et qu'il préférait donner son lit à un autre patient, plus méritant...
Et qu'il souffre ou pas, ce n'est pas son problème... Tout comme l'on sait que des médecins avorteurs, bien que la souffrance de l'enfant à naître soit médicalement connue, procède à des avortements d'enfants au dernier trimestre de la grossesse sans même lui procurer un anesthésiant, comme on le fait pour les chiens que l'on veut euthanasier...
Lise Ravary termine son article en disant : « Si le patient est incapable de faire connaître sa volonté, s’il n’a pas fait de testament biologique demandant qu’on ne prolonge pas sa vie et si la famille s’oppose au débranchement, je ne vois pas au nom de quoi ou de qui on mettrait fin à sa vie.
Pour certains d’entre nous, le seul argument économique répugne. »
Pour nombre de médecins, cet argument suffit. Et la légalisation de l'euthanasie qui approche...
Euthanasie : « un regard de commisération peut être meurtrier »
Sur le site de genethique.org du 7 décembre 2012:
(Le philosophe Damien Le Guay)
Alors que le président François Hollande s'est engagé à favoriser "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" et que le professeur Didier Sicard, président de la commission de réflexion sur la fin de vie, s'apprête à rendre son rapport à la fin du mois de décembre, Damien Le Guay, philosophe et vice-président du Comité national d'éthique du funéraire, s'interroge, dans une tribune publiée dans le quotidien La Croix: "Ne faut-il pas revenir, [avant cela] sur [la] question de la dignité?".
En premier lieu, Damien Le Guay précise que "la prise en charge de la mort dans les hôpitaux, aujourd'hui, en France, n'est pas satisfaisante", s'appuyant sur un rapport de l'Igas, de 2009 (Cf Synthèse de presse Gènéthique 10/10/12). Ainsi, il mentionne que "le constat est accablant. Les disparités de traitement sont grandes. Les lacunes, patentes - surtout autour des chambres mortuaires. Les prises en charges préventives, faibles et mal coordonées". Selon le philosophe, cette mauvaise prise en charge est due au fait que "la mort n'est pas l'une des missions de l'hôpital". Par conséquent, il s'interroge de nouveau: "Alors, avant de s'intéresser aux cas d' 'euthanasie' qui n'entreraient pas, dit-on, dans le cadre de la 'loi Léonetti', ne faudrait-il pas, avant tout, favoriser une mort confortable, la plus digne possible, pour les 500 000 personnes qui meurent chaque année en France - sans oublier leurs familles?".
En second lieu, Damien Le Guay explique qu' "il est évident que cette 'dignité' n'appartient à personne en particulier", car "elle est une qualité, non une modalité. Une exigence de tous, non une revendication particulière. Un horizon éthique, non une interruption volontaire". A propos de cette notion, il rappelle qu'il y a quelques années, Didier Sicard indiquait, dans un texte intitulé "Le coup de grâce", "que la 'dignité' est à trouver 'dans le regard porté sur celui qui est le plus faible, le plus désespéré, le plus condamné'". "Le risque", poursuivait Didier Sicard, "est alors grand, pour la personne en fin de vie, d'une double condamnation à mort: par la maladie et par le regard de l'autre. Un regard de commisération peut être meurtrier".
Enfin, le vice-président du Comité national d'éthique funéraire considère qu'il faut "insist[er] sur les différents paris de la dignité palliative". Ainsi, "quand le courage de vivre [du malade] lui fait défaut n'en cherche-t-il pas autour de lui? Ne désire-t-il pas retrouver le courage de vivre jusqu'aux dernières minutes de son existence? [...]. Il compte donc sur les vivants plus vivants que lui pour que s'opère une sorte de transfusion de confiance. Là est la raison d'être de la culture palliative".