Bonne interview du Dr Catherine Ferrier à Radio Ville-Marie sur l'euthanasie
Sur le site de Radio Ville-Marie, une entrevue avec le Dr Catherine Ferrier, spécialiste en gériatrie à l'hôpital Général de Montréal.
Euthanasie manquée en France : les «médecins» ragent de dépit... et veulent poursuivre leur mise à mort
Sur le blog de Jeanne Smits du 12 mai 2013:
(Des médecins sans jugement qui se permettent de condamner un patient à mort, cela existe...)
Extraordinaire victoire, samedi après-midi, pour le respect de la vie ! Devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, un référé-liberté plaidé en faveur de Vincent Lambert, 37 ans, a abouti à une ordonnance qui a reconnu le droit de ses parents et d’une partie de ses proches de s’opposer à ce qu’il soit tué lentement par l’arrêt de son alimentation.
Me Jérôme Triomphe venait de plaider avec passion contre la mise à mort volontaire du patient, au nom de ses parents, de sa sœur et de son demi-frère ; Me Jean Paillot avait exposé l’éthique biomédicale qui exige le respect de la vie. L’audience, chargée d’émotion, avait duré plus de deux heures. Ils ont été entendus et compris.Vincent Lambert : oui, c’est le vrai nom de celui que jusqu’ici, dans un souci de discrétion visant à donner un maximum de chances aux démarches pour sauver sa vie, j’ai appelé « Hervé ».C’est un jeune homme frappé il y a quatre ans et demi par un accident de voiture qui l’a laissé gravement handicapé. D’abord maintenu dans un coma artificiel, il est resté ensuite pendant deux ans dans un coma végétatif. Puis il est entré dans un coma pauci-relationnel, qui correspond chez lui à un état de « conscience minimale plus » où existe une interaction avec l’environnement : Vincent peut suivre des yeux, réagir aux voix familières, manifester la conscience de ses émotions. Il sourit. Ou plutôt : il souriait.Depuis qu’une équipe médicale a décidé que, sa « qualité de vie » étant insuffisante, il convenait de lui couper l’alimentation et une bonne part de son hydratation en vue de le faire mourir, il pleure lorsque sa mère ou ses proches viennent le voir…Cet arrêt de l’alimentation et la diminution drastique de son hydratation, réduite de 3 litres au total à 500 ml par 24 heures, ont été mis en place depuis le 10 avril dernier, avec le consentement de son épouse, mais malgré l’opposition expresse de ses parents et d’une partie de sa famille qui n’ont été d’aucune façon entendus à propos de cette décision médicale, qui n’est rien d’autre qu’un arrêt de mort par cessation des soins.C’est très exactement une euthanasie par omission.Le juge des référés, Mme Catherine Monbrun, a ordonné samedi après-midi à 16 h 45 que l’alimentation et l’hydratation normales de Vincent Lambert soient rétablies, annulant par ce fait la « décision collégiale » qui avait été prise le 8 avril par l’équipe médicale du CHU Sébastopol de Reims, de le faire mourir à petit feu au motif que ces soins apparaissent aujourd’hui comme « inutiles, disproportionnels et ayant comme seul effet le maintien artificiel de la vie ».Elle a ainsi reconnu qu’il y avait une « atteinte grave et manifestement illégale » à une « liberté fondamentale » qu’il s’agissait de sauvegarder : la vie même de Vincent Lambert, menacée, et le droit de ses proches qui ne souhaitaient pas le voir tué. L’urgence étant caractérisée par l’affaiblissement déjà très avancé du patient du fait de ce refus de nourriture et d’eau.Au nom du principe du « respect de la vie » affirmé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, que doit respecter notamment « toute personne morale de droit public » tel un hôpital public, l’ordonnance de référé rappelle que le juge des référés peut prendre toutes les mesures de nature à faire cesser le danger « lorsque l’action ou la carence d’un tel établissement crée un danger caractérisé et imminent pour la vie d’un patient, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale ».Vincent Lambert, à l’heure où j’écris ces lignes, est hors de danger. Par l’effet de l’ordonnance de référés, on a recommencé à lui administrer du glucose et son alimentation est rétablie avec toute la précaution et la progressivité que requiert son état. Sa vie est sauvée.Mais pour combien de temps ? Le résultat du référé a provoqué la « rage » du chef de service de l’unité de soins palliatifs où Vincent est hospitalisé. Une colère que m’a décrite Me Triomphe : il l’a constatée sur place au CHU de Reims, samedi après-midi, où le médecin chargé de soigner Vincent Lambert a clamé qu’il ferait tout pour procéder quand même à l’arrêt de la nourriture et de l’essentiel de l’hydratation de Vincent Lambert, refusant son transfert dans un autre hôpital plus respectueux de la vie au motif qu’ils sont « responsables » du jeune homme, rejetant encore et encore la volonté expresse de ses parents et d’une partie de sa famille de ne pas le voir ainsi volontairement poussé vers la mort. L'idée ? Relancer la « procédure collégiale », dans les règles cette fois (manière de reconnaître que tout avait été fait dans l'illégalité), mais avec la volonté préméditée de passer outre à la volonté des parents de Vincent Lambert.Ce que l'on constate chez ce médecin, c'est une pure volonté de tuer – et j’écris cela en pesant mes mots, sans craindre de me voir contredire – puisque tel est l’objectif unique de l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation.Ce médecin qui a pris en toute illégalité – c’est ce qu’établit l’ordonnance de référé – la décision de faire mourir Vincent Lambert de faim et de soif, entend donc maintenant refaire toute la procédure de manière respectueuse de la loi, cette fois, pour lui couper encore les vivres.Comment peut-il prétendre cela ?Un élément peut, selon la manière dont on interprète la loi, lui donner raison, et il faut que la France le connaisse, qu’elle sache qu’aujourd’hui la loi française peut permettre de tuer un patient en le précipitant vers sa fin de vie.Un deuxième lui donne tort, absolument et d’emblée, nous allons voir comment.*1. La décision d’arrêter les traitements, même en l’absence de situation de maladie en phase terminale, est une possibilité offerte aux médecins dans le cadre de la loi Leonetti. Cela correspond à la volonté d’éviter qu’une « obstination médicale déraisonnable » n’impose d’inutiles souffrances au patient ; c’est le refus de l’« acharnement thérapeutique » qui permet de refuser les traitements « inutiles, disproportionné ou qui n’ont d’autre objet que le maintien artificiel de la vie ».« Traitement » : le mot dit bien ce qu’il veut dire et ne désigne pas de lui-même les soins ordinaires dus à tout patient et d’ailleurs à tout homme dans la mesure du possible : un toit, l’hygiène, la nourriture et l’eau.L’entourloupe de la loi Leonetti, qui apparaît dans ses travaux préparatoires et qui est confirmée dans le rapport d’évaluation de l’application de la loi par le même Jean Leonetti, consiste à classer les soins ordinaires qu’est la nourriture (même administrée par sonde) au nombre des « traitements médicaux ».L’ordonnance de samedi prend acte de cette possibilité et suit non la lettre de la loi, mais ces éclairages plus que douteux du point de vue du droit, puisque la loi interdit au médecin tout acte de nature à provoquer la mort.(...)La morale et le bon sens imposent cependant de noter que la nourriture et l’hydratation même administrées autrement que par la bouche ne sont pas des soins extraordinaires ni un traitement médical : la vie qui est maintenue ainsi n’est pas plus « artificielle » que celle d’un nourrisson que l’on nourrit ou d’un malade trachéotomisé qui reçoit sa « ration de survie » par sonde. Il ne s’agit pas de prolonger par des moyens techniques disproportionnés une vie qui ne tient plus qu’à un fil. La preuve : c’est le refus de nourriture qui va opérer la dégradation de la santé du patient et provoquer, lentement mais sûrement, une mort cruelle.(...)Il n’est pas inutile de noter que les documents médicaux produits par le CHU de Reims en défense de sa décision démontrent l’état de conscience réel quoique apparemment très diminué et le fait qu’il ressent des émotions. Ni que la décision de faire cesser son alimentation et de limiter fortement son hydratation ont fait suite à ce que l’équipe médicale appelle des « signes d’opposition comportementale de la part de M. Lambert lors des actes de “nursing” a fait suspecter un refus de vivre et a suscité une réflexion éthique au sein de l’équipe médicale ».En clair : il a montré son inconfort lors de la toilette, des soins de bouche…Cela leur a suffi.
En France, une course contre la montre d'une famille combattant des médecins voulant faire mourir de faim leur enfant
Sur le blog de Jeanne Smits du 9 mai 2013:
(L'avocat Jérôme Triomphe)
Le jeune homme qui se meurt lentement dans un hôpital, « quelque part en France », affamé par décision du corps médical, s’affaiblit de jour en jour. Mais une lueur d’espoir existe désormais. La famille de celui que nous avons appelé « Hervé », horrifiée de voir ses souffrances physiques et morales, a décidé de ne pas en rester là. Elle veut se battre jusqu’au bout.
(...)Il y a donc du nouveau depuis l'article de la semaine dernière : la famille d’Hervé vient de trouver un avocat prêt à se battre pour défendre les droits du jeune homme et des siens et l'a saisi le 7 mai au soir. Me Jérôme Triomphe sait que l’affaire est dure. Il s’agit de faire annuler une décision médicale qui est dans l’air du temps ; de contrer la puissance de mort dont tant de médecins se sentent désormais investis ; de prôner une logique de respect de la vie la plus fragile et non de raisonner en termes économiques – et il est impossible de croire que la logique économique n’intervient pas dans cette affaire, sous couleur de mettre fin aux souffrances d’un accidenté dans le coma.Bref rappel des faits. Il y a quatre ans et demi, Hervé, alors âgé de quelque 33 ans, était victime d’un accident de la route. On le plongea dans un coma artificiel dont il allait sortir, pour se trouver dans un coma végétatif. Il y restera pendant deux ans – mais peu à peu, son état s’améliore et il se trouve aujourd’hui dans un « coma pauci-relationnel », c’est-à-dire un état de conscience minimale où le patient est sensible aux émotions, aux stimuli extérieurs ; Hervé a une activité visuelle, et il réagit aux propos de ses proches.Il se trouve, je suis désormais en mesure de vous le dire, au CHU Sébastopol de Reims.Hervé ne souffre d’aucune maladie particulière, et à plus forte raison d’aucune affection en stade terminale, il ne se trouve nullement dans un état de souffrance insupportable – ou en tout cas, il ne s’y trouvait pas avant qu’on prît la décision, le 10 avril, de cesser totalement de le nourrir et de ne plus lui donner que 500 ml d’eau contre les 3 litres de liquide par 24 heures que lui apportaient l’alimentation et l’hydratation par sonde dont il bénéficiait depuis 4 ans et demi.Sans eau, un homme meurt assez vite : en une quinzaine de jours… Avec un peu d’eau, le processus est bien plus long. Mais cela ne change rien à l’intention de tuer qui est celle des médecins qui décident de ne plus apporter les soins ordinaires – c’est-à-dire ce qui est dû, dans la mesure du possible, à tout être humain, nourrisson ou vieillard, malade ou bien-portant, prisonnier ou libre. Et les médecins ont une obligation spécifique à cet égard : protéger et soigner, tout faire qui ne constitue pas une obstination déraisonnable qui aurait pour seul effet de prolonger artificiellement la vie.Ce jeune homme qui souffre et qui se voit mourir n’a aucun moyen de parler pour lui-même. Alors c’est sa famille qui est sa voix.Une famille qui aurait dû être écoutée, aux termes de la loi Leonetti, et qui ne l’a pas été. Le 5 avril dernier, des responsables de l'équipe médicale de l’hôpital demandait à la mère d’Hervé d'entamer un « cheminement » personnel par rapport à un processus dont il était simplement suggéré qu'il était envisagé : priver Hervé de nourriture pour le conduire vers la mort. Aucune « décision collégiale ». Aucune consultation formelle à cette fin. A ces suggestions, la mère d'Hervé opposa des protestations fermes. On lui fixa un rendez-vous au 15 mai pour qu’elle puisse revenir avec son mari, qui était alors lui-même hospitalisé pour une intervention.Mais fin avril, elle découvrit, par deux de ses autres enfants qui rendant visite à Hervé, constatèrent qu’il n’était plus alimenté, que ce processus avait été mis en place dès le 10 avril. Autrement dit, sans que la famille et les proches du jeune homme n’eussent été informés, comme l’exige pourtant la loi, de la mise en œuvre de la « procédure collégiale » de décision d’arrêt des « traitements », auxquels sont ici assimilés les soins ordinaires que sont la nourriture et l’hydratation. Décision « manifestement illégale », comme le souligne l’avocat.Le 8 mai, Me Jérôme Triomphe a saisi le procureur de Reims sous l’intitulé : « Urgent, danger de mort ». Démarche prise très au sérieux : elle a abouti à l’envoi de policiers à l’hôpital. On sait que par ailleurs ils ont appelé l'épouse d'Hervé, et sont finalement allés chez elle pour l'entendre. Quoi qu'il en soit les médecins qui « soignent » Hervé refusent toujours de rétablir l’alimentation, malgré la demande expresse de ses parents, et même sous la menace de poursuites et la mise en évidence de ce qui se trame réellement au CHU de Reims : une tentative d’assassinat.Devant l'obstination des médecins, c’est désormais le juge administratif qui est saisi dans le cadre d’un référé-liberté qui se plaidera à Châlons-en-Champagne, dès que possible et on espère dès ce vendredi malgré le pont, afin que toutes mesures soient prises pour sauver la vie d’Hervé, faire cesser la grave maltraitance dont il est victime, sauvegarder les droits de sa famille et donner à celle-ci la possibilité de transférer Hervé dans une structure respectueuse de son droit de vivre qu’affirment aussi bien la loi Leonetti que le droit européen.Me Triomphe a rappelé en effet le droit fondamental à la vie qu'affirme solennellement l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). Droit réaffirmé et renforcé par une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le 25 janvier 2012, qui affirme :• L’euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite.• Il ne peut être toléré que des décisions soient prises par une personne subrogée qui se fonde sur des jugements de valeur généraux ; en cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l’intéressé et à en prolonger la vie.C'est une très grosse bataille qui se joue actuellement autour de la personne d'Hervé. Il y faut beaucoup de courage et de constance dans des circonstances particulièrement douloureuses et choquantes pour la famille. Il faut que la France en parle.
Court Vidéo du Collectif du refus médical de l'euthanasie
À voir. Ce vidéo permet de prendre conscience de ce qu'est une mort par euthanasie.
http://www.youtube.com/embed/iiFFJEmdQ3Y?list=UUWVowg9kLr19Bc5rw9S6AlA
Des médecins français affament actuellement un patient pour qu'il en meure...
Sur le blog de Jeanne Smits du 3 mai 2013:
(Médecins au service de l'État, de l'économie sur les soins palliatifs...)
Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’« arrêt de soins ». Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. De 3 litres en 24 heures, son hydratation a été ramenée à quelque 100 ml sur la même période.
Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort.En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. « Euthanasie par omission », en l’occurrence. Mais euthanasie quand même.Coma ? Le jeune homme était en effet dans un état de coma profond après son accident. Puis, doucement, il est remonté au palier du coma végétatif. Et aujourd’hui, il est au stade du coma pauci-relationnel : cela veut dire qu’il est incapable de réagir de manière suivie à des instructions simples mais qu’il possède la conscience de son environnement, cette conscience fût-elle minimale. En particulier, il suit ses visiteurs des yeux. Dans ce type de coma, on constate une interaction avec l’environnement et notamment des réponses aux stimulations verbales, surtout lorsque la voix entendue est celle d’un membre de la famille. Il a été démontré par plusieurs études publiées par Neurology que les patients en état de conscience minimale perçoivent les émotions et la douleur.Cela ajoute à l’horreur de la situation. Les médecins qui ont pris la décision, depuis plusieurs jours déjà, de supprimer l’alimentation et une grande partie de l’hydratation de Hervé n’ont pas même l’excuse de se réfugier derrière l’inconscience, réelle ou supposée, d’un malade plongé dans un coma dépassé, d’un coma profond sans retour.Et les proches le savent bien, qui voient Hervé perdre des forces de jour en jour – et pleurer lorsqu’il les entend entrer dans sa chambre d’hôpital.Il pleure ? Mais c’est qu’il a de la conjonctivite, assurent les médecins.Car il n’y a pas beaucoup de sympathie pour les proches de la part de ceux qui, « collégialement » comme le veut la loi Leonetti, ont pris la décision d’arrêter les « soins » d'Hervé – soins qui ne sont pas extraordinaires, et que nul n’est obligé d’accepter ou de fournir, mais soins ordinaires : apporter le minimum pour le confort d’un patient, ce qu’on ne devrait refuser à aucun être humain qui souffre : un abri, de quoi s’alimenter, de quoi boire.Peu importe que cette alimentation soit apportée autrement que par la bouche, dès lors que cela ne fait pas inutilement souffrir le patient – qui est par ailleurs en bonne santé.Les proches… Dans ce cas précis, c’est l’épouse du jeune homme qui a approuvé, peut-être demandé que la vie de son mari s’arrête là. Les parents, la famille de Hervé n’ont pas été consultés (la loi Leonetti le prévoit pourtant). Ils ont été mis devant le fait accompli. Et ont appris fortuitement que le processus avait déjà été mis en place. C’est la colère, la tristesse, l’indignation. Ils ont eu beau le faire savoir, le corps médical est implacable. Leur voix ne compte pour rien.Et un jeune homme se meurt de mort lente, délibérément tué dans un hôpital français.On peut supposer que, catholique, il n’aurait pas voulu de cette fin et ses larmes le confirment. La loi demande que l’on recherche la volonté du patient, s’il pouvait l’exprimer. Mais cela n’oblige non plus à rien.(...)En France, c’est le silence qui est de mise – car on imagine que le cas de Hervé est loin d’être isolé. Et si j’ai choisi pour cet homme le prénom de Hervé, pour protéger son identité et celle de sa famille, c’est en pensant à Hervé Pierra, resté dans le coma après une tentative de suicide par pendaison : il est mort dans d’atroces souffrances après une semblable privation de nourriture. Ses parents et le lobby de l’euthanasie en tirent argument pour réclamer le « droit de mourir », de mourir vite.Mais c’est la vie qui mérite d’être protégée et entourée des meilleurs soins possibles, sans quoi la société humaine devient barbare, décidant elle-même qui peut vivre et qui doit mourir.
Des médecins qui sont devenus des tueurs à gages...
Petite réflexion sur l'euthanasie, ou la dignité indigne, par Marie de Hennezel
Voici un extrait du livre : HENNEZEL, Marie de. Nous voulons tous mourir dans la dignité, éd. Robert Laffont, Paris, 2013, 137 pages :
Qu’est-ce qu’une société où toute une génération se sentirait honteuse, indigne de vivre encore, et pour cette raison demanderait le droit de mourir? C’est pourtant vers cela que nous allons, dès lors que mourir dans la dignité serait mourir avant d’être impotent ou de devenir un poids pour les autres. Une mort propre, aseptisée, rapide, décidée soi-même, puisque les gens âgés, très malades ou dépendants auraient intériorisé le fait que les autres, les proches, les soignants, ne sont plus là pour prendre soin d’eux.
Alors que certains imaginent que mourir dans la dignité, c’est mourir entouré, aimé, estimé, d’autres commencent à comprendre qu’il vaudrait mieux qu’ils fassent place nette. À la solidarité qui se manifestait autrefois autour des mourants, s’est substitué une solitude, un « chacun pour soi » qui n’encouragent pas à faire confiance aux autres. On préfère compter sur soi.
Notre société a intériorisé une image tellement dévalorisée de la fin de vie et de la vieillesse que beaucoup pensent qu’il serait « charitable », au fond, d’aider les gens à partir. Maurice Tubiana écrit : «Par charité, il faut les empêcher d’altérer l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, car ils ne sont plus que la caricature de ce qu’ils ont été.» Parole terrible, qui fait honte à notre société, et à ceux qui ne jugent la dignité qu’à l’aune de l’image que l’on a de soi. (p.21-22)
Le 10e institut du CRISE fera le point sur l'euthanasie et le suicide assisté
Sur le site de crise.ca, cette annonce:
Le débat actuel sur la légalisation de l'euthanasie, nommée « aide médicale à mourir » par la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, suscite un questionnement sur les soins et interventions psychothérapeutiques offerts aux personnes souffrantes et interpelle les intervenants de divers milieux (dont ceux en prévention du suicide).
Le 10e Institut d’été du CRISE fera le point sur l'euthanasie et le suicide assisté afin de clarifier les enjeux pour les intervenants à la lumière des données scientifiques et des expériences cliniques. Des conférenciers du Québec et d'ailleurs discuteront également des considérations éthiques, sociologiques, juridiques et philosophiques liées à cette importante problématique.Courriel: [email protected]Téléphone: (514) 987-4832Lieu: Université du Québec à Montréal,320 Ste-Catherine Est (angle Ste-Catherine et Sanguinet)Pavillon J.A-DesèveRez-de chaussée, Local DS-R515Nos conférenciers (par ordre alphabétique):Asmaâ Benslimane, PhDSorbonneÉtudiante en études sur la mortUQAMAntoine Boivin, MD, PhDFaculté de médecine et des sciences de la santéUniversité de SherbrookeValérie Bourgeois-Guérin, PhDPsychologue en gériatrieHôpital psychiatrique Pierre-Janet de GatineauMarie-Ève Bouthillier, PhDVice-présidenteAssociation québécoise en éthique cliniqueAndréanne Côté, MDMédecin en soins palliatifsHôpital Notre-DameBernard Devalois, MDChef de service de médecine palliativeHôpital de Pointoise (Val d'Oise)Johanne de Montigny, MAPsychologueUnité de soins palliatifs, Centre universitaire de santé McGillHôpital Général de Montréal et pratique privéeMe Michel T. GirouxDirecteur de l'Institut de consultation et de recherche en éthique et en droit (ICRED), chargé d’enseignement et responsable du volet éthique, professionnel et juridique dans le programme de doctorat en médecine, Faculté de médecine, Université Laval .Danyelle LatreilleCoordonnatrice clinique de la Ressource régionale suicideCentre de Santé et Services sociaux de LavalAlain Legault, PhDFaculté des sciences infirmièresUniversité de Montréal, École d'infirmerieVéronique Lussier, PhDProfesseure au département de psychologieUQAMMichèle Marchand, MD, PhDSecrétaire du groupe de travail en éthique cliniqueConseillère en éthique cliniqueDirection généraleCollège des médecinsIsabelle Marcoux, PhDProfesseure adjointe à l'École interdisciplinaire des sciences de la santéUniversité d'OttawaBrian Mishara, PhDdirecteur, CRISEUniversité du Québec à MontréalGabriel RingletProfesseur émérite à l'Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve)ThéologienDelphine RoigtPrésidenteAssociation québécoise en éthique cliniqueChloé Ste-MarieArtiste et aidante naturelleMélanie Vachon, PhDProfesseure au département de psychologieUQAMDaniel Weinstock, PhDProfesseur, Faculté de droitUniversité McGill
Euthanasier les bébés? Un projet de loi en Belgique vise ceux qui auraient peu de chances de survie...
Sur le site de genethique.org du 24 avril 2013:
(Les bébés handicapés seront-ils bientôt en danger de mort?)
Actuellement en Belgique plusieurs propositions de loi sont débattues au Sénat afin d'étendre le champ d'application de la loi sur l'euthanasie (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 21/02/2013). Mais deux sujets interrogent davantage: l'ouverture de l'euthanasie aux mineurs et la légitimité de la clause de conscience.
Au vu de l'application de la loi de 2001 aux Pays-Bas et celle de 2002 en Belgique, un auteur anglo-saxon considère que l'on est sur une pente glissante. En effet, considérée comme une "option ultime dans des situations spécifiques", l'euthanasie "a vu avec le temps ses indications s'élargir [...] et son application apparaître dans des situations non imaginées au moment du vote il y a douze ans".Alors qu'une accélération des débats sur l'extension de l'euthanasie aux mineurs est demandée par certains sénateurs, d'autres estiment que cela empêcherait toutes les opinions de s'exprimer et le risque serait alors d'obtenir un "texte imprécis et ne posant pas les balises claires".La proposition de loi prévoit une extension aux mineurs ayant "une capacité de discernement" et aux bébés "n'ayant aucune chance de survie". Or, en Belgique, l'expérience montre que "grâce aux soins palliatifs prodigués à l'hôpital et à domicile avec l'aide d'équipes de liaison, aucune demande de fin de vie n'a été formulée ces dix dernières années par un mineur d'âge". De plus, si la douleur est bien contrôlée, sachant que les moyens pouvant être mis en oeuvre pour la soulager sont nombreux, "l'enfant profite [alors] pleinement des derniers moments de sa vie qui lui sont octroyés, tout en étant bien conscient de l'échéance proche". Les soins palliatifs doivent par conséquent être davantage développés et les équipes soutenues.Mais elle vise également une extension aux enfants prématurés de 24 à 26 semaines et que "même si la durée de la grossesse excède ce délai, l'équipe médicale peut être convoquée à la demande de chacune des parties en cas de complications graves". Or, précise l'article, cette disposition est confuse et manque de précision. En effet, certains dénoncent l'utilisation de la notion de "complications graves": largement interprétée elle "pourrait ouvrir la porte à l'euthanasie d'enfants à terme présentant un handicap mais parfaitement viable", comme les nouveau-nés présentant une trisomie 21. Cependant, d'autres considèrent que l'adoption, par le Sénat, d'une proposition de loi qui autoriserait l'euthanasie des nouveau-nés présentant un handicap serait paradoxal avec la récente adoption par cette même institution "d'une proposition de révision de la Constitution garantissant le droit des personnes handicapées à bénéficier des mesures qui leur assurent l'autonomie ainsi qu'une intégration culturelle, sociale et professionnelle". (...)
Réponses dans le journal Le Soleil sur l'euthanasie
Impossible de trouver l'article du Dr Nicholas Dupré qui a engendré de telles réactions, mais les réponses valent la peine d'être lues. Sur le site du journal Le Soleil du 23 avril 2013:
Un voyage sur le terrain
Dr Dupré suggère de nouvelles contorsions pour en arriver à tuer légalement quelqu'un d'un coup d'aiguille. En passant, chers lecteurs, veuillez surtout ne pas confondre l'euthanasie avec le fait de cesser un traitement à la demande du patient, geste non seulement légal mais moral. Mon opinion: que la loi qui légalisera l'euthanasie soit compliquée ou non, la Commission parlementaire, constituée de politiciens, a fait fi des recommandations contre ce projet. Mais vous, Dr Dupré, vous êtes un homme d'expérience et d'influence. Il me semble que vous ne pouvez vous prononcer avant d'avoir vérifié auprès de vos collègues de Belgique et de Hollande s'il y a eu dérapage ou non. Vous trouverez sur le site www.plusdignelavie.com les noms de nombreux médecins qui seront sûrement enchantés de vous recevoir pour vous faire constater par vous-même les faits. Je vous souhaite donc bon voyage et pourquoi ne pas en profiter pour prendre des vacances et visiter ces pays après enquête!Claire Morin, QuébecVictime d'une phobie collectiveAvouez que depuis que le débat sur l'euthanasie s'intensifie, vous et moi pensons plus souvent à la façon dont nous mourrons. La publication du «Point de vue» du Dr Dupré à ce sujet a rouvert chez moi une plaie. En effet, il s'est peu à peu insinué dans ma tête l'idée que ma mort sera aussi insupportable que ce qui est rapporté par ces témoignages autorisés. De quoi ai-je peur? De calmants inefficaces? Peut-être. Mais je suis surtout minée par l'idée insoutenable de devenir un poids insupportable pour un temps tout aussi insupportable. Et je suis loin d'être la seule à m'inquiéter de plus en plus des circonstances qui entoureront mon trépas! Serais-je donc devenue victime d'une phobie collective? Vous comprenez maintenant le besoin que je ressens d'une campagne du genre: «En santé ou malades, vous êtes importants». Sans cela, le Québec pourrait même aller jusqu'à demander un élargissement de l'euthanasie, sans restriction, sur demande, et ceux qui craignaient le dérapage n'auront pas eu tort.Hélène Bonin, QuébecNe pas brûler les étapesJe suis d'avis qu'à ce stade-ci du débat public, sur un sujet particulièrement difficile et qui semble s'amorcer timidement au Québec, il ne faut pas brûler les étapes. La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, en date du 12 mars 2012, a recommandé au gouvernement que des soins palliatifs de qualité soient rapidement rendus disponibles pour tous les malades du Québec qui ont des souffrances incontrôlables et sans espoir d'amélioration (recommandation #4). À ma connaissance, après un an d'attente, rien n'a été fait en ce sens. Les ressources limitées semblent plutôt orientées à rendre disponible l'euthanasie dans les plus brefs délais, sans autre forme de «procès»!Marc Bergeron, hémato-oncologue, CHU de QuébecPour notre bien-êtreMonsieur, je suis touchée par votre souci «d'offrir le meilleur de ce que la médecine moderne peut offrir à [vos] patients souffrant de maladies chroniques». Plusieurs savants médecins et autres spécialistes ont étudié ce grave problème des derniers moments, particulièrement difficiles pour certains patients. Parmi eux, les noms de Patrick Vinay, Serge Daneault, Marc Beauchamp, François Primeau et bien d'autres vous sont sûrement familiers en raison de leur collectif «Refus médical de l'Euthanasie». Un regard empreint d'un grand et profond humanisme sur les souffrances de ces patients. Je suis certaine que plusieurs d'entre eux seraient heureux de vous aider dans votre recherche de meilleurs soins. Je viens aussi de relire Plaidoyer pour une mort digne de Louis-André Richard et Michel L'Heureux, paru aux Presses de l'Université Laval. Un soleil pour de la chaleur humaine et des lumières. Merci de vous préoccuper de notre bien-être.Edith M.Beaulieu, Lévis
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