Prière à la glorieuse sainte Anne

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête de sainte Anne) ― Photo (rognée) : WikiArt
La gloire de sainte Anne vient toute entière de son élection divine à être la mère de la Mère de Dieu. Épouse de saint Joachim à l’âme angélique, après une longue et pénible épreuve de stérilité — avec toutes les humiliations que cela pouvait signifier dans la culture juive —, c’est en son sein très pur que sa bien-aimée enfant, tant désirée, a été conçue sans péché. L’immaculée conception de la Vierge Marie s’est accomplie en sainte Anne, qui en a ressenti un bonheur indicible. Par l’immaculée conception de Marie se levait dans le plan divin l’aurore de la rédemption du monde.
En sainte Anne est apparue ainsi la première réalisation, à la fois mystique et concrète, de l’espoir multiséculaire du renouvellement de toutes choses, d’une nouvelle création de l’univers, appelé par l’infinie bonté du Créateur à passer des ténèbres où il était plongé à la splendeur de la lumière de Celui, le Verbe incarné, qui seul, pourra dire : « Je suis la Lumière du monde ». Sainte Anne était illuminée par la vive lumière, dont était remplie la petite enfant qu’elle portait en elle depuis le moment béni de sa conception, et dont la naissance allait déjà apporter au monde la Paix de Dieu, l’Alliance nouvelle et éternelle de l’humanité avec Dieu.
Soyez donc grandement louée, glorieuse sainte Anne, d’avoir persévéré dans la patience et la douceur, dans le renoncement complet à vous-même, en face des afflictions dont votre âme a été longtemps et douloureusement abreuvée. Car ce sont ces vertus qui vous ont valu d’être choisie parmi toutes les femmes d’Israël pour être la mère de la Mère du Messie, la mère de la Mère du Roi des rois, le Libérateur et Sauveur de tous les peuples, la mère de la Mère de Dieu incarné en votre enfant, pleine de la Grâce et de toutes les grâces dès sa conception.
En vous, bonne et douce sainte Anne, Dieu nous a donné le modèle parfait des épouses et des mamans chrétiennes, surtout dans leur mission si délicate d’éducatrices. C’est pourquoi les mères chrétiennes, avec leurs familles, vous ont prié dès les premiers siècles de l’Église avec la certitude d’obtenir par vos suffrages les grâces nécessaires pour accomplir leurs devoirs sacrés dans un esprit de renoncement joyeux et d’inlassable charité. Tout le peuple chrétien a toujours eu pour vous une dévotion tout à fait spéciale, enracinée dans la ferme assurance de votre bonté maternelle sans borne et de la toute-puissance des prières que vous adressez à votre enfant bien-aimée, Marie immaculée, et à votre petit enfant, Jésus, que vous avez eu, sans doute l’immense joie de porter et de bercer dans vos bras et de consoler dans ses peines de nourrisson.
Quant à nous, enfants de la Nouvelle-France, dont vous avez été proclamée la patronne principale, dès le début de la colonisation de notre immense pays par les grandes et saintes âmes qui l’ont fondé, nous avons toujours éprouvé les bienfaits innombrables de votre très aimante et puissante protection, qui étaient souvent d’authentiques miracles en faveur des démunis, des malades, des navigateurs, des missionnaires et de tant de pauvres pécheurs que vous avez conduits par la main à la réconciliation avec Jésus.
Aujourd’hui, notre peuple si comblé de faveurs célestes au cours de son histoire, est en train de perdre la foi, le plus précieux de tous les trésors que nous ont légués nos ancêtres venus de France, la Fille aînée de l’Église. Arrêtez, bonne sainte Anne, nous vous en supplions, cette course insensée de notre pays vers sa ruine, vers l’apostasie, vers la plus profonde de toutes les noirceurs, dont il est impossible de sortir sans une intervention absolument gratuite de la miséricorde infinie de Jésus, Lumière de la Lumière éternelle, notre divin Sauveur.
« Dieu tout-puissant et éternel, qui avez daigné choisir sainte Anne pour être la mère de la Mère de votre Fils unique, faites, s’il vous plaît, que comme nous célébrons sa mémoire, ainsi nous parvenions par ses prières, à la vie éternelle. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il. »
J.-Réal Bleau, ptre
De l’esclavage à la vraie liberté

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le septième dimanche après la Pentecôte) ― Photo (modifiée) : Wikimedia Commons
Saint Paul, l’Apôtre des nations, nous adresse aujourd’hui la parole. Il veut nous pousser à une vie de plus grande ferveur. Il nous dit : « Souvenez-vous que vous êtes passés de l’esclavage du péché à la liberté des enfants de Dieu. Lorsque vous étiez sous l’esclavage du péché, tous vos membres étaient les serviteurs du péché. Et vous marchiez vers la mort. Mais maintenant que vous êtes devenus libres à l’égard du péché, que tous vos membres soient au service de Dieu seul, afin d’avoir en héritage la vie éternelle ». (Rom. 6, 19-23)
C’est comme si l’Apôtre nous disait : « Vous avez été affranchis de la servitude du péché par le baptême, mais votre faible volonté en demeure esclave en bien des occasions. Dépêchez-vous donc de secouer totalement le joug du péché, car le Seigneur vient, et ne pourront entrer dans son Royaume que les hommes parfaitement libres de toute affection au péché ». Si nous y pensons, que de travail avons-nous tous à faire, avec la grâce de Dieu, pour nous libérer de toutes nos mauvaises tendances, de celles dont nous ne sommes parfois même pas conscients, de nos fautes manifestes, de nos gros défauts et des imperfections qui nous asservissent !
De son côté, le divin Maître, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous dit : « Ce n’est pas ceux qui crient : Seigneur ! Seigneur ! qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père, celui-là entrera dans le royaume des cieux » (Mt 7, 21). Vous voulez être vraiment libres et entrer dans le royaume de la parfaite liberté, une seule chose importe : faire la volonté du Père.
Celui qui fait la volonté d’un autre agit comme un serviteur. Et le serviteur qui résignerait complètement sa liberté entre les mains de son maître en deviendrait l’esclave. C’est bien ce que fit Jésus pour nous. Il se fit l’esclave de la volonté du Père ; Il remit complètement sa liberté entre Ses mains par pur amour. « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 4, 34) dira-t-il. Et encore : « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 5, 30). Et encore : « De Celui qui m’a envoyé, je fais toujours ce qui Lui plaît » (Jn 8, 29). Dans sa terrible agonie, Jésus gémira : « Mon Père, s’il est possible que ce calice s’éloigne de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ! » (Mt 26, 39). Il nous donne l’exemple d’une totale dépossession de Lui-même. Elle va jusqu’à l’anéantissement. Et Jésus nous indique ce chemin de l’abandon complet de tout notre être à la volonté du Père, quelles que soient les circonstances de notre vie, dussent-elles nous faire partager l’immense souffrance de sa croix, comme la voie la plus directe pour entrer dans le royaume de la vraie liberté. Il y a là un grand mystère. Pour parvenir à la plus haute liberté, celle du parfait amour, il faut la sacrifier à Dieu et n’avoir plus de volonté que la sienne. On comprend que cette sorte d’esclavage ou de dépendance absolue à l’égard d’un Dieu qui n’est qu’Amour s’identifie avec la suprême liberté spirituelle.
Pour que tu sois vraiment libre, conseillerais-je à mon meilleur ami, il faut que dans le don de toi-même à Dieu, tu consentes à perdre entièrement ta liberté. Non pas cependant en la sacrifiant à l’arbitraire d’une autorité humaine totalitaire, d’ordre politique, social, économique ou même sanitaire. Cela, jamais ! Un chrétien doit résister à toute forme de dictature que ce soit. Mais si tu obtiens la grâce de perdre ta liberté en l’écoulant dans la volonté du Père, alors tu seras libre de la liberté même de Dieu.
Demandons tous cette grâce insigne d’une parfaite liberté, celle du Christ Jésus devant l’autorité religieuse et civile de son temps, qui outrepassait ses pouvoirs, la liberté des véritables enfants de Dieu, parce qu’elle est une condition nécessaire de la sainteté chrétienne. Et demandons cette grâce par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame de Fatima qui, elle, la plus divine des créatures, s’est proclamée la petite servante du Seigneur, « ancilla Domini », sa petite esclave d’amour, comme disait saint Louis-Marie Grignon de Montfort.
J.-Réal Bleau, ptre.
L’immense Grâce de notre Baptême

Par l’Abbé J.-Réal Bleau ― Photo : Christopher Michel/Flickr/Wikimedia Commons
Saint Paul nous parle aujourd’hui du sens profond du baptême que nous avons eu le bonheur de recevoir : celui d’un passage de la mort à la vie dans le Christ. Sans ce sacrement, le plus important de tous, nous serions tous comme des morts ambulants, morts spirituellement et marchant tristement vers la mort éternelle, qui consiste en la privation de Dieu pour l’éternité. « Par le baptême, nous explique l’Apôtre, nous avons été ensevelis avec le Christ dans la mort, afin que nous aussi, comme le Christ est ressuscité des morts par la Gloire du Père, nous menions une vie nouvelle » (Rom 6 : 4).
En nous faisant participer réellement à la mort du Christ sur la croix, par laquelle Il a triomphé de la mort, le baptême nous a délivrés de l’esclavage du péché, principe premier de toute mort, d’abord celle de l’âme et même celle du corps. En fait foi la Parole de Dieu adressée à Adam : « ... Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Gn 2 : 17). Le baptême prend ainsi le sens d’une délivrance de la condamnation à mort pesant sur l’homme pécheur depuis la prévarication d’Adam.
Le baptême ne fait pas que délivrer tous ceux qui le reçoivent d’une condamnation future à la mort éternelle (privation de Dieu pour l’éternité) ; il les fait passer actuellement de la mort à la vie, en les admettant par la miséricorde surabondante de Dieu à entrer dans la vie divine de Jésus ressuscité. Le baptême est ainsi le grand sacrement de la résurrection spirituelle qui incorpore les baptisés à Jésus ressuscité et leur donne de ne plus faire qu’un corps avec Lui, le Fils unique de Dieu. Par le baptême, Dieu, dans sa bonté paternelle infinie, divinise en fait les hommes en leur faisant part, en Jésus-Christ, de sa divinité. Il se venge ainsi de la méchanceté du père de tous les maux et de la mort même Satan, dans son plan de destruction de la grande famille des enfants de Dieu.
En nous incorporant à Jésus-Christ, le baptême nous fait l’obligation de ne plus jamais nous détacher de Lui par le péché, d’être toujours resplendissants de la vie nouvelle qu’Il apporte au monde. Mais si nous avons le malheur de nous replonger dans la tristesse de la mort de l’âme en consentant au péché, la miséricorde infinie de Dieu nous donne, dans le sacrement de pénitence, un nouveau baptême qui nous rend la vie divine que nous avions perdue, et qui nous fait éprouver la joie très pure d’une nouvelle résurrection. Comment remercier assez le Seigneur pour l’immensité de son amour absolument gratuit pour nous !
J.-R. Bleau, ptre
Les plus illustres Princes du Divin Roi
Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête de saint Pierre et saint Paul)
Les deux apôtres Pierre et Paul, comme des flammes ardentes, ont illuminé l’Église naissante. C’est par leur courage allant jusqu’à l’effusion de leur sang qu’ils ont fait resplendir la lumière du Christ dans la Rome maîtresse de l’univers mais en même temps plongée dans les ténèbres du paganisme.
Saint Pierre fut, en tant que premier Vicaire de Jésus Christ sur la terre, le détenteur d’un pouvoir infiniment supérieur à celui des plus puissants empereurs romains. Parce qu’il fut le premier des apôtres à proclamer la foi en Jésus Fils de Dieu et Messie envoyé par le Père pour sauver l’humanité entière, Jésus lui manifesta, de son côté, son identité personnelle correspondant à sa mission providentielle. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… ». C’était la réponse du Sauveur à l’homme auquel Dieu le Père avait révélé l’identité de son Fils unique. La foi de Pierre en la divinité de Jésus Christ et en l’œuvre du salut du monde qu’Il venait accomplir demeure le fondement solide de la seule véritable Église, que toutes les forces du mal conjuguées ne pourront jamais détruire. La foi de Pierre, comme une arme invincible a renversé la puissance de la Rome païenne et en a fait la plus glorieuse de toutes les villes, la Ville éternelle, d’où devait s’étendre dans le monde entier la souveraine autorité du Christ, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.
Saint Paul, une fois converti du judaïsme à la foi chrétienne, n’eut d’autre ambition que de prêcher jusqu’aux confins de la terre qu’il n’y a d’autre Nom donné aux hommes par lequel ils puissent être sauvés que le saint Nom de Jésus, devant lequel s’agenouillent toutes les créatures au ciel, sur terre et dans les enfers. Il ne voulait tirer aucune gloire de ses travaux apostoliques, plus admirables que les exploits des plus grands héros, mais ne se glorifier que dans la croix de Jésus-Christ. Il montrait Jésus crucifié et ressuscité comme étant la seule source de salut, de vie, et de résurrection. Les plus grandes épreuves n’ont jamais refroidi son ardeur à suivre et à imiter Jésus, ni ralenti son élan à le faire partout connaître et aimer.
Saint Pierre nous rappelle aujourd’hui que, pour obtenir la grâce d’une foi victorieuse de tout ce qui peut s’y opposer, il faut toujours d’abord obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il faut, certes, obéir aux autorités civiles et religieuses légitimes, mais dans la mesure où elles ne contreviennent pas aux lois divines qui sont au-dessus de toutes les lois humaines. C’est l’autorité suprême de Dieu, du Christ-Jésus, le Fils unique de Dieu qui doit avant tout guider notre conduite dans l’observance des lois et de toutes les consignes pouvant venir des autorités humaines qui nous gouvernent.
Quant à lui, saint Paul nous recommande de tout faire, quelques soient nos actions, au nom de Jésus, de nous référer constamment à Jésus, de l’imiter au point que ce ne soit plus nous qui vivions, mais Lui en nous et nous en Lui, auquel seul soit rendu tout honneur et toute gloire !
Saint Pierre et saint Paul, illustres Princes du divin Roi, glorieux vainqueurs dans le combat de la foi que vous avez soutenu dans la plus entière fidélité à la grâce, aidez-nous de votre prière du haut du ciel afin que nous aussi, dans la crise affreuse que traverse l’Église actuellement, nous conservions la vraie foi et puissions partager avec vous la joie infinie de notre divin Sauveur.
J. -R. Bleau, ptre.
Louange et prière à notre patron national : saint Jean-Baptiste

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête de saint Jean-Baptiste) ― Photo (rognée) : Web Gallery of Art/Wikimedia Commons
La naissance de saint Jean-Baptiste a été célébrée dans l’Église avec une particulière solennité dès les premiers siècles. L’Église-mère de Rome, la Basilique Saint-Sauveur du Latran, est en même temps dédiée à saint Jean-Baptiste. Au jour de sa naissance, on y célébrait au moins trois messes, commençant par une messe de minuit, comme la coutume s’était établie pour la Nativité du Sauveur lui-même.
La raison de cette dévotion spéciale de l’Église primitive à saint Jean-Baptiste est son rôle de Précurseur immédiat du Christ, par lequel il surpasse en dignité tous les prophètes de l’Ancien Testament. Revivait en lui, au témoignage de Notre-Seigneur Jésus lui-même, l’esprit du prophète Élie, unanimement considéré par le peuple d’Israël comme le prophète par excellence.
Outre sa mission unique de Précurseur, qui le distingue parmi tous les amis de l’Époux divin du nouveau peuple de Dieu, Jésus a déclaré saint Jean-Baptiste le plus grand des hommes nés de la femme. Il apparaît au terme de l’Ancienne Alliance comme l’âme la plus élevée qu’elle ait pu produire, résumant en lui toutes les vertus caractérisant l’Attente d’Israël, et tout particulièrement l’esprit de pénitence. « Faites pénitence, prêchait-il à la foule de ceux qui venaient se faire baptiser par lui, car le Royaume de Dieu est proche. »
La pénitence qu’il réclamait comme étant la condition indispensable pour accueillir le Christ signifiait une conversion profonde du cœur, s’exprimant par un repentir sincère de tous ses péchés avec la volonté de se conformer totalement à la volonté de Dieu. Son baptême, bien que n’étant pas un sacrement pouvant remettre les péchés, était un signe extérieur de la contrition intérieure, qui dispose l’âme au pardon divin.
Dieu n’a pas les mêmes critères de grandeur que les hommes. À ses yeux, on est grand dans la mesure qu’on se fait petit, qu’on s’abaisse. Jésus, à la fois Dieu et homme, est Celui qui s’est le plus abaissé : il ne peut exister d’abaissement plus prodigieux que l’incarnation du Fils de Dieu. C’est pourquoi aucun homme ne peut lui être comparé. Il est infiniment au-dessus de tout ce que le monde ne pourra jamais considérer de grand. Saint Jean-Baptiste était pénétré de cette vérité. À cause de sa réputation extraordinaire de sainteté, plusieurs de ses disciples l’honoraient comme étant le Christ. Mais lui, de leur rétorquer vivement : Je ne suis pas le Christ ; je ne suis même pas digne de m’incliner à ses pieds pour délier les courroies de ses sandales. Je ne suis qu’un souffle qui s’évanouit, la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur. Il doit grandir de plus en plus dans votre estime. Quant à moi, il faut que je diminue, que je m’efface totalement devant Lui. Allez donc à Lui. Lui seul est l’Agneau sans tache envoyé par Dieu pour porter sur lui et expier tous les péchés du monde, et ainsi sauver l’humanité entière.
Lire la suiteLe gouvernement communiste chinois supprime la pension d’une veuve pour avoir refusé de renoncer au Christ
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Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo (rognée) : Canon EOS 5d Mark II/Maxpixel
Fuzhou, Chine, 23 juin 2020 (LifeSiteNews) — Une veuve catholique de la ville de Fuzhou, dans la province du Jiangxi, s’est vu retirer sa pension parce qu’elle avait refusé de renoncer à sa foi.
Selon un article publié dans Bitter Winter (Amer hiver), la femme âgée recevait une petite subvention depuis le décès de son mari survenu en 2018. Fin 2019, les autorités locales ont menacé de mettre fin à cette subvention si elle ne retirait pas les images de Jésus présentes dans sa maison. « Parce que le parti communiste vous nourrit, vous devez seulement croire en lui, pas en Dieu », lui ont-ils dit. Refusant d’ôter les images de Jésus, ils ont supprimé la pension. « Il est devenu difficile de maintenir la foi en Dieu à cause des persécutions religieuses », confia-t-elle à Bitter Winter.
Reggie Littlejohn, fondatrice et présidente de Women’s Rights Without Frontiers, déclare : « C’est bouleversant et scandaleux que les veuves et autres personnes âgées soient obligées de renoncer à leur foi pour recevoir des allocations. Nombreuse d’entre elles peuvent avoir besoin de ces fonds pour survivre. C’est un acte de lâcheté pathétique que de forcer des veuves désespérées à choisir entre leur survie et leur Dieu. Cette veuve, qui a refusé de renoncer à sa foi dans l’expectative d’une pauvreté abjecte, est héroïque. »
« Cette forme de persécution religieuse », poursuit Littlejohn, « s’accroît dans cette région de Chine où nous tenons notre Save a Widow Campaign (Campagne sauvez une veuve). Je viens d’être informé que dans notre région, un fonctionnaire du gouvernement a donné pour instruction à nos veuves de rester chez elles le dimanche et de ne pas aller à l’église. Il a également tourné Jésus en dérision, disant : “Le gouvernement chinois vous donne 160 RMB [environ 23 dollars US]. Combien d’argent Jésus-Christ vous donne-t-il ?” »
« Heureusement pour les veuves de notre région, elles ont une réponse toute prête », ajoute Littlejohn. « Nos travailleurs locaux apportent amour et compassion aux veuves, ainsi qu’aide pratique : un subside mensuel de 25 dollars qui fait une énorme différence dans leur vie, leur fournissant nourriture et chaleur. Nos travailleurs locaux encouragent ces veuves dans leur foi, et beaucoup ont trouvé un nouvel espoir qu’il y a un Dieu qui les aime ».
La Chine a également un taux de suicide chez les personnes âgées qui monte en flèche. La politique de l’enfant unique a détruit la structure familiale chinoise. Dans le passé, les Chinois jouissaient de familles nombreuses et ce n’était pas un fardeau pour les enfants et les petits-enfants de soutenir les personnes âgées. Aujourd’hui, de nombreuses personnes âgées sont complètement abandonnées et démunies, en particulier les veuves âgées. Et la triste solution pour beaucoup d’entre elles est de mettre fin à leur vie. « Nous offrons une bouée de sauvetage aux veuves abandonnées, qui seront éternellement reconnaissantes de cette aide », assure Littlejohn.
Voici la vidéo Save a Widow et de l'information sur la Save a Widow Campaign.
Le sens premier de la dévotion au Sacré-Cœur

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête du Sacré-Cœur) ― Photo : Lloydbaltazar/Wikimedia Commons
« Dieu est Amour », nous dit saint Jean, l’apôtre qui a pénétré le plus profondément dans le mystère de Dieu. Et l’amour ineffable de Dieu pour nous s’est manifesté dans le don qu’Il nous a fait de son Fils unique qui est sa parfaite image, l’expression éternelle et la révélation vivante des richesses insondables de sa sagesse et de son amour. Le Verbe de Dieu fait chair, Jésus-Christ, ne pouvait être que le plus grand don de Dieu fait à l’humanité, la plus éclatante preuve de son amour sans bornes pour tous les hommes. Jésus Lui-même en a témoigné à Nicodème, ce pharisien sincère qui cherchait la vérité : « Dieu a tellement aimé le monde, qu’Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ». À la samaritaine, Jésus déclare : « si tu savais le don de Dieu ».
Qu’est-ce donc qui a poussé Dieu à se faire homme, demande saint Anselme ? Rien d’autre que son amour absolument gratuit et sans aucune limite. Et quelle a été la mission de l’Homme-Dieu sur la terre ? Jésus-Christ est venu nous faire connaître et aimer Dieu, comme Lui, son Fils unique, Le connaît et L’aime, et nous rendre ainsi participants de sa propre vie divine. Voilà le but de la seule religion voulue de Dieu, que Jésus-Christ est venu fonder : que l’amour infini de Dieu qui brûle son divin Cœur enflamme tous les cœurs des hommes, au point qu’ils soient transformés par ce feu sacré et ne fassent plus qu’un dans le Cœur de Jésus. Aucune autre religion que la religion catholique d’origine immédiatement divine ne pouvait avoir un but si sublime : enflammer l’univers entier du feu de l’amour qui consume le Cœur du Christ.
Tel est le sens premier de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Ce n’est pas une dévotion comme les autres, qui sont toutes excellentes dans la fin particulière qu’elles poursuivent. La dévotion au Sacré-Cœur embrasse en fait toutes les autres dévotions et entend les mener à un amour de plus en plus ardent du Christ-Jésus, mieux connu dans tous ses mystères, aimé vraiment et profondément, et imité de plus en plus parfaitement. La dévotion au Sacré-Cœur est un universel appel à l’amour pour répondre à l’amour infini du seul véritable Dieu, dans lequel il ne peut y avoir que de l’amour. Elle est une invitation constante de Dieu notre Père d’aller boire à la source du Sauveur l’amour divin seul capable de porter remède aux terribles maux dont souffre l’humanité, et par là de renouveler en profondeur l’Église et d’apporter au monde la justice et la paix. Prendre d’abord une vive conscience de la miséricorde incommensurable de Jésus pour tous et chacun des hommes afin que tous n’aient pas peur d’ouvrir spontanément leur cœur, aussi misérable soit-il, au don inouï qu’Il veut leur faire de son propre Cœur, c’est le motif fondamental de la dévotion au Sacré-Cœur.
J.-Réal Bleau, ptre.
Californie : des émeutiers abattent les statues de saint Junipero Serra

Saint Junipero Serra.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Burkhard Mücke/Wikimedia Commons
Soit à cause de leur ignorance crasse, ou de leur haine pour ce qui est catholique, des émeutiers « antiracistes », des « Antifas », ont renversé deux statues de saint Junipero Serra, missionnaire franciscain du XVIIIe siècle.
Ces dégradateurs de monuments n’ont pas grand-chose à reprocher à ce prêtre zélé pour le salut des âmes : il aurait participé à l’anéantissement de la culture amérindienne, selon CNA :
A Los Angeles et San Francisco, des manifestants ont abattu cette fin de semaine deux statues de saint Junipero Serra, un prêtre missionnaire franciscain du XVIIIe siècle qu’ils accusent d’avoir contribué à la destruction de la culture amérindienne en fondant les neuf premières missions de Californie.
Cette accusation est par ailleurs assez stupide si l’on considère que très souvent les missionnaires, apprenant les dialectes locaux, écrivaient des dictionnaires, ce qui a permis de conserver la langue desdites cultures. Mais je devine que ce qu’on reproche à saint Junipero c’est d’avoir évangélisé les peuplades de la côte ouest, les incitant à rejeter leur paganisme pour embrasser le christianisme.
Car c’est bien le désir de sauver les âmes qui a poussé tant d’hommes et de femmes consacrés à risquer leur vie pour les indigènes. Et ils auraient été racistes !
Saint Junipero naquit en Espagne :
Né sur l’île de Petra Mallorca en Espagne en 1713, Serra rejoignit les Franciscains et se fit rapidement remarquer en tant qu’érudit et professeur.
Puis il choisit d’abandonner sa carrière académique pour devenir missionnaire sur le territoire de la Nouvelle Espagne, dans lequel les colonisateurs espagnols étaient déjà actifs depuis plus de deux siècles.
Il bâtit neuf missions en l’actuelle Californie :
« Serra écrivait avec enthousiasme qu’il avait enfin trouvé la vocation de sa vie, et qu’il donnerait sa vie pour ces gens et leur salut », déclare le Dr Reuben Mendoza à CNA, archéologue et professeur à l’université d’État de Californie — Monterey Bay.
Voyageant presque toujours à pied et pratiquant diverses formes de mortification, Serra fondit des missions tout le long de la côte, les neuf premières des vingt et une missions dans ce qui est aujourd’hui la Californie.
Nombre de ces missions ont formé le noyau de ce qui est aujourd’hui les plus grandes villes de l’État, telles que San Diego, San Francisco et Los Angeles.
À bien des égards, les missions étaient une entreprise commune aux frères et aux chefs autochtones, explique Mendoza. Les soldats étaient généralement logés dans une garnison située juste à l’extérieur de l’enceinte. L’enceinte elle-même comprenait des zones de travail, comme une forge et des lieux d’artisanat et de tissage.
Les Européens enseignèrent aux autochtones de nouvelles techniques agricoles, et les instruisirent dans la foi, effectuant des milliers de baptêmes.
La Merveille des merveilles

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la solennité de la Fête-Dieu) ― Photo : Fennec/Wikimedia Commons
« Une grande solennité s’est levée sur le monde : la Fête-Dieu. Ainsi l’ont appelée nos Pères ; vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l’homme, étant la fête du Christ médiateur présent dans l’Hostie pour donner Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. L’union divine est la plus grande aspiration de l’humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L’homme célèbre aujourd’hui cette divine merveille. » (Dom Prosper Guéranger.)
La merveille de la Très Sainte Eucharistie résume en réalité toutes les autres merveilles accomplies par Dieu en faveur de l’humanité. Le Verbe divin y prolonge le mystère de son incarnation, car en ce saint Sacrement sont réellement présents le Corps et le Sang du Fils de Dieu, qui s’est fait chair dans le sein de la Vierge Marie. La chair qui est donnée en aliment de vie aux hommes en l’Eucharistie est identique à celle que le Verbe a puisée en Marie. C’est l’humble Vierge Marie qui a préparé pour le monde le banquet sacré de la divine Eucharistie, c’est elle qui invite tous les hommes à venir se nourrir de son Jésus, afin que tous en reçoivent la vie éternelle. Dans les premières Vêpres de cette belle fête, l’Église chante le rôle providentiel de Marie, à laquelle nous devons le glorieux Corps et le Sang précieux de Jésus, se livrant à nous dans l’Eucharistie : « Chante, ô ma langue, le mystère du glorieux Corps et du Sang précieux que le Roi des nations, fils d’une noble mère, a versé pour la rédemption du monde. Il nous fut donné, il est né pour nous de la Vierge sans tache ; il vécut avec les hommes et après avoir jeté la semence de sa parole, il termina son pèlerinage par une admirable merveille ».
Dans la Sainte Eucharistie, Jésus, qui y prolonge son incarnation, renouvelle aussi sa Passion pour nous tous, pauvres pécheurs, qui attendons de Lui notre salut. L’oraison et l’épître de la messe marquent particulièrement l’unité de la Très Sainte Eucharistie et du Sacrifice de la Croix. L’Église nous fait demander aujourd’hui le sens de l’adoration, c’est-à-dire la grâce d’adorer Jésus réellement présent dans la sainte Eucharistie avec une foi si grande que nous puissions continuellement ressentir en nous les fruits de la rédemption. Ressentir continuellement en nous les fruits de la rédemption, cela signifie éprouver la joie incomparable des âmes purifiées de toute souillure et illuminées par la lumière du Christ. Ce n’est rien d’autre que d’avoir un avant-goût du bonheur du ciel.
La très sainte Eucharistie est la plus admirable invention du Cœur du divin Sauveur de toute l’humanité, parce que par ce sacrement Il s’approche de tous les hommes qui cherchent vraiment Dieu jusqu’à venir dans l’intimité de leur cœur. Une telle intimité de Dieu avec les hommes ne se trouve dans aucune autre religion que la religion catholique, comme le remarque saint Thomas d’Aquin. Par l’Eucharistie, Dieu ne fait pas que s’abaisser pour être avec ses créatures, Il entre vraiment en elles, pour qu’elles entrent en Lui et vivent en Lui. « Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui », nous assure Jésus Lui-même. Où peut-on trouver une autre religion où Dieu élève à ce point ses serviteurs qu’Il leur fait part de sa dignité de Roi des rois et de Seigneur des seigneurs, en les divinisant ? N’a-t-il jamais été possible qu’un fondateur de quelque autre religion se soit donné en nourriture pour que ses adeptes vivent par lui ? Jésus seul, Fils unique et bien-aimé du Père céleste peut dire : « De même que le Père vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père ; ainsi celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi ».
La très sainte Eucharistie, dans laquelle sont présentes et agissantes toutes les merveilles accomplies par Jésus-Christ par amour pour nous, est au cœur de notre sainte religion le plus grand Signe de sa divinité et de son exclusive vérité.
J.-Réal Bleau, ptre
Mgr Carlo Maria Viganò s’exprime sur le Concile Vatican II

Mgr Carlo Maria Viganò.
C’est avec plaisir que je publie ci-dessous la version française revue et autorisée par Mgr Carlo Maria Viganò de son Excursus sur Vatican II sur chiesa et postconcilio, à la suite de la publication par LifeSiteNews d’un texte de Mgr Athanasius Schneider (version française ici) au début du mois sur le thème du Document d’Abu Dhabi et du concile Vatican II.
N’ayant pas eu moi-même le temps de faire la traduction du texte ci-dessous je signale que je me suis servie de la version française publiée par le site benoit-et-moi que je remercie par la même occasion.
Voilà que les « discussions doctrinales » sur la liberté religieuse prennent le devant de la scène, là où on ne les attendait peut-être pas… Plus que jamais d’actualité ! — J.S.
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J’ai lu avec grand intérêt le texte de S.E. Athanasius Schneider publié dans LifeSiteNews le 1er juin dernier et intitulé There is no divine positive will or natural right to the diversity of religions [la diversité des religions n’est pas le résultat d’un vouloir divin positif ni l’objet d’un droit naturel, NdT]. L’étude de Son Excellence résume, avec la clarté qui distingue les paroles de celui qui parle selon le Christ, les objections sur la prétendue légitimité de l’exercice de la liberté religieuse que le Concile Vatican II a théorisée, contredisant le témoignage de la Sainte Écriture, la voix de la Tradition et le Magistère catholique qui est le fidèle gardien de l’une et de l’autre.
Le mérite de ce texte réside tout d’abord dans le fait d’avoir su saisir le lien de causalité entre les principes énoncés ou sous-entendus par Vatican II et l’effet logique qui en résulte dans les déviations doctrinales, morales, liturgiques et disciplinaires qui sont apparues et se sont progressivement développées jusqu’à ce jour. Le monstrum engendré dans les cercles modernistes pouvait d’abord être trompeur, mais en se développant et en se renforçant, il se montre aujourd’hui pour ce qu’il est vraiment, dans sa nature subversive et rebelle. La créature, alors conçue, est toujours la même et il serait naïf de penser que sa nature perverse puisse changer. Les tentatives visant à corriger les excès du Concile — en invoquant l’herméneutique de la continuité — ont abouti à une faillite : Naturam espellas furca, tamen usque recurret (Épître d’Horace. I, 10, 24) [Chassez le naturel, il revient au galop]. La Déclaration d’Abou Dhabi et, comme le fait remarquer à juste titre Mgr Schneider, ses prodromes du panthéon d’Assise, « a été conçue dans l’esprit du Concile Vatican II » comme le confirme fièrement Bergoglio.
Cet « esprit du Concile » est le certificat de légitimité que les novateurs opposent aux critiques, sans se rendre compte que c’est précisément en confessant cet héritage, que se confirme non seulement le caractère erroné des déclarations actuelles, mais aussi la matrice hérétique qui les justifierait. À y regarder de plus près, jamais dans la vie de l’Église il n’y a eu un Concile qui ait représenté un événement historique au point de le rendre différent des autres : il n’y a jamais eu « l’esprit du Concile de Nicée », ni « l’esprit du Concile de Ferrare-Florence », et encore moins « l’esprit du Concile de Trente », tout comme il n’y a jamais eu de « post-Concile » après Latran IV ou Vatican I.
La raison en est évidente : ces conciles étaient tous, sans distinction, l’expression de la voix à l’unisson de la Sainte Mère l’Église, et pour cela même de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est significatif que ceux qui soutiennent la nouveauté de Vatican II adhèrent également à la doctrine hérétique qui voit le Dieu de l’Ancien Testament opposé au Dieu du Nouveau, presque comme s’il pouvait y avoir une contradiction entre les Personnes Divines de la Très Sainte Trinité. Il est évident que cette opposition presque gnostique ou kabbalistique sert à légitimer un nouveau sujet délibérément différent et opposé à l’Église catholique. Les erreurs doctrinales trahissent presque toujours aussi une hérésie trinitaire, et c’est donc en revenant à la proclamation du dogme trinitaire que les doctrines qui s’y opposent peuvent être vaincues : ut in confessione veræ sempiternæque deitatis, et in Personis proprietas, et in essentia unitas, et in majestate adoretur æqualitas. Professant la divinité véritable et éternelle, nous adorons le caractère propre des Personnes divines, l’unité dans leur essence, l’égalité dans leur majesté.
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