Jésus-Christ, le divin Roi de l’univers
Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête du Christ Roi)
La fête du Christ Roi a été instituée par le pape Pie XI, le 11 décembre 1925, pour affirmer d’une façon solennelle l’autorité souveraine et universelle de Jésus, reniée par le monde moderne. Dans l’important document marquant l’institution de cette belle fête, l’encyclique Quas Primas, Pie XI démontrait que le Christ n’est pas seulement roi au sens métaphorique, en raison de l’empire divin qu’il exerce sur toutes les intelligences et tous les cœurs, mais qu’il est roi au sens propre, et en tant qu’homme. La sainte humanité du Christ, étant l’humanité de Dieu incarné, se trouve par ce fait élevée au-dessus de toute créature. C’est par un droit de nature que le Christ, en tant qu’homme, détient la primauté sur tout être créé. L’autorité de Jésus-Christ sur la création est celle même du Verbe éternel qui a appelé tous les êtres à l’existence. Et Jésus-Christ, monarque suprême de l’univers par droit de nature, l’est encore par un droit acquis. Car il a voulu payer le plus haut prix pour racheter le monde tombé par le péché au pouvoir de Satan.
Aux jours de sa vie mortelle, Jésus-Christ a voilé la splendeur de sa royauté. Il n’a voulu porter d’autres insignes que ceux de la pauvreté, de l’humilité, de la douceur et de l’obéissance. Le plus grand de tous les rois s’est fait le plus humble de tous les serviteurs. « Il s’est anéanti, dira saint Paul, en prenant la condition d’esclave […], il s’est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur terre et dans les enfers, et que toute langue confesse, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Seigneur » (Ph 2 7-11).
Infiniment plus sage que Salomon, Jésus-Christ aurait pu exercer son autorité royale sur le plan politique avec la plus grande magnificence et imposer dans la société juive de son temps, par sa puissance et sa bonté, l’ordre et la paix. Mais, pour sauver tous les hommes de tous les siècles, et quelle que soit leur dignité, des plus petits aux plus grands, il a préféré les humiliations de la croix à l’éclat de la gloire terrestre. Il a fait de la croix son étendard ; il en a fait l’instrument du salut universel et le signe glorieux de sa victoire sur le prince des ténèbres, tenant sous son joug tyrannique tous les royaumes de la terre. C’est par le bois de la croix qu’il a voulu y rétablir le règne de Dieu. C’est par le sang de sa croix qu’il a reconquis l’univers. Au Roi immortel et Souverain Prêtre éternel, s’immolant lui-même pour le salut de l’univers, toutes les créatures libres doivent, avec leur entière soumission et reconnaissance, louange et gloire perpétuelle.
Lire la suiteÊtre des Témoins vigilants et intrépides de la Sagesse

Martyre de sainte Euphémie.
Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 20e dimanche après la Pentecôte) ― Photo (modifiée) : Wikimedia Commons
Saint Paul nous adresse aujourd’hui un pressant appel à la sagesse : « Ayez soin, mes frères, de marcher avec précaution, non comme des insensés, mais comme des hommes sages. » (Ep 5 15). Quiconque se trouve dans un pays ennemi et marche sur un chemin plein d’embûches, ne doit-il pas redoubler de vigilance et d’attention ? Telle est la situation des chrétiens dans le monde présent. Ce monde étant ennemi de Dieu, les chrétiens qui y marchent sans précaution, risquent de perdre la foi. Évitant donc l’attitude des étourdis qui marchent sans but ou sans savoir s’ils vont bien au but, les chrétiens doivent être des sages, en prévoyant, dans la mesure qu’ils le peuvent, toutes les difficultés et en prenant les mesures nécessaires pour les surmonter et arriver ainsi sûrement au but qu’ils ne doivent jamais perdre de vue : le salut éternel.
Quelles que soient les difficultés dont nous puissions être assaillis, nous devons affermir nos pas dans la voie du salut, et, dans cette intention, garder bien pure notre sainte foi, la professer hautement et la défendre courageusement. Notre Seigneur nous a prédit que nous serions en butte à la haine du monde à cause de notre foi : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous... Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : il n’y a pas de serviteur plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ». (Jean 15, 18-20). Au sein d’un monde hostile, il nous faut être vigilants dans tout notre comportement, afin que, la vérité mise à part, nous ne donnions à personne d’autre motif de haine contre nous. La vérité, lorsqu’elle est confirmée par l’exemple, finit toujours par triompher.
« Soyez sages, rachetez le temps, car nos jours sont mauvais » (Ep 5 16). « L’Apôtre ne dit pas cela, écrit saint Jean Chrysostome, pour nous conseiller d’être souples afin de ne pas déplaire à ceux qui nous sont hostiles. Voici ce qu’il veut dire : Le temps n’est pas à vous ; vous n’êtes en ce monde que des étrangers, des voyageurs de passage : ne cherchez pas les honneurs, ne cherchez pas la gloire, ne cherchez pas la puissance, ne cherchez pas la vengeance ; souffrez tout, et par ce moyen rachetez le temps… On vous poursuit pour vous dépouiller : donnez tout ce qu’on vous demandera, gardez seulement le principal, à savoir : la foi. »
Lire la suiteMgr Schneider analyse « Fratelli Tutti » du pape François : une perspective naturaliste qui oublie la Rédemption
Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits)
Mgr Athanasius Schneider a livré à Diane Montagna, qui a mené les entretiens rassemblés dans le récent livre Christus Vincit, ses réflexions sur l’encyclique Fratelli Tutti, dont il met en évidence le naturalisme qui côtoie quelques expressions fortes, dépassant son « horizon naturaliste étroit ». Qu’il s’agisse des références trompeuses à saint François ou des emprunts au vocabulaire maçonnique, Mgr Schneider n’hésite pas à souligner les faiblesses d’un texte qui oublie la centralité du Christ et le véritable but de la vie humaine qui ne se résume pas au bien-être ici-bas.
Je vous propose ci-dessous ma traduction de cet entretien, parue en exclusivité sur le site anglophone The Remnant et validée par Mgr Schneider. — J.S.
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Diane Montagna : Excellence, quelle impression générale vous a laissée la nouvelle encyclique du pape François, Fratelli Tutti ?
Mgr Schneider : Cette nouvelle encyclique donne l’impression générale d’être une instruction bavarde sur l’éthique de la coexistence pacifique fondée sur les mots clefs « fraternité » et « amour », entendus dans une perspective fortement temporelle et hautement politique, afin de « faire renaître un désir universel d’humanité » (Fratelli Tutti, n° 8). Bien que l’encyclique ait recours à des passages clefs de l’Évangile, comme la parabole du Bon Samaritain (voir Luc 10, 25-37) et les paroles du Christ lors du Jugement dernier, où Il s’identifie avec les personnes dans le besoin comme « le plus petit d’entre les miens » (voir Mt 25, 40), elle en applique néanmoins le sens dans une perspective plus humaniste, propre au monde d’ici-bas. Dans l’ensemble, l’encyclique manque d’un horizon clairement surnaturel ; elle ne fait aucune référence à des mots tels « surnaturel », « Incarnation », « Rédempteur », « Pasteur », « évangélisation », « baptême », « filiation divine », « pardon divin des péchés », « salvifique », « éternité », « ciel », « immortel », « Royaume de Dieu » ou « du Christ ».
Lire la suiteLa souffrance de l’avortement peut-elle être guérie ?

Par François Gilles (Campagne Québec-Vie) — Photo : Depositphotos
Deux souffrances dont je voudrais parler ici. La souffrance du déni et celle de l’acceptation. Deux terribles souffrances qui affligent les parents d’un enfant avorté.
Il y a la réalité. On a demandé que son enfant soit tué.
Et il y a le déni. Ce n’était pas un enfant. Il n’a pas souffert. Cela valait mieux pour lui parce qu’il aurait souffert plus tard. On n’avait pas le choix.
Quand on est rendu là dans le degré de mensonge à soi-même, il devient impossible d’avoir un cœur qui ressente quelque chose. Un cœur est un. Si on le ferme à une réalité bouleversante. Il demeure fermé pour se protéger de cette réalité. Il se durcit dans cet enfermement et toute sa volonté vise à le protéger. Après se mentir à soi-même, mentir aux autres et attaquer férocement ceux qui voudraient faire la vérité et nous obliger à nous ouvrir le cœur pour qu’il saigne toute la douleur de cela… notre enfant est mort parce que NOUS, MOI, l’ai fait tué…
Ici, nous ne sommes plus dans les limites du compréhensible. Quand les parents acceptent la réalité, il y a un effondrement, le mot est très faible pour décrire l’état de dissolution de tout l’être dans la douleur.
Comment fait-on pour regarder son enfant, qui nous aimait, qui attendait notre amour, que nous avons rejeté, que nous avons refusé de regarder, que nous avons dit qu’il n’existait pas, que nous avons demandé qu’il soit démembré, brûlé, jeté à la poubelle ?
Humainement, c’est impossible. Il y a des douleurs qui nous brûlent comme si on nous faisait avaler de la lave, nous détruisant de l’intérieur.
Humainement, pourrait-on dire, quand la couverture qui refermait notre cœur est enlevée, c’est le moment où nous cessons de vivre, même si le type de vie vécu dans le déni n’en était pas vraiment une. Il n’y a plus rien.
Lire la suiteCardinal Leo Raymond Burke : « L’éducation fait aujourd’hui l’objet d’attaques féroces »

Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits) — Photo (modifiée) : Freepik
Le cardinal Raymond Leo Burke a donné vendredi dernier une vidéoconférence dans le cadre d’un colloque virtuel organisé par la coalition pro-famille « Voice of the Family ». Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de son intervention que l’on pourra retrouver ici dans sa diffusion en anglais, au cœur d’un événement intitulé : « L’appel des pères aux évêques : aidez-nous à défendre la pureté de nos enfants. »
Cette conférence du cardinal Burke est particulièrement opportune au moment où Emmanuel Macron vient de faire savoir qu’il entend interdire par principe l’école à la maison — si ce n’est dans des cas exceptionnels liés à la santé de l’enfant — et mettre en place une obligation de scolarisation dès trois ans, et ce à compter de la rentrée 2021, notamment pour « protéger » les enfants « de la religion ».
Voici ma traduction de travail de la conférence du cardinal Burke. — J.S.
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Les droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants
et l’obligation des parents de s’opposer à un programme scolaire
qui contredit la loi morale
Ce m’est un grand plaisir que d’aider Voice of the Family dans sa noble tâche de promotion de la saine doctrine et de la discipline de l’Église à propos du mariage et de son fruit incomparable : la famille. Je suis particulièrement heureux d’aborder la question cruciale de l’éducation, mission essentielle de la famille, et en même temps expression fondamentale de notre culture.
Toute personne qui réfléchit ne peut que constater combien l’éducation fait aujourd’hui l’objet d’attaques féroces. Tant dans le domaine de l’éducation que dans celui du droit, en tant qu’expressions fondamentales de notre culture, nous assistons à l’abandon de la compréhension de la nature humaine et de la conscience par laquelle Dieu nous appelle à respecter la vérité de la nature, et à vivre en accord avec cette vérité dans un amour pur et désintéressé.
Saint Paul, dans sa Lettre aux Ephésiens, se référant à l’aliénation de l’homme par rapport à Dieu et, par conséquent, par rapport au monde, déclare :
Lire la suiteMais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois éloignés, vous avez été rapprochés par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux peuples n’en a fait qu’un ; il a renversé le mur de séparation, l’inimitié, dans sa chair ; il a aboli la loi des ordonnances avec ses prescriptions, afin de former en lui-même, de ces deux peuples, un seul homme nouveau, en faisant la paix, et de les réconcilier tous deux dans un seul corps, avec Dieu, par la croix, en détruisant en lui-même leur inimitié. Et il est venu annoncer la paix, à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près ; car c’est par lui que nous avons accès les uns et les autres dans un même Esprit auprès du Père. Vous n’êtes donc plus des étrangers et des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, et membres de la famille de Dieu, puisque vous avez été édifiés sur le fondement des Apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre angulaire. En lui, tout l’édifice, bien coordonné, grandit pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez dans sa structure, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit-Saint. (Eph. 2, 13-22)
Être possédés par Jésus

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 19e dimanche après la Pentecôte) ― Photo (côtés flous rajoutés) : Kansallis Galleria/Wikimedia Commons
La vie chrétienne consiste en un perpétuel renouvellement intérieur. Nous avons déjà revêtu, lors de notre baptême, l’homme nouveau qui est Jésus-Christ. Mais qui, pérégrinant sur la terre comme dans une vallée de larmes, et se blessant parfois à ces pierres du chemin que sont les tentations du démon, ne pourra jamais dire qu’il a parfaitement revêtu Jésus-Christ ? Tous les jours jusqu’à la fin de notre vie, nous aurons besoin de nous renouveler intérieurement, de nous dépouiller du mal qui colle à notre âme comme un vêtement sale et de revêtir davantage Jésus-Christ.
Ce renouveau intérieur doit s’exprimer en une conduite extérieure toujours plus vraie, plus aimante et sainte. Avec l’aide de Jésus, et les yeux fixés sur Lui, nous devons progresser chaque jour dans la vérité, la charité, la douceur, la justice, la chasteté, et donc dans le renoncement à tout ce qui peut ternir ces vertus. Nous devons ainsi nous livrer chaque jour davantage à notre divin Sauveur Jésus-Christ. Autrement, il ne pourrait satisfaire son dessein miséricordieux de prendre de plus en plus possession de nous pour nous communiquer son Esprit, ses vertus, sa sainteté.
Le seul grand désir qui devrait nous habiter au point de devenir en nous une obsession à la fois très forte et très douce, une sainte obsession, c’est d’être possédés par Jésus, de manière que ce ne soit plus nous qui vivions, mais Lui en nous. Car c’est en lui donnant toute notre liberté, que nous deviendrons vraiment libres. C’est en jetant toutes nos pensées, nos paroles, nos actions dans le foyer ardent de son Cœur, qu’Il les purifiera comme l’or l’est par le feu, qu’il les transformera toutes en son amour, et qu’elles deviendront entièrement siennes. Est-il possible d’appartenir ainsi à Jésus sans perdre notre identité personnelle ? Notre raison éprouve quelque difficulté à le comprendre, mais il n’y a aucun doute que plus une âme appartient à Jésus, plus elle réalise sa véritable identité. Tel est le mystère de l’amour personnel de Jésus pour chacun de nous. Lui seul, dans un mystère de communion intime de notre pauvre être humain avec sa sainte humanité et sa divinité, nous fait être la personne que Dieu veut que nous soyons. Lui seul délivre les hommes pécheurs des ténèbres du mensonge qui les enveloppent et les établit dans la pleine lumière de la vérité.
Lire la suiteFaites-vous partie de la droite religieuse ?

Par Paul-André Deschesnes — Photo : giannsartori/Pixabay
À plusieurs reprises, je me suis fait apostropher de la façon suivante : « Faites-vous partie de la droite religieuse ? »
En 2020, tout est de plus en plus tranché au couteau dans le sens de la rectitude politique en vigueur « droite-gauche » au sein de notre Église occidentale. Un climat toxique s’est confortablement installé. Il faut être du bon bord !
J’ai la nausée ! Je n’en peux plus d’entendre dans les médias, et même dans mon Église locale, cette expression-choc « droite religieuse ». Tel curé, tel évêque, tel prédicateur, tel politicien, tel chroniqueur, tel auteur, tel mouvement religieux, telle revue, tel journal, tel magazine, tel personnage ne seraient pas crédibles, car ils font partie de la droite religieuse. Il faut donc les dénoncer et les clouer au pilori sans aucun débat, car ils n’auraient supposément pas évolué dans le bon sens. Il ne faut surtout pas les écouter, ni les lire, ni les fréquenter. Eux, ils n’ont pas compris !
L’expression « droite religieuse », utilisée sur toutes les tribunes, frappe très fort dans le but de faire taire, discréditer et ridiculiser cette dérangeante minorité qui refuse de s’adapter aux nouvelles idées à la mode. Le mépris et la moquerie sont fréquemment utilisés comme argument massue pour réduire au silence ladite droite religieuse. On aimerait bien que ces personnes se sentent honteuses de ramer à contre-courant. Il serait urgent de les rééduquer et de les ramener dans le droit chemin.
Actuellement, c’est la gauche religieuse qui a le vent dans les voiles. Du Vatican, en passant par les diocèses jusque dans les paroisses locales, c’est la nouvelle façon de « faire Église autrement ». Même si on crie haut et fort dans le même sens et qu’on invente toutes sortes de trucs, de messages, d’enseignements, de discours et de nouveautés pour être à la mode, la gauche religieuse n’a pas de succès. Nos églises occidentales sont toujours vides. Pendant ce temps, les Églises d’Asie et d’Afrique se font injustement accuser de faire partie de la droite religieuse, même si chez eux le nombre de vocations explose. De plus, leurs églises sont toujours remplies de fervents fidèles.
Non, il n’y a pas deux Églises catholiques. Non, le Christ n’a pas fondé des dizaines d’Églises, même si on veut de plus en plus nous faire accroire que toutes les Églises et religions doivent, en 2020, être regardées sur le même pied d’égalité.
Lire la suiteVivre dans l’action de grâces

Saint Dominique Savio.
Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 18e dimanche après la Pentecôte) ― Photo : Wikimedia Commons
Écrivant pour la première fois aux Corinthiens, saint Paul commence sa lettre par un chant d’action de grâces à Dieu pour la miséricorde qu’Il leur a manifestée en les appelant à la foi chrétienne et en confirmant cet appel à la vraie religion par les dons spirituels les plus désirables : « Je rends grâces à mon Dieu pour vous sans cesse à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ-Jésus. De ce que vous avez été faits en Lui riches en toutes choses, en toute parole, en toute science : ainsi le témoignage du Christ a été confirmé par vous, de sorte que rien ne vous manque en aucune grâce, à vous qui attendez la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Cor 1 4-7). Si Dieu, poursuit l’Apôtre, après vous avoir appelé à la vie chrétienne, vous a comblés de grâces, c’est afin que vous persévériez dans la vraie foi et dans la charité jusqu’à la fin et que vous soyez irréprochables au grand jour du retour glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Ces paroles du Docteur des nations, l’Église nous les adresse, à nous aussi, aujourd’hui. Car souvent nous ne réalisons pas l’immense privilège que nous avons d’avoir reçu d’elle le don de la foi, par lequel Dieu nous a adoptés, en son Fils Jésus, comme ses véritables enfants. De sorte que nous pouvons l’appeler d’une façon très réelle du doux nom de Père. Les croyances d’aucune autre religion ne fondent des relations personnelles avec Dieu comme celles qu’ont les enfants à l’égard de leur papa, et qui n’éprouvent de joie plus grande que de reposer dans ses bras, près de son cœur. Certes, un enfant ne peut pas toujours être dans les bras de son père, mais son bonheur habituel sera de vivre sous son regard affectueux, d’être avec lui, de demeurer en sa présence, sous sa protection, en se sentant aimé de lui. C’est la religion que Jésus-Christ, le grand frère de « tous ceux qui ne sont pas nés de la chair et du sang mais de Dieu » enseigne au monde. Religion d’amour, de confiance et de force tranquille, victorieuse de toutes les épreuves, qu’en son Fils, Dieu le Père communique par son Esprit à ses enfants bien-aimés, auxquels il veut faire partager la joie infinie de son royaume.
L’apostasie de la foi chrétienne qui se fait jour à l’échelle mondiale s’enracine largement dans une noire ingratitude à l’égard de l’Église catholique, mère de l’unique civilisation qui, en lui apportant les insondables richesses du Christ, a changé complètement la face du monde. Toute ingratitude naît de l’orgueil. L’orgueil qui s’obstine à ne pas reconnaître les immenses bienfaits reçus de Dieu pour le bonheur de l’humanité par la médiation de son Église, conduit non seulement à la négation de toutes les grâces venant du Créateur mais à la négation du Créateur lui-même. C’est alors le passage de la foi en Dieu au règne absolu d’une nouvelle divinité, la Science moderne, sans cesse en évolution, dont les erreurs et les mensonges, parfois évidents, sont déclarés vérités infaillibles, qu’aucun homme, si savant soit-il, n’a le droit de mettre en question. C’est dans cette dictature pseudo-scientifique de la pensée, fondée sur le rejet de la Révélation divine comme source première de la vérité, que le monde s’enfonce de plus en plus en raison de son apostasie de la vraie foi.
L’action de grâces envers Dieu dans laquelle nous devrions vivre constamment n’est pas seulement un devoir religieux essentiel, expression fondamentale de la foi et de l’amour de Dieu, mais aussi un devoir social universel, sans l’accomplissement duquel les plus graves crises, qu’elles soient politiques, économiques et même sanitaires, ne trouveront jamais de solution ordonnée à la paix et au bien-être de tous. Sans une profonde et continuelle reconnaissance à l’égard du Créateur et Sauveur de tous les hommes, il n’en peut résulter que l’enfermement en elle-même de la raison privée de la lumière divine, et par suite l’incapacité des âmes de recevoir la miséricorde infinie de Dieu, qui est ce dont le monde actuel a le plus besoin.
J.-R.B.
Jésus-Christ et le nouvel ordre mondial

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 17e dimanche après la Pentecôte) ― Photo : Wikimedia Commons
Comme chrétiens, nous enseigne en substance saint Paul, vous devez donner l’exemple à tous ceux de l’extérieur de la plus parfaite unité entre vous. Mais, ne vous faites pas d’illusion : cette unité est difficile à conserver, car elle est le fruit de la pratique commune et fervente des vertus théologales et morales, d’abord de la foi en Dieu, notre Père du ciel et d’une authentique charité qui doit s’exprimer, vis-à-vis du prochain, surtout par la patience, la douceur et l’humilité. Efforcez-vous donc de pratiquer ces vertus, comme votre vocation vous y oblige, cette vocation sublime par laquelle Dieu vous a tous appelés à être ses enfants et ses héritiers, en participant à l’héritage du Christ, son Fils unique.
On entend dans les paroles de l’Apôtre l’écho de la prière sacerdotale de Jésus : « Père, je ne prie pas pour le monde mais pour ceux que vous m’avez donnés, parce qu’ils sont à vous... Père saint, gardez-les par votre nom que vous m’avez donné, afin qu’ils soient un comme nous... Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient un comme vous, Père, êtes en moi et moi en vous, afin qu’eux aussi soient un en nous pour que le monde croie que c’est vous qui m’avez envoyé » (Jn 17 9, 11, 20-21).
C’est à l’unité la plus haute, qui soit une image vivante de celle qui subsiste entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint, que Jésus appelle ses disciples. Cette unité dans la même charité divine doit démontrer aux yeux de tous que les chrétiens ne sont pas, comme les païens, unis de force par la contrainte extérieure, mais un en Jésus-Christ, à la fois dans leurs sentiments et leur manière d’agir. Cette unité spirituelle des membres du Christ entre eux est si importante qu’elle doit être un signe fort de la vérité pour que le monde croie en la mission de Jésus comme unique sauveur du monde. L’Église catholique, s’étendant à l’univers, ordonnée par Dieu au salut, dans le temps et l’éternité, de tous les hommes, est la réponse fondamentale à l’aspiration de l’humanité entière à un nouvel ordre mondial assurant la paix et la prospérité des diverses nations. Car il ne peut exister de véritable ordre mondial sans le fondement spirituel d’une religion mondiale.
Tous les hommes créés par le même Père du ciel devraient constituer ensemble la grande famille des enfants de Dieu. Cette unité universelle qui correspond au plan de Dieu a été brisée radicalement par le péché commis par nos premiers parents, à l’instigation du Père du mensonge et père de toute division et de tout désordre. La brisure radicale de l’unité de la grande famille humaine ne pouvait être réparée que par le Fils unique du Père venant s’incorporer, par la foi, tous les hommes de bonne volonté. Sans la foi en Jésus-Christ, le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, un nouvel ordre mondial, où toutes les nations seraient unies pour le plus grand bien de tous, est et sera toujours l’illusion des illusions. Le nouvel ordre mondial actuellement mis en marche par les organismes internationaux ne peut être en réalité qu’une entreprise diabolique d’une hypocrite dictature exercée sur le monde entier.
Les divisions et la confusion doctrinale que l’on constate présentement à l’intérieur de l’Église représentent les succès temporaires du démon, « l’ennemi mortel de la nature humaine » et du règne de Jésus-Christ sur tous les cœurs. Même s’il sème à pleines mains l’ivraie dans le champ du Seigneur, le diable ne réussira pas à détruire la foi catholique qui est le fondement de la véritable Église, qu’aucun pouvoir ne pourra jamais détruire, parce qu’elle est essentiellement divine. À nous cependant d’être vigilants pour ne pas être trompés, et donc d’intensifier notre prière surtout par la participation la plus fréquente possible à la sainte messe, la communion fervente au Très saint Corps du Christ, le chapelet quotidien et la consécration vécue de nos personnes et familles aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie.
J.-R.B.
Mgr Viganò : « Le soi-disant catholique Joe Biden, qui soutient l’avortement… n’est pas catholique »

Joe Biden, ex-vice-président des États-Unis et candidat aux présidentielles américaines.
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Gage Skidmore/Flickr
Une tactique semble être assez commune ces temps-ci chez les politiciens : se réclamer d’une identité particulière, sans en embrasser les particularités essentielles, afin de s’attirer les bonnes grâces d’un groupe important, à savoir dans le cas particulier, d’électeurs. Prenez François Legault, qui s’était prétendu nationaliste dans le but d’attirer le vote nationaliste des Québécois, pour enlever peu après le crucifix du Salon bleu que son prédécesseur Maurice Duplessis, un vrai nationaliste lui, avait installé. Prenez Justin Trudeau, qui se dit, ou du moins disait, catholique sans en présenter les fruits. Joe Biden est un cas typique de catholicisme de façade, comme le souligne Mgr Carlo Maria Viganò, ex-nonce apostolique aux États-Unis.
En effet, un politicien réellement catholique doit suivre l’enseignement de l’Église catholique, affirme Mgr Viganò dans une entrevue avec le vaticaniste Marco Tosatti, selon le site d’Edward Pentin :
M.T. : Au-delà de la situation actuelle, dans laquelle les candidats catholiques du Parti démocrate ne respectent manifestement pas le Magistère de l’Église, comment doit être un vrai homme politique catholique ?
C.M.V. : Pour être catholique, il faut non seulement être baptisé, mais aussi vivre en accord avec la Foi qu’on a reçue à la Fontaine sacrée. La foi va de pair avec les bonnes œuvres, comme nous l’enseigne la Sainte Écriture : sans la mise en pratique du fait que nous sommes devenus enfants de Dieu par l’incorporation au Corps Mystique, nos paroles sont vides et notre témoignage est incohérent, voire scandaleux pour les fidèles et ceux qui ne croient pas. Le Père James Martin, S.J. a donc tort de se limiter à l’aspect purement bureaucratique ; ses paroles sont réfutées par celles du Sauveur : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15, 14). L’amitié avec Dieu — qui consiste en ce que l’âme est en état de grâce — dépend de notre obéissance aux ordres de Notre Seigneur. Pas de suggestions ou de conseils : des ordres ! Il dit encore : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais bien celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7,21).
J’ajoute que l’enfer n’est pas réservé aux non-catholiques : parmi les flammes éternelles, il y a beaucoup d’âmes baptisées, même des religieux, des prêtres et des évêques, qui ont mérité la damnation à cause de leur rébellion contre la volonté du Seigneur. Les soi-disant catholiques adultes et leurs mentors doivent y penser avec soin, avant qu’ils n’entendent résonner les paroles du Christ : « Je ne vous ai jamais connus. Retirez-vous de moi, ouvriers d’iniquité » (Mt 7, 23).
Un catholique qui soutient l’avortement ou l’idéologie du genre nie non seulement le Magistère, mais aussi la loi naturelle, base morale commune à tous les peuples, de tous les temps et de tous les lieux. La gravité de l’incohérence [d’une distinction] entre l’appartenance à l’Église et la fidélité à son enseignement reflète la dichotomie artificielle entre doctrine et pastorale, qui s’est insinuée depuis Vatican II et a atteint sa formulation la plus claire dans Amoris lætitia. D’autre part, à y regarder de plus près, la « laicità dello Stato » [nature laïciste de l’État] pose également de sérieux problèmes, car elle reconnaît le droit à la société civile de nier la royauté divine du Christ et de rejeter sa Loi, tout en demandant aux laïcs de donner un témoignage de Foi dans lequel la primauté de la Vérité catholique est abaissée au même niveau que l’erreur.
Et comme Joe Biden soutient l’avortement et l’idéologie LGBT, les catholiques ne peuvent pas voter pour lui, affirme Mgr Viganò :
Ce qui est clair, c’est que les catholiques ne peuvent pas voter pour un homme politique « catholique » qui ne met pas en pratique l’intégrité de la doctrine de l’Église, la hiérarchie peut encore moins l’approuver. Le soi-disant catholique Joe Biden, qui soutient l’avortement par naissance partielle, c’est-à-dire l’infanticide, et qui, avant même Obama, soutenait l’idéologie du genre et a célébré le « mariage » de deux hommes, n’est pas catholique.
Une question se pose naturellement, si les catholiques ne peuvent pas voter pour un faux catholique comme Joe Biden, peuvent-ils davantage voter pour un non catholique comme Donald Trump, qui ne souscrit pas à toute la doctrine de l’Église (comme la reconnaissance de la primauté de cette dernière) ? La réponse, sans doute, est que les catholiques américains devraient voter pour le moins mauvais des deux, et dans ce cas je pense que ce sera Trump, car il défend l’enfant à naître.