Des passeports pour Chen Guangcheng et sa famille d'ici 15 jours?
Une nouvelle parue sur le site du journal La Voix de l'Est du 17 mai 2012:
L'imbroglio diplomatique entre Pékin et Washington semblait en passe d'être réglé jeudi, Chen Guangcheng ayant effectué les formalités pour obtenir les passeports qui devraient lui permettre de quitter la Chine pour les États-Unis avec sa famille dans les deux semaines.
«Des responsables sont venus hier (mercredi). Nous avons rempli les formulaires de demande de passeport pour moi, ma femme et mes enfants», a dit le militant aveugle joint au téléphone par l'AFP à l'hôpital de Pékin où il se trouve depuis son départ de l'ambassade des États-Unis où il s'était réfugié.
«Ils ont dit que les passeports devraient être prêts d'ici 15 jours», a-t-il ajouté, donnant ainsi la première indication que son départ en exil était toujours à l'ordre du jour.
Ce champion de la lutte contre la politique chinoise de l'enfant unique, impliquant stérilisations et avortements forcés, avait provoqué une crise diplomatique en se réfugiant à l'ambassade des États-Unis à Pékin après s'être évadé fin avril de sa résidence surveillée de la province du Shandong (est) dans des conditions rocambolesques.
Chen avait quitté la mission américaine début mai au bout de six jours, alors que la secrétaire d'État Hillary Clinton se trouvait à Pékin, une concomitance malencontreuse pour les diplomaties américaine et chinoise.
Un accord entre Pékin et Washington avait ensuite été obtenu après d'âpres négociations, la Chine acceptant de donner «au plus vite» à Chen Guangcheng et à sa famille des passeports pour qu'ils puissent partir, et Washington de leur délivrer tout aussi rapidement des visas.
Mais depuis, l'avocat autodidacte aveugle n'avait rencontré qu'une seule fois, le 7 mai, les responsables chinois de l'émigration. Rien n'avait apparemment bougé pour lui permettre, avec sa femme et ses deux jeunes enfants, de partir aux États-Unis, où Chen a reçu une proposition de bourse de l'Université de New York pour étudier le droit.
«Les responsables gouvernementaux ne sont pas venus (depuis une semaine). Je ne comprends pas pourquoi c'est retardé», avait dit Chen lundi à l'AFP, «c'est peut-être pour sauver la face».
Chen a également déclaré à l'AFP jeudi que les autorités lui avaient promis d'enquêter sur les accusations d'homicide volontaire pesant sur son neveu Chen Kegui, qui avait blessé un responsable local ayant fait irruption chez lui en pleine nuit -sans le tuer toutefois.
Depuis son évasion, Chen a accusé les autorités locales de se venger sur les membres de sa famille restés dans son village de Dongshigu, y compris en début de semaine dans un appel téléphonique au Congrès américain.
L'organisation Défenseurs des droits de l'homme en Chine (CHR), a affirmé que la police avait torturé Chen Guangfu, frère aîné de Guangcheng et père de Kegui, fin avril.
Ils «ont menotté Chen Guangfu et lui ont attaché les jambes, et ensuite lui ont fouetté les mains avec une ceinture en cuir, l'ont frappé aux côtes et lui ont sauté très fort sur les pieds», a expliqué la CHRD tard mercredi dans un communiqué.
Chen Guangfu reste placé sous un «strict contrôle» et ne peut entrer en contact avec d'autres membres de sa famille, dont de nombreux sont également surveillés, ajoute l'organisation.
Deux avocats ont tenté mercredi de rendre visite en prison à Chen Kegui, mais «ils n'ont pas été autorisés par la police à le voir», a déploré Chen.
En attendant son passeport, l'un des plus célèbres dissidents chinois est de facto en résidence surveillée à l'hôpital de Pékin où il est soigné pour des fractures au pied, stigmates de son évasion de son village du Shandong.
Avec sa femme, son garçon de neuf ans et sa fille de six ans également confinés, il se retrouve dans la même situation que lors des 20 mois qu'il vient de passer en résidence surveillée, les violences physiques en moins.
Auparavant, il avait été emprisonné quatre ans, jusqu'en septembre 2010, pour son combat contre les abus de la politique de l'enfant unique en Chine et des expropriations.
Chen Guangcheng aurait la possibilité de quitter le pays avec sa famille à une date indéterminée...
Sur le site du journal La Presse du 4 mai 2012:
Le militant des droits civiques Chen Guangcheng devrait pouvoir obtenir rapidement un passeport et un visa américains pour gagner les États-Unis avec sa famille, mettant un terme à une crise ouverte lorsqu'il s'était réfugié à l'ambassade des États-Unis la semaine dernière.
«Le gouvernement chinois a indiqué qu'il allait accepter la demande de M. Chen d'obtenir les documents de voyage appropriés», a déclaré la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland.
«Les États-Unis s'attendent à ce que le gouvernement traite rapidement sa demande» concernant ces documents, «les États-Unis accorderont alors une attention prioritaire à sa demande de visa et à celle de sa famille proche», a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Mme Nuland a indiqué que Chen Guangcheng avait reçu une offre de bourse de la part d'une université américaine, où il pourrait se rendre accompagné par sa femme et ses deux enfants.
Afin de ménager une sortie de crise honorable à la Chine, qui a exigé des États-Unis des excuses pour avoir hébergé le militant dans leur ambassade, le communiqué américain n'avance pas de date pour le départ du dissident, et ne mentionne aucune assurance ferme donnée par Pékin.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait estimé en fin d'après-midi que des «progrès» avaient été accomplis sur la situation de Chen Guangcheng.
L'affaire de cet avocat aveugle pourfendeur des avortements forcés a provoqué une crise dans les relations entre les États-Unis et la Chine, réunis vendredi à Pékin pour le deuxième et dernier jour de leur «dialogue stratégique et économique» annuel.
À l'issue de cette rencontre, Mme Clinton a souligné que les droits de l'Homme étaient «essentiels dans tous les pays».
«Nous abordons les cas individuels et les situations spécifiques chaque fois que c'est nécessaire», a ajouté le chef de la diplomatie devant des dirigeants chinois.
Le conseiller d'État chinois Dai Bingguo a rétorqué que la question des droits de l'Homme «ne devrait pas être utilisée pour s'ingérer dans les affaires intérieures» d'un pays ni «perturber les relations d'État à État».
Peu avant, le ministère chinois des Affaires étrangères avait indiqué que s'il voulait «étudier à l'étranger», Chen Guangcheng pouvait «comme les autres citoyens chinois, déposer une demande auprès des autorités compétentes par la procédure habituelle».
Vendredi matin, ce militant avait déclaré à l'AFP, de son lit d'hôpital à Pékin, qu'il était «en grand danger». Il avait ajouté espérer que le gouvernement allait «honorer les engagements signés entre la Chine et les États-Unis pour garantir (ses) droits de citoyen».
«Ma situation est très, très critique», avait-il estimé.
Un peu plus tôt, Chen Guangcheng s'était adressé directement au téléphone au Congrès américain qui avait organisé une audition sur son cas, appelant sur son téléphone portable un militant associatif, Bob Fu, présent à la réunion.
Chen Guangcheng, avocat autodidacte, s'est dit très inquiet pour la sécurité de sa mère et de son frère, restés dans son village du Shandong (est) et dont il n'a pas de nouvelles.
Ce militant est hospitalisé pour une blessure au pied - résultat de sa fuite le 22 avril de sa maison où il était en résidence surveillée.
Un avocat chinois venu lui apporter son soutien, Jiang Tianyong, a été emmené par la police jeudi soir et battu de telle sorte qu'il «est maintenant sourd d'une oreille et n'entend presque rien de l'autre», a déclaré à l'AFP son épouse, Jin Bialing.
Champion de la lutte contre les avortements forcés, Chen s'était réfugié à l'ambassade des États-Unis la semaine dernière après s'être évadé de chez lui, au nez à et à la barbe de dizaines de gardes qui le maintenaient en résidence surveillée depuis plus d'un an et demi.
Il avait quitté la mission américaine mercredi, ayant obtenu des assurances pour sa sécurité et celle de ses proches en Chine.
Mais après ses retrouvailles avec son épouse et ses amis, Chen Guangcheng a déclaré qu'il voulait quitter son pays, craignant des représailles contre lui-même et ses proches s'il restait en Chine.
Tant que les projecteurs des médias sont sur lui, Chen Guangcheng a une chance de s'en tirer. Mais s'il ne quitte le pays et que les caméras des journalistes disparaissent, comment ne pourrait-il connaître un sort pire que son ami avocat?
Chen Guangchen aurait quitté l'ambassade américaine en raison de menaces de ne plus revoir sa famille
Sur le site du journal "La Voix de l'Est" du 2 mai 2012:
Selon ses proches, Chen Guangcheng a quitté l'ambassade des États-Unis mercredi sous le coup de menaces de représailles contre sa famille, qui aurait effectivement été renvoyée dans le Shandong (est) si le militant chinois des droits civiques s'y était maintenu, a reconnu Washington.
«La décision de Chen de quitter l'ambassade des États-Unis a été prise à contre-coeur à cause d'une menace contre les membres de sa famille rapprochée faite par le gouvernement chinois», a déclaré dans un communiqué Bob Fu, le président de l'association China Aid, citant «des informations de source fiable».
«Nous sommes très inquiets de ce triste développement si ces informations sur son départ involontaire de l'ambassade sont correctes», a réagi M. Fu, qui dit avoir reçu des appels du secrétaire d'État adjoint américain Mike Posner «réitérant l'engagement américain pour la sécurité et la liberté de la famille de M. Chen» pris par la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.
Bob Fu ajoute que Chen Guangcheng «est actuellement admiré par le monde entier, ce qui va peut-être assurer sa sécurité à court terme, mais je crains ce qui pourrait se passer si le monde se désintéresse de son cas».
Zeng Jinyan, l'épouse du militant des droits de l'Homme Hu Jia, a quant à elle affirmé sur son compte Twitter que «Guangcheng ne voulait pas quitter l'ambassade, mais il n'avait pas le choix. S'il ne l'avait pas quittée,son épouse Yuan Weijing aurait immédiatement été renvoyée dans le Shandong.»
Mme Yuan «m'a dit: Jinyan, j'ai peur», a ajouté Mme Zeng, dont le mari Hu Jia est un proche ami de Chen Guangcheng.
«Ses interlocuteurs américains ont dit à M. Chen que des responsables chinois leur avaient indiqué que s'il choisissait de rester dans l'ambassade, sa famille serait renvoyée dans le Shandong et perdrait la possibilité de négocier une réunification», a reconnu dans un communiqué la porte-parole du département d'État Victoria Nuland.
Mais «à aucun moment un responsable américain n'a parlé à M. Chen de menaces juridiques ou physiques contre sa femme et ses enfants, et les responsables chinois ne nous ont pas formulé de telles menaces», a précisé Mme Nuland.
«À chaque fois qu'il en avait la possibilité, (Chen Guangcheng) a exprimé son désir de rester en Chine et de poursuivre sa formation et son travail pour réformer son pays. Tous nos efforts diplomatiques étaient destinés à le mettre dans la meilleure situation possible pour atteindre ses objectifs», a encore dit la porte-parole américaine.
L'avocat aveugle avait dénoncé la semaine dernière dans une vidéo les sévices qui lui ont été infligés, ainsi qu'à ses proches, durant sa résidence surveillée dans le Shandong (est).
Le secrétaire d'État adjoint américain Kurt Campbell, venu plus tôt que prévu à Pékin cette semaine pour dénouer l'affaire Chen Guangcheng, a également nié que Chen ait quitté l'ambassade sous la menace.
«J'étais là. Chen a pris la décision de quitter l'ambassade après avoir appris que sa famille était en sécurité et l'attendait à l'hôpital. L'ambassadeur (américain Gary) Locke lui a demandé deux fois s'il était prêt à partir. Il a dit Allons-y. Nous étions tous témoins de sa décision, il nous a donné l'accolade et nous a tous remerciés», a détaillé le responsable américain.
Afin de faire la lumière sur les circonstances du départ de M. Chen de l'ambassade, China Aid a appelé les gouvernements chinois et américain à publier les détails de leurs négociations sur son cas.
On peut remercier et se préparer à aller vers le sacrifice de sa vie, pour tenter de sauver sa famille. Ce "allons-y" signifiait-il qu'il était prêt à aller prendre sa croix?
Qui peut faire confiance au gouvernement chinois pour respecter les droits humains? Hilary Clinton et l'administration américaine seront directement responsables si le dissident contre la politique de l'enfant unique et sa famille étaient victimes de nouveaux sévices.
Chen Guangcheng demeure en Chine
Qu'arrivera-t-il au dissident chinois, luttant contre l'avortement forcé et la stérilisation obligatoire? Son pays affirme qu'il sera placé dans un endroit "sûr" et que sa sécurité est garantie. Espérons que la Chine ne fait pas le même genre de promesse que l'URSS lorsqu'elle attirait les Russes enfuis à l'étranger pour un retour au pays. Ce retour fut sanglant pour plusieurs... Le journal La Presse du 2 mai 2012 nous apporte cette information:
La Chine a garanti la sécurité du militant Chen Guangcheng qui n'a pas demandé l'asile politique à l'ambassade des États-Unis où il s'était réfugié, a annoncé mercredi un responsable américain, peu après l'arrivée à Pékin de la secrétaire d'État Hillary Clinton.
Mais le ministère chinois des Affaires étrangères a exigé des excuses des États-Unis pour avoir accueilli ce militant des droits civiques dans leur mission diplomatique pendant six jours. Un responsable américain, qui a requis l'anonymat, a simplement indiqué que l'incident ne se «reproduirait» pas.
La crise provoquée par l'évasion de l'avocat autodidacte aveugle, le 22 avril, de la résidence très surveillée où il était assigné dans le Shandong (est) depuis 19 mois, a ainsi été opportunément réglée juste avant les discussions, jeudi et vendredi à Pékin, du «dialogue stratégique et économique» entre les deux puissances.
Les discussions sur l'économie et les grands dossiers internationaux de cette rencontre prévue de longue date menaçaient d'être sérieusement compliquées par la présence du dissident chinois dans les locaux de l'ambassade des États-Unis.
Ni Washington ni Pékin n'avaient officiellement reconnu que Chen Guangcheng se trouvait dans la mission diplomatique américaine, comme l'affirmaient depuis plusieurs jours les amis de ce militant pourfendeur des abus de la politique de l'enfant unique. Une affaire très embarrassante pour les deux pays.
Le gouvernement chinois a garanti à Chen Guangcheng un endroit «sûr» pour rester en Chine, a annoncé un responsable américain.
Ce responsable, qui a souhaité l'anonymat, a ajouté que M. Chen n'avait pas demandé à quitter son pays, où il était jusqu'à son évasion soumis, ainsi que ses proches, à de mauvais traitements des autorités locales, selon une vidéo qu'il a adressée la semaine dernière au premier ministre Wen Jiabao.
Auparavant, l'agence officielle Chine nouvelle avait annoncé que Chen avait quitté l'ambassade «de son plein gré», et le responsable américain qu'il allait dans un hôpital et serait «réuni avec sa famille».
Chen a été examiné à l'Hôpital de Chaoyang, au coeur de Pékin, où se trouvait également l'ambassadeur des États-Unis Gary Locke -selon des messages sur weibo, équivalent de Twitter en Chine- et une foule de journalistes.
Hillary Clinton a téléphoné au militant chinois des droits civiques qui lui a dit: «Je voudrais vous embrasser», a également rapporté le responsable américain.
Si la crise autour de Chen semblait avoir trouvé une issue, la Chine a accusé, en termes très durs, les États-Unis.
«Il faut souligner que l'ambassade des États-Unis en Chine a employé des moyens anormaux pour introduire le citoyen chinois Chen Guangcheng dans l'ambassade. La Chine en est très mécontente», a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin.
«Cette façon d'agir des États-Unis constitue une ingérence dans les affaires intérieures chinoises inacceptable par la Chine», a-t-il poursuivi.
«La Chine exige des excuses pour cette affaire ainsi qu'une enquête approfondie, des sanctions contre les responsables et la garantie que ce genre d'affaires ne se reproduira pas», a encore dit M. Liu.
Le quotidien officiel Global Times avait été le premier organe de presse chinois mercredi matin à rompre le silence de la presse sur l'affaire: il a estimé dans un éditorial que «les relations sino-américaines ne devraient pas être affectées par l'incident».
Les planificateurs familiaux chinois continuent les avortements forcés et autres crimes contre l'humanité
On entend toujours peu de dénonciations de ces pratiques barbares. Elles sont tolérées voire encouragées par les instances internationales de plannification familiale.
Gènéthique.org nous rapporte cette nouvelle:
"Dans le rapport de 2005, de nombreux témoignages avaient été recueillis. Certaines femmes, enceintes malgré les quotas imposées localement, racontent leur fuite. Pourchassées à travers le pays, elles se cachent. Leurs proches sont séquestrés, violentés et doivent payer des sommes considérables pour être libérés. Celles qui sont arrêtées sont avortées de force, peu importe si la grossesse est déjà proche du terme. Les femmes sont aussi contraintes de se faire ligaturer les trompes, emmenées de force à l’hôpital, elles subissent l’opération malgré leur refus."
(...)
A Linyi, les slogans du planning familial ne dissimulent pas cette violence : "Posez un anneau de contraception après le premier enfant. Faites-vous ligaturer après le deuxième enfant. Sinon la loi sera appliquée" ; "Faites-le sortir en frappant et en l’avortant. Empêchez-le par tous les moyens de naître" ; "Mieux vaut dix tombes fraîches qu’un enfant de trop", etc.
Qui a le pouvoir d'arrêter la Chine, ou la volonté de le faire?
Dans la Chine de l'enfant unique, les lendemains qui déchantent...
Un article paru dans la Revue Marianne du 12 octobre 2011, fait état des quelques conséquences négatives de la politique totalitaire de l'enfant unique. Les problèmes pour la Chine sont à venir, pour ne pas dire l'avenir...