Affaire Savita Halappanavar: sur une mort causée par un avortement refusé?
Sur le blog de Jeanne Smits du 2 avril 2013:
(L'affaire Savita a été rapidement récupérée pour tenter de faire croire que la cause de sa mort serait un refus d'avortement.)
L'affaire de la jeune maman d'origine indienne morte en Irlande à l'occasion d'une fausse couche septique prend un nouveau tour avec la publication du rapport provisoire final qui détaille les circonstances du décès de Savita Halappanavar au Galway University Hospital en octobre dernier. Cette affaire, longuement commentée sur ce blog, ouvre la porte à une légalisation partielle de l'avortement dans ce pays qui par ailleurs présente l'un des taux de mortalité maternelle les plus bas du monde.
Ce que l'on en sait nous vient de l'avocat du veuf de Savita, qui a depuis le départ concouru à l'opération visant à rendre la loi anti-avortement en Irlande responsable de la mort de son épouse : cela reste donc sujet à caution.L'Irish Times, toujours sous la plume de la journaliste Kitty Holland qui est impliquée dans la lutte pro-avortement, rapporte que le rapport attribue la mort de Savita à une erreur d'appréciation des médecins et personnels médicaux qui ont « apparemment » trop mis l'accent sur le bien-être du fœtus et pas assez sur celui de la patiente.Mais il apparaît surtout que l'hôpital n'a pas fait le travail de suivi nécessaire sur la jeune femme qui présentait déjà, le dimanche soir à son premier passage, un taux de globules blancs élevé qui indiquait la présence d'une infection. A ce moment-là le médecin avait déjà refusé de tenté de recoudre le col de l'utérus de la patiente pour prévenir la fausse couche, jugeant qu'il n'y avait aucun moyen de l'arrêter, selon des indications données par la presse le mois dernier.Les signes vitaux de Mme Halappanavar ont été insuffisamment suivis et ce n'est que le mercredi, alors que son état de santé empirait terriblement, que des prises de sang supplémentaires ont été effectuées et elle n'a été transférée vers le service compétent pour lutter contre l'infection qu'après la cessation du battement du cœur de son enfant. Ce même mercredi, l'équipe médicale avait envisagé un avortement mais n'avait pas donné suite, selon le rapport. En état de choc septique, Savita est morte le vendredi 28 octobre 2012.Praveen Halappanavar n'est pas satisfait : il estime que le rapport n'indique pas que l'absence d'avortement – réclamé selon lui par sa femme et par lui-même dès le lundi lors de son admission à l'hôpital – est responsable de la mort de son épouse.Ce qui apparaît clairement, en revanche, c'est que le traitement antibiotique qu'il aurait fallu administrer d'emblée n'a pas été donné, et – s'il faut en croire des fuites du rapport publiées par la presse en février –cela était dû non au choix préférentiel en faveur du fœtus qui vu son âge n'avait pas de chance de survivre mais au mauvais jugement de médecins inexpérimentés et débordés et à une cascade de mauvais suivis et transmissions d'informations, (...)
Plus de détails sur l'affaire Saavita...
Sur le blog de Jeanne Smits du 3 décembre 2012:
(à droite, la journaliste Kitty Holland qui a fait connaître l'histoire à la planète)
(...)Praveen Halappanavar n'a cessé d'affirmer que vu son état, sa femme, Savita, dentiste, avait à plusieurs fois réclamé l'avortement et que cela lui avait été refusé tant que le cœur de son bébé battait encore au motif que « l'Irlande est un pays catholique ». De retour dans son pays, il a déclenché une campagne massive visant à montrer que l'état de Savita s'est empiré jusqu'à devenir désespéré parce qu'elle n'a pas bénéficié de l'avortement, refrain repris par les groupe abortistes et féministes irlandais qui réclament la modification de la loi afin que la mise à mort de l'enfant à naître soit possible si la vie de la mère est menacée. Et ce alors que l'Irlande se prévaut d'un des taux de mortalité maternelle les plus bas au monde.
Selon des éléments « fuités » du dossier médical de Savita par Praveen et son avocat la demande d'avortement n'y figurerait pas. Kitty Holland a expliqué, pour se défendre, qu'il se peut bien que les demandes d'avortement ne soient jamais consignées dans les dossiers médicaux des maternités irlandaises, mais en tout cas le doute est là et elle ne va pas jusqu'à se porter garant de l'existence de cette demande. Elle a également avoué que Praveen Halappanavar lui avait dit « à un moment » que sa femme n'avait reçu que des antalgiques, et pas du tout d'antibiotiques…
Kitty Holland a dû également s'expliquer sur les différences entre son premier article, publié le 14 novembre dans l'Irish Times, et celui qu'elle a écrit pour The Observer trois jours plus tard. Dans le deuxième, elle affirme explicitement : « Le fait que le refus d'avortement opposée à Savita ait joué un rôle dans sa mort reste à établir. » Pourquoi ne pas avoir dit cela d'emblée, lui demande Coleman. Réponse embarrassée : « Je ne faisais que citer les inquiétudes du mari, Praveen. Et à aucun moment… Je veux dire… vous savez que cela a été suggéré dans le titre, qu'évidemment je n'ai pas écrit. Vous savez, “on lui a refusé l'avortement” était entre guillemets. Mmm… Mais vous avez que je rapportais les préoccupations du mari, ce dont il a dit que cela le préoccupait et ce dont il a dit que cela s'était passé à l'hôpital. »
Et de rejeter la faute de l'interprétation qui a été faite de son papier dans le « monde entier » sur le « public » qui a « inféré » que la mort de Savita était due à l'absence de l'avortement. C'est oublier un peu vite que les manifestations demandant la légalisation de l'avortement avaient été annoncées à mots couverts plusieurs jours avant la publication de l'article de Kitty Holland au réseau des militants pro-avortement.(...)
Et le gouvernement irlandais qui veut profiter de la situation pour légaliser l'avortement...
Le journaliste qui a fait connaître l’histoire de Savita l’admet : il peut n’y avoir eu aucune demande pour un avortement
par Hilary White (traduction CQV)
DUBLIN,3 décembre 2012 (LifeSiteNews.com) — Kitty Hollande, la journaliste de l’Irish Times qui a révélé l'affaire de la mort de Savita Halappanavar, qui a lancé une croisade mondiale contre les lois pro-vie de l'Irlande, a admis que l'histoire de Mme Halappanavar demandant un avortement a peut-être été un peu « confuse », et qu’il n'y a peut-être pas eu une telle demande après tout.
Dans une interview ce week-end sur Newstalk 106, Mme Hollande semblait énervée et sur la défensive, retournant le blâme pour ce scandale sur le mari de Mme de Halappanavar, Praveen. Lorsque l’interviewer radio Marc Coleman de Newstalk 106 , lui demanda : « Vous êtes satisfaite de ce qu'il ait fait une demande d’avortement? » Hollande a répondu : « Oh, je ne suis pas satisfaite de quoi que ce soit. »
« Je suis satisfaite de ce qu'il m'a dit, » dit-elle, « mais j'attends autant que n'importe qui d'autre l'enquête et ses conclusions. Je ne peux rien dire avec certitude. Qui sait ce qui va sortir de cette enquête? Ils peuvent revenir et dire qu'elle est venue avec une maladie qu’elle avait attrapée à l'extérieur de l'hôpital avant même qu'elle n’y arrive, et qu’il n'y avait pas de demande d’avortement. »
(...)