Les avortements sélectifs comme prémices au viols collectifs en Inde...
Sur le site de euronews.com du 8 mars 2014 :
(Plus de jeunes garçons que de filles en Inde...)
(Photo : fargomeD sur wikimedia.org, licence creative commons)
“Beaucoup de crimes sexuels en Inde se produisent en raison de nombre moins important de filles que de garçon dans le pays. Les jeunes garçons ne sont pas en mesure de se marier, en particulier dans le nord de l’Inde. Le fœticide féminin et I’infanticide de filles sont en cause”, explique Rishi Kant, militant pour le droit des femmes.
En effet, d’après le recensement de 2011, l’Inde compterait 37 millions d’hommes de plus que de femmes. Le pays a l’un des ratios hommes-femmes les plus déséquilibrés au monde.
Ce déséquilibre est dû en partie aux avortements sélectifs de fœtus féminins. La loi de 1994 interdisant le diagnostic prénatal pour connaître le sexe de l’enfant n’est pas vraiment respectée et naître fille en Inde est un handicap.
Il y a eu douze millions d’avortements de fœtus féminins au cours des trois dernières décennies, en Inde, selon le Centre de recherche en santé mondiale de Toronto.
Ce n'est pas le diagnostic prénatal qu'il faut interdire, mais l'avortement.
Entre 1500 et 4700 filles victimes de l'avortement sélectif en Grande-Bretagne
Sur le site elle.fr du 17 janvier 2014:
(Photo : Cyril Plapied sur flickr.com, licence creative commons)
En Angleterre et au Pays de Galles, il « manquerait » entre 1 400 et 4 700 filles, selon les chiffres du dernier recensement britannique. La raison ? Des avortements sélectifs de plus en plus fréquents, révèle une enquête de « The Independant », reprise par le site du « Figaro ». Un constat qui inquiète les autorités européennes.
Combien au Québec et au Canada?
Un nouvel article sur l'avortement sélectif : le cas des Balkans et du Caucase
Sur le site du journal La Presse du 11 décembre 2013 :
(Drapeau de l'Azerbaïdjan)
(Photo : erjkprunczyk sur flickr.com, licence creative commons)
L'avortement sélectif de filles, un phénomène habituellement associé à l'Asie, touche aussi certains pays d'Europe orientale et du Caucase, où le déséquilibre entre filles et garçons à la naissance dépasse parfois celui de l'Inde, souligne un rapport publié par l'Institut français d'études démographiques (INED).
(...)
C'est en Azerbaïdjan, selon le rapport, que le déséquilibre est le plus élevé (proche de 117), ce qui en fait le deuxième pays après la Chine en termes d'importance de l'écart entre les sexes à la naissance.
(...)
117 garçons pour 100 filles, et c'est pire en Chine...
UNICEF : la branche Suisse renie l'héritage de l'organisme et veut combattre l'avortement des enfants à naître de sexe féminin
Le site les observateurs.ch rappelle la politique de l'Unicef qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui :
(photo : andrejdwin sur flickr.com, licence Creative commons)
Nonobstant d'innombrables dénégations, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, l'UNICEF, a soutenu régulièrement, au cours de trois dernières décennies, divers programmes d'accès à l'avortement dans les pays du Tiers-Monde sous prétexte, notamment, de santé sexuelle.
Dès la fin des années 80, l'UNICEF encourage de multiples projets de soutien à l'avortement en Afrique. Dès 1996, il se retrouve, dans divers documents de l'ONU, aux côtés de l'OMS, d'ONUSIDA et, surtout, du Fond des Nations-Unies pour la Population, financé, entre autres, par la Suisse et à l'origine des politiques forcées de planning familial telles que pratiquées en Inde ou en Chine (source).
À lire absolument, la suite de cet excellent article, en cliquant ici.
Unicef Suisse, par sa nouvelle politique, combat l'option en faveur de l'avortement de l'organisme international. Le discours a maintenant changé. Sur le site suisse de l'Unicef on peut lire ce discours à l'opposé de ce que l'on peut entendre encore aujourd'hui dans des organismes comme Amnistie Internationale et sa campagne dégoûtante intitulée J'aime mon corps. J'aime mes droits. Pour le respect des droits sexuels et reproductifs. Voici des extraits de ce discours :
Des millions de filles meurent aujourd’hui encore pour une unique raison: leur appartenance au sexe féminin.
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Dans diverses parties du monde, les filles n’ont pas la moindre chance. Chaque année, les filles et les femmes sont entre 1.5 et 3 millions à perdre la vie en raison de la violence dirigée contre le sexe féminin et des négligences de tout ordre
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Selon les estimations de l’UNICEF, plus de 100 millions de filles et de femmes ne seraient plus en vie en raison de pratiques discriminatoires
(...)
Tandis que les petites filles meurent précocement en Inde pour cause de négligence, de privation de nourriture, de soins médicaux trop tardifs ou d’infanticide, elles sont éliminées en Chine avant même de naître.
(...)
L’UNICEF attire l’attention sur le «manque» de filles et invite à combattre l’injustice à l’encontre des filles. Dans le cadre de la campagne de cette année, neuf chanteuses suisses élèvent la voix contre la violence infligée aux filles: BigZis, Emel, Heidi Happy, Francine Jordi, Anna Känzig, Lyn M., Eliane Müller, Angie Ott et Sina interprètent ensemble la chanson «Echo». Cette chanson évoque le moment angoissant de la naissance, quand la mère apprend que c’est une fille. Elle décrit l’absence d’un membre de la famille et la façon dont la famille refoule cette réalité. Et elle s’interroge sur ce que les filles manquantes auraient pu devenir si elles vivaient. Le refrain rappelle que les filles ont disparu pour toujours et qu’il ne reste d’elles qu’un souvenir diffus, un écho qui résonne. (...)
Unicef Suisse fait un pas dans la bonne direction. Maintenant espérons que cette prise de conscience n'est qu'un début et qu'elles pourront conserver le même discours tout en remplaçant le terme fille par enfant. Imaginons le même texte : Cette chanson évoque le moment angoissant de la naissance, quand la mère apprend que c’est un enfant. Elle décrit l’absence d’un membre de la famille et la façon dont la famille refoule cette réalité. Et elle s’interroge sur ce que les enfants manquants auraient pu devenir si ils vivaient. Le refrain rappelle que les enfants ont disparu pour toujours et qu’il ne reste d’eux qu’un souvenir diffus, un écho qui résonne. (...)
Il ne peut y avoir, comme ce fut le cas pour l'abolition de l'esclavage, qu'une prise de conscience planétaire progressive de l'humanité de l'enfant à naître. Écoutez les deux vidéos pour la préparation de la chanson que l'on retrouve sur le site d'Unicef.ch. C'est très encourageant d'entendre les commentaires des chanteuses.
Et surtout regardez la vidéo de cet chanson. Pour une prise de conscience mondiale. Avisez Amnistie Internationale de votre région de regarder la vidéo...
POUR VOIR CETTE VIDÉO CLIQUEZ ICI.
Inde : un ratio de 8 filles pour 10 hommes à Delhi
Sur le site de agoravox.fr du 4 novembre 2013 :
(Delhi)
(Photo : rakjumart1220 sur flickr.com, licence Creative Commons)
(...)
Pratiqué depuis de longues années voire de trop longues années, le foeticide des filles est un avortement pratiqué par les gynécologues à la demande des familles dès lors que le sexe féminin du bébé est confirmé. Peu importe le nombre de mois de grossesse ! Cet avortement peut par exemple avoir lieu le 8ème mois d’une grossesse sans que personne y compris les médecins ne semble s'en offusquer !
Ainsi, près d’un million de fœtus féminins sont avortés chaque année en Inde, les filles étant considérées comme un fardeau économique par leurs parents, qui doivent s’acquitter d’une dot pour les marier.
Ces avortements sélectifs dans toute l’Asie, représenteraient une « pénurie » de 163 millions de femmes ! Selon l’ONU, rien qu’en Inde, 60 millions de femmes sont manquantes. Des chiffres à donner le tournis !
Quel Avenir pour ces pays ?
L’Inde qui compte un peu plus d’ 1 milliard d’habitants, le sexe ratio national est de 927 filles pour 1000 garçons. Ce chiffre chute autour de 800 à Delhi et particulièrement dans les quartiers les plus riches de la capitale. Car effectivement, ce phénomène ne touche pas uniquement les familles pauvres des campagnes les plus reculées de l’Inde comme on aurait pu le penser ! Le taux de foeticides des filles chez les riches est encore plus élevé !
De plus, une étude a même démontré que quand il s’agit d’un troisième enfant, seules 219 filles naissaient pour 1000 garçons.
Avec de tels ratios, on compterait 30 M d’hommes de trop ! Ce qui expliquerait en partie la recrudescence de viols, d’enlèvements, agressions pour satisfaire ce trop plein d’hommes !
Mobilisation contre les foeticides des filles
En Inde, l’avortement est légal depuis 1971, mais face au détournement de la technique pour la sélection du genre, le gouvernement a fait voter le PNDT Act (Pre-Natal Diagnostic Technique Act) en 1994 qui interdit aux médecins de révéler le sexe du fœtus. En cas d’avortement, les cliniques et les hôpitaux doivent en informer les autorités.
Malheureusement, cette dernière mesure n’est pour ainsi dire pas appliquée. .
Et les « campagnes d'éducation » font bien rigoler, mais ne changent rien...
Les avortements sélectifs autorisés en Australie et au Royaume-Uni
Sur le site de Nouvelles de France du 10 octobre 2013 :
La British Medical Association (BMA) a indiqué aux médecins britanniques qu’« il peut y avoir des circonstances où l’interruption de la grossesse sur la base du sexe du fœtus est légale ». Dans les conseils délivrés par l’association, il est précisé qu’« il est normalement contraire à l’éthique d’interrompre une grossesse uniquement en raison du sexe du fœtus » mais que « les vues de la femme enceinte sur les conséquences du sexe du fœtus sur sa situation et sur celle de ses enfants existants doivent toutefois être prises en considération. Dans certaines circonstances, les médecins peuvent arriver à la conclusion que ces conséquences sont suffisamment grave pour justifier légalement et éthiquement une interruption ».
Ces nouvelles directives font suite à la décision du procureur général (DPP) anglais d’abandonner les poursuites contre deux médecins qui avaient été filmés en caméra cachée par le Telegraph alors qu’ils acceptaient de procéder à des avortements en raison du sexe de l’enfant. Si des députés britanniques ont été scandalisés par cette décision, la loi britannique sur l’avortement n’interdit pas expressément les IVG motivées par le sexe de l’enfant et la limite tardive pour les avortements à la demande permet aux parents de connaître le sexe de leur enfant bien avant la fin du délai légal pour se faire avorter sans raison médicale. La Grande-Bretagne autorise en effet les avortements jusqu’à la 24e semaine de grossesse, ce qui est le délai le plus tardif autorisé en Europe et alors que dans d’autres pays on arrive même à sauver certains enfants prématurés nés à la 24e semaine de grossesse. En théorie, il s’agit d’avortements réalisés pour préserver la santé mentale de la mère mais les statistiques britanniques montrent que la quasi-totalité des plus de deux cent mille avortements annuels réalisés chaque année dans le pays le sont en raison de la situation socio-économique de la mère ou des parents. Une situation censée faire peser des risques sur la santé mentale de la mère, de même qu’aujourd’hui le sexe de l’enfant est reconnu comme pouvant affecter la santé mentale de la famille de l’enfant conçu.
(...)
Parallèlement, en Australie, le docteur Mark Hobart, un médecin ouvertement pro-vie qui a refusé de diriger vers un autre médecin un couple demandant un avortement en raison du sexe de leur enfant fait aujourd’hui l’objet d’une enquête des autorités et il pourrait se voir interdire l’exercice de la médecine. (...)La sélection des enfants en fonction du sexe, qui se fait principalement à l’encontre des petites filles, ne semble pas pour autant faire réagir les féministes alors qu’on croyait jusqu’ici ce phénomène plutôt réservé à des pays comme la Chine ou l’Inde. Une situation qui illustre bien la position des féministes occidentales, ce sont ces membres de l’organisation d’extrême-gauche Femen qui interrompaient avant-hier la session du parlement espagnol en agitant leurs mamelles taguées aux cris de « L’avortement est sacré ! ».
Le Parlement européen dénonce l'avortement sélectif
Sur le site de canoe.ca du 8 octobre 2013 :
(Des survivantes au «massacre de masse systématique» des enfants du monde entier.)
Le Parlement européen s'est élevé mardi contre l'avortement sélectif des foetus féminins, un fléau qui sévit principalement en Asie.
Un rapport, demandant notamment aux institutions européennes d'exiger l'éradication de cette pratique lors de négociations concernant l'aide humanitaire avec des pays tiers, a été approuvé par 567 voix contre 37.L'élimination des filles avant leur naissance est un phénomène toujours présent en Chine, en Inde et au Vietnam mais aussi en Albanie, en Arménie, en Azerbaïdjan et en Géorgie. En raison de ce «généricide», terme choisi par le Parlement pour désigner le «massacre de masse systématique, délibéré et sélectif» selon le sexe des personnes, la Chine comptait 113 naissances masculines pour 100 filles en 2012, a dénoncé la socialiste chypriote, Antigoni Papadopoulo, qui présentait le rapport.
Les termes sont justes, mais s'appliquent tout autant aux garçons...
Malgré la loi, le Royaume-Uni ne poursuit pas ses médecins qui pratiquent l'avortement sélectif
Sur le site de genethique.org du 9 septembre 2013 :
Le Ministre britannique de la Santé a demandé au parquet des "clarifications urgentes" sur sa décision de ne pas poursuivre deux médecins ayant accepté de pratiquer un avortement en raison du sexe féminin du foetus.C'est le Daily Telegraph qui a révélé cette affaire à la suite d'une longue enquête prouvant que des avortements sélectifs sont pratiqués dans les communautés immigrées en Grande-Bretagne. Après avoir équipé quatre femmes enceintes d'origines éthniques différentes de caméras cachées, et les avoir envoyées auprès de neuf cliniques britanniques demander un avortement au motif que le sexe de leur foetus ne leur convenait pas, deux médecins ont accepté de pratiquer un avortement masquant "l'infanticide féminin" par "raisons sociales" ou encore "trop jeune pour être mère".Malgré les preuves apportées par le quotidien anglais, le parquet a décidé de ne pas poursuivre ces médecins, d'une part "pour ne pas dissuader des médecins de pratiquer des avortements légitimes", d'autre part parce qu'aucun avortement sélectif n'a finalement eu lieu, enfin, parce que, de son point de vue, l'ordre des médecins serait plus à même de gérer "ces cas spécifiques". Une telle décision inquiète Jeremy Hunt, ministre de la santé, qui rappelle que les avortements fondés sur le choix du sexe sont "hors la loi" et "totalement inacceptables".(...) Or une enquête de l'Université d'Oxford de juin 2007 avait déjà révélé un ratio garçon-fille nettement déséquilibré chez les mères d'origine indienne qui donnent naissance à leurs enfants en Grande Bretagne, qui s'expliquerait, comme en Chine ou en Inde, par l'augmentation de l'identification prénatale du sexe et des avortements des foetus de sexe féminin qui en découlent. (...)
200 millions de filles seraient manquantes dans le monde par cause d'avortement sélectif...
Sur le site de aleteia.fr du 1er août 2013 (via Famille Chrétienne):
(Evan Grae Davis
Les Nations Unies estiment que 200 millions de filles sont "manquantes" aujourd’hui dans le monde, la majorité de l’Inde et de la Chine. Quels sont les modèles culturels et les récits individuels derrière cette statistique choquante ?Evan Grae Davis, un Américain qui possède une vaste expérience du monde en développement, a produit un film documentaire qui répond à cette question par la bouche de femmes plongées dans ces cultures et de militants faisant campagne pour elles. Dans cette interview accordée par email à Mercator Net, il a expliqué comment il en est venu à faire faire le film et ce qui doit arriver.MercatorNet: C'est un film poignant. Comment en êtes-vous venu à le faire?Evan Grae Davis: J'ai passé ces deux dernières décennies à parcourir le monde pour recueillir des histoires de personnes nécessitant une aide humanitaire, et faire le point sur le développement des ONG et des organismes sans but lucratif. Pendant tout ce temps, j'ai été témoin de beaucoup d'injustice. J'ai commencé à poser la question : quelles sont les racines culturelles et les mentalités qui permettent de telles violations des droits de l'homme à l'échelle mondiale aujourd'hui ? Je me suis mis à explorer cette question pour faire un film documentaire. Je me suis rendu avec mon équipe dans neuf pays pour recueillir des histoires pour ce film. Un des pays que nous avons visités a été l'Inde, dans l'espoir de comprendre comment la soumission et la dévalorisation des femmes pouvaient se justifier par la traditionnelle préférence culturelle pour les fils.Ce que nous avons découvert lors du tournage en Inde au sujet de l'épidémie de “filles manquantes” et des ratios garçons-filles radicalement faussés, avec pour conséquence les abus et la négligence dont sont victimes les filles, a changé la donne pour nous.Après avoir entendu les statistiques de l'ONU estimant à pas moins de 200 millions les « filles manquantes » aujourd’hui dans le monde à cause du «gendercide » (néologisme anglais désignant le fait de tuer délibérément des personnes en raison de leur genre ndt), nous avons effectué des recherches également en Chine, et nous avons été stupéfaits de voir que peu de gens semblaient être conscients de ce qui s’avérait être le plus grand problème des droits de l'homme de notre temps, et certainement la plus grande forme de violence contre les femmes dans le monde aujourd'hui. Il y avait là-bas, semblait-il, très peu de choses sur le sujet. C'est alors que nous avons décidé de consacrer le projet de film à exposer cette histoire inédite, à éduquer et mobiliser les gens pour mettre fin au « gendercide » en Inde et en Chine.(...)En Chine, la politique de l'enfant unique a contribué à l'élimination de millions de filles au cours des dernières décennies. Les fils prennent soin de leurs parents âgés, et les filles quittent leur famille pour se joindre à la famille de leur mari, comme en Inde. Donc, si une famille n'est autorisée à n’avoir qu’un seul enfant, elle est déterminée à identifier le sexe de chaque grossesse et les filles avortent systématiquement les fœtus féminins jusqu'à ce qu'elles portent un fils.Peut-être le témoignage le plus choquant dans votre film est-il celui d'une femme indienne qui a tué huit filles - et semble considérer froidement la question. Vous avez interviewé cette femme personnellement : avez-vous fini par comprendre comment elle a pu faire ça? Quelle lumière son cas peut-il jeter sur l'ensemble du problème en Inde?Me trouver debout au bord d'un champ, dans le sud de l'Inde, et écouter une mère partager avec moi comment elle avait personnellement étranglé huit de ses propres petites filles nouveau-nées, a été de loin l'interview la plus choquante et difficile. Elle a partagé cela avec moi d'un ton neutre, souvent souriant ou riant, lorsqu’elle a raconté qu’elle ne pouvait pas se permettre d’élever des filles et faisant de grandes déclarations comme quoi « les femmes ont le pouvoir de donner la vie et le pouvoir de l’enlever."Plus tard dans l'entrevue, elle a partagé une chanson sur sa situation difficile de femme et la douleur d'avoir été contrainte à un mariage arrangé, dès son plus jeune âge. Elle nous a raconté comment, à l’âge de 15 ans, elle excellait à l'école et nourrissait de grands espoirs pour son avenir, quand il a été décidé qu'elle serait donnée comme deuxième épouse au mari de sa sœur, parce que sa sœur ne pouvait pas avoir d’enfants. Son but dans la vie était de donner naissance à un fils pour son mari.(...)La politique de l'enfant unique en Chine rend la situation un peu différente là-bas, mais les femmes y adhérent-elles dans la même mesure? Avez-vous trouvé des gens qui étaient d’accord avec cette politique ?L'impression que j'ai eu en parlant avec les militants et ceux qui travaillent pour mettre fin à ce gendercide en Chine est que la nature coercitive et oppressive de la politique de l'enfant unique est extrêmement impopulaire parmi les femmes chinoises.Cependant, elles n’ont pratiquement comme seul choix que d’endurer en silence l'intrusion du gouvernement dans leur vie privée et ont que peu de recours contre la mainmise sur leurs droits reproductifs des responsables de la planification familiale. Celles qui manifestent leur désaccord ou refusent de se soumettre à cette mesure subissent des châtiments sévères, ainsi que les membres de leur famille.L'Inde est un pays démocratique et religieux, tandis que la Chine, officiellement, ne l'est pas. L'Inde possède donc une meilleure chance de rompre avec cette horrible guerre faite aux filles?La religion en Inde n’a un impact sur le gendercide que dans la mesure où certaines communautés religieuses comme les musulmans et les chrétiens ne pratiquent pas le foeticide et l'infanticide féminins au même niveau que les bouddhistes, les hindous et les sikhs. Cependant, la culture de la préférence patriarcale pour les fils, profondément ancrée, imprègne l'Inde, et la dévalorisation des femmes reste très répandue indépendamment de la conviction religieuse.(...)Pour les deux pays, une action gouvernementale est nécessaire mais de différentes manières. La Chine doit mettre fin à sa politique de planification familiale coercitive, alors que le gouvernement de l'Inde doit faire pression pour faire appliquer ses lois existantes contre la dot, la sélection du sexe et l'infanticide.Vous avez exprimé l'espoir que votre film continuera à inspirer un mouvement mondial pour mettre fin au gendercide. Quels sont les objectifs spécifiques que doit viser ce mouvement?Le premier objectif du mouvement est d’augmenter le niveau de sensibilisation au gendercide dans le monde. Nous encourageons toute personne désirant voir la valeur et de la dignité des filles restaurée en Inde et en Chine à passer le mot à propos de la question et à propager notre film auprès de vos amis et votre famille, à travers les réseaux sociaux Facebook and Twitter, et en organisant la projection du film dans vos communautés. Pour en savoir plus sur comment passer le mot ou organiser une projection, reportez-vous au site www.itsagirlmovie.com.Lorsque les gens informés du problème seront plus nombreux, nous espérons les mobiliser pour passer à l’action. Il existe de nombreuses façons de s'impliquer, que ce soit en signant nos pétitions demandant aux leaders mondiaux d’exiger la fin du gendercide en Inde et en Chine, ou en soutenant nos partenaires qui œuvrent sur le terrain pour sauver des filles et défendre les droits des femmes en Inde et en Chine. Encore une fois, les personnes intéressées peuvent en savoir plus sur notre site.A ce jour, nous avons mobilisé près d'un demi-million de personnes à prendre des mesures. Imaginez si nous avions des dizaines de millions de personnes exigeant des gouvernements de l'Inde et la Chine de promouvoir la justice et l'égalité pour les filles et les femmes qui subissent le gendercide, et exigeant des leaders mondiaux qu’ils rendent des comptes pour cette violation massive des droits de l'homme.Dans une émission de la BBC sur ce thème, un orateur indien a souligné que l'Occident est profondément impliqué dans le gendercide en raison de sa promotion du contrôle de la population en Inde et en Chine - et ailleurs - et l'acceptation de l'avortement comme méthode de contrôle des naissances. N'est-ce pas là un obstacle majeur à tout rôle positif que la pression politique occidentale pourrait jouer?Il est exact que le déséquilibre entre les sexes en Inde, en Chine et dans autres pays d'Asie a été alimenté par la pression des gouvernements occidentaux et des ONG pour le contrôle de la population, qui dans nombre de cas ont exploité la préférence culturelle pour les fils pour le « plus grand bien » ”du contrôle des populations.Et même si les sexes-ratios dans les pays occidentaux ne sont pas aussi extrêmes qu’en Inde ou en Chine, le gendercide existe dans tous les pays occidentaux, à des degrés divers. En particulier, des études ont montré que des communautés d’immigrés asiatiques en Occident ont des sex-ratios similaires à ceux de leurs pays d’origine, ce qui indique que le gendercide (et en particulier, la sélection du sexe) peut se produire à un rythme similaire au sein des communautés d’immigrés. (...)www.itsagirlmovie.comTexte original publié par MercatorNet le 30 Juillet 2013. Traduit avec sa permission, tous les autres droits étant préservés.
Reportage choc dans La Presse :Le meurtre de masse des petites filles ou le gynécide

(Les avortements sélectifs se font en toute légalité au Canada)
Sur le site du journal La Presse du 26 mai 2013:
(Fathegarh Sahib, Pendjab) S'ils avaient pu se payer une échographie, cela ne se serait pas passé comme ça. Elle aurait subi un avortement, comme des millions d'autres femmes dans cette région du monde. Et la vie aurait repris son cours.Plus tard, elle serait tombée à nouveau enceinte, dans l'espoir, cette fois, de concevoir un garçon.Mais Karamjit Kaur et Chand Singh n'avaient pas les 10 000 roupies (200$) exigées par le médecin pour leur révéler le sexe de l'enfant à naître. Alors, quand Karamjit a accouché d'une fille - sa quatrième - ce fut tout sauf une heureuse surprise. Ce fut une catastrophe.Un fardeau de plus en plus lourd. Une autre fille à élever, avant qu'elle quitte la maison pour servir son mari et ses beaux-parents. Une dot de plus à payer. Une perte sèche.Chand ne pouvait le supporter. Après l'accouchement, il est rentré de l'hôpital à moto. Derrière lui, sa femme tenait leur nouveau-né dans ses bras. Juste avant d'entrer au village, il s'est arrêté sur le pont qui enjambe la rivière.Il a dit à sa femme: «Jette le bébé à la rivière, sinon c'est moi qui m'y jetterai.» Karamjit s'est dit qu'elle ne pourrait jamais survivre sans lui. Pas avec trois filles à nourrir.Elle est rentrée à la maison les mains vides.«Tout le monde veut un garçon»Chand et Karamjit n'ont pas renoncé à avoir un fils. Le prochain sera le bon, espèrent-ils. «Tout le monde veut un garçon. Il s'occupera de nous jusqu'à la fin de nos jours», dit Chand.Si le mauvais sort s'acharne, s'ils ont une autre fille, ils la donneront en adoption. «Nous ne ferons pas la même erreur. C'est assez. C'est assez», répète sa femme, mal à l'aise. Plus jamais la rivière n'emportera l'un de ses enfants.Si le couple avait eu de l'argent, tout aurait été si différent, plaide Chand. «Ma femme aurait passé des échographies. Nous n'aurions pas eu nos trois premières filles», laisse-t-il tomber.À ses côtés, les petites écoutent leur père sans dire un mot.Nous sommes dans un village du district de Fathegarh Sahib, à une heure de route de Chandigarh, la capitale du Pendjab. Dans cet État du nord de l'Inde, des familles sont prêtes à tout pour avoir un garçon. Parfois même à sacrifier leurs filles.Ici comme en Chine, des fillettes, victimes d'une préférence ancestrale pour les garçons, sont abandonnées, négligées ou tuées à la naissance. D'autres sont privées de soins médicaux, alors que leurs frères sont couvés, soignés, bien nourris.Mais ce qui était autrefois un problème circonscrit a explosé avec l'arrivée, il y a 20 ans, d'une technologie bon marché: les machines à ultrasons, qui permettent de déterminer le sexe du foetus avant même que le ventre ne commence à s'arrondir.Désormais, les parents qui veulent absolument un fils - mais à qui l'idée de tuer leur bébé n'a jamais même effleuré l'esprit - choisissent l'avortement par millions.Le phénomène ne se limite pas aux villages pauvres et reculés. Au contraire, plus les familles sont riches et éduquées, plus le déséquilibre entre les sexes est marqué, constate Puneet Bedi, obstétricien de New Delhi.Le fait que les foetus féminins soient éliminés dans l'utérus ne rend pas la pratique moins cruelle à ses yeux. «L'infanticide a été pratiqué, sous certaines formes, dans l'histoire de l'Inde et de la Chine. Mais jamais à cette échelle. Autrefois, c'était le fait de tribus barbares, de nomades. Aujourd'hui, c'est celui de gens ordinaires, de médecins, d'ingénieurs et d'avocats.»Le monde, dit-il, assiste en ce moment à rien de moins qu'un «gynécide»: le meurtre de masse de petites filles.(...)Urmila et sa famille habitent un village du district de Baghpat, dans l'Uttar Pradesh, à deux heures de route de la capitale, New Delhi. Depuis un an, on y a recensé la naissance de 12 267 garçons contre 8019 filles.Dans ce seul district, plus de 4000 fillettes manquent donc à l'appel. La conclusion est brutale: le tiers des femmes enceintes d'une fille ont subi un avortement.«Cela fait plus d'une génération qu'on élimine les filles dans cette région, se désole Sabu George, un militant de New Delhi qui nous sert de guide dans les villages du district. Aujourd'hui, les conséquences sont visibles. Dans les villages, il y a beaucoup d'hommes célibataires.»Des hommes comme Shir Kumar Yadav. Pendant 10 ans, il a cherché une fille à marier. À 30 ans, il est sur le point de jeter l'éponge. «Je n'ai plus espoir de trouver qui que ce soit.» Il songe à acheter une femme d'un autre État. Dans son village, il connaît deux hommes qui l'ont fait. Comme lui, des milliers d'hommes sont prêts à payer 10 0000 roupies (2000$) pour «importer» une fille des États les plus pauvres.«Il n'y a aucun doute que le phénomène exacerbe le trafic de femmes en Inde. Après avoir fait des enfants, certaines sont revendues à d'autres hommes, raconte M. George. Des femmes achetées m'ont dit que si elles ne voulaient pas de filles, c'est pour ne pas qu'elles aient à vivre le même enfer.»(...)Et tombent les fillesQuand un député d'arrière-ban a voulu condamner la sélection prénatale en fonction du sexe à la Chambre des communes, en mars, tout le monde y a vu une nouvelle manoeuvre de la droite conservatrice pour relancer le débat sur l'avortement au Canada.
L'affaire a dérapé. Les accusations de mauvaise foi ont fusé de toutes parts, enterrant complètement l'enjeu de la sexo-sélection. Le phénomène n'en est pas moins réel. Et alarmant. Selon les Nations unies, 200 millions de filles manquent aujourd'hui à l'appel dans le monde. En Chine et dans le nord de l'Inde, près de 120 garçons naissent pour 100 filles. Sans ces deux géants asiatiques, la planète serait majoritairement féminine. Les deux pays éliminent à eux seuls plus de fillettes et de foetus féminins que le nombre de filles qui naissent chaque année dans tous les États-Unis.Pour ce grand reportage, nous vous entraînerons des campagnes du Pendjab à la colline parlementaire d'Ottawa, en passant par New Delhi, Pékin et Montréal. Au cours de notre périple, nous avons récolté des dizaines d'histoires d'horreur et de courage. En Inde, nous avons rencontré des femmes qui ont résisté aux pressions de leur belle-famille en refusant de se faire avorter - et qui en ont payé le prix. En Chine, nous avons visité des «villages de célibataires», où les conséquences de la sexo-sélection se font durement ressentir. Bientôt, près de 40 millions de jeunes Chinois seront incapables de se trouver une épouse. Pékin craint un chaos social. New Delhi aussi. En Inde, déjà, le meilleur indicateur d'un taux de criminalité élevé n'est plus la faiblesse du revenu, mais l'ampleur du déséquilibre entre les sexes.Les militants pro-vie ne s'y sont pas trompés. Aux États-Unis comme au Canada, ils récupèrent l'enjeu, accusant les féministes d'hypocrisie: comment peuvent-elles ignorer cette discrimination extrême envers les filles au nom du droit - sans limites - des femmes à disposer de leur propre corps?(...)***EN CHIFFRES> 200 millions de femmes manquent à l'appel dans le monde. Elles seraient vivantes si elles avaient eu droit au même traitement que les hommes. Elles ont été victimes d'avortement sélectif, d'infanticide, d'abandon ou de négligence.Source: Nations unies> 12 millions: nombre de foetus féminins supprimés en Inde, en raison de leur sexe, de 1980 à 2010.Source: The Lancet> Naissances de filles pour 1000 garçons en Inde:976 En 1961914 En 2011Source: Recensement indien> 2,2 millions de femmes disparaissent chaque année en Inde.> 100 000 femmes meurent brûlées, souvent par leur propre mari, qui souhaite obtenir une seconde dot en se mariant de nouveau.
Dans La Presse du 27 mai, la journaliste Isabelle Hachey continue son reportage sur « l'arme de destruction massive », l'échographie, comme si ce n'était pas plus précisément les outils d''avortements et les avorteurs qui ne constituaient les génocidaires par excellence. Chaque année 55 millions d'enfants sont avortés dans le monde. Mais la jeune journaliste ne peut se permettre d'en parler. Elle y perdrait son emploi... Pour voir cet intéressant article sur les dommages de «l'échographie», cliquez ici.
Quand un député d'arrière-ban a voulu condamner la sélection prénatale en fonction du sexe à la Chambre des communes, en mars, tout le monde y a vu une nouvelle manoeuvre de la droite conservatrice pour relancer le débat sur l'avortement au Canada.