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Salutation pour temps de COVID-19 : «  Restez forts, et Viva Cristo Rey ! » (un beau texte du Pr John Rao)


Pr John C. Rao.

Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits) ― Photo :

Je vous propose ci-dessous, avec l’aimable autorisation d’Edward Pentin qui a d’abord publié ce texte en anglais, ma traduction des réflexions du Pr John Rao sur la crise du coronavirus et la création, à sa faveur, d’une société qui isole et aseptise les rapports humains au point de détruire notre civilisation occidentale et chrétienne.

Nous n’avons pas besoin de sécurité, mais de force, sous l’étendard du Christ-Roi, tel est son message !

Le Pr John Rao est professeur associé d’histoire à l’université de St. Johns à New York. Il préside aujourd’hui le Rome Forum fondé en 1968 par Dietrich von Hildebrand en réponse aux oppositions à Humanae vitae, qui organise des cycles de conférences sur l’histoire et le catholicisme traditionnel.

Découvrez vite cette charge vigoureuse contre la « Nouvelle normalité » ! — J.S.

*

« Plus la panique grandit, plus l’image d’un homme qui refuse de s’incliner devant la terreur s’élève » — Ernst Jünger

Le but du Forum romain étant éducatif, ce serait manquer à son devoir que de ne pas faire quelques commentaires sur ce dont nous sommes témoins autour de nous et sur ce que cela signifie pour nous en tant que catholiques, en tant que citoyens, et en tant qu’hommes et femmes civilisés. Je ne m’estime pas compétent pour discuter de la cause initiale d’une maladie qui a touché le monde entier, et je ne voudrais en aucune façon minimiser les souffrances et les pertes réelles que cette maladie a entraînées pour de nombreuses personnes. Mais je crois en revanche qu’un éducateur se doit de souligner la façon dont une pandémie contrôlable a été transformée en un pandémonium totalement inutile ; d’y mettre en évidence illustration horrifiante de la désorientation diabolique qui accompagne tous les ravages de la modernité, et qui a permis à une société moderne douloureusement vide de se titiller avec le « sentiment » de faire l’expérience de la peste bubonique sans la vivre réellement.

Nos aïeux socratiques nous ont appris par leurs « Semences du Logos » que l’homme qui raisonne n’a pas besoin d’être un expert dans un domaine donné pour être capable de juger avec compétence s’il a affaire à des dirigeants dont il doit suivre les conseils ou les rejeter comme étant frauduleux. Les fraudeurs exigent qu’on leur accorde une foi absolue, et traitent celui qui doute et qui fait preuve de confusion avec mépris à cause de son ignorance invincible. Il se peut que ces imposteurs se croient sérieusement experts omniscients. Mais lorsqu’ils disent à des personnes jeunes ou en bonne santé qu’elles sont dans la même situation que les plus faibles parmi les personnes âgées ou les personnes déjà malades ; lorsqu’ils disent que, pour se protéger, la vaste masse de la population doit abandonner ses moyens de subsistance, le bien-être de son pays, la vie culturelle de sa civilisation et les outils nécessaires à son salut éternel, ils doivent être rejetés pour ce qu’ils sont en réalité : des charlatans.

Nous nous trouvons aujourd’hui à la merci de guides de ce genre, bien éduqués, peut-être même bien intentionnés, mais finalement très dangereux et arrogants. Ces maîtres du savoir nous pressent de détruire tout ce qui nous est cher afin de créer un monde aseptisé, stérile et sans âme dans lequel les êtres humains ne peuvent pas vivre et mourir avec dignité. Il faudra étudier calmement, quand ce pandémonium s’achèvera (s’il s’achève), pour établir toute la genèse et la complexité du charlatanisme en question, mais il est certainement clair que toutes les forces destructrices qui jouent un rôle dans le monde moderne, ainsi que tous ceux qui y ont volontairement succombé, y ont eu leur part malheureuse.

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Il s’agit notamment des médias, qui ont largement dépassé leur traditionnel niveau d’irresponsabilité criminelle en plongeant le monde dans un état d’hystérie de masse et de paralysie terrorisée. Les médias ont été accompagnés dans leur travail de désorientation diabolique par un establishment politique qui ne permet aux masses effarouchées de s’aventurer hors de leurs cellules qu’à la condition de revêtir l’actuelle étoile de David jaune : le masque facial. Tous deux servent la cause des idéologues fous de vaccins qui flairent le profit à tirer de la foule paniquée qui supplie d’obtenir son supposé salut physique à tout prix. Ce travail de déclenchement du pandémonium a été si efficacement accompli qu’il est maintenant difficile de déterminer si ce sont les masses terrorisées elles-mêmes ou les véritables pourvoyeurs de la grande peur qui encouragent le plus vigoureusement l’enchaînement d’hommes et de femmes à la sombre paroi arrière de la grotte de Platon.

Pourtant, en tant qu’organisation d’éducation catholique, il incombe de toute urgence au Forum romain de constater et de déplorer combien ce pandémonium a été volontairement et assez pathétiquement accepté par les pasteurs de l’Église, qui ont pris la fuite et permis que les brebis soient livrées à la volonté de fanatiques idéologiques et de leurs complices mondiaux, avides de pouvoir ou d’argent.

Au cours de nos conférences des vingt-huit dernières années, nous avons raconté la façon dont les révolutions française et russe ont sécularisé la société et contribué puissamment à la destruction de la chrétienté. Jadis, nos pasteurs ont souffert et ont été martyrisés pour avoir tenté de repousser ces horreurs. Mais aujourd’hui, la population croyante a été privée de son droit de pratiquer ouvertement le culte et d’accéder aux sacrements non pas par les armes et les fouets des oppresseurs, mais avec le plein accord des successeurs des Apôtres.

Ces tristes et lamentables prélats ont clairement fait comprendre au monde entier que les laveries automatiques et les avortoirs sont plus « essentiels » à la vie de l’homme que la grâce du Christ. Pourquoi le monde prendrait-il au sérieux leur enseignement « magistériel » après ce genre d’aveu ? Quelle partie de la littérature spirituelle de l’Église doit-elle donc être réécrite pour justifier leur nouvelle mentalité ? A quel moment faudra-t-il considérer comme insensés les prêtres des temps de la peste noire qui ont péri pour donner les derniers sacrements aux malades, par rapport aux évêques sensés du présent, blottis dans leurs palais inutiles, avertissant le clergé des dangers physiques liés à l’activité de pasteurs des brebis ? Certes, ils sont remplis d’une sorte de « sainte terreur » : la crainte, s’ils ouvraient les portes des églises, vides le plus souvent, du « renouveau » — où la distanciation sociale est en fait simple à maintenir, même dans des circonstances normales —, quelqu’un qui y entrerait pourrait affirmer y être tombé malade et porter plainte. Il s’agirait alors d’une véritable catastrophe ! Leurs derniers biens, dont l’accumulation matérielle a toujours été la véritable fierté et la joie d’une grande partie de la Hiérarchie américaine soucieuse des affaires, pourraient alors leur être enlevés.

Ce vendredi 8 mai 2020 n’est pas seulement la date à laquelle toutes nos conférences de cette année sur l’histoire de l’Église ont été rendues disponibles. C’est aussi le soixante-quinzième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’après-guerre touche à sa fin depuis l’effondrement du bloc soviétique dans les années 1989-1991, les ravages mondiaux causés par la guerre « néocon[servatrice] » pour rendre le monde sûr pour le pluralisme, et l’élection d’un pape allemand. Aujourd’hui, avec ce pandémonium, je pense que nous pouvons dire sans risque que c’en est fini de faire référence à ce conflit achevé depuis longtemps.

Si seulement nous pouvions en dire autant des ravages de la modernité ! Qu’elle progresse aujourd’hui sous le mantra de la « Nouvelle normalité », ou hier sous la terminologie de la construction d’une « Postmodernité », il s’agit du même programme diabolique, naturaliste, antichrétien, assassin des âmes, et donc terriblement ennuyeux, que les pourvoyeurs des Lumières ont imposé au monde pendant des siècles au nom de sa libération finale. Ce plat de lentilles sophistique est toujours présenté comme dicté par une nécessité absolue ou par une nouvelle idée passionnante. Et c’est sous sa forme apparemment plus modérée, « respectueuse de la santé » et non violente — avec ses Lumières modérées, John Locke, et donc à sa manière matérialiste, antisociale, atomiste et consumériste — qu’il remporte aujourd’hui sa plus grande victoire dans l’histoire de la chrétienté, contre une Église catholique prostrée. Comme notre aumônier dit juste en qualifiant notre diktat du confinement de « John Locke-down » [confinement se dit « lock-down » en anglais, NDT].

Chers amis, les apparatchiks de la pitoyable « Nouvelle normalité » ont popularisé une nouvelle salutation d’adieu que l’on rencontre partout lorsqu’on s’aventure à porter le Masque de l’oppression : « Restez en sécurité. » Ce n’est pas un salut d’adieu qui convient à un fils de Dieu à la recherche une transformation spirituelle en Jésus-Christ, qui s’accomplira dans la résurrection du corps et la vie éternelle au ciel. Ce n’est pas une salutation que le Forum romain recommande aux catholiques horrifiés par la fuite de nos pasteurs et notre abandon à la réalisation des visions terrestres de dangereux évangélistes médicaux et de leurs alliés politiques dictatoriaux, ridicules et mesquins, au moment de quitter les rues de la ville impie pour retourner dans leurs cellules de prison individuelles afin de vivre des vies toujours plus isolées, stériles et « en sécurité ».

Une bataille énorme nous attend : pour nos églises, nos sacrements, notre liturgie traditionnelle, notre pays, ce qui reste de la glorieuse vie culturelle de l’Occident, et de nos moyens de survie eux-mêmes. « Restez forts et Viva Cristo Rey ! », voilà le cri qui devrait être sur nos lèvres alors que nous nous retirons dans nos « châteaux ». Mais nous ne devrions nous retirer dans ces châteaux que pour nous endurcir spirituellement et intellectuellement afin de rassembler le courage nécessaire pour contredire les autorités arrogantes mais assurées qui imposent la « nouvelle normalité ». Nous pourrons alors abaisser avec plus de confiance nos ponts-levis pour entreprendre des sorties toujours plus déterminées dans un monde qui doit être reconquis pour le Roi des Rois. Deus lo vult !

Restez forts, et Viva Cristo Rey !

John C. Rao (D. Phil., Oxford)

Président du Forum romain

Professeur associé d’histoire, Université de St. John’s

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