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Pourquoi la contraception et l’avortement sont-ils haines du corps ?

Par Peter Kwasniewski — traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Vera Arsic/Pexel

22 octobre 2018 (LifeSiteNews) — Je lisais un livre très intéressant d’Antoine Arjakovsky sur l’histoire du développement de la notion d’orthodoxie chrétienne et je suis tombé sur une citation de Jérôme Alexandre, un patrologue français, qui m’a fait réfléchir.

La chair, comme le langage, agit comme un signe. Elle est signe d’une réalité que seule la foi peut atteindre. C’est pourquoi la différence substantielle entre l’âme et la chair est tellement importante : l’âme sait que la chair qui y est attachée est autre qu’elle-même, qu’elle ne peut ni en prendre totale possession ni s’en séparer. Elle doit donc se résoudre à lui faire confiance, à la respecter et à l’aimer.

Ma chair fait partie de qui je suis : ce n’est ni un appendice, ni une machine, ni une propriété, mais moi-même. Ma conscience de moi-même n’est pas non plus la même chose que la chair, nous savons qu’il existe une distinction entre la pensée et le corps. Donc, la chair, comme les mots qui sortent de ma bouche, est un signe de moi, de mes intentions et de mes priorités. Les actions que j’entreprends avec, pour et contre elle révèlent ce que je pense et désire. Ce n’est pas seulement en rapport avec ma personne, c’est le premier langage à travers lequel ma personne s’exprime, avant même qu’aucun mot ne soit prononcé.

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Par conséquent, la chair est une réalité qui doit être respectée. Je ne la possède pas complètement et je ne peux pas non plus vivre sans elle (du moins, de manière naturelle : comment nous vivons après la mort reste un mystère, mais ce n’est certainement plus « naturel »). Je dois reconnaître la réalité et la bonté de la chair, lui « faisant confiance » au cours de ma vie, sachant que mon incarnation fait partie de mon processus de perfectionnement. Aussi, les limites du corps, quant au plaisir et à la douleur, me sont bénéfiques si je m’efforce d’apprendre à le respecter et à l’aimer pour ce qu’il est vraiment.

J’ai ensuite réfléchi à comment la contraception et l’avortement sont en opposition avec le point de vue d’Alexandre. Que dis-tu de ta propre chair lorsque tu entraves les fonctions les plus normales et les plus naturelles de ton corps, à savoir de donner la vie et d’élever des êtres humains jusqu’à maturité ? Que dis-tu de ta personne quand tu traites ta propre chair, qui fait partie de toi, comme un danger, une menace, une antagoniste, une adversaire ? Cela révèle une personne profondément malade, divisée contre elle-même, qui vit un conflit intérieur. On peut aussi y voir une âme qui traite son corps comme un industriel traite des matières premières : les arrachant à la nature, les exploitant jusqu’au dernier bénéfice, sans regard pour la santé du « corps politique ».

Allons plus loin. Qu’est-ce qu’une personne ainsi divisée en elle-même dit à son partenaire [dans ce cas, ça va déjà mal, s’ils ne sont pas mariés*] ou à son époux, à son épouse, à propos de la chair de l’autre ? Ta chair aussi est l’ennemi de mon âme, de mes désirs, de ma conception de moi-même. Il y a quelque chose en toi qui ne m’inspires ni confiance, ni respect, ni amour. Je veux bien de tes appétits, du réconfort que ton corps peut m’apporter, mais je ne veux pas de toi tout entier. Je vais faire violence à ta matérialité, tout comme je me fais (ou désir me faire) violence à moi-même, pour que nous soyons désincarnés et incarnés en même temps. N’y a-t-il pas à la fois une haine et un amour de la chair dans tout cela ?

Un langage qu’utiliserait un tel couple serait un langage de demi-vérités désespérées et d’évasion, poliment couvertes de convenances, mais que l’on peut réduire à de l’intérêt personnel qui, comme nous l’avons vu, n’est même pas intéressé par la personne complète.

C’est encore pire dans le cas de l’avortement. Ici, la haine de la chair est amplifiée au point d’inclure la chair (et l’âme) d’un autre. Chercher à se débarrasser de la chair d’un enfant est haïr l’enfant en lui-même, puisque le corps d’une personne est la partie matérielle d’elle-même. Donc, la guerre interne qui a commencé dans la personne dont les désirs désordonnés ont créé la haine de soi, s’étend jusqu’à englober la personne avec laquelle elle ment**. Elle inclut aussi toutes les personnes implicites dans cette relation qui, elle, devrait naturellement être porteuse de fruits, mais qui doit être violemment attaquée pour entraver cette fécondité.

Si la chair est un langage, alors qu’est-ce que disent d’eux-mêmes les couples qui pratiquent la contraception et l’avortement ? Que se disent-ils l’un à l’autre ? Que disent-ils à leurs enfants potentiels ou réels ? « Je ne te fais pas confiance. Je ne te respecte pas. Je ne t’aime pas. »


*CQV

**On peut très bien considérer la contraception comme un mensonge, car elle fait en sorte que l’on prétend aimer l’autre personne alors qu’on la hait. — CQV

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