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Mgr Reig Pla (Espagne) maintient messes et communion : « l'Église n'abandonne pas ceux qui ont besoin de l'aide de Dieu »


Mgr Reig Pla, évêque d'Alcala de Henares dans la région de Madrid en Espagne.

Par Jeanne Smits (Le blog de Jeanne Smits) ― Photo :

Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque d'Alcala de Henares dans la région de Madrid, en Espagne, a accordé un entretien à Andrea Zambrano de la Nuova Bussola Quotidiana dans laquelle il explique pourquoi il a pris la décision pour son diocèse de ne pas priver les fidèles de la sainte messe ― en prenant, bien sûr, les mesures sanitaires nécessaires en raison du coronavirus. Le prélat a choisi des mots forts : « La Sainte Messe, en toute occasion, et plus encore dans cette situation extrême, est le paradis sur terre. Sans la présence du ciel ― rendue présente dans l'humanité de Jésus-Christ et maintenant dans les sacrements ― l'homme défaille. »

Mgr Reig Pla s'est signalé au cours de ces dernières années par ses courageux engagements en faveur du respect de la vie et contre la dictature de l'idéologie du genre.

Voici ma traduction intégrale de cet entretien revigorant.

Addendum : le cardinal Burke a apporté son soutien à l'analyse de Mgr Reig Pla. Lire ici sa réponse à L'Homme nouveau. – J.S.

*

Excellence, Pourquoi avez-vous décidé de garder les églises ouvertes et de célébrer les messes avec le peuple ?

En tant qu'évêque, j'ai décidé de maintenir les églises ouvertes et de respecter l'horaire habituel des célébrations de la Sainte Messe. Je veux ainsi offrir aux fidèles le signe que l'Église n'abandonne pas ceux qui ont besoin de l'aide de Dieu, en particulier des sacrements. À cette fin, nous organisons les célébrations en suivant toutes les directives préventives recommandées par les autorités sanitaires. De plus, les cloches de la cathédrale sonnent à midi et à 20 h 30, pour appeler à prier pour les nécessités créées par cette épidémie. Parmi les biens de la personne (biens utiles, agréables, moraux, etc.), le plus grand est le bien spirituel, qui est uni à la destinée éternelle de l'homme. C'est pourquoi nous ne pouvons pas priver les fidèles, même dans des circonstances extrêmes, des dons divins, et en particulier de l'Eucharistie.

S'il est important de garder une distance de sécurité, est-il encore plus important de donner aux fidèles le pain du Ciel ?

Non seulement nous gardons une distance de sécurité, mais nous prenons toutes les mesures pour prévenir l'infection : hygiène des mains du prêtre, désinfection du sol et des bancs, des vases sacrés, etc. Tout cela est important, mais aucune de ces choses n'éteint le désir d'infini qui habite chaque cœur humain. Ainsi, avec les mesures de sécurité, ce qui est spécifique au travail de l'Église ne peut pas faire défaut : offrir le salut obtenu par Jésus-Christ par la prière, la prédication de la Parole et les sacrements.

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Quel sens faut-il donner à la messe aujourd'hui ? Est-elle indispensable ?

La Sainte Messe, en toute occasion, et plus encore dans cette situation extrême, est le paradis sur terre. Sans la présence du ciel – rendue présente dans l'humanité de Jésus-Christ et maintenant dans les sacrements – l'homme défaille. En raison d'une situation extrême et pour de justes raisons, on peut dispenser de se rendre à l'Eucharistie du dimanche, mais il ne faut pas refuser le pain du ciel à tous ceux qui, avec les précautions indiquées par les autorités sanitaires, peuvent aller chercher la consolation de Dieu. Les fidèles qui viennent sont conscients de leur responsabilité et offrent la Sainte Messe pour tous ceux qui souffrent de la pandémie.

Avez-vous été critiqué ? Ces critiques sont-elles peut-être la démonstration que l'on pense davantage à la santé du corps qu'à celle de l'âme ?

J'ai reçu des fidèles quelques indications, des suggestions pour améliorer les célébrations, et quelques-uns ont fait part de leurs doutes. Je n'ai reçu aucune critique directe. En revanche, j'ai reçu de nombreuses expressions de gratitude. En tout cas, il est compréhensible qu'il y ait une certaine incertitude parmi les fidèles. Savoir que le bien spirituel est le plus grand bien contredit l'esprit du monde et cet esprit du monde peut aussi pénétrer l'Église. À cet égard, les paroles de Jésus sont réconfortantes : « Dans le monde, vous aurez des afflictions ; mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Avez-vous subi des pressions de la part du gouvernement, ou vous ont-ils contraint à interdire l'accès aux messes ou à les suspendre ? Comment le gouvernement s'est-il comporté envers vous, les évêques ?

Dieu merci, je n'ai reçu aucune pression de la part du gouvernement. Dans le « décret d'alarme », il est prévu de pouvoir assister à des manifestations religieuses en prenant des mesures de précaution. Nous prendrons les décisions appropriées en fonction des circonstances.

Un aspect que nous constatons en Italie est le fait que de nombreux aumôniers d'hôpitaux ne peuvent pas entrer dans les unités de soins intensifs, et par conséquent, des gens meurent seuls. Quelle est la situation dans votre diocèse ? Les aumôniers parviennent-ils à apporter les sacrements aux malades et aux mourants ?

La situation dans les hôpitaux situés sur le territoire du diocèse est préoccupante, en raison du nombre de personnes infectées. Les prêtres accomplissent leur travail avec la prudence nécessaire et avec les précautions requises. Jusqu'à présent, les personnes ou leurs proches qui demandent les sacrements peuvent obtenir ce qu'ils demandent. Pour les malades qui se trouvent dans les unités de réanimation, il y a des mesures spéciales, et ils ne sont pas toujours accessibles.

Dans quelle mesure le coronavirus nous interpelle-t-il en tant que châtiment et purification de Dieu ?

La pandémie du coronavirus nous a placés dans une situation extrême. Pour l'instant, elle a mis en évidence la précarité humaine et démasqué le mensonge de l'individualisme qui a conduit à la rupture des liens avec la famille, avec la tradition et avec Dieu. L'arrogance du mondialisme et de la société technocratique a subi un coup dur. Aujourd'hui, nous devons reconnaître que nous sommes tous plus humbles et plus dépendants les uns des autres et de la sagesse aimante du Dieu Créateur et Rédempteur. D'une manière particulière, l'Occident a besoin d'une purification et d'un retour à la tradition chrétienne, qui offre une véritable réponse aux questions humaines et promeut la bonne façon de vivre de la vertu. C'est un temps d'épreuve et, en même temps, un temps de grâce. Seul Dieu peut transformer cette situation douloureuse en une occasion de salut pour l'esprit humain.

Que dit ce virus à l'Église aujourd'hui ? L'Église doit-elle se poser des questions ?

Il est évident que cette situation touche également l'Église et nous ramène aux questions fondamentales qui touchent au salut de l'homme. L'Église n'est pas simplement une organisation humaine, une ONG. Dans son sein, elle porte l'offrande du salut éternel acheté par le sang du Christ. Cette pandémie nous invite tous à tourner notre cœur vers Dieu, à insister sur le destin éternel de l'homme et à mettre l'accent sur la grâce de Dieu, sur la recomposition des liens humains ; à souligner l'importance de la famille, de la communauté chrétienne et des moyens de salut (la prière, la Parole de Dieu, les sacrements, la charité, etc.) Face à l'orgueil de l'individualisme et de l'autonomie radicale, c'est une occasion de grâce pour transformer le concept de liberté. La liberté n'est pas simplement l'indépendance et la rupture des liens. Notre liberté créée est destinée à la communion et à la dépendance amoureuse vis-à-vis de la sagesse de Dieu. Redécouvrir le Christ, se laisser envelopper par sa grâce rédemptrice et apprendre à vivre en communauté sont les défis à relever pour mettre l'Église et la société sur pied.



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