
Des féministes déguisées en « servantes écarlates ».
Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Kai Medina/Wikimedia Commons
9 septembre 2025 (LifeSiteNews) — Au cours de sa carrière légendaire, Margaret Atwood a remporté plus de 50 prix littéraires. L’auteure de La Servante écarlate — qui a ensuite été adapté en une série télévisée accusée par certains critiques de mettre en scène de la « torture pornographique misogyne » — a remporté le Booker Prize, le Scotiabank Giller Prize et le Prix littéraire du Gouverneur général. Elle est également compagnon de l’Ordre du Canada.
Mais ce qu’Atwood souhaite vraiment, c’est être une dissidente persécutée, et c’est ce qu’elle tente d’être depuis quelque temps. Elle n’a pas encore revêtu la tenue rouge et le bonnet blanc caractéristiques de son Gilead fictif, comme l’ont fait de nombreuses militantes pro-avortement, mais elle a récemment annoncé dans un discours (alors qu’elle recevait un nouveau prix) qu’elle risquait d’être « arrêtée » si elle tentait de passer la frontière américaine.
À sa grande joie, ses livres ont une fois de plus fait la une des journaux, cette fois au Canada, où La Servante écarlate a été inscrite sur une « liste de livres interdits » établie par les écoles publiques d’Edmonton. En mai, le premier ministre d’Alberta, Danielle Smith, a annoncé une nouvelle politique visant à interdire les livres pornographiques et sexuellement explicites dans les bibliothèques des écoles publiques. Cette nouvelle règle fait suite à la révélation que des livres graphiques et sexuellement explicites, tels que Gender Queer et Flamer, avaient été introduits dans les bibliothèques pour jeunes enfants.
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Les militants LGBT et leurs alliés des écoles publiques ont rapidement accusé Mme Smith et le gouvernement de l’UCP de censure, et les écoles publiques d’Edmonton ont dressé une liste de plus de 200 livres pouvant être décrits comme contenant « du contenu sexuellement explicite », parmi lesquels figurent celui d’Atwood, ainsi que 1984 de George Orwell, Gatsby le Magnifique et plusieurs autres classiques de renom. Cela a suscité un nouveau tollé, exactement comme le souhaitaient ceux qui avaient dressé la liste.
Smith a qualifié à juste titre cette initiative de « mise en œuvre malicieuse » — une tentative de discréditer la politique en ignorant délibérément l’objectif évident et clairement énoncé de supprimer le matériel pornographique. D’autre part, les journalistes qui ont couvert l’affaire avec jubilation ont ignoré la présence de nombreux livres manifestement inappropriés sur la liste. Philip Roth, réputé pour ses scènes sexuellement explicites, était mis à la disposition des élèves, tout comme Le Trône de fer de George R.R. Martin.
Une fois, j’ai pris l’un de ses livres dans une librairie, je l’ai ouvert et j’ai lu quelques pages. Cela m’a suffi. Des scènes de violence sexuelle explicites, des références insistantes aux personnages féminins en utilisant le mot « c » ; quelle que soit votre position morale sur ce genre d’obscénités, nous ne devrions pas les fournir aux enfants. Il en va de même pour de nombreux autres livres figurant sur cette liste. En réponse aux critiques qui crient à la « censure », le ministre de l’Éducation Demetrios Nicolaides a publié sur X sa propre liste de documents inappropriés trouvés dans les bibliothèques scolaires.
Mais bien sûr, le terme « livres interdits » n’est qu’un prétexte pour masquer le véritable objectif de ceux qui l’utilisent : maintenir la possibilité de fournir aux enfants des ouvrages LGBT sexuellement explicites et idéologiques. Le 31 août, Atwood a publié une « nouvelle » sur X pour se moquer de Danielle Smith. Cette histoire met en évidence toutes ses compétences caractéristiques :
John et Mary étaient tous deux de très, très bons enfants. Ils ne se curaient jamais le nez, n’éprouvaient jamais le besoin de soulager leurs intestins et n’avaient pas de boutons. Ils ont grandi, se sont mariés et ont eu cinq enfants parfaits sans jamais avoir de relations sexuelles. Bien qu’ils se dissent chrétiens, ils ne prêtaient aucune attention à ce que Jésus disait réellement sur les pauvres, le bon Samaritain, le pardon de ses ennemis, etc. Au contraire, ils pratiquaient un capitalisme égoïste et rapace, car ils vénéraient Ayn Rand. (Ils ignoraient toutefois la scène de La Source vive où le « viol bienvenu » est préconisé, car qui voudrait s’attarder là-dessus, sans compter que cela impliquerait la sexualité et serait de facto pornographique. Eh bien, c’est un peu le cas, non ?) Oh, et ils ne sont jamais morts, car qui veut s’attarder sur la mort, les cadavres et tout ça ? Ils vécurent donc heureux pour toujours. Mais pendant ce temps, The Handmaid’s Tale devint réalité et Danielle Smith se retrouva avec une jolie robe bleue toute neuve, mais sans emploi. Fin.
Cette sinistre absurdité déguisée en satire est, bien sûr, une tentative de défendre ceux qui défendent le matériel pornographique dans les bibliothèques scolaires, et en tant que telle, elle mérite non seulement la moquerie, mais aussi le mépris.
En effet, il est important de reconnaître la différence fondamentale entre interdire un livre et décider que certains livres et romans sexuellement explicites ne seront plus achetés par les écoles publiques, avec l’argent des contribuables, et fournis aux enfants. Cette distinction est toutefois délibérément ignorée par les journalistes et par Margaret Atwood elle-même.
Ce n’est pas de la « censure » lorsque l’État ne fournit pas votre œuvre aux jeunes, et le niveau d’arrogance dont il faut faire preuve pour penser que c’en est ne peut être que le résultat de douzaines de récompenses imméritées.