
Sean Feucht.
Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : capture d'écran vidéo/Sean Feucht/YouTube
29 juillet 2025 (LifeSiteNews) — La tournée canadienne du chanteur chrétien américain Sean Feucht dans 11 villes s’est transformée en démonstration virale de totalitarisme progressif. La panique morale provoquée par les progressistes du Canada a été pour le moins révélatrice — et leur tentative de répression a attiré l’attention mondiale. Les chrétiens ont-ils la liberté de s’exprimer dans les espaces publics ? Pas selon de nombreux journalistes et politiciens.
Feucht est un chanteur chrétien américain spécialisé dans le genre « louange et culte », musique préférée des évangéliques (ce n’est pas ma tasse de thé, mais c’est sans importance). Les concerts en plein air de ce genre sont normaux et le sont depuis des décennies. Ils ont généralement lieu sans attirer l’attention ni aucun incident.
Pas cette fois. Feucht, qui est aussi auteur et missionnaire, a vu annuler brusquement les six concerts qu’il avait programmés dans l’est du Canada après qu’un nombre indéterminé de militants eussent commencé une campagne de plaintes. À Halifax, son concert a été annulé en raison des « considérations de sécurité en évolution » citées par Parcs Canada. Ses autres concerts ont également été rapidement annulés au Nouveau-Brunswick, au Québec, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Ontario.
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C’est ce qu’on appelle le « veto du perturbateur » : les militants ont décidé que les concerts de Feucht étaient un problème, et des responsables gouvernementaux ont décidé d’accepter cela. Parce que Feucht est pro-vie et s’oppose à l’agenda LGBT — comme le font de nombreux chrétiens canadiens —, il a été qualifié de « figure MAGA » par la presse canadienne comme justification pour transformer sa tournée de concerts en cirque politique plutôt qu’en ce qui aurait été une série d’événements discrets caractérisés par une participation volontaire.
Les chrétiens canadiens devraient noter que les opinions pro-vie et pro-famille de Feucht ont été explicitement citées par ceux qui ont réussi à faire annuler ses concerts ; la CBC a fait référence à ses « opinions anti-droits des femmes » qu’il avait « affichées sur ses plateformes ». Comme Feucht l’a noté sur X : « Si je m’étais montré avec des cheveux violets et une robe, prétendant être une femme, le gouvernement n’aurait pas dit un mot. » Il a évidemment raison.
Les organisateurs se sont efforcés de trouver des lieux alternatifs pour Feucht, et une église évangélique à Montréal a accueilli le chanteur pour un concert programmé à la hâte le soir du 25 juillet. Mais même ce lieu privé a été pris en cible ; des manifestants se sont rassemblés devant l’église, une bombe fumigène a été déclenchée à l’intérieur, la police est arrivée, et la ville de Montréal a infligé une amende de 2 500 $ à l’église Ministerios Restauración du Plateau Mont-Royal pour avoir organisé le concert sans permis.
Une déclaration du porte-parole du maire de Montréal, Valérie Plante, a cependant révélé la véritable raison de l’amende. « Ce spectacle va à l’encontre des valeurs d’inclusion, de solidarité et de respect qui sont défendues à Montréal. La liberté d’expression est l’une de nos valeurs fondamentales, mais les discours haineux et discriminatoires ne sont pas acceptables à Montréal, » a déclaré Philippe Massé. Le « permis » était une feuille de vigne ; l’église a été condamnée parce que le chanteur avait des opinions que les autorités gouvernementales n’aimaient pas.
La tournée de Feucht se poursuit et, comme l’a souligné Chris Selley dans le National Post, l’effet Streisand le transforme en une figure beaucoup plus grande qu’il ne l’aurait été si on l’avait laissé jouer ses concerts en paix. Feucht a joué à Toronto et prévoit de continuer à travers le pays. Dans l’Ouest du Canada, Feucht jouera probablement sur les terrains de la législature albertaine.
Kris Wells, universitaire et militant LGBT fanatique, nommé au Sénat par Justin Trudeau, a répondu avec fureur : « Ce “concert” ne devrait pas être autorisé sur le terrain d’un établissement public, encore moins à l’Assemblée législative de l’Alberta. Retirez le permis comme d’autres villes l’ont fait. Il ne devrait y avoir aucun espace pour la haine sur une propriété publique. »
Pour être clair : Wells croit que toute expression d’orthodoxie chrétienne sur la sexualité ou le mariage constitue de la « haine ». Il ne s’agit pas seulement de Feucht. Il s’agit d’interdire aux chrétiens canadiens d’exprimer leurs opinions sur des terrains publics, entretenus avec l’argent de leurs impôts. Il s’agit de fanatisme institutionnalisé, point final — une interdiction de facto des chrétiens dans l’espace public.
Il n’y a pas que Wells. De nombreux députés du Parti libéral au pouvoir ont confirmé sa position. Le député libéral d’Halifax, Shannon Miedema, a déclaré : « J’ai le plus grand respect pour la valeur de la liberté d’expression, mais je ne crois pas que cet événement s’aligne avec les valeurs fondamentales de Parcs Canada que sont le respect des gens, l’équité, la diversité et l’inclusion, ou encore l’intégrité. »
Tandis que le député de l’Î.-P.-É. Sean Casey : « Bien que je respecte pleinement le droit à la liberté d’expression, je ne crois pas que cet événement reflète les valeurs d’inclusivité et de respect qui définissent la ville de Charlottetown ou le gouvernement du Canada. »
En résumé, oui à la liberté d’expression, mais seulement si j’approuve de qui est exprimé. Le député conservateur Garnett Genuis a bien décrit ces propos en les qualifiant : « Orwelliens ».
Certains députés conservateurs, heureusement, ont défendu les droits des Canadiens — et l’opposition qu’ils rencontrent est tout aussi révélatrice.
Le député Michael Barrett a déclaré : « Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec Sean Feucht pour s’inquiéter. Lorsque la CBC et le gouvernement censurent le culte ou suppriment les croyances dissidentes, ils violent la liberté de religion et d’expression garantie à l’article 2 de la Charte. C’est profondément illibéral. »
Le député Bob Zimmer a publié une vidéo de Feucht interrogé par des journalistes de la CBC pour savoir s’il avait un permis pour jouer ses chansons dans une église, avec une citation de la Charte canadienne des droits et libertés :
Article 2 de notre Charte canadienne : Chacun a les libertés fondamentales suivantes : a) liberté de conscience et de religion ; b) liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication ; c) liberté de réunion pacifique ; d) liberté d’association.
Rachel Gilmore, une journaliste progressiste perpétuellement licenciée, a répondu à la citation de la Charte de Zimmer avec une indignation surfaite : « Ce député conservateur défend un nationaliste chrétien. Mon dieu. » En d’autres termes, « La Charte n’est pas pour ces personnes ! » La réaction de Gilmore — en effet, son mépris total pour ceux avec qui elle n’est pas d’accord — résume bien la façon dont les Canadiens progressistes considèrent les chrétiens qui ont le culot de croire que la Constitution et la Charte du Canada s’appliquent aussi à eux.
Comme l’a noté Feucht lui-même sur X, « J’ai dirigé le culte et prêché en Afrique, au Moyen-Orient et partout dans le monde en 2025. La persécution la plus intense n’était pas en Irak ou en Turquie — mais au CANADA ! Je n’avais pas cela sur ma feuille de bingo. »
J’eusse souhaité être surpris.