
Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : TeroVesaleinen/Pixabay
7 août 2025 (LifeSiteNews) — Il est difficile d’expliquer aux non-Canadiens à quel point l’établissement canadien a été complètement capturé par le mouvement LGBT.
Beaucoup de Canadiens ont sans doute supposé que Mark Carney, qui se présente bien plus comme un adulte que son prédécesseur, serait moins enclin à l’activisme LGBT exhibitionniste et « peoplekind »* de Justin Trudeau. Mais comme le soulignait récemment Amy Hamm dans un éditorial sinistre du National Post, « notre fidélité nationale à l’idéologie du genre reste la même que pendant les années Trudeau. Le Canada n’est pas moins woke sous Carney ».
Sa longue liste d’exemples en rend la lecture exhaustive et épuisante. Un autre exemple récent serait le tollé médiatique suscité d’un océan à l’autre par la tournée de concerts de Sean Feucht, un chanteur aux cheveux longs qui interprète le genre de chants de louange et d’adoration anodins appréciés des évangéliques. Mais comme Feucht est pro-vie et s’oppose à l’agenda LGBT, la presse canadienne l’a transformé en un sinistre fondamentaliste aux boucles blondes venant menacer le mode de vie canadien, le rendant ainsi beaucoup plus célèbre.
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Les médias canadiens se sont toutefois surpassés avec un reportage publié le 7 août par CTV intitulé « Signal inquiétant : les avocats tirent la sonnette d’alarme après la mise à jour de la politique du Canada en matière de genre pour la carte Nexus ». Le paragraphe d’introduction devrait être étudié par tous les idéologues et propagandistes :
Les avocats spécialisés en droit de l’immigration tirent la sonnette d’alarme suite à la décision du Canada d’obliger les personnes à choisir entre le sexe masculin ou le sexe féminin lorsqu’elles font une demande ou renouvellent leur carte de voyage Nexus, ce qui soulève d’éventuelles contestations constitutionnelles. Cette décision signifie que les Canadiens [prétendument] non binaires ou transgenres qui traversent la frontière pour se rendre aux États-Unis ne peuvent plus choisir le marqueur de genre X.
N’hésitez pas à relire cela plusieurs fois si nécessaire. Il s’agit là d’une tentative maladroite presque ridiculement autoritaire d’amener les lecteurs à la conclusion souhaitée par CTV : que la décision, fondée sur ce qu’accepte un autre pays en matière de pièces d’identité, de supprimer le marqueur « X » — qui ne signifie pratiquement rien pour personne, soulevant beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses, et va à l’encontre de l’objectif de « l’identification » — est une tentative de « contraindre les gens à choisir entre le sexe masculin ou le sexe féminin ».
Posez-vous la question suivante : est-ce qu’un Canadien, vers 1990, aurait eu la moindre idée de ce que ce paragraphe veut dire ? Non. Mais comme, au cours de la dernière décennie, les militants transgenres ont réussi à prendre le contrôle de la plupart des institutions canadiennes — y compris et surtout la presse —, nous sommes censés lire cela et hocher de la tête, en tant que Canadiens, à la triste nouvelle que les hommes et les femmes sont « contraints » de révéler, sur leur pièce d’identité, s’ils sont des hommes ou des femmes.
CTV note que cette décision « fait suite au décret du président américain Donald Trump, qui stipule que le gouvernement américain ne reconnaîtra que les sexes masculin et féminin, mettant fin à tout passeport américain et document d’identité délivré avec un marqueur de genre X », mais que « les titulaires de la carte Nexus dont la carte a été délivrée avant l’entrée en vigueur du décret ne seront pas concernés et leur adhésion restera valable sans aucun changement ».
Les nouveaux candidats devront toutefois choisir entre le sexe masculin ou le sexe féminin pour obtenir la carte Nexus, et Joycna Kang du Battista Migration Law Group de Toronto a déclaré à CTV que cette mesure était tout simplement « lâche », car « elle impose la suppression totale des identités non binaires du point de vue juridique canadien, et soulève également des questions de constitutionnalité ».
Mais ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ? Il s’agit en fait de quelques Canadiens privilégiés qui sont indignés que la folie du genre qui s’empare de notre pays ne soit pas partagée par nos voisins au sud de la frontière. Il ne suffit pas que les options pour les pièces d’identité délivrées par le gouvernement canadien continuent de se multiplier (ma préférée, que j’ai récemment découverte, est « préfère ne pas le dire » — est-ce autorisé ?), mais les États-Unis doivent également se plier à tout cela. CTV poursuit :
Sarah Mikahil, du cabinet d’avocats Smith Immigration Law de Toronto, spécialisé dans le droit de l’immigration LGBTQ2S+, qualifie cette politique d’« intrusive ».
« Le fait que le gouvernement canadien aille de l’avant avec cette mesure est un signe inquiétant quant à ce qui pourrait se passer à l’avenir », déclarait Mme Mikhail mardi à CTVNews.ca.
Elle souligne que les personnes [prétendument] non binaires et transgenres peuvent toujours demander un passeport canadien avec une mention de genre non binaire. Cependant, cela pourrait devenir un sérieux problème si la carte Nexus contient une mention différente de celle du passeport et que les documents d’identité ne sont pas correspondants à la frontière canado-américaine... De plus, l’ASFC a déclaré que la reconnaissance de l’identifiant de genre X par le Canada ne peut garantir l’entrée ou le transit des Canadiens dans d’autres pays.
CTV note ensuite, avec une indignation haletante, que certains pays sont... différents du Canada :
Selon cette déclaration, chaque pays a des valeurs et un système juridique différents de ceux du Canada, et les voyageurs canadiens sont tenus de respecter les lois locales du pays de destination. « Il est important que les voyageurs soient informés du cadre juridique et des coutumes sociales régissant l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles dans le pays de destination. »
Eh bien, je tiens de source sûre que la diversité est notre force, et tout ça. Alors, n’est-ce pas une bonne chose que « chaque pays ait des valeurs et un système juridique différents » ? Pas dans ce cas-ci, semble-t-il. CTV rapporte que les deux avocats « s’attendent à une vague de craintes et d’inquiétudes chez leurs clients [confus du genre] à l’idée de se rendre aux États-Unis dans le contexte de ces nouvelles restrictions », et Kang met en garde : « Cela nous amène à nous demander quelles autres atteintes à nos droits notre gouvernement sera prêt à concéder lorsqu’il fera face à la pression des États-Unis. » Il ne suffit pas que le mouvement LGBT veuille forcer tous les Canadiens à affirmer leur identité. Le gouvernement américain doit également le faire.
La conclusion est presque aussi bonne que l’introduction : « Entre-temps, aucune mise en garde aux voyageurs à destination des États-Unis n’a été annoncée par le gouvernement canadien. » Voyager aux États-Unis, qui utilisent le même type de pièce d’identité que nous utilisions il y a moins de dix ans, revient désormais apparemment à voyager en République islamique d’Iran ou en Corée du Nord, car les Canadiens doivent choisir « homme » ou « femme » pour s’inscrire à un programme facultatif visant à accélérer de quelques minutes leur passage à la frontière.
*Néologisme employé par Justin Trudeau pour remplacer « mankind » (humanité) afin d’en effacer le mot « homme ». — A.H.