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Les enfants qui naissent vivants lors d’avortements, puis sont laissés à mourir, sont monnaie courante au Canada, et peu de dirigeants semblent s’en soucier

Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : lorabarra/Adobe Stock

16 juin 2022 (LifeSiteNews) — Le 23 janvier 2013, trois députés canadiens ont envoyé une lettre au commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Bob Paulson, demandant une enquête criminelle sur la mort de 491 bébés nés vivants après des tentatives d’avortement entre 2000 et 2009 ─ mais laissés à l’abandon par le personnel médical présent.

Fin 2012, la blogueuse pro-vie Pat Maloney avait révélé ces décès à l’aide de données de Statistiques Canada sur son blogue Run with Life, avec des informations supplémentaires indiquant que, selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), 199 autres bébés ont connu le même sort entre 2010 et 2011.

Ces « naissances vivantes lors d’avortements » ont fait la une des journaux à l’époque, et le Premier ministre conservateur Stephen Harper a consolidé sa position de défenseur des pires abus de l’industrie de l’avortement, réagissant à la nouvelle en insistant sur le fait que l’avortement était légal et qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir le débat.

Bien sûr, ces enfants sont morts après que la loi canadienne leur ait accordé une protection, mais les dirigeants de tous les grands partis semblaient satisfaits de considérer ces enfants comme des dommages collatéraux. L’histoire a duré plusieurs cycles de nouvelles et, lorsque toutes les autorités compétentes ont refusé de faire quoi que ce soit, elle s’est éteinte.

Mais les naissances vivantes à la suite d’avortements se produisent toujours au Canada et, année après année, Pat Maloney a étudié les statistiques, demandé des informations aux organismes gouvernementaux et les a publiées sur son blogue.

À l’occasion de la publication de son dernier rapport, je l’ai interrogée sur ses conclusions.

Quand avez-vous commencé à faire des recherches sur la tendance des naissances vivantes lors d’avortements et des avortements tardifs au Canada ?

C’était vers 2012, je crois, quand j’ai appris d’un médecin que des naissances vivantes se produisaient lors d’avortements. Elle avait consulté la base de données statistiques de l’état civil de Statistiques Canada sur les décès, et elle est tombée sur un code qui identifiait ces naissances vivantes lors d’avortements : le code P96.4, défini comme une interruption de grossesse, affectant le fœtus et les nouveau-nés.

Il s’agit d’avortements tardifs, 20 semaines de gestation ou plus, où l’enfant naît vivant. Statistique Canada signalait ces décès, bien que de manière cryptique si vous ne saviez pas ce que vous cherchiez.

Quand avez-vous découvert en premier qu’ils se produisaient ?

J’ai commencé à examiner ces données moi-même et j’ai réalisé que c’était une information assez importante. Il y avait là des preuves solides que des enfants avortés naissaient, en fait, vivants et qu’on les laissait mourir.

Je savais que l’ICIS publiait les statistiques canadiennes sur l’avortement, après avoir pris la relève de Statistiques Canada il y a quelques années. J’ai donc contacté l’ICIS pour voir s’il pouvait me donner des chiffres sur ces avortements. À ma grande surprise, ils m’ont effectivement donné des données sur ces avortements. Pour autant que je sache, l’ICIS n’a pas publié ces chiffres, et ne les publie toujours pas. J’ai donc demandé et obtenu ces chiffres de l’ICIS chaque année depuis lors.

Une pièce très déroutante du puzzle est que les chiffres de Statistiques Canada ne correspondent pas à ceux de l’ICIS. J’ai demandé aux deux organismes d’expliquer cette divergence. L’ICIS n’a pas pu l’expliquer.

Voici ce que Statistiques Canada m’a dit dans une longue explication, que vous pouvez consulter ici si vous le souhaitez, mais voici le résumé :

En résumé, une interruption de grossesse à au moins 20 semaines de gestation peut être incluse à la fois dans la base de données sur les avortements thérapeutiques et dans la base de données sur les mortinaissances de l’état civil. Dans les très rares cas où un avortement provoqué aboutit à une naissance vivante (et éventuellement à un décès ultérieur), il est très peu probable que l’avortement soit inclus dans la base de données sur les avortements thérapeutiques, mais il apparaîtra dans les bases de données des statistiques de l’état civil sur les naissances et les décès.

Quelle a été la réaction à votre travail ?

En premier lieu, le député Maurice Vellacott a envoyé une lettre à la GRC lui demandant d’enquêter sur ces 491 enfants nés vivants après un avortement raté et qu’on a laissés mourir. Il voulait que ces cas soient examinés en tant qu’homicides. Mais bien sûr, dans notre Canada pro-avortement, la GRC ne voulait pas enquêter. S’il y a un lien quelconque avec l’avortement (même s’il s’agissait en fait de possibles homicides), c’est un « non, non, je ne vous entends pas, la, la, la, sujet suivant ».

Mais les personnes saines d’esprit ont été stupéfaites par ce fait d’une horreur à couper le souffle. Même un pro-avortement qui a commenté mon blogue était incrédule et n’y croyait pas : « Ces données ne disent rien sur les bébés qui naissent vivants. Ce n’est rien d’autre qu’une conjecture de la part de l’auteur, qui, à mon avis, ne comprend même pas les données. La charge de la preuve lui incombe. »

Eh bien, en fait, les données nous ont très clairement dit que ce cauchemar se produit vraiment. Ici même, au Canada. Et la connaissance en provenait de deux sources très réputées.

Comment vos recherches confirment-elles ce qui se passe ?

Année après année, j’ai contacté l’ICIS et j’ai aussi régulièrement consulté les données de l’état civil de Statistique Canada. Et année après année, les chiffres sont toujours là.

Ce qui est tragique, c’est que nous ne savons pas pourquoi ces avortements tardifs se terminent par une naissance vivante. Car lors d’un avortement à un stade avancé de la grossesse, le bébé est censé recevoir une injection de digoxine in utero pour le tuer avant qu’il ne quitte la mère. Soit cela ne se produit pas, soit, si cela se produit, cela ne tue pas l’enfant. C’est une histoire d’horreur dans tous les cas.

Que montrent vos dernières recherches ?

L’ICIS indique une augmentation par rapport à l’année dernière, soit 112 naissances vivantes lors d’avortements, tandis que Statistique Canada signale une baisse des chiffres. (Si vous faites une recherche sur l’interruption de grossesse, affectant le fœtus et le nouveau-né [P96.4], vous pouvez voir ces chiffres par vous-même. Il s’agit d’enfants nés vivants à la suite d’avortements).

  • 2016=123
  • 2017=114
  • 2018=94
  • 2019=82
  • 2020=74

Les chiffres de Statistiques Canada sont apparemment en baisse, tandis que ceux de l’ICIS sont en hausse. Nous ne connaîtrons donc probablement jamais les chiffres réels. Mais ce que nous savons catégoriquement, c’est que chaque année au Canada, des grossesses tardives sont avortées ; l’avortement ne tue pas l’enfant, ces pauvres enfants naissent vivants et on les laisse mourir.

Nous ne savons pas pourquoi cela se produit, et nous ne le saurons probablement jamais.

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