
Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : prostooleh/Freepik
8 juillet 2025 (LifeSiteNews) — Au Canada, nous tuons les handicapés. Plus de 90 % des bébés diagnostiqués de la trisomie 21 dans l’utérus sont avortés ; les enfants à naître diagnostiqués d’autres handicaps subissent généralement le même sort. Mais pendant des décennies, notre capacitisme mortel de type nazi s’est limité à ceux qui n’étaient pas encore nés.
Avec l’élargissement de l’admissibilité à l’euthanasie aux personnes souffrant uniquement d’un handicap ou d’une maladie mentale, qui devrait entrer en vigueur en 2027, cette situation est destinée à changer. Les groupes de défense des personnes handicapées ont été presque unanimes dans leur condamnation de ce plan, qui a été retardé à deux reprises par le gouvernement libéral en raison de l’opposition de l’ensemble de la société canadienne — mais qui n’a pas été complètement annulé.
Même le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies, qui a examiné la conformité du Canada avec les conventions des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées au début de cette année, a conclu que le Canada s’engageait dans un « eugénisme parrainé par l’État » et a appelé le gouvernement canadien à abandonner ces plans et à faire marche arrière sur l’expansion du régime d’euthanasie. Le groupe de défense des droits des personnes handicapées Inclusion Canada, ainsi que plusieurs autres, avait écrit au comité pour tirer la sonnette d’alarme au sujet des politiques d’euthanasie du Canada.
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Depuis des années, les Canadiens souffrant de handicaps physiques tentent d’attirer l’attention du gouvernement, les histoires de ceux qui cherchent à se faire euthanasier parce qu’ils ne peuvent pas obtenir l’aide ou les soins dont ils ont besoin faisant périodiquement la une des journaux internationaux. (Cette réalité peu glorieuse est parfaitement résumée dans cette fameuse caricature montrant des escaliers menant au prestataire de soins de santé, la seule rampe pour fauteuils roulants menant à l’« euthanasie ».) Le gouvernement n’a pas encore tenu compte de ces histoires.
Un article récemment publié sur X par Samantha Smith, défenseur des victimes de gangs de viols au Royaume-Uni, dont elle est elle-même survivante, met en évidence la sinistre pente glissante du Canada. L’article mérite d’être lu dans son intégralité :
Un membre de ma famille est infirmier au Canada. Il a pratiqué plusieurs procédures d’aide à mourir dans la maison de soins où il travaillait, avant de refuser de continuer. Dans un de ces cas, la famille d’un handicapé mental a décidé de le faire euthanasier. Il ne voulait pas mourir. Mais le membre de ma famille a été légalement contraint de mettre fin à sa vie. Ils lui tenaient la main pendant qu’il leur disait « j’ai faim » et « j’ai soif ».
Ce pauvre homme ne comprenait pas ce qui lui arrivait alors qu’on lui injectait des médicaments qui allaient mettre fin à sa vie, et le membre de ma famille a pleuré pour l’âme qui était inutilement perdue. Il n’était pas en phase terminale. Il n’était pas particulièrement âgé. Il n’était pas en train de mourir. Il ne voulait pas mourir. Mais il n’avait pas le choix. Parce que sa famille a jugé que sa vie était superflue et que le gouvernement lui a donné le pouvoir de mettre fin à sa vie sans tenir compte de ses besoins ou de ses souhaits.
Et lorsque le membre de ma famille a dit à son employeur qu’il ne pouvait pas continuer à pratiquer ces procédures — que sa conscience ne le lui permettait pas — on lui a répondu que c’était son « devoir légal » en tant qu’infirmier. Il a tout de même refusé. Mais tout le monde n’aura pas la fibre morale ou le courage de ce membre de ma famille.
L’enfer est pavé de bonnes intentions, et c’est exactement ce à quoi la loi sur l’aide à mourir ouvre la porte. Cela commence par le « choix » et la « dignité ». Mais le suicide ne se fait pas seulement « quand le patient le veut ». Les pays où il est déjà légalisé nous ont montré la triste réalité. Aux Pays-Bas, 40 % des décès par euthanasie surviennent sans le consentement du patient. Au Canada, l’euthanasie a été proposée à des athlètes paralympiques qui ne demandaient qu’une aide à la mobilité. Si cela peut se produire là-bas, cela se produira ici. Des personnes seront tuées contre leur gré.
Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait le corroborer publiquement, Smith a déclaré : « Non, le membre de ma famille ne veut pas s’exposer publiquement. Oui, j’ai confiance en son témoignage. Non, ce n’est pas une personne horrible ou malfaisante. Oui, c’est vraiment ce qui s’est passé. La noire lettre de la loi et la sombre réalité sont deux choses très différentes. Ce n’est pas parce que la loi est censée protéger contre la coercition ou les procédures non consenties que c’est le cas ».
J’aimerais ne pas la croire, mais je la crois. Je la crois parce que les prestataires d’euthanasie ont mis fin à la vie de personnes comme Alan Nichols, qui a été emmené à l’hôpital par des membres de sa famille après un épisode psychiatrique et qui a été euthanasié quelques jours plus tard. Je la crois parce que des documents ayant fait l’objet d’une fuite montrent que les prestataires d’euthanasie de l’Ontario ont observé 428 cas de possibles infractions criminelles sans qu’aucun d’entre eux n’ait été transmis à la police. Je la crois parce que l’établissement médical canadien embrasse déjà le capacitisme létal, et notre gouvernement fait de même.
Le Canada tue déjà les personnes souffrant de handicap ou de maladie mentale ; jusqu’à présent, les praticiens de l’euthanasie ont été obligés de trouver d’autres raisons pour le faire (la raison écrite pour l’injection létale d’Alan Nichols était la « perte d’audition »). Mais lorsque les conditions d’admissibilité seront élargies en 2027, les vannes s’ouvriront. Il est encore temps d’empêcher cet élargissement, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour y parvenir. La vie des personnes handicapées en dépend.