
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : GoFundMe
Le bébé d'Adriana Smith a enfin quitté l'hôpital. La mère du petit Chance était enceinte depuis neuf semaines, quand elle souffrit de caillots sanguins au cerveau qui la plongèrent dans le coma, elle avait alors été déclarée « morte cérébralement ».
Le petit Chance a encore besoin de recevoir de l’oxygène, néanmoins, vu son parcours, on peut dire qu'il revient de loin ! Alors qu'il n'existait que depuis 9 semaines dans le ventre de sa mère, celle-ci est tombée dans le coma et a été mise sur les supports vitaux jusqu'à ce que Chance fût mis au monde par césarienne (sa mère a été débranchée et est morte subséquemment), avant de passer plusieurs mois à l'hôpital.
Le cas d'Adriana et du petit Chance a été le cœur d'un étrange délire médiatique. Pour de nombreux pro-avortement, Adriana était maintenue sur les supports vitaux en raison de la loi de l'État de Géorgie (où se passe l'affaire) limitant l'avortement, ce qui aurait constitué, selon leur étrange perspective, une atteinte à sa dignité.
(En fait, bien que la question n'ait pas beaucoup d'importance pour la morale de l'histoire, c'est en raison de la loi sur les directives médicales anticipées de 2007 qu'Adriana a été gardée sur les supports vitaux.)
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Plusieurs pro-avortement souhaitaient la mort du bébé avant qu'il ne naisse, parce qu'une heureuse fin à son endroit eût signifié de réduire la mère au rôle d'« incubateur ». Ces réactions sont d'autant plus étranges que ce n'était pas le premier cas de femme enceinte en état de « mort cérébrale » à être... gardée en vie afin que leur bébé puisse naître et vivre — et qu’au sujet desquelles personne n’a protesté. Serait-ce parce que les médias ont attribué à tort le traitement d'Adriana à une loi pro-vie que les adeptes de la culture de mort se sont déchaînés ? C'est bien possible.
Non seulement on voit mal en quoi on ne respecte pas la volonté d'Adriana, à supposer qu'elle fût morte, en maintenant les fonctionnalités de son corps pour la survie de son bébé, qu'elle désirait peut-être de toute façon. En absence de savoir ce qu'elle voulait, pourquoi laisser le bébé mourir ? Mais encore le fait même de considérer Adriana comme « morte » devrait, selon a mentalité des « pro-choix », les désintéresser de son cas puisqu'il n'y aurait plus là un sujet de droit, pas plus que tous les bébés qu'ils font avorter. C'est cette même mentalité qui reconnaît qu'une femme qui n'a plus d'activité cérébrale (bien qu'avec les critères actuels de « mort cérébrale » une personne peut encore avoir une certaine activité cérébrale et être considérée comme « morte ») n'est plus une personne et qu'un bébé qui n'a pas encore conscience n'est pas encore une personne.
À ce sujet, parmi les tenants du prélèvement d'organes sur corps en état de « mort cérébrale », certains « éthiciens » ont même suggéré le « don de corps complet » de femmes dites en état de « mort cérébrale » afin qu’ils servent d'incubateurs !... Si l'on est d’accord avec le prélèvement d’organes sur des corps en état de « mort cérébrale », pourquoi serait-on contre le fait d’utiliser ces mêmes corps comme incubateurs ? Mais si l’on considère que ces personnes sont encore vivantes, au même titre que l’on considère qu’un enfant à naître est déjà vivant, alors non seulement l’on ne leur retirera pas les organes, l’on ne les transformera pas en incubateurs, l’on ne les avortera pas et l’on aidera les femmes dans le coma à mettre au jour la vie qu’elles portent déjà.
Il y a un gouffre abyssal entre la vision pro-vie qui voit et le bébé et la mère comme vivants, et la vision pro-mort qui les voit tous les deux comme non-vivants et qui réclame dans un tour de passe-passe intellectuel la mort du non-encore-vivant parce que cela violerait la dignité du n'est-plus-vivant. Si seulement ils avaient considéré Adriana comme vivante, y aurait-il eu un début de fondement logique quant à la question de sa dignité...